De l'atelier de David au romantisme : les « Primitifs » et leur destin

De l'atelier de David au romantisme : les « Primitifs » et leur destin

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Résumé et jury

  • Cette étude reprend la méconnaissance française des artistes évoqués dans les Souvenirs de Delécluze et les confidences de Charles Nodier, nommés « Primitifs ». Elle analyse la formation à la fin du XVIIIe siècle, dans l'atelier même de David, d'un groupe de jeunes élèves rebelles à son enseignement. Ils s'inspiraient de la pureté élémentaire de l'art antérieur à Raphaël dans les primitifs du Moyen Age, dans l'abstraction linéaire de l'archaïsme des vases grecs, et dans les poèmes du barde Ossian. Méprisés par les historiens français de l'art de la période, c'est à des historiens américains qu'ils doivent une réhabilitation. Walter Friedlaender, soulignant en 1930 la valeur des idées du chef de leur secte, Maurice Quaï, fut suivi par Robert Rosenblum, en 1956, dans sa thèse The International Style of 1800, A Study in Linear abstraction, qui lui offrit les bases d'une étude remarquable publiée en 1967 et en 1989 dans une édition française : L'Art au XVIIIe siècle. Transformations et Mutations. Le Professeur George Levitine, attaché à l'étude des « Primitifs » français avec une recherche de leurs œuvres perdues, publiait en 1978 : The dawn of Bohemianism, the Barbu rebellion and Primitivism in Neoclassical France, qui ouvrait la voie sur l'importance de leur secte. De ces jeunes peintres tombés dans un oubli absolu, nous avons dégagé huit figures clés, offrant les noms de Maurice Quaï, Lucile Franque, Paulin Duqueylar, Jean Broc, Hilaire Périé, les frères jumeaux Jean-Pierre et Joseph Franque, et Jacques-Nicolas Paillot de Montabert, mais également, à partir d'un exhaustif dépouillement d'archives, la découverte d'œuvres et la conviction qu'ils furent souvent de très bons peintres et d'excellents dessinateurs. Ainsi, au-delà de leur histoire et de celles de leurs œuvres retrouvées, leur destin de « Primitifs  » apparaît comme une simple introduction à un sujet plus vaste couvrant le « primitivisme français », provoqué peut-être par la doctrine de Maurice Quaï. La recherche de pureté de l'archaïsme ne se retrouve-t-elle pas chez Ingres, pour passer à Puvis de Chavannes et arriver à Gauguin qui y mêlera la saveur des Tropiques ?

From David's studio to Romantism : the "Primitifs" and their destiny

  • This study deals with the fact that in France nobody really knows the artists mentioned by Delécluze within its Souvenirs and also through Charles Nodier's confidences, as the "Primitifs". It analyses in depth how by the end of 18th century, young artists, although belonging to David's studio, but in opposition to its teaching method came to gather. Those young artists took inspiration from the basic purity of art before Raphaël, among the middle-age primitives, from the linear abstraction in Greek vases archaïsm, and also from the bard Ossian's poems. Whereas they were despised by French historians specialised in this period, the "Primitifs" have been pretty well perceived and estimated by American historians. Walter Friedlaender underlined in 1930 how valuable were the ideas of Maurice Quaï, head of the movement; thenafter, Robert Rosenblum in his 1956 thesis The International Style of 1800, A Study in linear abstraction offered him the basis of remarkable study published in 1967 and 1989 in a French edition L'Art au XVIIIe siècle. Transformations et Mutations. Professor George Levitine, keen on study of French "Primitifs" when searching their lost works, published in 1978 The dawn of Bohemianism, the Barbu rebellion and Primitivism in Neoclassical France, which paved the way to importance of their sect. Out of those young artists who were almost forgotten, we can nominate eight major names, Maurice Quaï, Lucile Franque, Paulin Duqueylar, Jean Broc, Hilaire Périé, the twin brothers Jean-Pierre et Joseph Franque, and Jacques-Nicolas Paillot de Montabert. We are also in a position, thanks to an exhaustive examination and reviews of archives, to show some works we have discovered and to prove they were very good painters and excellent drawers. This the reason why, beyond their story and the one of their works, the "Primitifs"'s destiny seems to be in fact an introduction to a broader subject covering French "primitivism", maybe due to Maurice Quaï's doctrine. Isn't it clear that the search for purity of archaïsm can be found not only in Ingres, but also in Puvis de Chavannes and last but not least in Gauguin who will mix it together with the flavour of Tropics?
  • Mots-clés : David (1748-1825) ; Primitifs (peintres) ; Peinture XVIIIe siècle ; Peinture XIXe siècle ; Romantisme (mouvement artistique)

Jury

  • M. Jobert (Paris 4)
  • M. Thuillier (Paris 4)
  • M. Mérot (Paris 4)
  • M. Gaehtgens (Berlin)
  • Mme Peltre (Strasbourg 2).

Directeur de thèse

Infos complémentaires

Statut de la thèse

Statut de la thèse: 
Soutenue

Date de soutenance

Date de soutenance: 
23/06/2005