Ignoré, reconnu, pittoresque : Joseph, époux de Marie, dans l’art de Bernard de Clairvaux à Gerson

Ignoré, reconnu, pittoresque : Joseph, époux de Marie, dans l’art de Bernard de Clairvaux à Gerson

Twitter Facebook Google LinkedIn Print E-mail

Résumé et jury

  • À l’origine, l’iconographie chrétienne a été largement influencée par les textes apocryphes qui décrivaient Joseph sous un jour négatif. Pour cette raison, dans les scènes de Nativité, il était le plus souvent relégué au registre inférieur, de petite taille, séparé de l’Enfant par la Vierge, et semblait dormir. Parallèlement, le culte marial a occupé très tôt une place considérable dans la foi des fidèles et dans la vie de l’Église au détriment de Joseph. Les hérésies récurrentes, contestant notamment la virginité de Marie, ont encore aggravé cette situation. Toutefois, Bernard de Clairvaux jugea que Dieu ne pouvait avoir choisi pour Elle et l’Enfant à naître un compagnon médiocre. Il en dressa donc un portrait nouveau et enrichi. Fortement inspiré par Bernard et par François d’Assise, le texte des Meditationes Vitae Christi présenta ensuite Joseph comme un modèle pour les hommes soucieux de vivre selon les principes du Poverello. Les dessins du manuscrit lat. 115 de la BnF illustrent parfaitement cette nouvelle perception du personnage propagée, à travers l’Europe, dans le sillage des Frères mineurs. Les représentations de l’Adoration de l’Enfant ou de la Sainte Famille en sont le résultat. Par la suite, les innovations iconographiques se concentrèrent dans l’Europe du Nord. Le retable d’Hoogstraten consacré à sa vie - peut-être copie d’une œuvre de Robert Campin - confirme l’intérêt qui lui était désormais accordé. Dans le même temps, des images pittoresques le montrèrent occupé à préparer les repas de l’Enfant ou à réchauffer ses langes. C’est alors que Jean Gerson tenta de convaincre les autorités politiques et religieuses d’instaurer une fête en son honneur dans le calendrier liturgique. Ses démarches ne connurent pas le succès qu’il espérait et l’Église attendit encore pour glorifier l’humble Joseph.

Summary

  • Originally the Christian iconography was largely influenced by apocryphal texts that painted Joseph in a negative light. For this reason in the nativity scenes he was often relegated to an inferior status, smaller in size, separated from the Infant by the Virgin and seemingly asleep. In parallel, marian worship occupied very rapidly a large part of the belief among the faithful and in the life of the Church, to the detriment of Joseph. The heresies contesting the virginity of Mary made the situation even worse. Despite this, Bernard de Clairvaux judged that God would not have chosen a mediocre companion for Her and the Baby to be born. He gave him a new and enriched profile. Strongly inspired by Bernard and François d’Assise, the text of the Meditations Vitae Christi then presented Joseph as a model for men wanting to live by the principles of Poverello. The sketches of the manuscript lat. 115 of the BnF illustrate perfectly this new perception of his character that was also spread through Europe in the wake of the Mineur brethren. The representations of the Adoration of the child or the Sainted Family appeared as a result. Thereafter the iconographic innovations were concentrated to northern Europe. The altarpiece of Hoogstraten dedicated to his life –perhaps copied from a work of Robert Campin- confirms the importance that he was now granted. At the same time, picturesque images show him busy preparing meals for the Child or warming his nappies. It is then that Jean Gerson tried to convince the political and religious authorities to establish a festival in his honour in the liturgical calendar. These attempts were not as successful as he hoped and the Church would wait again to glorify the humble Joseph.

Jury

  • M. Caillet (Paris 10)
  • Mme Joubert (Paris 4)
  • M. Lorentz (Paris 4)
  • Mme Vincent (Paris 10)

Directeur de thèse

Infos complémentaires

Statut de la thèse

Statut de la thèse: 
Soutenue

Date de soutenance

Date de soutenance: 
09/11/2011

Fichier attaché

Fichier attachéTaille
PDF icon Position de thèse d'Annik Lavaure1.47 Mo