Le temple de Comus. Naissance et évolution de la salle à manger dans l'architecture française (XVIIe - XIXe)

Le temple de Comus. Naissance et évolution de la salle à manger dans l'architecture française (XVIIe - XIXe)

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Résumé et jury

Résumé

S’inscrivant dans un mouvement général de spécialisation des pièces, la salle à manger apparaît dans les demeures françaises au XVIIe siècle, et s’y développe au siècle suivant. Ce phénomène accompagne alors une aspiration au bien-être et à l’intimité qui pousse les sociétés modernes à se faire aménager des intérieurs plus confortables, moins tournés vers l’apparat et la vie publique. Ainsi la naissance de la salle à manger découle-t-elle en partie du souhait de posséder une pièce spécifiquement destinée au repas, susceptible de recevoir le maître de maison et ses proches, tout en étant bien reliée à la cuisine pour que l’on puisse manger chaud. Le développement de la salle à manger est également contemporain de la promotion dans l’Europe entière d’une nouvelle cuisine française, et de nouvelles normes relatives à l’organisation des repas, avec la mise en place du « service à la française ». La salle à manger de l’époque moderne reste cependant un espace en cours d’élaboration. Ainsi, aux yeux des contemporains, elle apparaît souvent comme une simple pièce de commodité. Les odeurs de nourriture et la présence de domestiques risquant d'indisposer les maîtres de maison, elle est alors le plus souvent distribuée en dehors des beaux appartements. C'est seulement dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, avec le triomphe du mode de vie bourgeois, que la salle à manger s’affirme progressivement, à égalité avec le salon, comme un élément essentiel dans l’espace de réception des demeures.

 

Summary

Amid growing specialization of domestic interiors, the dining room emerges in French housing during the 17th century and gains ground during the following one. At that time, the upper classes increasingly long towards more well-being and intimacy, and interiors are designed so as to favor comfort at the expense of pageantry and the public sphere. The birth of the dining room therefore partly owes to the landlords' desire to own a room specifically dedicated to enjoying meals among kins, while simultaneously being well connected to the kitchen, so that the food can be served warm. This development comes along the promotion, throughout Europe, of a new French cuisine, and a new way to set up meals, known as service à la française. At the time, however, the dining room remains a work in progress. At the beginning of the 18th century, contemporaries often see it as a mere utilitarian space. And, since the householders are likely to be bothered by the smell of food and the servants' presence, it is generally set away from the more luxurious appartments. But during the late 18th century, as the bourgeois way of life becomes predominant, the dining room, along with the living room, asserts itself as a key component of a mansion's reception area.

 

Jury

  • Alain Mérot (université Paris-Sorbonne)
  • Katie Scott (Courtauld Institute of Art)
  • Julia Csergo (Université Lumière-Lyon 2)
  • Daniel Rabreau (Paris I - Panthéon Sorbonne)
  • Alexandre Gady (université Paris-Sorbonne)

Directeur de thèse

Infos complémentaires

Année de début

Année de début: 
2012

Statut de la thèse

Statut de la thèse: 
Soutenue

Date de soutenance

Date de soutenance: 
09/12/2017