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Thèses soutenues

au Centre André Chastel

entre 2004 et septembre 2008

 

--> Pour voir les thèses soutenues entre octobre 2008 et 2010

 

 

CASTELLUCCIO Stéphane

DUCROS Françoise

 

GALLO Daniela

GLORIEUX Guillaume

MEDVEDKOVA Olga

PRIVAT Michèle

 

De manière générale, voir les programmes de recherche des équipes du Centre André Chastel, qui intègrent les recherches menées par les doctorants.

 

 

Thèses HDR

 

Guillaume GLORIEUX, thèse HDR soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 8 décembre 2007, sous la direction d'Alain Mérot

« Dans le goût de Watteau »
La peinture de fête galante en France au XVIIe siècle. Intervention, réception, diffusion

Jury : M. Mérot (Paris 4), M. Michel (Lille 3), Mme Morgan-Grasseli (Washington), M. Moureau (Paris 4), M. Rosenberg (Paris) et M. Scheider (Berlin).

 

Françoise DUCROS, thèse HDR soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 7 décembre 2007, sous la direction de Serge Lemoine

La photographie pure
Modernisme, culture, tekhené, 1800-1930

Jury : M. Darragon (Paris 1), M. Dufrêne (Paris 10), M. Frizot (EHESS), M. Lemoine (Paris 4) et M. Pierre (Paris 4).

 

Stéphane CASTELLUCCIO, thèse HDR soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 1er décembre 2007, sous la direction d'Alain Mérot

Le commerce des meubles et des objets d’art
par les marchands merciers parisiens pendant le règne de Louis XIV

Jury : le président M. Philippe Haudrère, professeur d’histoire à l’université d’Angers ; Mme Michèle Bimbenet-Privat, conservateur au musée national de la Renaissance à Ecouen ; Mme Catherine Cardinal, professeur d’histoire de l’art moderne à l’université Blaise Pascal de Clermont Ferrand ; M. Amaury Lefébure, conservateur général du patrimoine, adjoint au directeur du musée national de la Malmaison et M. Alain Mérot

Résumé : Mes recherches précédentes, et plus particulièrement l’étude des collections royales, de celles du Grand Dauphin et de Monsieur, frère de Louis XIV, m’ont conduit à étudier le milieu des marchands. En effet, les marchands merciers parisiens jouèrent un rôle essentiel dans la constitution de ces collections, car le Roi, son fils et son frère achetèrent auprès d’eux un grand nombre d’œuvres. Cependant, le monde de ces marchands capables de vendre une grande variété d’objets précieux restait inconnu pour le XVIIe siècle.
Si les marchands merciers du XVIIIe siècle ont fait l’objet d’études de la part de différents chercheurs, l’histoire du corps de la mercerie et de ses maîtres au cours du règne de Louis XIV a peu intéressé les historiens. Or cette période se révèle capitale pour l’épanouissement d’une des spécialités de ce corps, celle du commerce des meubles et des objets d’art.
Dans ce travail, j’ai souhaité étudier l’histoire du corps des marchands merciers, son organisation et saisir le commerce de ses maîtres dans les détails pratiques et dans ses dimensions sociale et humaine. Cet ambitieux projet plaçait ce sujet à la croisée de différentes disciplines, avec l’histoire de l’art, l’histoire sociale, l’histoire économique, ainsi que l’histoire des mentalités et du goût.
L’importance du corps des merciers, qui comprenait environ 2 500 familles au milieu du XVIIe siècle, et l’étendue de ses compétences me surprirent. Ses maîtres pouvaient vendre aussi bien des brocarts que du charbon de bois ou du jambon de Bayonne. Mes recherches portent plus particulièrement sur les marchands merciers spécialisés dans le commerce des œuvres d’art et des meubles. Malgré cela, le nombre de maîtres demeurait important, bien qu’impossible à quantifier précisément. Il n’existait pas dans le corps de la mercerie de numerus clausus, contrairement à la corporation des orfèvres, qui limitait à 300 le nombre de ses maîtres. L’identification de tous les marchands merciers spécialisés dans le commerce des œuvres d’art demanderait un long dépouillement.
Je pris donc le parti d’étudier plus particulièrement une dizaine de familles, chiffre qui me parut convenable pour deux raisons. Ce nombre permettait, d’une part, des recherches approfondies sur chacune d’elles et, d’autre part, d’appréhender le corps de la mercerie sans présenter une vision d’ensemble trop tronquée. Il faut cependant demeurer lucide et admettre que dix familles et trente inventaires après décès ne peuvent représenter toute la diversité de la spécialité des marchands merciers débiteurs d’œuvres d’art et de meubles.

Voir résumé long.

 

Olga MEDVEDKOVA, thèse HDR soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 2 décembre 2006, sous la direction de Claude Mignot

Architectures imprimées : la circulation des modèles d'architecture dans l'Europe du XVIIe et du XVIIIe siècle

Jury : M. Foucart (Paris IV), Mme Frommel (EPHE), M. Fuhring (Gromingen), Mme Grivel (Rennes II), M. Mignot (Paris IV) et M. Rabreau (Paris I).

Voir le résumé sur le thème de recherche ainsi que la bibliographie

 

Daniela GALLO, thèse HDR soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 10 décembre 2005, sous la direction d'Alain Mérot

Pour une nouvelle lecture de
l’Histoire de l’art dans l’Antiquité de Winckelmann

Jury : Philippe Boutry, Pascal Griener, Alain Mérot, Claude Mignot, Roland Recht, Salvatore Settis.

 

Michèle PRIVAT, thèse HDR soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 18 septembre 2004, sous la direction de Claude Mignot

L'orfèvrerie française de l'époque moderne XVIe-XVIIIe siècle

 

 

Thèses de doctorat

 

Muriel BRACONNIER, thèse soutenue à l'université Paris I, sous la direction de Françoise Levaillant, le 26 juin 2008 à l'INHA

Le dessin en France à travers les écrits et propos de peintres
Du Journal de Delacroix à 1970

Jury : M. Jacinto Lageira, Mme Françoise Levaillant, M. Emmanuel Pernoud et Mme Solange Vernois

Résumé : La forte présence du dessin parmi les pratiques artistiques contemporaines, comme la diversité de ses manifestations incitent à interroger son évolution récente. Au 19ème siècle en effet, le dessin académique incarnait une norme formelle qui entrera en contradiction avec les principes de la modernité picturale. Ce point de tension est étudié ici sur plus d’un siècle, sous l’angle spécifique du discours des peintres en France. Depuis le Journal de Delacroix jusqu’à l’année 1970, des propos et écrits d’artistes ont été regroupés selon deux périodes (avant et après 1945) et explorés. La dimension polysémique du terme « dessin » a motivé l’approche thématique du corpus : des axes récurrents en émergent tels ceux du regard, de la réception, de l’espace, d’un dualisme tradition / innovation. Le statut des propos et écrits d’artistes envers l’histoire de l’art est, en filigrane, un des enjeux : en annexe sont joints, outre une réflexion méthodologique, six entretiens (avec Mr François Bret d'une part, et les artistes Vincent Bioules, Max Charvolen, Bernard Dufour, James Guitet et François Morellet d'autre part).

Drawing in France through painters writings and talks, from Delacroix’s diary to the year 1970
Summary: The imposing presence of drawing among artistic contemporary practices, in addition to the diversity of its forms  prompt us to interrogate its recent evolution. During the 19th century, academic drawing embodied a formal standard which would be contradicted by principles of the pictural modernity. This tension is here studied over more than a century, from the specific viewpoint of the French painters. From Delacroix’s diary to the year 1970, artists views and writings have been brought together and studied on two periods (before and after 1945). The polysemy of the term “drawing” has incited a thematic reading of the corpus : recurrent axes emerge from it such as view, response, space, and the dualism tradition/innovation. The statuts of artists’s views and writings towards the history of art is one of the issues brought out : over and above a methodological comment, six interviews are appended (François Bret on the one hand, and the artists Vincent Bioules, Max Charvolen, Bernard Dufour, James Guitet and François Morellet on the other hand).

 

Marine de BAYSER, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 12 juin 2008, sous la direction de Bruno Foucart

Horace His de La Salle, collectionneur du XIXe siècle

Jury : Mme Emmanuelle Brugerolles, M. Éric Darragon (Paris 1), M. Bruno Foucart ( Paris 4), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), M. Christophe Leribault (musée du Louvre) et M. Philippe Sénéchal (université d’Amiens)

Résumé : His de la Salle est né le 11 février 1795 à Paris. Il deviendra par de multiples rencontres un collectionneur chevronné et se liera, grâce à sa personnalité, à son goût, et à sa connaissance, aux personnages du monde de l’art du XIXe siècle. Une passion altruiste le dévore. Il désire transmettre son goût de fhla collection. Il représente une personnalité à part dont la connaissance et la grande libéralité marqueront et influenceront toute une époque. Il contribue au développement des collections de nos musées, il inaugure même dans certaines institutions les premières donations d’amateurs. Il veut enseigner, éduquer par l’art. Il ne ressemble pas à l’éternel image du vieux collectionneur traditionnel. Il veut aider les créateurs de son époque. Son désintéressement le pose en arbitre. L’art occupe toute sa vie. Il s’est intéressé à de multiples domaines. Cependant, il est passionné par les dessins, et cet amour imprègnera son état d’esprit. Il possèdera une des collections d’art graphique les plus reconnues de son époque. Nous avons essayé d’en établir l’inventaire.

Summary: The collector Aimé-Charles, called Horace, His de la Salle is born in Paris in 1795 and died in 1878. This amateur had the desire to develop the first collections of drawings in museums with the goal of educating as many people as possible. Numerous donations were made to the museums in Paris and throughout France. However, a portion of his collection was dispersed elsewhere. We tried to establish an inventory of the drawings that once belonged to him.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de Marine de Bayser »).

 

Sandrine HERMAN, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 12 avril 2008, sous la direction d'Alain Mérot

Estampes de l’ornement sous Louis XIV
Création, interprétation et réception de l’œuvre gravé de Paul Androuet du Cerceau

Jury : Mme Meyer (Poitiers), M. Michel (Lille 3), M. Mérot (Paris 4) et M. Préaud (BN)

Résumé : Feseur d’ornemens et adepte de la technique de l’eau-forte, Paul Androuet du Cerceau (vers 1630-1710), actif à Paris dans la seconde moitié du XVIIe siècle, composa un œuvre gravé de plus deux cents pièces – à l’usage des peintres-décorateurs et artisans, auquel s’adjoint une cinquantaine de feuilles contrefaites à Nuremberg et à Amsterdam (Tome II – Catalogue raisonné). L’étude des compositions d’ornements offre deux champs de réflexion : d’une part la définition de l’unité organique des modèles – la manière –, d’autre part l’analyse de l’unité dynamique des pensées végétales et florales – la réception – (Tome I – Etude). Pourtant cette double appréhension des feuilles de du Cerceau, qui conjuguent habilement création et interprétation, ne suffit à expliquer la diffusion et la postérité des travaux androuetiens dans le domaine des arts décoratifs, tant en France qu’à l’étranger jusqu’au milieu du XVIIIe siècle (Tome IV – Illustrations). Sans le relais d’une ambitieuse politique éditoriale et commerciale, orchestrée depuis la rue Saint-Jacques par les éditeurs-marchands d’estampes, les travaux des acteurs de l’art ornemental n’auraient certainement pas participé, avec le même succès, au rayonnement du style Louis XIV dans toutes les cours européennes. Ce travail est complété par des annexes (Tome III) qui présentent les travaux menés sur la famille Androuet du Cerceau (Arbre généalogique ; Biographies documentées) et un vade-mecum dédié aux mots de l’ornement (Lexique ornemental).

Summary: Maker of Ornament and enthusiast of the technique of etching, Paul Androuet du Cerceau (c. 1630-1710), active in Paris during the second half of the 17th century, created an oeuvre of over two hundred prints for the use of painter-decorators and artisans, to which can be added another fifty or so sheets counterfeited in Nuremberg and Amsterdam (Tome II – Catalogue raisonné). The study of his ornament compositions provides two areas of consideration : on the one hand, a definition of the organic unity of the models – manner –; on the other, an analysis of the dynamic unity of floral and vegetation-patterned formal ideas – reception – (Tome I – Etude). However, this two-pronged approach to du Cerceau’s prints, which combine creation and interpretation skillfully, is not sufficient to explain the dissemination and posterity of du Cerceau’s work in the decorative arts, both in France and abroad up to the middle of the 18th century (Tome IV – Illustrations). Without the support of an ambitious publication and commercial policy orchestrated from the rue Saint-Jacques by print publisher-dealers, the output by creators of ornamental art would certainly not have contributed with as much success to the spread of the Louis XIV style to all the courts of Europe. This dissertation is completed by appendices (Tome III) which present research on the Androuet du Cerceau family (Arbre généalogique ; Biographies documentées) and a vade-mecum devoted to the vocabulary of ornament (Lexique ornemental).

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de Sandrine Herman »)

 

Jane MAC AVOCK, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 22 mars 2008, sous la direction d'Alain Mérot

Jean Daret (1614-1668)

Jury : M. Olivier Bonfait, prés. (Aix-Marseille 1), M. Alain Mérot (Paris 4), M. Pierre Rosenberg (musée du Louvre) et M. Whiteley

Résumé : Une étude monographique de l’œuvre de Jean Daret, peintre, dessinateur, architecte et graveur né à Bruxelles, ayant fait la plus grande partie de sa carrière à Aix-en-Provence au milieu du XVIIe siècle. Cette thèse compte deux parties et des annexes. La première est une biographie de l’artiste qui le place dans le contexte de son époque et de son milieu social. Elle comprend une étude de ses activités financières et ses relations avec ses principaux clients et collègues, notamment avec Pierre Maurel de Pontevès, son protecteur en Provence et son cousin le graveur parisien Pierre Daret. La deuxième partie est une étude de l’œuvre de Daret dans le contexte des développements artistiques à Aix, à Paris, en Italie et en Flandres. Elle montre qu’il était au courant des dernières évolutions en la matière, mais que les thèmes traités restaient traditionnels. Les annexes comprennent la transcription de documents inédits et un catalogue raisonné des peintures, dessins et estampes de l’artiste.

Summary: A monographic study of the work of Jean Daret a painter, draughtsman, architect and printmaker born in Brussels who spent the major part of his career in Aix-en-Provence in the middle of the 17th century. This dissertation comprises two sections. The first is a biography of the artist which places him in the context of his time and social milieu. It includes a study of his financial activities and relations with his clients and colleagues, in particular Pierre Maurel de Pontevès, his patron in Provence, and his cousin the Parisian printmaker Pierre Daret. The second section is devoted to a study of Daret’s oeuvre in the context of artistic developments in Aix, Paris, Italy and Flanders. The annexes include the catalogue raisonné of the artist’s paintings, drawings and prints in addition to transcriptions of unpublished archival documents.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de Jane MacAvock »).

 

Sangchel SIN, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 29 février 2008, sous la direction de Françoise Hamon

Présentation des ensembles d’arts asiatiques en France, XVIIIe-XIXe siècles
Évolution des conceptions muséales

Jury : Mme Flora Blanchon (Paris 4), Mme Françoise Hamon (Paris 4), M. Francis Macouin (musée Guimet), M. Dominique Poulot, prés. (Paris 1) et M. Daniel Rabreau (Paris 1)

Résumé : Artistique ou scientifique, la vocation des collections extra-européennes situe de façon ambiguë leur place au sein des musées de France. L’Extrême-Orient fait partie de cette catégorie de collections ne provenant pas de l’Europe et qui ne partage pas les mêmes critères esthétiques. S’associant étroitement à la notion de savoir, la présentation des arts extrême-orientaux exigeait de construire un espace à la fois rationnel et esthétique pour satisfaire le goût de la curiosité et la sensibilité artistique. Notre recherche se propose d’analyser l’histoire de la création d’un musée abritant des collections d’Extrême-Orient en France, en s’appuyant sur l’histoire des collections et de la conception muséographique. La singularité des collections d’Extrême-Orient en France consiste en ce qu’elles ont été réunies en fonction d’intérêts différents portés à cette civilisation, qui se succèdent sur une période très étendue, nourrissant à chaque étape différents répertoires chez les collectionneurs. Il est donc nécessaire de retracer leur histoire selon un ordre chronologique, depuis leur entrée sur le territoire jusqu’à la naissance du musée qui leur était véritablement consacré. C’est précisément au XIXe siècle, période où le musée moderne se met en place en France, que s’élabore l’idée d’encadrer ces collections dans une conception muséale et que s'édifie l’histoire de l’art asiatique en tant que discipline autonome. Nous nous attacherons donc ici à envisager de rendre compte du lien existant entre ces deux courants dont le point de départ n’est pas simultané, mais marqué par une série d’interactions dans leur aboutissement à la fin du XIXe siècle.

Summary: Artistic and scientific collections that originate from regions outside of Europe maintain an ambiguous place in the museum collections of France. The Far East, as it relates to China, Japan, and Korea form an important part of these extraneous collections, and as such, do not share the same aesthetic qualities and criteria. These collections were associated closely with knowledge or savoir, and their presentation required establishing a new rational and aesthetic field of knowledge, one that had to satisfy the taste in curiosities and artistic sensibilities. This study is a historical analysis of the creation of a museum housing the collections of the Far East in France. It engages with the historiography of collecting and with museological conceptions and analyzes the role of various participants in the making of these fields of knowledge. I hope to identify the major elements that made up the particular features of the museum that housed the Far East collections. The specific characteristics of the Far East collections in France have to do with the different interests that the civilization of this region offered over an extensive time period, providing collectioners with different repertoires at every stage. It is therefore necessary to retrace the history chronologically, from the point at which the collections entered Europe to the birth of the museum that was ultimately dedicated to the collecting of the materials, following step by step their trajectory of collectionism.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de Sangchel Sin »).

 

Catherine MÉNEUX, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 13 décembre 2007, sous la direction de Bruno Foucart

Roger Marx (1859-1913) critique d’art

Jury : M. Jean-Paul Bouillon (Clermont-Ferrand 2), M. Éric Darragon (Paris 1), M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), Mme Ségolène Le Men (Paris 10) et M. Emmanuel Pernoud (université d’Amiens)

Résumé : Acteur important de la vie artistique française, Roger Marx (Nancy 1859-Paris 1913) compte au nombre des grands critiques d’art professionnels de son époque. Il débute sa carrière dans sa ville natale puis s’installe à Paris en 1883 lorsqu’il obtient un poste dans l’administration des Beaux-Arts. Collaborateur de nombreux périodiques, Roger Marx s’affirme comme le défenseur d’artistes indépendants et novateurs, tels Pierre Puvis de Chavannes, Eugène Carrière, Albert Besnard, Auguste Rodin et Émile Gallé. Républicain et patriote, il prône l’unité de l’art et se spécialise dans la critique des arts décoratifs. Dans les années 1890, s’il prend position pour le symbolisme, il élabore surtout un système critique libéral qui lui permet de soutenir aussi bien Gauguin, Maurice Denis, Toulouse-Lautrec que les artistes qui traitent de sujets plus sociaux comme Constantin Meunier. Conjuguant la critique avec l’action militante, il se lance dans de véritables campagnes de presse en faveur notamment de la réforme de la monnaie et de « l’art à l’école ». Responsable de l’organisation de l’Exposition centennale de 1900, Roger Marx fait œuvre d’historien en présentant une sélection originale de l’art français au XIXe siècle. Participant à la création du Salon d’Automne en 1903, il apporte son soutien à Henri Matisse et aux anciens élèves de Gustave Moreau, tout en professant son admiration pour Claude Monet, Paul Cézanne et Paul Signac et en s’intéressant au cubisme. À partir de 1909, il oriente sa critique vers la notion élargie « d’art social », plaidant pour l’organisation d’une exposition internationale qui confronterait les réalisations des architectes et des décorateurs modernes.

Summary: Roger Marx (Nancy 1859-Paris 1913) has an important place in the French artistic scene and is considered as one of the greatest art critics of his time. He begins his art critic career in his native town, and settles definitively in Paris in 1883 when he obtains a position in the Beaux-Arts Administration Office. He writes for several newspapers and art magazines affirming himself as a defender of independent and innovating artists such as Pierre Puvis de Chavanne, Eugène Carrière, Albert Besnard, Auguste Rodin, Emile Gallé. He also specializes as a critic of Decorative Arts. During the 1890’s although he defends the art movement called Symbolism, he believes in a liberal critic system, which enables him to defend artists such as Gauguin, Maurice Denis and Henri Toulouse-Lautrec, as well as others like Constantin Meunier who handle social subjects. He is active in Press Campaigns defending the Coin Reform and Art at School. Responsible for the organization of the Centennial Exhibition of 1900, Roger Marx performs as a historian, presenting an original and daring selection of French Art of the XIXth century. He participates to the creation of the Salon d’Automne and gives his support to Henri Matisse and Gustave Moreau’s former pupils. But he also admires Claude Monet, Paul Cezanne, Paul Signac and is interested in the Cubism Movement. Since 1909 he develops his work as a critic towards the enlarged notion of Social Art, pleading for the creation of an International Exhibition which would show modern works of both architects and decorators.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de C. Méneux »).

 

Domitille LE BARROIS D'ORGEVAL, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 5 décembre 2007, sous la direction de Serge Lemoine

Le Salon des Réalités nouvelles
Les années décisives : de ses origines (1939) à son avènement (1946-1948)

Jury : M. Thierry Dufrêne (Paris 10), M. Serge Lemoine (Paris 4), M. Jörn Merkert, M. Arnauld Pierre, prés. (Paris 4) et M. Paul-Louis Rinuy (Paris 10)

Résumé : Créé par l’amateur d’art Frédo Sidès en juillet 1946, le Salon des Réalités Nouvelles est animé à ses débuts par Auguste Herbin et Félix Del Marle. S’inscrivant dans la filiation d’Abstraction-Création, il a pour objectif l’organisation en France d’expositions annuelles d’ « art concret, art non figuratif ou art abstrait ». De 1946 à 1948, le salon qui se tient au Palais des beaux-arts de Paris, donne une visibilité inédite à l’art abstrait par sa politique de large ouverture et sa volonté d’internationalisation (le salon de 1948 compte plus de 350 exposants et regroupe 17 nations). La consultation des archives du Salon des Réalités Nouvelles, jusqu’alors méconnues, a permis d’en connaître le fonctionnement et la politique de diffusion et de reconnaissance. Elle a aussi démontré que le salon constituait le point d’aboutissement d’une longue gestation qui nous ramène aux années trente, en particulier à l’analyse de ses liens avec l’exposition « Réalités Nouvelles » organisée galerie Charpentier par Frédo Sidès et Yvanohé Rambosson en 1939.

The « Salon des Réalités Nouvelles » : The deciding years : from its origins (1939 to its apogee (1946-1948)
Summary: Created by the art lover Frédo Sidès in july 1946, the « Salon des Réalités Nouvelles » was first directed by Auguste Herbin and Félix Del Marle. In the line from Abstraction-Creation, it was meant to set up annual « concrete art, non figurative or abstract art » exhibitions. From 1946 to 1948, the Salon, which was held in the Palais des Beaux Arts in Paris, offered a unique visibility for abstract art, with a very open policy and a will for international participation (the 1948 Salon was attended by more than 350 exhibitors representing 17 nations). Consulting the archives of the SRN, quite forgotten until now, offers the opportunity to understand how the Salon worked, and learn about its diffusion and recognition policy. This consultation also proves that the Salon was the conclusion of a long gestation which started in the 1930’s, and is directly connected to the exhibition « Réalités Nouvelles » held in the Charpentier gallery by Frédo Sidès and Yvanohé Rambosson in 1939.

 

Irène PERRET, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 30 novembre 2007, sous la direction de Bruno Foucart

La critique d’art sous le consulat et le Ier Empire (1799-1815)

Jury : M. Éric Darragon (Paris 1), M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), Mme Ségolène Le Men (Paris 10) et M. François Robichon (Lille 3)

Résumé : Cette étude a pour but d’analyser et de définir ce qu’est la critique d’art sous le Consulat et le Premier Empire durant les quinze premières années du dix-neuvième siècle, depuis le Coup d’Etat du 18 Brumaire an VIII jusqu’à la chute de Napoléon 1er et de l’Empire et le retour des Bourbons au pouvoir. S’appuyant sur les articles de journaux, les brochures satiriques et les ouvrages sur l’art, parus durant cette période, cette étude traite de l’ensemble des expositions parisiennes qui ont eu un impact sur le public et la critique, qu’il s’agisse d’expositions particulières, des Salons, des concours artistiques organisés par les gouvernements en place, entre 1800 et 1815. La personnalité de Napoléon Bonaparte, sa politique artistique marquée par la propagande, les conséquences de la censure exercée par les régimes sur la presse et les événements historiques successifs se révèlent à travers la critique d’art qui semble ainsi refléter la société consulaire et impériale, aspect essentiel pris en compte dans cette recherche. Une analyse est faite également des critiques d’art eux-mêmes, auteurs de ces écrits, qu’ils soient anonymes ou emblématiques de l’époque comme par exemple Jean-Baptiste Boutard, Pierre Jean-Baptiste Chaussard, Victorin Fabre, Charles-Paul Landon, François-Guillaume Ducray-Duminil ou encore Fabien Pillet. Cette étude s’intéresse aux idées et aux combats esthétiques, à l’évolution de l’art ainsi qu’au travail d’écriture des critiques, utilisée comme un instrument littéraire.

Summary: This study aims at analysing and defining art criticism under The Consulate and The First Empire, during the first fifteen years of the 19th Century, from the 18 Brumaire an VIII to the fall of Napoleon’s Empire and the Bourbons return. Based on newspaper articles, satirical pamphlets and art books published during that period, this analyse deals with all the Paris exhibitions between 1800 and 1815 wich had some impact on the public and critics -private exhibitions, Salons or artistic competitions organized by the Government. Napoleon’s personality, his artistic policy, marked by propaganda, the consequences of the censorship on the press and various historical events are revealed through art criticism which is thus a reflection of that era and a major theme in this research. Besides, art critics are analysed, whether anonymous or emblematic ones, such as Jean-Baptiste Boutard, Pierre Jean-Baptiste Chaussard, Victorin Fabre, Charles-Paul Landon, François-Guillaume Ducray- Duminil and Fabien Pillet. This study is interessed in ideas and artistic contests, art evolution, as well as critics’ work used as a literary instrument.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse d'I. Perret »).

 

Ioulia POSPELOVA, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 26 novembre 2007, sous la direction de Bruno Foucart

Le « BALAGANTCHIK » de Marie Vassilieff
Marie Vassilieff (1884-1957) et son œuvre dans le contexte de l'art contemporain

Jury : M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), M. François Robichon (Lille III), M. Éric Darragon (Paris 1) et M. René Guerra (université de Nice)

Résumé : Marie Vassilieff est une artiste franco-russe qui fut célèbre en son temps, peu à peu oubliée par les critiques et écrivains d’art et qui surgit de l’ombre à la charnière des deux siècles au moment de l’exposition de Montparnasse de 1998, puis de celle consacré à l’Ecole de Paris en l’an 2000. L’aspect optimiste de sa création a d’autant plus de valeur pour nous qu’y perce le rire à travers les larmes, selon l’esthétique du théâtre forain, du Balagantchik russe, de la mythologie de Pierrot, de l’Arlequin (ou de Petrouchka russe), très proche d’elle. Sa création fut joyeuse malgré les souffrances morales de sa vie. Le but de cette thèse est non seulement d’exposer de manière neuve l’importante influence des événements de la vie de Marie Vassilieff dans l’iconographie de son œuvre, mais, aussi et plus essentiellement encore, d’analyser les heurts de sa biographie écrite, en cherchant la vérité là où, sous l’œil subjectif de l’artiste, la réalité des choses est un peu transformée. (Marie Vassilieff était une écrivaine douée.) Nous allons effectuer au cours de cette thèse des parallèles entre les œuvres de Marie Vassilieff et celles de ses confrères reconnus dans le but de définir, de cette façon, la place de Marie Vassilieff parmi les autres grands artistes de la même époque.

The Balagantchik of Marie Vassilieff : the arts of the Russian-French artist Marie Vassilieff (1884-1975) through the contemporary art
Summary: The settlement of Montparnace by artists and poets in the beginning of the 20 th centrury coincided by time with the new “wave” of Russian talents : Mark Shagal, Sergey Sharshun, Haim Sutin, Maria Vasilyeva – Marie Vassilieff. The author regards the gifted Russian artist Marie Vassilieff, who lived and worked at Monparnace one hundred years ago (her works were presented at the exhibition Ecole de Paris that took place in winter 2000/2001 at the Paris Museum of Modern Art). The former became the matriarch of Monparnace clan when she was 25. The history of her life occupies 620 pages of the “thèse”, containing the events of that time artistic bohemia, meetings that became legendary, and also the establishment of Academia Marie Vassilieff that attracted such students as Picasso, Brak, Leger, Modiliani, Sutin, Tsadkin… While preparing the “thèse”, it became obvious that Vassilieff was inequitably “forsaken” : it was difficult to find her works ; fortunately, there is collector Claude Bernés in Paris who has the biggest part of the heritage. (Claude Bernés appeared very farseeing and although there is no museum of Marie Vassilieff, there exists the collection of her works in the small apartement on rue Pierre Senar where the cult of person of artist is thriving.) Vasilieva’s life was as dramatic as was the life of any woman who chose art and freedom.

 

Jacques LAUGA, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 24 novembre 2007, sous la direction de Fabienne Joubert

Les manuscrits liturgiques dans le diocèse de Langres à la fin du Moyen-Âge
Les commanditaires et leurs artistes

Jury : Mme Marie-Thérèse Gousset (BNF), Mme Fabienne Joubert (Paris 4), Mme Anne-Marie Legaré, prés. (Lille 3) et M. Philippe Lorentz (Strasbourg 2)

Résumé : Ce travail se compose d’un texte d’entrée et de synthèse qui constitue la thèse proprement dite. Il occupe le volume I et comprend : 1/ l’historiographie des travaux et catalogues qui ont permis de réunir une collection de 99 manuscrits. Ils sont la source d’un corpus d’environ 2500 images. 2/ une analyse codicologique de ces 99 manuscrits. Elle passe en revue chacun des items qui organisent les notices. 3/ l’étude de leurs commanditaires classés par catégories socio-professionnelles. Les moyens de leur identification, armes, devises, notes insérées, les principaux éléments de leur vie, leurs alliances, leurs commandes de livres, leurs autres commandes, leurs relations avec les milieux de production de manuscrits sont développés succinctement. 4/ l’étude des ateliers et artistes qui ont travaillé au décor de ces 99 manuscrits et pour le compte de leurs commanditaires. Les attributions connues, les nouvelles propositions d’attribution, les sources d’inspirations, leur style, leur métier, leurs choix iconographiques et leur clientèle sont envisagés. La conclusion présente une réflexion sur les rapports entre milieux de commande et de production des manuscrits. Les 99 manuscrits font l’objet de notices dont l’ensemble forme un catalogue disposé en trois tomes du volume II : II 1, les livres liturgiques à l’usage de Langres. II 2, les livres d’heures à l’usage de Langres. II 3, les livres suivant d’autres usages, mais rattachés à Langres à des titres divers. Un troisième volume regroupe les annexes : tableaux, index, bibliographie, etc.

Mots-clés : Liturgie antiphonaire bréviaire collectaire évangéliaire heures matines laudes prime tierce sixte none vêpres complies missel messe sanctoral temporal pontifical processionnal psautier répons commanditaire prélat évêque archevêque chanoine paroisse chevalier bourgeois parlementaire décor miniature enluminure chrysographie bordures rinceaux chimères iconographie zodiaque travaux mois Dieu Christ Esprit-Saint Trinité Vierge apôtres évangélistes tétramorphe Annonciation Visitation Nativité Annonce Bergers Adoration Mages Présentation Temple Fuite Égypte Massacre Innocents Couronnement David Jugement dernier Lazare Résurrection mort vif Calvaire Crucifixion Crucifié mise au Tombeau Pentecôte messe miracle Hostie psychomachie incipit explicit reliure tranche dos fermoir ais couvrure basane cuir velours

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de J. Lauga »).

 

Sophie NASI, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 23 novembre 2007, sous la direction de Françoise Hamon

Un architecte et une ville à la fin du XIXe siècle
Louis Charles Sauvageot (1842-1908) à Rouen
Constructions, restaurations

Jury : M. Jean-Yves Andrieux, prés. (Rennes 2), M. Jean-Pierre Chaline (Paris 4), Mme Françoise Hamon (Paris 4) et M. Jean-François Pinchon (Montpellier 3)

Résumé : Cette étude consacrée à Louis-Charles Sauvageot (1842-1908) propose de redécouvrir l'œuvre d'un architecte oublié bien qu'il fut Inspecteur général des Édifices diocésains puis des Monuments historiques, et qui a exercé une part importante de sa carrière à Rouen. Formé en dehors de l'École de beaux-arts, proche de Viollet-le-Duc, Sauvageot appartient au courant rationaliste. Sa carrière prend son essor en 1871 lorsqu'il est nommé architecte en chef de la ville de Rouen. Cumulant ensuite dans la même ville, les fonctions d'architecte en chef des Monuments historiques puis des Édifices diocésains, il va exercer une véritable mainmise sur la commande publique aussi bien dans le domaine de la construction que de la restauration. La première partie retrace ce brillant parcours, tandis que la seconde présente un tableau de Rouen à la fin du XIXe siècle, à travers le contexte local, les orientations de la politique édilitaire et les prérogatives de Sauvageot. Enfin, les deux dernières parties traitent de l'œuvre proprement dite à travers une approche typologique. Ainsi, les grands chantiers que sont le musée-bibliothèque et le théâtre des Arts voisinent avec des productions sérielles (comme les écoles) emblématiques de la période, et des restaurations, dans lesquelles l'architecte exprime sans doute le mieux son talent.

An architect and a city at the end of the XIXth century : Louis-Charles Sauvageot (1842-1908) in Rouen : Constructions, Restorations
Summary: This study dedicated to Louis-Charles Sauvageot (1842-1908) will examine the works of this architect who plied the major part of his career in the Norman city of Rouen. Trained apart from the official art school, close to Viollet-le-Duc, Sauvageot belongs to the Rationalist school. He started in 1871 as municipal architect of Rouen, then acceded to the function of diocesan architect and also worked for the French department of historic monuments in the same city. Those official functions entitled him to control all the publics and religious orders, in the fields of construction and restoration. The first part is dedicated to the life and the career of Sauvageot; the second, to Rouen at the end of the XIXth century (local context, building politic, Sauvageot's prerogatives). The two last parts deal with the works through a typological approach. The seminal constructions (like the museum, the public library and the theatre) are side by side with mass productions (like schools) and the restoration works.

 

Nicolas COURTIN, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 20 novembre 2007, sous la direction de Claude Mignot

L'art d'habiter
L'ameublement des hôtels particuliers à Paris au XVIIe siècle

Jury : M. Daniel Alcouffe (musée du Louvre), M. Jean-Pierre Babelon, prés. (Académie des Inscriptions et Belles-Lettres), M. Olivier Bonfait (université Aix-Marseille 1) et M. Claude Mignot (université Paris IV)

Résumé : Autour d'un corpus de 24 hôtels particuliers parisiens et de 55 inventaires mobiliers qui y ont été dressés entre 1610 et 1716, sont confrontés, pour la première fois, documents d'archives, bâtiments, meubles et iconographie ancienne pour tenter de comprendre la façon d'habiter ces grandes demeures. Les distributions des hôtels sont ainsi précisées : une grande flexibilité des usages apparaît. L'examen des rapports entre les meubles inventoriés et l'enveloppe architecturale des pièces permet ensuite de souligner une grande mobilité des objets, mais aussi l'apparition de la notion d'ensembles décoratifs. L'analyse des prisées, descriptions de première main, apporte, par types de meubles, des informations qui complètent les connaissances actuelles. Il en résulte une très grande variété d'usages, de matériaux, de couleurs, de types et de prix qui évoquent des intérieurs confortables, plus ou moins luxueux selon les personnes, tentant de concilier vie publique et intimité.

The Art of Inhabiting : the Furnishing of Parisian 17th Century Hôtels
Summary: Using a corpus of 24 hôtels and 55 related furniture inventories drawn up between 1610 and 1716, we compare for the first time archives with original buildings, furniture and pictures, in order to understand the way of living in these specific great houses. Layouts are specified, pointing out a real variety of uses. By examining the relations between furniture and architectural envelopes, we highlight the great mobility of objects, and the rise of the notion of decorative coherence. Furniture estimations allow us to present, type by type, the invaluable informations of these first-hand descriptions, updating today's knowledge of European furniture placed in Paris interiors. This study brings out a great variety in uses, types, materials, colours, and prices, evoking cosy interiors, more or less sumptuous according to one's taste and choice between public and private spheres.

Voir le curriculum vitae de Nicolas Courtin

 

Kuniko ABE, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 16 novembre 2007, sous la direction de Bruno Foucart

L’architecture théâtrale et son décor en France 1910-1940
Du rêve antique à la modernité lumineuse

Jury : M. Maurice Culot (IFA), M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), M. Jean-Baptiste Minnaert (Tours) et M. Jean-François Pinchon (Montpellier 3)

Résumé : L’architecture théâtrale française de 1910 à 1940 présente une évolution formelle importante : renonçant à l’esthétique éclectique, elle se régénère sur le plan idéologique, structurel et esthétique, grâce au mouvement de retour aux principes de l’Antiquité. Le théâtre devient un haut lieu d’expérimentation de l’organisation spatiale, de l’optique, de l’acoustique ou de l’éclairage. Le théâtre des Champs-Elysées, oeuvre d’avant-garde de 1913, s’impose comme un pur modèle en béton armé. Si le « classicisme structurel » d’Auguste Perret quête la « noble simplicité » intemporelle dans une parfaite adaptation de l’organe à sa fonction, la poétique de l’illusion de Charles Siclis établit un parcours initiatique, dans une architecture lumineuse, dynamique et émotionnelle. De la salle ronde hiérarchisée à la salle trapézoïdale du théâtre du palais de Chaillot en 1937, la plupart des « salles Art déco » sont richement décorées malgré un parti pris de dépouillement architectural. Formant une unité esthétique caractéristique de l’époque, ces théâtres demeurent un type de théâtre-palais où les protagonistes des arts décoratifs s’y rencontrent munis d’un langage néo-classique « vivant ».

Summary: In France, theatrical architecture during the period 1910-1940 shows a significant formal evolution : against an eclectic aesthetic, this architecture regenerates itself by returning to the ideological, structural and aesthetic principles of Antiquity. Theatre design becomes an important place for experimentation in the domains of space organisation, optics, acoustics, and lighting. The Théâtre des Champs-Elysées, an avant-garde work of 1913, stands out as a pure model in reinforced concrete. If the « structural classicism » of Auguste Perret searches for the un-temporal « noble simplicity » in a perfect adaptation of the organ to its function, then the poetic illusion of Charles Siclis establishes an initiatory voyage through a spectacular luminous architecture. From the hierarchical circular auditorium to the fan-shaped auditorium adopted for the Théâtre du palais de Chaillot, the majority of these « Art déco theatres » are richly decorated despite the choice for asceticism. With an aesthetic similarity characteristic of the time, these theatres remain « palace theatres » where decorative arts and « living » neo-classicism meet.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de K. Abe »).

 

Audrey ADAMCZAK, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 29 juin 2007, sous la direction d'Alain Mérot

Robert Nanteuil (Reims, ca.1623-Paris, 1678)
Portraitiste du temps de Louis XIV. L’œuvre dessiné

Jury : Mme Marianne Grivel, prés. (Paris 4), M. Jean-François Méjanes (musée du Louvre), Mme Véronique Meyer (Poitiers), M. Patrick Michel (Lille 3) et M. Alain Mérot (Paris 4).

Résumé : Brillant représentant de l’école française de portrait du XVIIe siècle, Robert Nanteuil s’illustra avec talent dans les arts de la gravure et du dessin. Formé à Reims auprès de Nicolas Regnesson, vers 1643-1645, Robert Nanteuil se trouve installé à Paris dès 1647. Conseillé par le peintre flamand Philippe de Champaigne et par le graveur et théoricien Abraham Bosse, très tôt apprécié de Louis XIV qu’il peignit d’après nature, ce portraitiste lettré et recherché, en faveur constante auprès des puissants, dessinateur et graveur ordinaire du roi en 1658, ne connut aucun déclin. Artiste fécond dont la production compte les portraits des principaux personnages des jeunes années du règne de Louis XIV, Robert Nanteuil est l’auteur de dessins et de pastels originaux réalisés ad vivum, souvent préparatoires à l’estampe, dont le catalogue exhaustif manquait. Retracer la vie, considérer la carrière et restituer l’œuvre d’un dessinateur et pastelliste dont la gloire tient davantage à la qualité de ses ouvrages qu’au nombre restreint de feuilles conservées, en livrer enfin le catalogue raisonné, telle est l’ambition de notre étude.

Summary: Robert Nanteuil, engraver, draughtsman and pastel painter, was a pupil of Nicolas Regnesson at Reims circa 1643-1645 and went to Paris where he settled down around 1647. At that time Nanteuil received valuable guidance from the Flemish painter Philippe de Champaigne whose influence is deeply felt in his portraits and met the printmaker Abraham Bosse who trained him in the technique of burin engraving. Then he developed his own method and gained official recognition in 1658 : Louis XIV appointed him designer and engraver. Nanteuil’s subjects involved royalty and high-ranking members of society. A portrait drawing by Nanteuil was often intended as a preparatory study for an engraving made to adorn the cover of a doctoral thesis dedicated to the sitter or to illustrate a book. Robert Nanteuil was the earliest artist to have used pastel in a painterly manner to cover the entirety of a sheet of paper. He had used sticks of coloured paste to heighten their drawings as nobody else before him in the seventeenth-century French school : he had developed pastel into an independent medium of draughtsmanship. Robert Nanteuil brought into the realm of official painted portraiture the ease and charm which were formerly found only in the drawn portraiture of sixteenth-century and early seventeenth-century artists such as Clouet and Dumonstier. The thesis consists of a large study on Nanteuil’s career and includes a complete analysis of his artistic manner as draughtsman and pastel painter with a “catalogue raisonné” of his works on paper.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse d'A. Adamczak »).

 

Aurélie PERRAUT, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 29 juin 2007, sous la direction de Dany Sandron

Recherches sur le monde universitaire parisien au XIVe siècle
L’architecture des collèges

Jury : M. Jean-Pierre Caillet, prés. (Paris 10), M. Michael Davis (Mount Holyoke College), M. Guy-Michel Leproux (EPHE), M. Dany Sandron (Paris 4) et M. Jacques Verger (Paris 4).

Résumé : L’architecture des collèges parisiens fut le reflet des phénomènes religieux, culturels et sociaux liés à l’existence de l’Université dans la capitale du royaume capétien en pleine affirmation de son autorité. Le XIVe siècle marqua un tournant décisif dans la diffusion du modèle collégial à Paris, grâce à l’implication du roi et de son entourage politique. Les édifices des collèges traduisaient un grand pragmatisme, induit par le développement urbain particulier de la rive gauche, mais aussi la réception de modèles royaux et religieux. La Sainte-Chapelle et les expériences mendiantes furent sans conteste les principales sources d’inspiration pour les collèges parisiens. Il résulte de ce croisement d’influences un corpus de bâtiments hétérogène, du vaste couvent à la simple maison polyvalente. L’essentiel des collèges médiévaux étant détruit, une approche pluridisciplinaire - archéologie, dépouillements d’archives - s’imposa pour appréhender toute la complexité de leur architecture.

Summary: The architecture of parisian colleges was a reflection of the religious, intellectual and social context linked to the University’s presence in the capital of the Capetian Kingdom still asserting itself. The Fourteenth century was a turning-point of the college pattern spreading in Paris, thanks to the king and his political circle’s involvement. College buildings displayed great pragmatism due to the Left Bank peculiar urbanization along with signs of royal and religious models reception. The Sainte-Chapelle and mendicant experiments were undoubtedly the main inspiration for parisian colleges. Combining all these influences produced a dissimilar group of structures, from spacious convent to simple burgess house. As most medieval colleges have been destroyed, a multiple approach - based on archeological evidence and records researches - revealed itself necessary to understand their architecture in its whole complexity.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse d'A. Perraut »).

 

Elliott Nelson YATES, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 15 mai 2007, sous la direction de Françoise Hamon

Architecture surréaliste en Amérique latine
Les quêtes d’identité nationale au Mexique et au Brésil (1945-1975)

Jury : Mme Anne Collin Delavaud, prés. (Paris 3), M. Bruno Foucart (Paris 4), Mme Christine Frérot (EHESS), Mme Françoise Hamon (Paris 4) et M. Claude Massu (Paris 1).

Résumé : Les quêtes d’identité nationale dans l’architecture latino-américaine contemporaine évoluent parallèlement aux projets primitiviste et surréaliste en Europe et aux États-Unis. Une dichotomie fondamentale présente dans l’art primitiviste est réitérée dans l’architecture latino-américaine, les Brésiliens affirmant une culture primitive joyeuse et sensuelle (apparentée au primitivisme joyeux de Matisse), alors qu’au Mexique l’architecture du milieu du siècle affiche un caractère primitif terrifiant, qui correspond au primitivisme violent dépeint dans les tableaux d’Emil Nolde. L’image des pyramides aztèques ruisselantes du sang des sacrifices se confond avec celle des volcans qui entourent la ville de Mexico ; la forme pyramidale s’insère également dans la volumétrie simple de l’esthétique moderne. Les deux quêtes d’identité atteignent un point culminant au moment où l’architecture se rapproche le plus des préceptes de l’art surréaliste. Le dôme et les arcades renversés du centre monumental de Brasilia introduisent un grain de non-sens dans l’architecture moderniste. Au Mexique, Luis Barragán revendique le caractère essentiellement irrationnel de son peuple moyennant un emploi de couleurs déconcertantes et des plans labyrinthiques qui font contraste avec le rationalisme catégorique prôné dans les pays occidentaux. Au milieu du siècle, les projets mexicains se distinguent par un excès décoratif qui apparaît dans les trois périodes de l’histoire du pays, une tradition d’exagération des précédents étrangers qui semble constituer en soi la clé de l’identité culturelle.

Surrealist architecture in Latin America : the quests for national identity in Mexico and in Brazil (1945-1975)
Summary: The quests for national identity in twentieth century Mexican and Brazilian architecture follow courses that closely parallel developments in European art, from Primitivism through the Surrealist movement. A fundamental dichotomy present in Primitivist art is reflected in Latin American architecture, the Brazilians celebrating a sensual and joyous primitive culture (analogous to the carefree primtive life depicted in the compositions of Matisse), while the Mexicans glorify a grandiose but terrifying primitive past (corresponding to the menacing drama of Emil Nolde’s landscapes), rooted in the strangely coinciding images of Aztec pyramids dripping with the blood of daily sacrifices and volcanoes spitting molten lava in the surroundings of Mexico City. The pyramidal form also suggests a transplanting of simple Modernist volumes on Mexican soil. The two quests for local identity reach a culminating point when Latin American architectural design is most closely associated with the guiding principles of Surrealist art. The domes and arcades of Brasilia’s monumental center are turned upside-down, thus introducing a gain of nonsense into an otherwise rigourously modern urban design. In Mexico, Luis Barragán expresses the essentially irrational character of his people by covering walls with colors that are clearly too strong, and with labyrinthine floor plans that are antithetical to the logical sequences present in Occidental architecture. Modern Mexican architecture displays a tendancy to ‘go too far’ that is itself the key to the local identity.

 

Véronique NOËL-BOUTON, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 7 mai 2007, sous la direction de Bruno Foucart

Amaury-Duval (1808-1885) : l'homme et l'œuvre

Jury : M. Éric Darragon (Paris 1), M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Barthélémy Jobert (Paris 4) et M. François Robichon, prés. (Lille 3).

Résumé : La présente étude se veut complémentaire aux précédentes publications dont Amaury-Duval a été l’objet : le catalogue des expositions de Montrouge et Brest (1974) et la réédition annotée et commentée par Daniel Ternois de son ouvrage L’Atelier d’Ingres (Arthéna 1993). De nouvelles informations proviennent de diverses sources d’archives privées ainsi que de l’important fonds conservé par la Société éduenne (Autun). Une première partie présente la biographie de l’artiste en s’attardant sur son entourage familial dont le talent, l’ouverture d’esprit et la curiosité orientèrent les choix de l’artiste et influencèrent sa vie entière. Un passage est consacré à l’atelier du peintre ainsi qu’à ses principaux élèves. Le catalogue de l’œuvre est organisé en deux parties, la première étant consacrée aux portraits dont Amaury-Duval s’était fait une spécialité comme son maître Ingres. Les autres sujets sont regroupés ensuite. La peinture religieuse y tient une bonne place. Les pièces annexes jointes à l’exposé sont un complément indispensable. Outre les textes habituels (chronologie, bibliographie, catalogues d’expositions…), elles comportent la copie de plusieurs manuscrits inédits importants.

Summary: This study wants to complete the researches about Amaury-Duval : catalogues of the exhibitions held in Montrouge and Best (1974) and the new edition of l’Atelier d’Ingres by Daniel Ternois (Arthéna, 1993). The first part offers the artist's biography with a short of his family whose members were interested in everything in art and culture. Many of them had a great influence over the artist for all his live. A short part is dedicated to his study and his pupils. The catalogue has two parts, the first one contains portraits. Amaury-Duval made many of them and it is in this genre, he is the nearest of his teacher Ingres. Other subjects come after. Among them the religious paintings are important. The Annexes are a main point. They contain the usual texts (chronology, bibliography, exhibitions catalogues…) and several unpublished manuscripts.

 

Catherine SEUX-TROUVET, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 2 février 2007, sous la direction de Bruno Foucart

Les vases à la manufacture de Vincennes Sèvres : des origines à l’Empire

Jury : M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), M. Antoine d’Albis, Mme Antoinette Faÿ-Hallé (musée de Sèvres), M. Bruno Foucart (Paris 4), M. Daniel Rabreau (Paris 1) et M. François Robichon (Lille 3).

Résumé : La manufacture de Vincennes-Sèvres fit du vase le phare de sa production. Cet objet fut avant tout un support pour faire valoir une scène peinte, reflet du goût du siècle :
Aux formes rocaille de Duplessis, aux vases « grecs » de Falconet, aux créations néoclassiques de Boizot, succédèrent les vases « étrusques » de Lagrenée, qui s’acheminèrent vers les vases massifs Empire.
D’abord en camaïeu, puis en polychromie, la miniature peinte retraça les sujets en vogue, enfants Boucher, tesnières, soldats, marines, bergeries, paysages puis avec le néoclassicisme, thèmes mythologiques et historiques, auxquels il faut adjoindre arabesques et figures étrusques avec Lagrenée, et sujets napoléoniens sous l’Empire.
En vertu du monopole conféré à la Manufacture (1745), l’apposition des ors sur les fonds colorés donne un éclat particulier aux scènes peintes. Sèvres sut individualiser chaque vase en combinant de manière originale sur ce support, miniature, travail à l’or et fond coloré.

Summary: The vase was the centre piece of the Vincennes-Sèvres manufacture’s production from the origin to the period of Empire. Primarily, it was the support on which were brought to bear painted scenes that represented a wide selection of the tastes of the period, and gave rise to a brilliant success. After the “rocaille” forms of Duplessis, the “Greek” vases of Falconet, the neoclassical creations of Boizot, followed the “Etruscan” vases of Lagrenée leading to the massive Empire vases. First treated in monochrome, then in polychrome, the decorative miniature evoked subjects in vogue : figure scenes, flowers, birds, mosaic patterns, trophies and landscapes. With the introduction of the neoclassicism came mythological and historical themes, which were augmented by arabesques and “Etruscan figures” by Lagrenée and then Napoleonic subjects during the Empire period. In accordance with the royal privilege obtained in 1745, gold played a major role similarly to ground-colours. Sèvres managed to create uniqueness by combining on the forms, in an original and gifted way, the painted scene, gold work and ground-colours.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de C. Seux Trouvet »).

 

Emmanuel LURIN, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 11 décembre 2006, sous la direction d'Alain Mérot

Étienne Dupérac, graveur, peintre et architecte (vers 1535 ? - 1604).
Un artiste-antiquaire entre l'Italie et la France

Jury : M. Jean Guillaume (Paris IV), M. Michel Hochmann, prés. (EPHE), M. Claude Mignot (Paris IV), M. Mérot (Paris IV), M. Alain Schnapp (Paris I) et M. Henri Zerner (Harvard).

Résumé : Etienne Dupérac est un artiste français de la seconde moitié du XVIe siècle qui fut à la fois peintre, aquafortiste, architecte et spécialiste des jardins. Il a commencé sa carrière à Venise et à Rome où il séjourna pendant environ vingt ans (vers 1560-1578), avant de rentrer en France où il devint vers 1596 l’un des architectes d’Henri IV. Nous avons cherché à reconstituer l’ensemble de l’œuvre de Dupérac, qui était mal connu, mais aussi la complexité de son parcours, caractérisé par une forte ascension sociale. Notre thèse met l’accent sur la polyvalence de l’artiste, sa connaissance de l’antique et l’originalité de ses estampes - en particulier les vues de ruines, les planches d’architecture et les restitutions antiques. Elle montre que l’historien Onofrio Panvinio a joué un rôle déterminant dans son initiation aux sciences antiquaires. Elle suggère enfin l’existence d’un lien étroit entre ses restitutions archéologiques et son œuvre architectural, profondément influencés par les travaux de Pirro Ligorio.

Summary: Etienne Dupérac is a French artist of the second half of the sixteenth-century, who was active as a painter, an etcher, an architect and a specialist of garden design. He began his career in Venice and Rome, where he passed nearly twenty years (ca. 1560-1578), then he turned back to France where he became, about 1596, one of Henri IV’s court architects. In our study, we tried to describe the whole work of Dupérac, which was quite unknown, but also the different stages of his life and of his social ascent. We have emphasized Dupérac’s versatility, his knowledge of roman antiquities and the interest of his prints, especially his views of roman ruins and modern buildings. and his reconstruction drawings of roman scenes and monuments. We proved that the historian Onofrio Panvinio played a major role in Dupérac’s initiation to antiquarian studies. We have also compared his architectural projects with his reconstruction drawings, which are very influenced by the work of Pirro Ligorio.

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse d'Emmanuel Lurin »).

 

Yi Wen Annette YEH, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 22 janvier 2007, sous la direction de Jean Guillaume

Les mascarons aux XVIe et XVIIe siècles en Italie et en France

Jury : M. Jean Guillaume, M. Philippe Sénéchal, rapp. (université d’Amiens) et M. Bruno Tollon, prés. et rapp. (Toulouse 2).

Résumé : Cette recherche traite deux domaines : les motifs et les champs décoratifs du mascaron des XVIe et XVIIe siècles en Italie et en France. Le mascaron se présente selon plusieurs aspects : nous trouvons les mascarons anthropomorphes (homme, femme, enfant, tête ailée, tête de feuille...), les mascarons zoomorphes (lion, bélier...) et le mascaron fantastique. Les motifs d’accompagnement de ces mascarons sont divers et représentent des éléments de l’époque tels l’emblème, l’armement, les bijoux, le coquillage, la draperie, les végétaux, les putti....Les champs décoratifs sont divisés en plusieurs parties : l’encadrement (médaillon, cartouche...), la baie (allège), le support vertical (chapiteau, colonne en candélabre, pilastre...), le support en surplomb (console, modillon...), le couvrement (caisson, architrave, écoinçon...), le décor d’architecture (frise, fronton, linteau...), l’architecture religieuse (fonts baptismaux, rosace...), l’architecture funéraire (sarcophage, tombeau...), l’architecture des eaux (fontaine...). Après avoir brièvement étudié le masque dans les décors antique et médiéval, nous verrons sa transformation en « mascaron » dont la première date de la fin XIVe / début du XVe siècle en Italie. Puis nous expliquerons la façon dont ils ont évolué durant les XVIe et XVIIe siècles dans deux pays, soit la France et l’Italie. En comparant le style italien avec le style français, nous analyserons l’évolution de ces mascarons, ses différentes transformations, ses divers sources d’inspiration afin de mieux comprendre la composition des éléments décoratifs de l’époque. Cette étude montre les points communs et les différences des ornements de l’architecture entre la France et l’Italie et souligne leur importance. Chacun de ces deux pays, malgré quelques reproductions italiennes de la part de la France, possède son style propre et sa manière de percevoir le mascaron dans le décor architectural.

The “mascaron” of XVIIth centuries in Italy and in France
Summary: This research explicates two aspects of the "mascaron" in the XVIth and XVIIth centuries in Italy and in France : the "motifs" and the decorative fields. The "mascaron" is introduced by several appearances : anthropomorphic (men, women, child, angel, head of leaf...), zoomorphic (lion, sheep...) and fantastic. The "motifs" with these "mascarons" are varied and introduced by the elements of their periods : arms, jewel, shell, sheet, vegetation, "putti".... The decorative fields are separated into several parts : the frame (medallion, cartridge...), the bay ("allege"), the Pillar (vertical support) (capitol, "candle colonne" , "pilastre"), the "surpport en surplomb" (console, "modillon"), the "couvrement" ("caisson, architrave, ecoincon"...), the architectural ornaments ("frise, fronton, linteau"...), religious architecture (font, rose...), funeral architecture (sarcophagus, tomb...), and the architecture of water (fountain). After our grounding study from the antique and the medieval masque, we saw the transformation of the "mascaron"; the early ones originated in the end of the XIVth and the beginning of the XVth century. Then we explained how the evolution of "mascaron" during the XVIth and the XVIIth centuries in France and in Italy. We also analyzed the evolutions of these "mascarons" and made the comparisons by the Italian style with French style, their different transformations, and their inspirations sources in order to understand the composition of the ornaments in this period. This study issues the common and the different points of the architecture ornamentals between the France and the Italy. It also emphasizes their important points. Even the France has some copies from Italia but still these two countries have their own style.

 

Bénédicte MAS GADY, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 9 décembre 2006, sous la direction d'Alain Mérot

L'ascension de Charles Le Brun
Liens sociaux et production artistique

Jury : Mme Scarlett Beauvalet (Amiens), M. Olivier Bonfait (Aix-Marseille 1), M. Thomas Gaehtgens, prés. (Freie Universität Berlin), M. Christian Michel (université de Lausanne), Mme Jennifer Montagu et M. Alain Mérot (Paris IV).

Résumé : Comment Charles Le Brun devint-il premier peintre de Louis XIV ? A partir de documents d’archives inédits et d’une lecture critique des sources, cette thèse reconsidère l’ascension du peintre en articulant réseau social et œuvres. Sont d’abord étudiés le milieu familial modeste, la protection déterminante du chancelier Séguier, les liens entre relations sociales, structure et styles de ses dessins et peintures et, enfin, le voyage d’Italie (I). Viennent ensuite les grands défis (1646-1661) : entrer au service du roi, assurer l’existence de l’Académie royale et l’élévation de la peinture et de la sculpture, mener des stratégies de distinction, familiales, sociales, intellectuelles ou financières (II). Parallèlement, Le Brun, chargé de commandes décoratives, sollicite de nombreux collaborateurs. L’analyse des liens juridiques et du grand chantier de Vaux éclaire les modes de production au XVIIe siècle et remet en cause la conception actuelle de l’« atelier » (III).

The Rise of Charles Le Brun. Social connections and artistic production
Summary
: How did Charles Le Brun become First painter to the court of Louis XIV ? Using unpublished archive documents and a critical reading of the sources, this thesis reflects on the artist’s rise to fame through an exploration of his works and social network. Firstly a study is presented of the painter’s humble family background, the determining role of the protection of Chancellor Séguier, the links between social relations and the structure and style of both his drawings and paintings and finally his travel in Italy (I). This is followed by the period of great challenges (1646-1661) : entering into the service of the King, ensuring the existence of the Royal Academy and the elevation in status of painting and sculpture, the undertaking of strategies in terms of distinction, family, social position, intellect or finance (II). In parallel, Le Brun requested the collaboration of numerous contributors as part of his duties as commissioner of decorative pieces. The analysis of legal connections and the extensive work project undertaken at Vaux sheds light on 17th century production methods and re-evaluates the current conception of the “atelier” (III).

Voir la position de thèse (sélectionner le signet « Thèse de Bénédicte Mas Gady »).

 

Pascal DENECHEAU, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 5 décembre 2006, sous la direction de Jérôme de La Gorce

Thésée de Lully et Quinault, l'histoire d'un opéra.
Étude de l'œuvre de sa création à sa dernière reprise sous l'Ancien Régime (1675-1779)

Jury : M. Couvreur (Bruxelles), M. de La Gorce (CNRS), Mme Legrand (Paris IV), Mme Massip (BN) et M. Schneider (Sarrebruck).

Résumé : Thésée, troisième tragédie en musique de Jean-Baptiste Lully et de Philippe Quinault, fut de ces deux auteurs l’œuvre qui connut le plus grand nombre de reprises, à Paris et à la Cour, de sa création (janvier 1675) jusqu’à sa dernière représentation à la fin du XVIIIe siècle (1779). Cette étude en retrace l’histoire à l’aide des nombreuses sources (livrets, partitions et matériels d’orchestre, documents d’archives) conservées en France et à l’étranger et des témoignages de contemporains (articles de périodiques, correspondances). Le chapitre I présente le contexte historique de la création de Thésée, les écrits qui inspirèrent Quinault, l’analyse du livret et de quelques extraits musicaux ; les chapitres II et III étudient les relations entre les sources tant littéraires que musicales et les pratiques éditoriales chez l’imprimeur Ballard ; le chapitre IV aborde l’histoire des représentations (interprètes, mise en scène, décors) et les remaniements apportés en 1754, 1765 et 1779.

Summary: Thésée, the third tragédie en musique by Jean-Baptiste Lully and Philippe Quinault, was the work of these two authors that had the largest number of revivals, in Paris and at the Court, between its premiere in January 1675 and its last performance at the end of the 18th century (1779). This study traces the history of the work, using the many sources (librettos, scores and separate parts, archival documents) preserved in France and abroad, as well as the testimonies of contemporaries (articles from periodicals, correspondence). Chapter I covers the historical context for the creation of Thésée, the writings that inspired Quinault, and offers an analysis of the libretto and of several musical excerpts ; Chapters II and III discuss the relationships among the various sources, both musical and textual, as well as editorial practices at printer Ballard’s shop ; Chapter IV traces the opera’s performance history (performers, productions, settings) and the changes made in 1754, 1765 and 1779.

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Linnéa ROLLENHAGEN TILLY, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 5 décembre 2006, sous la direction de Claude Mignot

Maisons ordinaires à Paris, 1650-1790

Jury : Mme Françoise Boudon (CNRS), M. Jean-Louis Harouel (Paris 2), M. Claude Mignot (Paris 4), M. Bruno Tollon, prés. (Toulouse 2).

Résumé : Les ouvrages sur l’architecture et l’urbanisme français ne font souvent qu’effleurer les “petites maisons”. Pourtant il s’agit d’une part d’un patrimoine déjà disparu ou en danger, car situé au cœur de la ville contemporaine, ayant souvent gardé sa fonction première : le logement, régulièrement réparé mais modernisé et par là dénaturé. D’autre part c’est là le témoin principal de ce qui fut le cadre de vie de nos ancêtres vivant en milieu urbain. Le but de notre thèse est ainsi d’analyser les fonctions et de dresser un panorama de cette architecture à Paris entre 1650 et 1790. Du fait qu’il apparaît aujourd’hui primordial d’approfondir les connaissances sur la fonction des espaces, notre analyse définit dans un premier temps les caractéristiques fonctionnelles de cette architecture à travers l’examen des destinations, l’exploitation et la conception des maisons ordinaires à Paris sous l’Ancien Régime. Puis nous proposons une typologie du bâti en déterminant les particularités des parcelles (formes et superficies), des implantations géographiques, des formes esthétiques ainsi que les matériaux de construction. Enfin nous disséquons les descriptions des distributions ordinaires en observant la chronologie, l’organisation et la terminologie des espaces intérieurs pour ensuite comparer ces maisons réelles avec celles proposées par les théoriciens.

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Cécile GODEFROY, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 2 décembre 2006, sous la direction de Serge Lemoine

Le métier simultané : Sonia Delaunay-Terk et la modernité

Rapporteurs extérieurs : M. Pascal Rousseau, M. Jean-Claude Marcadé et M. Arnauld Pierre
Jury : M. Pascal Rousseau (Lausanne), M. Jean-Claude Marcadé, M. Christopher Green (Institut of Art) et M. Serge Lemoine (Paris IV)

Résumé : Cet essai monographique considère l’œuvre de Sonia Delaunay-Terk [1885-1979], figure historique des arts du XXe siècle ayant joué un rôle décisif dans les débuts de l’abstraction, à partir de documents inédits (archives et fonds photographiques des différentes donations léguées à l’État par l’artiste ; collections particulières) et au travers de nouvelles réflexions. La première interroge la notion de métier simultané, qui désigne l’ensemble de la production de l’artiste de 1913 à 1979 et qui, reliée à ses origines slaves, mêle étroitement arts plastiques et arts décoratifs dans une quête sans cesse renouvelée de synthèse. International, promu par les nouveaux modes de communication et mis en scène selon des procédés inédits (poésie, réclames, photographies, cinéma, vitrines et défilés de mode, spectacles avant-gardistes), le simultané met en relation les notions traditionnellement opposées de la peinture et de la culture populaire, de la mode, du commerce, de la publicité, de l’artisanat et de l’industrialisation. Le concept de modernité, qui souligne le caractère pluriel de l’œuvre, partagé entre nostalgie du passé, souci de démocratisation de l’art et sauvegarde du mythe de l’« aura », est également interrogé pour tenter de replacer Sonia Delaunay au cœur d’une histoire des arts des XXe et XXIe siècles, enrichie de nouvelles approches contextuelles et culturelles.

Summary: Having played a decisive role in the beginnings of abstraction, Sonia Delaunay-Terk [18851979] is an historical figure in 20th century art. Based on research from previously unpublished documents (archives and photographs from public collections; private documents), this monographic essay re-explores her work through a series of new reflexions. The first questions the notion of “simultaneous craft” (“métier simultané”) which refers to the artist’s entire opus from 1913 to 1979 and, illuminated by her Slavic origins, closely combines visual and decorative arts in a constantly renewed search for synthesis. International, promoted by new channels of communication and presented using innovative processes (poetry, publicity, photography, cinema, fashion displays and shows, avant-gardist theatre), the simultané associates traditionally opposed fields: painting, popular culture, art, fashion, business, advertising, crafts and industrialization. The concept of modernity is also questioned in an attempt to re-position Sonia Delaunay at the heart of 20th and 21st century art history, a history enriched by new contextual and cultural approaches. This concept moreover underlines the plurality of the artist’s work, divided between nostalgia for the past, concern for art democratization and the safeguard of the “aura” myth.

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Adeline LAUSSON, thèse soutenue à l'Université de Paris I le 25 novembre 2006, sous la direction de Françoise Levaillant

Le Land Reclamation Art. Idées, artistes, projets

Jury : Prof. Dr Richard Etlin, Mme Françoise Levaillant, M. Claude Massu, Mme José Vovelle, M. Gilles Tiberghien.
Pré-rapporteurs : Prof. Dr Richard Etlin, Prof. Eric de Chassey.

=> Lire les remarques du Professeur Richard A. Etlin

Résumé : Dans les années soixante, certains artistes ont commencé à réfléchir à des œuvres d'art qui participeraient à la réhabilitation de sites industriels abandonnés, de terrains vagues et de zones polluées. Au début des années 1980, des artistes comme Alan Sonfist, Patricia Johanson et Nancy Hoit, ont commencé à réaliser des œuvres monumentales avec ce but à l'esprit. Dans les années 1990, ils étaient rejoints par une nouvelle génération. Parmi eux, Mel Chin et Agnes Denes qui s'intéressaient déjà depuis quelque temps aux problèmes politiques et écologiques. Même s'ils ne se connaissaient pas les uns les autres, ces artistes partagent certains concepts et certaines convictions. Leurs œuvres participent non seulement à la réhabilitation écologique, mais aident également à reconstruire le lien manquant entre les hommes et leur environnement naturel. En développant des designs spécifiques, ces artistes veulent mettre en présence, plus ou moins naturellement, les hommes, la flore et la faune.

Summary: In the sixties, some artists became interested in works that would help to reclaim disused industrial sites, terrains vagues and polluted areas. At the beginning of the eighties, artists like Alan Sonfist, Patricia Johanson and Nancy Holt began to create monumental works of art with this idea in mind. In the nineties, they were joined by a new generation. Among them, Mel Chin and Agnes Denes who were already interested in political and ecological issues. Even if they don't know each others, these artists share some concepts and convictions. Their works not only take part in a site’s reclamation, they also help to rebuild the missing link between humans and their natural environment. By developping specific designs, these artists want to put in presence, more or less naturally, humans, flora and wildlife.

Mots-clés : Land art, Art environnemental, Réhabilitation, Écologie, Alan Sonfist, Patricia Johanson, Agnes Denes, Mel Chin, Mark Brest van Kempen, Nancy Holt, Harriet Feigenbaum, Développement durable, Urbanisme durable.

 

France TRINQUE, thèse soutenue à l'Université de Paris-Sorbonne Paris IV le 21 novembre 2006, sous la direction d'Alain Mérot

La fortune critique de Nicolas Poussin dans la seconde moitié du XVIIIe siècle en France

Jury : Mme Micheline-Caroline Heck (Montpellier 3), Mme Claudette Hould (université de Montréal), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris IV) et M. Alain Mérot (Paris IV).

Résumé : Le peintre national français, Nicolas Poussin (1594-1665), n’a jamais cessé d’être un parangon dans le domaine de la peinture. De Nicolas Loir et Sébastien Bourdon à Delacroix, Cézanne ou Picasso, des artistes de style ou de mouvement parfois complètement opposés ont médité les œuvres du maître normand. L’étude de sa fortune au XVIIIe siècle montre qu’il est resté vivant dans l’esprit des Français même pendant la période artistique la plus éloignée de son style austère et solennel. Sa fortune critique, visuelle et commerciale indique en l’occurrence son rôle de modèle pour les paysagistes au début du XVIIIe siècle. Autour de 1750, la faveur qu’il connaît comme représentant « sublime » de la grande peinture expose les imitateurs les plus hardis à de sévères critiques. Son exceptionnelle renommée le fit rechercher par les collectionneurs étrangers qui « dépouillèrent » la France des plus beaux morceaux de peinture du maître. Par delà la coexistence de la mode, du marché, du goût pour l’antique et pour les sujets d’ « exemplum vertutis », un culte de Poussin se développa dans les années 1780 créant des émules tant chez les peintres que chez les poètes français.

Summary: The French national painter, Nicolas Poussin (1594-1665) has always been a paragon in painting. Artists from as diverse schools and styles from Nicolas Loir and Sébastien Bourdon to Delacroix, Cézanne or Picasso studied with interest the work of this master from Normandy. Studying his fortune in the XVIIIth century show the extent by which he remained alive in the French mind even when his artistic style was most solemn and austere. His critical fortune, both visual and commercial, indicates the role model that Poussin indeed was at the beginning of the XVIIIth century. Around 1750 the favour bestowed on him as the “sublime” representative of painting made his imitators open to severe criticism. His exceptional fame caused his works to be “stripped” from France by foreign collectors. Combining fashion, the market and a taste for classical art and for “exemplum vertutis” subjects, a Poussin cult emerged in the 1780s causing painters and poets alike to emulate the master.

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Sonia REISINGEROVA, thèse soutenue à l'Université de Paris-Sorbonne Paris IV le 18 novembre 2006, sous la direction de Serge Lemoine

La lettre dans l'art des avant-gardes européennes entre 1909 et 1939 :
le signe-passeur du modernisme

Rapporteurs extérieurs : M. Pascal Rousseau et M. Arnauld Pierre.
Jury : M. Pascal Rousseau (université de Lausanne), M. Arnauld Pierre, prés. (Grenoble II), Mme Iva Janakova Knobloch (université de Prague) et M. Serge Lemoine (Paris IV).

Résumé : Entre 1909 et 1939, une multitude de propositions poétiques et artistiques originales, mettant en jeu la lettre de l’alphabet, ont vu le jour. Les futuristes, dadaïstes et constructivistes de diverses nationalités, héritiers de l’enseignement mallarméen et contemporains de Picasso et Braque, s’emparèrent du langage établi pour le fragmenter en unités indivisibles - les lettres - témoins de l’Histoire. Ils les chargeaient alors de puissante symbolique moderniste. L’attention de ces créateurs polyvalents qui migraient inlassablement entre Zurich, Berlin, Prague, Varsovie ou Moscou, se porta également au domaine typographique qui représentait pour eux un véritable champ de bataille idéologique. Partie de l’Allemagne (et du Bauhaus plus particulièrement), la réflexion sur le nouveau langage, menée à travers le travail concret sur la physionomie de la lettre imprimée, fut poursuivie avec force par les cercles progressistes de l’Europe centrale. La lettre de l’alphabet s’adaptait facilement à divers supports et styles artistiques, ainsi qu’aux multiples messages utopistes. Nous pouvons voir en elle un véritable signe-passeur du modernisme.

The letter in the art of European avant-gardes between 1909 and 1939 : the pass-sign of modernism
Summary: Between 1909 and 1939, loads of original poetic and artistic proposals, involving the letter of the alphabet, were born. Futurists, dadaists and constuctivists from various nationalities, heirs of the Mallarmé’s teaching and contemporaries of Picasso and Braque, seized the established language to split it in indivisible units - the letters - witnesses of History. They invested them with strong modernist symbols. The thoughtfulness of different creators who travelled tirelessy between Zurich, Berlin, Prag, Warsaw or Moscow, focussed as well on the typografic side who represented for them a real ideological battlefield. Coming from Germany (and more especially from Bauhaus), the reflection about the new language, developed trough the concrete work on the printed letter’s physiognomy, was continued with ambition by progressist circles in central Europe. The letter of the alphabet adapted easily to various materials and artistic styles, as well as to numerous utopist messages. We can see it as a real pass-sign of modernism.

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Iliana KASARSKA, thèse soutenue à l'université de Paris-Sorbonne Paris IV le 17 novembre 2006, sous la direction de Dany Sandron

La sculpture de la façade de la cathédrale de Laon

Jury : M. Bruno Boerner (Dresde, université technique), Mme Fabienne Joubert (Paris IV), M. Daniel Russo, prés. (Dijon), M. Alain Saint-Denis (Dijon) et M. Dany Sandron (Paris IV).

Résumé : La cathédrale de Laon comporte le plus grand ensemble sculpté de la fin du XIIe siècle : trois portails et leurs gâbles, deux fenêtres à voussures. Un programme d’ensemble a présidé à son élaboration : les thèmes des portails latéraux - Incarnation et Jugement dernier - sont couronnés et achevés par celui du Triomphe de la Vierge au portail central, symbole de l’espoir eschatologique des chrétiens. Les thèmes novateurs des fenêtres - Arts libéraux et Arts mécaniques au nord, Création-Rédemption au sud - révèlent l’influence des écrits de Hugues de Saint Victor (1096-1141) avec lequel Gautier de Mortagne (évêque de Laon de 1155 à 1174, soutien financier de la construction et inspirateur du programme sculpté) avait entretenu des échanges épistolaires. Cet ensemble stylistiquement assez homogène, intègre des éléments provenant d’un portail complet datant de la toute fin de l’épiscopat de Barthélémy de Joux (1113-1151) et achevé avant le début de la construction de la cathédrale actuelle. À travers un corpus complet des sculptures de la façade occidentale, y compris de nombreux éléments décoratifs et des têtes originales encore mal connues, et l’étude de la sculpture de l’intérieur et des flancs du chœur, nous distinguons le travail d’un nombre réduit d’artistes. La durée de leurs interventions permet, entre autres, de dater l’exécution de la façade entre 1176 et 1190. La sculpture de la façade s’intègre dans le style antiquisant de la fin du XIIe siècle appelé par commodité « style 1200 ». Le chantier de Laon a fourni la main d’œuvre pour la réalisation de la sculpture de Saint-Yved de Braine et est devenu une référence pour Chartres, Lausanne et Maastricht.

Summary: The cathedral of Laon bears the biggest sculptural ensemble of the end of the 12th century. A global program presides its execution : the subjects of the lateral portals - Incarnation and Last Judgement - are achieved by the Triumph of the Virgin in the central portal, symbol of the eschatological hope of the Christians. The new subjects of the windows - Liberal and Mechanical arts in the north and Creation-Redemption in the south - testify of the influence of the works of Hugh of Saint-Victor (1096-1141) with whom Gautier de Mortagne (bishop of Laon between 1155 and 1174, financial support of the construction and inspiration of the sculptural program) exchanged letters. This ensemble of a homogeneous style incorporates elements coming from a complete portal dating back from the time of bishop Barthelemy de Joux (1113-1151), and achieved before the beginning of the construction of the present cathedral. Thanks to a complete corpus of the sculptures of the façade, decorative elements and unknown heads included, and the study of the sculpture of the interior and the side of the choir, we recognise the works of several artists. The duration of their activity allows to date the execution of the façade between 1176 and 1190. The sculpture of the façade is integrated in the “style antiquisant” called also “style 1200”. The cathedral of Laon supplied sculptors for the realisation of Saint-Yved-de-Braine and become a reference for Chartres, Lausanne and Maastricht.

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Véronique PERRIOL, thèse soutenue à l'université de Paris-1-Panthéon-Sorbonne le 30 juin 2006, sous la direction de Françoise Levaillant

Conceptions du langage verbal en art. De Fluxus à l'art conceptuel

Jury : Éric Darragon, Olivier Lussac, Jacques Morizot, Françoise Levaillant.

Résumé : Notre thèse traite des conceptions du langage verbal en art. Nous définissons le terme « conception » comme une opération qui saisit ou forme un concept, un acte de pensée s’appliquant à un objet et une opération de l’entendement reproductrice ou créatrice. Nous proposons une contribution à l’histoire d’une pratique conceptuelle de l’art sur une période précise allant de Fluxus à l’art conceptuel.
Notre première partie aborde la pratique textuelle de Fluxus. Nous rassemblons sous le terme de « partition textuelle » des œuvres qui présentent un système de notation distinct du scénario du happening. Elles amènent une exécution physique et / ou mentale. Deux notions majeures sont retenues : l’« art concept » créé par Henry Flynt en 1961 et l’« intermédia » de Dick Higgins qui invalide l’idée de disciplines artistiques.
Nous analysons en deuxième partie la pratique poétique Fluxus. Elle fait écho à la poésie expérimentale (poésie concrète, visuelle...) et amène parfois une réalisation proche de la performance, voire de la poésie sonore. Les pratiques poétiques et conceptuelles du Lettrisme et de l’Internationale Situationniste correspondent aussi à cette problématique.
Notre troisième partie examine tout d’abord les premières pratiques en marge de l’art conceptuel proprement dit. Puis, nous montrons qu’il existe des pratiques conceptuelles diverses. Certaines se différencient de Fluxus dans leur approche de l’art tandis que d’autres s’en rapprochent. Le rapport entre l’« art concept » et l’art conceptuel est discuté. Nous postulons une absence d’homogénéité stylistique au sein de l’art conceptuel.

Mots-clés : Fluxus ; Intermédia ; Art Concept ; Poésie concrète ; Poésie sonore ; Poésie expérimentale ; Art conceptuel ; Lettrisme ; Internationale Situationniste ; Happening ; Event ; Robert Barry (1936-) ; George Brecht (1925-) ; Marcel Broodthaers (1924-1976) ; Victor Burgin (1941-) ; John Cage (1912-1992) ; Robert Filliou (1926-1987) ; Henry Flynt (1940-) ; Dick Higgins (1938-1998) ; Joseph Kosuth (1945-) ; Sol LeWitt (1928-) ; Yoko Ono (1933-) ; Bernar Venet (1941-) ; Lawrence Weiner (1940-)

Conceptions of verbal language in art. From Fluxus to conceptual art
Summary: Our thesis is about conceptions of the verbal language in art. We define the term “conception” as an operation consisting to seize or form a concept, an act of thought applying to an object and finally an operation of the understanding reproductive or creative. We propose a contribution to the history of a conceptual practice of art about precise period going from Fluxus to the Conceptual Art.
Our first part tackles the textual practice of Fluxus. We gather under the term of “textual score”, works which present a system of notation, distinct from the scenario of the happening. They bring up a physical and/or mental execution. Two major notions are retained: “art concept” created by Henry Flynt in 1961 and the “intermédia” of Dick Higgins which invalidates the idea of artistic disciplines.
We analyze in second part the poetic practice of Fluxus. It makes echo with experimental poetry (concrete, visual poetry...) and brings sometimes a realization close to the performance, indeed poetry. The poetic and conceptual practices of Lettrisme and Internationale Situationniste also correspond to these problems.
Our third part examines the first practices in margin of the Conceptual Art itself. Then, we will show that there are various conceptual practices. Some are different in their approach of art from Fluxus while others are very close to Fluxus. The relationship between “art concept” and the Conceptual Art is discussed. We postulate an absence of stylistic homogeneity within the Conceptual Art.

Keywords: Fluxus; Intermedia; Concept Art; Concrete poetry; Experimental Poetry; Conceptual Art; Lettrisme; Internationale Situationniste; Happening; Event; Robert Barry (1936-); George Brecht (1925-); Marcel Broodthaers (1924-1976); Victor Burgin (1941-); John Cage (1912-1992); Robert Filliou (1926-1987); Henry Flynt (1940-); Dick Higgins (1938-1998); Joseph Kosuth (1945-); Sol LeWitt (1928-); Yoko Ono (1933-); Bernar Venet (1941-); Lawrence Weiner (1940-)

 

Florence RIONNET, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 9 juin 2006, sous la direction de Bruno Foucart

Le rôle de la Maison Barbedienne (1834-1954) dans la diffusion de la sculpture aux XIXe et XXe siècles
Considérations sur les bronzes d’édition et l’histoire du goût

Jury : Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), Catherine Chevillot, Bruno Foucart (Paris 4), Emmanuel Guigon, June Hargrove et Paul-Louis Rinuy (Paris 10).

Résumé : La Maison Barbedienne, fondée en 1834, fut l’une des plus importantes entreprises de bronzes d’art en France au XIXe siècle. Le fondateur de la Maison, Ferdinand Barbedienne (1810-1892), s’associa dès 1838 à Achille Collas (1795-1859) - l’inventeur du procédé de réduction mécanique des statues - et sut donner une extension considérable à la production des petits bronzes d’édition. Son succès reposa en grande partie sur sa politique et sa stratégie commerciales. Son choix d’un répertoire « académique » proche du goût dominant répondait aux exigences d’une clientèle bourgeoise à la recherche de valeurs sûres. Il parvint ainsi à se démarquer de la concurrence et à s’octroyer la collaboration des artistes vivants les plus en vogue, tels Antonin Mercié ou Paul Dubois. Sa présence régulière aux Expositions universelles et les nombreuses récompenses qu’il y reçut favorisèrent l’extension de l’entreprise qui comptait plusieurs centaines d’ouvriers au début de la Troisième République. Cet Âge d’or prit fin au tournant du siècle lorsque la petite sculpture industrielle perdit peu à peu de son attrait face à l’émergence de nouvelles exigences d’« originalité » de la part de la clientèle et de contrôle de la part des sculpteurs. Gustave Leblanc-Barbedienne (1849-1945), neveu et successeur de Ferdinand, et son fils Jules (1882-1961) ne parvinrent pas, malgré leurs efforts, à donner une nouvelle impulsion à l’entreprise qui disparut en décembre 1954 victime de la morosité économique (suite à la crise de 1929 et à la Guerre) et surtout de la dépréciation générale pour le bronze d’art et pour les valeurs qu’il véhiculait.

The Role of the Maison Barbedienne (1834-1954) in the Spread of Sculpture in the 19th and 20th centuries : Reflection on bronzes in series and the History of Taste
Summary : The Maison Barbedienne was founded in 1834 and was one of the most important companies of art bronzes in the 19th century in France. As early as 1838, the founder of the company, Ferdinand Barbedienne (1810-1892), formed a partnership with Achille Collas (1795-1859), the man who invented the process for the automatic reduction of statues. This enabled him to widely spread the production of small bronzes in series. His success resulted mostly from his policy and commercial strategy. His choice of an ‘academic’ catalogue - close to the prevailing taste - fits the wishes of his middle class clients, who requested safe values. He managed to distinguish himself from the other founders by using fashionable living artists such as Antonin Mercié or Paul Dubois. His regular attendance at the Expositions Universelles and the numerous prizes that he won favoured the extension of the company which counted several hundred workers at the beginning of the Third Republic. This Golden Age ended at the turn of the century, when small-size industrial sculpture partly lost its appeal because clients began to request ‘originality’, and sculptors asked for more control. Gustave Leblanc-Barbedienne (1849-1945), Ferdinand’s nephew and successor, and his son Jules (1882-1961) failed to give a new impetus to the company in spite of their efforts. The company disappeared in December 1954, as a result of the depressed economic climate which followed the 1929 crisis and the 2nd World War and - above all - due to the general lack of appreciation of artistic bronzes and the values that they conveyed.

 

Okyang CHAE DUPORGE, thèse soutenue à l'Université de Paris IV-Sorbonne le 3 juin 2006, sous la direction de Serge Lemoine

L'espace non-agi dans l'œuvre de Lee Ufan

Rapporteurs extérieurs : Thierry Dufrêne et Arnauld Pierre.
Jury : Thierry Dufrêne (Paris 10), Arnauld Pierre, prés. (Grenoble 2), Lorand Hegyi (musée) et Serge Lemoine (Paris 4).

Résumé : Cette thèse constitue une monographie sur Lee Ufan (artiste coréen né en 1936) dans laquelle nous mettons l'accent sur la présence de la partie non-peinte et non-faite dans son travail, que nous appelons « l'espace non-agi ». Cette expression insiste sur l'intervention minimum de l'artiste et englobe autant l'espace pictural que l'espace sculptural. Sous cet angle, nous proposons un aperçu de l'évolution de l'œuvre de Lee Ufan, consacrant une partie importante à sa période Mono-ha - mouvement japonais (1968-1973?) dont il a été à la fois le théoricien et l'artiste majeur - pendant laquelle l'idée de non-agir apparaît dans son travail. À travers l'examen de l'espace non-agi dans la peinture du XXe siècle, nous cherchons également à situer dans un contexte historique plus général la démarche de Lee Ufan qui finit par dialoguer avec l'extérieur.

Untouched space in the work of Lee Ufan
Summary: This thesis is a monograph on Lee Ufan (a Korean artist born in 1936) in which we focus on the presence of the unpainted, undone part in his work, which we term “untouched space”. This expression emphasises the artist's minimal intervention and encompasses pictorial space as well as sculptural space. From this standpoint, we propose an overview of the development of Lee Ufan's work, devoting a substantial section to his Mono-ha period - Mono-ha being a Japanese movement (1968-1973?) of which he was both the theorist and a leading artist - during which the idea of non-action first appeared in his work. In a review of untouched space in 20th century painting, we also attempt to place Lee Ufan's approach within a broader historical context, as it eventually enters into a dialogue with the outside world.

Mots-clés : Yi, U-hwan (1936-....) ; Critique et interprétation ; Espace (art) ; Art du 20e siècle ; Japon ; Peinture ; Corée ; Mono ha

 

Rabith MACHAALANY, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 2 juin 2006, sous la direction de Bruno Foucart

L’architecture religieuse au Liban (XIXe et XXe siècles)

Jury : Claude Massu, prés. (Aix-Marseille1), Jean-Yves Andrieux (Rennes 2), Bruno Foucart (Paris 4) et Barthélémy Jobert (Paris 4).

Résumé : L’architecture religieuse au Liban du XIXe et du XXe siècles, traite des monuments religieux au Liban durant cette période. D'autres monuments chrétiens datant du XVIIe et du XVIIIe siècles font aussi partie de cette étude grâce aux restaurations et rénovations qu'ils ont subis durant les XIXe et XXe siècles. L'étude présente le Liban historiquement avec son système communautaire, elle expose aussi le Patriarche Elias Hoayek et trois saints libanais du XIXe siècle. Les ermitages rupestres, les chapelles de village à nef unique ou à double nef, et les cathédrales croisées forment les sources des églises du XIXe et du XXe siècle. Les édifices religieux étudiés sont divisés entre Beyrouth la capitale, le Mont Liban, le Liban Nord, le Liban Sud et la Békaa. Une grande ressemblance est remarquée entre l'architecture civile traditionnelle et l'architecture religieuse, surtout par l'utilisation des tuiles rouges et de la pierre taillée qu'elle soit blanche, brune, grise ou jaunâtre. Le plan général des monastères était toujours un plan classique de forme rectangulaire autour d'une cour intérieure avec des jardins et un bassin. La plupart des couvents au Liban sont construits sur le même modèle, inspiré du style des grands sérails. Ils peuvent varier en surface et dans le nombre des étages, de même qu'entre les régions et leurs besoins et nécessités. Les églises se composent d'une seule nef large ou entourée de deux bas-côtés se terminant par une abside semi-circulaire où se trouve l'autel, voûtée en berceau, en arêtes ou en arc brisé. L'entrée principale peut être précédée par un narthex ou un grand escalier. L'influence varie entre les influences byzantine, croisée, italienne, française et américaine.

The religious architecture in Lebanon (XIXth and XXth centuries)
Summary: The religious architecture in Lebanon from the XIXth and XXth centuries presents religious monuments dating from this period. Other Christian monuments dating from the XVIIth and XVIIIth centuries are also included because of the restorations and renovations done during the XIXth and XXth centuries. This study presents the history of Lebanon, his religious community system, the Patriarch Elias Hoayek and three saints of the XIXth century. The rocky hermitages, the village chapels (single or double naves) and the large cathedrals of the crusaders period are the roots of the XIXth and XXth centuries’ churches. The religious monuments studied are divided between the capital Beirut, Mount Lebanon, North Lebanon, South Lebanon and the Bekaa. A huge resemblance is observed between traditional civil architecture and religious one, especially when using red roofing tiles and rock-cut stones (white, brown, grey, or yellow). The general plan of a monastery is always a classic rectangular one around an interior courtyard including gardens and a basin. Most of the Lebanese convents are nearly built the same way, but it varies in the surface, between 2 and 5 stories, and according to their regions and requirements. Churches are composed of one large nave and sometimes surrounded by two side aisles. It ends with a semicircular apse where the altar is placed. The nave is covered with different kinds of vaults. The principal entrance may be preceded with a narthex or stairs or even without both of them. The influence of religious architecture varies between Byzantine, Crusader, Italian, French and American styles.

 

Christelle LANGRENÉ, thèse soutenue à l'Université de Paris IV-Sorbonne le 20 mai 2006, sous la direction de Serge Lemoine

L'art du vitrail en France depuis 1980

Rapporteurs extérieurs : Paul-Louis Rinuy et Claude Massu.
Jury : Paul-Louis Rinuy, prés. (Paris 10), Claude Massu (Aix-Marseille 1), Bruno Foucart(Paris 4) et Serge Lemoine (Paris 4).

Résumé : Le vitrail se présente comme un support plastique livré au lieu et au temps de la célébration liturgique. À partir des années quatre-vingt, les réponses artistiques, fort diversifiées, vont de pair avec une expérimentation technique de la matière. L'expérience pionnière de Nevers interpelle par l'hétérogénéité des sensibilités. Ces artistes se confrontent souvent pour la première fois, avec sincérité et respect, aux contraintes d'un programme théologique. Le R.P. Régamey s'interrogeait quant à l'introduction de signes manifestes au sein d'édifices religieux. Ce questionnement reste d'actualité. Les rapports entre l'Église et l'État posent les bases d'une conciliation entre les enjeux de mémoire et de modernité. Les artistes contemporains relèvent ce défi dont la difficulté réside dans l'intégration à une architecture religieuse et historique. Une nouvelle lecture s'ouvre alors et un changement d'esprit s'opère.

The stained glass art in France since 1980
Summary: Stained glass can be seen, nowadays, as a support for visual art that is particularly dedicated to liturgical celebration. Artistic responses to this incentive, highly diverse in nature, include a certain degree of technical experimentation with glass since 1980. Meanwhile, many were intrigued by the heterogeneity of artistic sensibilities represented in the pioneering experiment of Nevers. All these artists came up against the constraints of a theological programme, often for the first time, and met them with sincerity and respect. Father Régamey questioned the introduction, through different artistic means of expression, of manifest signs within the religious edifice. These interrogations are still topical today. The relations between Church and State are such that the foundations of a conciliation between issues of memory and modernity may be laid. Each contemporary artist brings a different answer, taking up a challenge whose principal difficulty lies in the integration of work adapted to a religious and historical architecture. A new interpretation is opening up, bringing with it a change of outlook.

 

Caroline CHARPENTIER CHAINE, thèse soutenue à l'Université de Paris IV-Sorbonne le 11 mai 2006, sous la direction de Bruno Foucart

Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782-1859)
Sa vie, son œuvre

Jury : M. Éric Darragon (Paris I), M. Bruno Foucart (Paris IV), M. Barthélémy Jobert, prés. (Paris IV), M. Patrick Le Nouène et M. François Robichon (Lille 3).

Résumé : Lancelot Théodore Turpin de Crissé (1782-1859), après avoir été pris en charge par le comte Choiseul-Gouffier, est chambellan de l'Impératrice Joséphine de 1810 à 1814. Il entre à l'Académie des Beaux-Arts en 1816, est nommé membre de la commission des Beaux-Arts à la préfecture de la Seine et occupe des fonctions importantes dans l'administration des arts sous la Restauration jusqu'à être nommé en 1825 Inspecteur Général des Beaux Arts par Charles X. Après 1830, fidèle aux Bourbons il démissionne de toutes ses fonctions et se consacre à la peinture et à sa collection d'antiques qu'il lègue à la ville d'Angers. Sans aucune formation académique, il expose au salon de 1806 à 1835 des paysages composés et des vues d'Italie et publie trois albums de lithographies Souvenirs du golfe de Naples, Fantaisies lithographiques, Souvenirs du vieux Paris. D'après son exécuteur testamentaire, il aurait peint environ 200 tableaux, 155 ont été retrouvés. L'étude de sa correspondance a permis de mieux connaître l'homme, le politique et l'artiste et de le situer dans son siècle comme un homme de transition marqué par sa famille issue de la noblesse provinciale et sollicitée par les goûts de son époque.

 

Yoko HAYASHI-HIBINO, thèse soutenue à l'Université de Paris-1-Panthéon-Sorbonne le 25 février 2006, sous la direction de Françoise Levaillant

Tsuguharu Foujita.
L’évolution d’un artiste transtlantique et transpacifique.
Nouvelles recherches sur sa vie et son œuvre de 1910 à 1950

Jury : Serge Lemoine (président), Françoise Levaillant, Michaël Lucken, Shûji Takashina.

Résumé : Le peintre Foujita Tsuguharu (1886-1968), né à Tokyo au milieu de l’ère Meiji, vécut presque la moitié de sa vie hors de son pays natal, et notamment en France. Après sa réinstallation définitive à Paris en 1950, il se fit naturaliser Français. Jusqu’à présent, les recherches universitaires à son sujet insistèrent surtout sur l’aspect franco-japonais, à cause du temps qu’il passa en France. Cependant, force est de constater qu’il voyagea aussi dans de nombreux autres pays, et s’éprit de cultures diverses. La présente thèse vise à mettre en lumière les œuvres de Foujita dans ce contexte de « déplacement » autour du monde et, à ce titre, analyse ses relations avec la Belgique, l’Amérique latine, les États-Unis et certains pays d’Asie. En d’autres termes, elle montre l’influence du voyage sur ses œuvres et sa personnalité. Par ailleurs, les recherches menées jusqu’ici mirent surtout en valeur les œuvres pour lesquelles Foujita se trouve déjà connu du public : tableaux de nus ou de chats des années vingt ou peintures de guerre des années quarante. Nous reprenons ces thèmes, mais en les élargissant aux paysages parisiens (fin des années dix), aux représentations d’« intérieur » et aux illustrations (première moitié des années vingt), et enfin aux peintures murales (fin des années vingt et années trente). Nous mettons en regard leur création et le développement des mouvements artistiques à Paris entre les deux guerres. Nous montrons qu’en tant que l’un des premiers artistes japonais formés à Paris, dépassant les frontières et les nationalités, de l’Atlantique au Pacifique, Foujita sut s’adapter à de multiples cultures en des temps mouvementés.

Mots-clés : Amérique latine (art, années 1930) ; art et guerre, XXe siècle ; artistes étrangers en France, 1900-1950 ; art populaire, XXe siècle ; Belgique (réception de Foujita) ; Claudel, Paul (1868-1955) ; Desnos, Robert (1900-1945) ; École de Paris, XXe siècle ; États-Unis (art nippo-américain) ; Foujita Tsuguharu (1886-1968) ; iconographie : nu , paysage, intérieur ; livres illustrés ; maison-atelier de Foujita (Villiers-le-Bâcle, Val-de-Marne) ; Mexique (décoration murale, années 1930) ; Modigliani, Amedeo (1884-1920) ; Paris, Cité universitaire internationale, Maison du Japon ; Paris, quartier Montparnasse, XXe siècle ; Paris, Salon d’automne ; peinture de guerre, XXe siècle ; peinture murale, XXe siècle ; photographie, XXe siècle ; relations culturelles entre le Japon et la France, 1900-1950 ; texte et image.

Tsuguharu Foujita: Evolution of a Peripatetic Artist whose Career Spanned Two Oceans: New research on his life and works 1910 -1950
Summary: The artist Foujita Tsuguharu (1886-1968) was born in Tokyo in the middle of the Meiji period and spent half of his roughly eighty years abroad, mostly in France. After returning to Paris in 1950, he settled permanently in France and became a French citizen at the end of his life. Until now, research on Foujita has focused upon his involvement with only France and Japan because of his long residence in those two countries. In fact, this twentieth-century artist traveled widely and had considerable contact with diverse cultures. This thesis reexamines Foujita's works in the light of his frequent “movement” throughout the world and his connections to Belgium, Latin America, the United States and some Asian countries; the thesis then considers the influences that shaped his multicultural outlook and his art. Foujita is widely known for his tableaux of female nudes and cats, which he created in Paris in the 1920s, and for his paintings of the Pacific War, which he created in Japan. In this thesis, we turn to works neglected in Foujita research up to now, analyzing the landscapes of Paris that he created at the end of 1910s, his intérieurs and illustrations dating from the early 1920s, and his mural paintings of the late 1920s to 1930s. These will be seen in the context of the cultural situation in Paris between the two World Wars. We present a new view of Foujita as an artist able to transcend foreign borders and nationalities. A pioneering Japanese, he attempted to adapt himself to different cultures and changing times.

Keywords: Art and War, 20th Century; Belgium (reception of Foujita); Claudel, Paul (1868-1955); Cultural Exchanges between Japan and France, 1900-1950; Desnos, Robert (1900-1945), Ecole de Paris, 20th Century; Foreign Artists in France, 1900-1950; Foujita Tsuguharu (1886-1968); Iconography: Nude, landscape, interior; Illustrated Books; Latin America (Art, 1930s); Maison-atelier de Foujita (Villiers-le-Bâcle, Val-de-Marne) ; Mexico (Mural Movement, 1930s); Modigliani Amedeo (1884-1920) ; Mural Painting, 20th Century; Paris, Cité universitaire internationale, Maison du Japon ; Paris, Montparnasse, 20th Century; Photography, 20th Century; Popular Art, 20th Century; Salon d’automne; Text and Image; United States (Japanese-American Art); War Art, 20th Century.

 

Lucile ENCREVÉ, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 10 décembre 2005, sous la direction de Serge Lemoine

Brice Marden, opacité et transparence

Jury : Arnauld Pierre, prés. (Grenoble 2), Éric de Chassey (Tours), Thierry Dufrêne (Paris 10) et Serge Lemoine (Paris 4).

Résumé : L'œuvre de l'artiste abstrait américain Brice Marden, né en 1938, est constitué de deux parties distinctes en apparence : des peintures à panneaux monochromes et des tableaux parcourus de lignes qu'annonçaient, plus tôt dans sa carrière, des œuvres sur papier. Il est en réalité très cohérent, soumis à l'opacité comme à la transparence. Si cette dernière est une tentation, l'opacité triomphe toujours. Deux gestes de l'artiste sont essentiels à cet égard : le recouvrement et l'effacement. Ses œuvres, dont les titres font référence au réel ou à l'histoire de l'art dans son ensemble, mais dont les sujets sont d'abord la mort, la mélancolie, la mémoire et la présence, interrogent les possibilités de la peinture abstraite et affirment sa vitalité.

 

Pierre-Emmanuel MARTIN-VIVIER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 10 décembre 2005, sous la direction de Bruno Foucart

L’étrange luxe du rien : vie et œuvre de Jean-Michel Frank

Jury : Thierry Dufrêne, prés. (Paris 1), Yvonne Brunhammer, Bruno Foucart (Paris 4), Jean-Louis Gaillemin (Paris 4) et Arnaud Pierre (Grenoble 2).

Résumé : Figure mythique de l'entre-deux-guerres, Jean-Michel Frank (1895-1941) est l'auteur d'intérieurs minimalistes et ascétiques, jouant sur les concepts du vide, de l'anonymat, du primitivisme et du « luxe pauvre ». Décorateur des grandes figures mondaines et intellectuelles des années 30, Frank se distingue par ses commandes d'œuvres décoratives passées auprès d'artistes cubistes et surréalistes, Salvador Dali, Alberto Giacometti, Henri Laurens entre autres. Partageant des liens aussi bien avec le fonctionnalisme que les grands styles français, l'œuvre de Frank est révélatrice des bouleversements esthétiques de l'époque et nourrit le débat opposant les Modernes aux tenants de la Tradition. Cette étude se propose de retracer la vie de Jean-Michel Frank, en replaçant le personnage dans son univers artistique, intellectuel et social. Elle reconstitue la chronologie de son travail, retrace son évolution stylistique et analyse la teneur de ses collaborations avec les artistes des avant gardes. Enfin, cette thèse s'attache à démontrer l'originalité et l'apport de Jean-Michel Frank dans l'histoire des arts décoratifs du XXème siècle.

The strange luxuriousness of the nothingness. Life and work of Jean-Michel Frank
Summary: Mythical figure of the interwar years, Jean-Michel Frank (1895-1941) created minimalist and ascetic interiors, playing on the concepts of emptiness, anonymity, primitivism and "poor luxuriousness". Decorator for the most fashionable and intellectual figures of the 1930s, Frank distinguished himself by the decorative works he commissioned cubist and surrealist artists such as Salvador Dali, Alberto Giacometti and Henri Laurens among others. Linked to functionalism as well as great French styles, Frank's work reveals the aesthetic upheaval of the time and fills out the debate opposing Moderns to the supporters of Tradition. This study relates the life of Jean-Michel Frank, replacing the character in his artistic, intellectual and social background. It reconstructs the chronology of his work, recounts his stylistic evolution and analyses the content of his collaborations with the avant-garde artists. Finally this thesis endeavours to demonstrate the originality and the contribution of Jean-Michel Frank in the history of the XXth century decorative arts.

 

Julien-Vincent NOBLET, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 9 décembre 2005, sous la direction de Claude Mignot

Collégiales castrales et saintes-chapelles à vocation funéraire
dans le royaume de France (1450-1560)

Jury : Philippe Sénéchal, prés. (université d'Amiens), Monique Chatenet, Krista de Jonge (Katho Louv.), Claude Mignot (Paris 4) et Vincent Tabbagh (Dijon).

 

Céline HULLO, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 5 décembre 2005, sous la direction de Françoise Hamon

La restauration monumentale en question.
La réforme de 1985 : la circulaire du 5 août 1985 relative aux études préalables et son application

Jury : Françoise Hamon (Paris 4), Claude Mignot (Paris 4), Dominique Poulot (Paris 1), Pierre Pinon, prés. (Paris 8) et Isabelle Pallot-Frossard.

Résumé : L’institutionnalisation par la circulaire du 5 août 1985 des études sur les travaux de restauration des monuments classés est-elle une innovation dans la tradition du service des Monuments historiques ? A quoi fait-elle référence parmi les textes historiques et théoriques, est-elle simplement une mesure administrative ou témoigne-t-elle d’une ambition culturelle ? Le recours systématique aux études préalables a-t-il changé les modes d’interventions de la maîtrise d’œuvre ? Comment s'articulent les besoins et les moyens des propriétaires et les exigences historiques, architecturales et techniques des monuments classés ? Les directeurs du Patrimoine désiraient non seulement rationaliser la gestion des travaux sur les monuments classés mais aussi documenter les travaux tout au long des trois phases : avant, pendant et après travaux. Réaffirmer l’action de l'Etat et son efficacité tant sur le plan des coûts des études et des travaux, que sur la normalisation des dossiers étaient bien les intentions des concepteurs de la réforme des études préalables. Quinze ans après la circulaire du 5 août 1985, un examen de l'efficacité réelle et du coût des études préalables participaient de la volonté de décentralisation des procédures.

The overhaul-reform of conservation plans, the circular letter of 5 August 1985 and its implementation
Summary: Was the institutionalization of conservation plans for scheduled monuments by the circular letter of the 5th August 1985 an innovation for the French department of historic monuments? To which main theory and history books the overhaul is referred? Was the overhaul only an administration reform or reflect a cultural movement to have a better understanding of significance of historic monuments? Has the resort to conservation plans modified practices of project managers? How are the relationship between the owner's needs and the value of historical, architectural and technical monuments? The main objective was not only to rationalize the management of works but also to gather and record all information before, during and after carrying out the conservation works. Another objective was to reaffirm the power and efficiency of the Central State for the cost of conservation plans and conservation works and for the standardization of the documents provided by project managers. The overhaul was calling into question at the end of the century, which could be seen as a political will for decentralization.

 

Suzanne NOUHAUD-DUCO, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 3 décembre 2005, sous la direction de Serge Lemoine

La vie et l’œuvre d’Yves Laloy (1920-1999) :
l’aventure surréaliste d’un artiste solitaire

Jury : Arnauld Pierre, prés. (Grenoble 2), Thierry Dufrêne (Paris 10), Emmanuel Guigon et Serge Lemoine (Paris 4).

Résumé : Architecte de formation, Yves Laloy se consacre exclusivement à la peinture en 1952. Remarqué par André Breton en 1958, il choisit néanmoins de poursuivre dans la solitude ses recherches plastiques en utilisant simultanément plusieurs vocabulaires : des constructions géométriques et biomorphiques, ou bien un art figuratif. Ses œuvres géométriques contiennent les tensions d’un monde intérieur et une conception énigmatique de l’univers : André Breton y décelait une « clairvoyance hors de pair ». Ce double aspect de l’œuvre d’Yves Laloy permet de le rattacher d’une part à l’abstraction – sans qu’on puisse y trouver des sources d’inspiration – d’autre part au courant surréaliste auquel il a emprunté certains thèmes, dont l’humour. La rigueur géométrique et le biomorphisme surprennent par leur audace picturale ; ils expriment une vision surréaliste du monde et traduisent un puissant sentiment cosmique. Dans son œuvre figurative, Yves Laloy reprend les grands thèmes surréalistes, il invente une iconographie personnelle, créant, par une schématisation des corps et des visages traités en aplats, des personnages grotesques, cocasses ou terrifiants. Il traite aussi des thèmes universels avec un état d’esprit surréaliste. Dans les deux cas, il associe les mots à la peinture ; en utilisant les correspondances entre les images et les sons, il invente avec humour un univers insolite et irrationnel. Artiste inspiré, surréaliste dans l’âme, Yves Laloy reste encore méconnu. Cependant, grâce d’abord à André Breton, puis à des galeristes éclairés, il a participé aux grandes expositions surréalistes en France et à l’étranger. Il a créé une œuvre riche et multiple, avec une totale liberté d’esprit, enrichissant l’Histoire de l’art par ses inventions plastiques.

 

Isabelle LODDÉ, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 18 novembre 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Charles-Philippe Larivière, peintre : sa vie, son œuvre (1798-1876)

Jury : Barthélémy Jobert, prés. (Paris 4), Éric Darragon (Paris 1), Bruno Foucart (Paris 4), Christine Peltre (Strasbourg 2), Mathieu Pinette et François Robichon (Lille 3).

Résumé : Charles Philippe Larivière, élève de Girodet-Trioson, fut le Grand prix de Rome de 1824. Séjournant à Rome entre 1824 et 1830, il se nourrit de la grande tradition picturale auprès des maîtres. Pendant sa formation, il avait côtoyé la jeune école romantique et apprécié leur audace artistique. Charles Larivière garda une position médiane, entre l'école classique et l'école romantique. Cet art mesuré lui valut des commandes tout au long de sa carrière officielle, autant sous la Monarchie de Juillet que sous l'Empire. Il peignit notamment au Musée historique de Versailles dans la Galerie des batailles, décora une chapelle à Saint-Eustache, fit des cartons de vitraux pour la chapelle Saint-Louis de Dreux. De plus, il resta sous l'influence des grands peintres, notamment ses maîtres, Girodet et Gros, mais aussi de ceux qu'il fréquenta. Le legs du fonds d'atelier de Larivière au musée de Picardie par ses héritiers, les Maignan, permit la redécouverte de son corpus d'œuvre, ainsi que celles de Charles Lepeintre, peintre officiel de Joseph d'Orléans, d'Eugène Larivière, frère de Charles Philippe et d'Albert Maignan.

Charles Philippe Larivière, painter: his life, his works (Paris, 1798-1976)
Summary: Charles Philippe Larivière was a pupil of Girodet-Trioson and the winner of the Grand prix de Rome. In Roma between 1824 and 1830, he improves his art by copying the old masters. When he was young, he knows the romantic school and likes their freedom of maniers. Charles Larivière keeps a median line between the classic school and the romantic school. That why, he receives a lot of works, under the Monarchy of July and the Second Empire. He painted at the Musée historique de Versailles in the Galerie des batailles and in the Saint-Eustache Church's in Paris. He made some works for the Saint-Louis Church at Dreux. He was greatly influenced by his teachers, like Girodet-Trison and his friends, like Horace Vernet and Schnetz. His works base was left at the Musée de Picardie by his children, Mr and Mrs Maignan. By studying this, we could find the works of Charles Larivière, and Charles Lepeintre, painter of Joseph d'Orléans, and Eugène Larivière and Albert Maignan.

 

Émilie BECK, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 12 novembre 2005, sous la direction d’Alain Mérot

Les peintres français de paysage à Naples dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle

Jury : Mario Rosa, prés. (Pise), Alain Mérot (Paris 4), Antonio Pinelli (Pise), Pierre Rosenberg (Paris) et Nicola Spinosa (musée).

 

Isabelle MAYER-MICHALON, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 10 novembre 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Charles Meynier, peintre d’histoire (1763-1832)

Jury : Philippe Bordes, prés. (Lyon 2), Jean-Pierre Cuzin, Éric Darragon (Paris 1), Bruno Foucart (Paris 4) et Barthélémy Jobert (Paris 4).

Résumé : Né à Paris en 1763, formé dans l'atelier de François-André Vincent, Charles Meynier a remporté le Grand Prix de l'Académie en 1789. Après un séjour à Rome, il a mené à Paris une carrière officielle, répondant sous le Consulat à d'importantes commandes privées. Impliqué dans les grands chantiers de l'Empire, il a participé à toutes les commandes de Vivant Denon pour les Tuileries, la Monnaie des médailles ou l'arc de triomphe du Carrousel par exemple. Sous la Restauration, il est devenu le peintre de plafonds par excellence, travaillant au Louvre et à la Bourse, tout en exécutant des tableaux d'histoires souvent acquis par le gouvernement. En nous appuyant sur des documents d'archives inédits, nous avons tenté de reconstituer une carrière oubliée, puis de dresser un catalogue raisonné de son œuvre peint et dessiné.

Charles Meynier, a History Painter (1763-1832)
Summary: Born in 1763, trained in François-André Vincent's studio, Charles Meynier was awarded with the Grand Prix de l'Académie in 1789. Following a short period of time at the French Academy in Rome, he conducted an official career in Paris, working for several important private patrons under the Consulat period. Directly involved in the Empire main artistic projects, he contributed to all of Vivant Denon's contracts, for the Tuileries, la Monnaie and the arc de triomphe du Carrousel for example. Under the Restauration period, he became the master at decorating ceilings, working in the Louvre and at the Bourse, while performing history paintings often acquired by the government. By identifying and studying exclusive archive documents, we have managed to track his forgotten career, and to set up the catalogue raisonné of his work.

 

Isabelle JANSEN, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 10 septembre 2005, sous la direction de Serge Lemoine

Franz Marc (1880-1916) : l’œuvre sur papier

Jury : Thierry Dufrêne (président), Thomas Gaehtgens et Serge Lemoine.

Résumé : Franz Marc (1880-1916), le principal protagoniste du Blaue Reiter (Cavalier Bleu) aux côtés de Vassily Kandinsky (1866-1944), cette tendance de l’Expressionnisme allemand qui se développa à Munich dans les années 1911-1914, est surtout connu comme un peintre dont le sujet de prédilection était l’animal. L’étude de son œuvre sur papier permit de modifier cet aspect trop réducteur et de montrer qu’il s’intéressa à de nombreux autres motifs et à l’art de civilisations variées. Par sa double approche chronologique et thématique, elle traite de sujets inattendus dans l’art de Marc tels que l’exotisme, l’art populaire ou le classicisme. Elle porte sur les œuvres sur papier autonomes ainsi que sur les dessins des carnets d’esquisses qui furent réalisés dans des techniques aussi différentes que la mine de plomb, la gouache ou l’aquarelle.
Cette thèse, qui constitue la première étude détaillée consacrée à l’ensemble de l’œuvre sur papier de Franz Marc, met à jour un artiste plus complexe et aux champs d’intérêts plus divers que ses peintures le laissèrent supposer jusqu’à présent.

Franz Marc (1880-1916): Works on Paper
Summary: Franz Marc (1880-1916), the main protagonist of the Blauer Reiter (Blue Rider) with Vassily Kandinsky (1866-1944), this movement within German Expressionism that originated in Munich during the years 1911-1914, is known primarily as a painter of animals. The study of his works on paper results in the modification of this simplistic aspect and demonstrates that he was interested in many other subjects and in the art of various civilizations. In its dual approach, chronological and thematic, this study treats unexpected aspects of Marcs' art such as exoticism, folk art or classicism. It covers his works on individual sheets of paper and also the ones in his sketchbooks which were realized in different media such as pencil, gouache or watercolour. This thesis constitutes the first detailed study totally focused on Franz Marcs' works on paper. It reveals an artist significantly more complex and with broader and more diverse interests than his paintings had previously led one to suppose.

 

Myriam BACHA, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 1er juillet 2005, sous la direction de Françoise Hamon

Le patrimoine monumental en Tunisie pendant le protectorat, 1881-1914
Étudier, sauvegarder, faire connaître

Jury : Mme Hamon(Paris 4) , M. Minnaert (Tours) , MME Oulersir (Poitiers), M. Foucart (Paris 4) et M. Baduel.

Résumé : L’objectif de cette thèse est de retracer l'histoire de la patrimonialisation en Tunisie au début du protectorat, d'une part à travers l'histoire des institutions créées par la France pour assurer la sauvegarde des monuments historiques et, d'autre part, à travers l'examen des procédés selon lesquels les fonctionnaires français, les sociétés savantes et la société civile, participèrent à faire connaître ce patrimoine. Cette étude révèle l'importance du Bureau du Secrétariat et de la Comptabilité du ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, dans la création des institutions patrimoniales tunisiennes : c'est à l'instigation de Xavier Charmes, directeur de cette administration, concurrente du Service des Monuments historiques, que le Service des antiquités et des arts, le musée Alaoui du Bardo furent créés et que le décret du 7 mars 1886 fut promulgué. A la tête du Service des antiquités, René de la Blanchère, Paul Gauckler et Alfred Merlin, ont, en premier lieu, assuré la sauvegarde des vestiges de l'Antiquité puis des monuments musulmans en promulguant des décrets les classant monuments historiques. Ils organisèrent la recherche archéologique et révélèrent l'existence de nombreux sites tels ceux de Dougga, de Carthage et de Sbeïtla. Gauckler et Merlin mirent sur pied un programme de restauration pour assurer la sauvegarde des ruines puniques, romaines et byzantines et des monuments musulmans. Parallèlement, les sociétés savantes participèrent à faire connaître ce patrimoine et à faire évoluer les conceptions patrimoniales qui, en 1914, ne se limitaient plus aux seuls vestiges de l'Antiquité mais aux ensembles urbains et aux sites naturels.

The Architectural Heritage of Tunisia during the French Protectorate, 1881-1914 : Study, Save and Promote
Summary: The aim of this thesis is to retrace the history of architectural heritage in Tunisia at the beginning of the French Protectorate. Two main leads will be followed: firstly, the history of French institutions, created in order to save historic monuments and secondly, the way the French civil service, scientific societies and writers helped to introduce this heritage. This study points out the importance of the Bureau du Secrétariat et de la Comptabilité in the creation of The Tunisian heritage societies. Thanks to Xavier Charmes, director of this office - a direct competitor of the Historic Monument Department - both the Department of Antiquities and Arts, and the museum of the Bardo, were created, and the decree of the 7 March 1886 was promulgated. Successively, Heads of the Antiquity department, René de la Blanchère, Paul Gauckler and Alfred Merlin started protecting first, the relics of Antiquity and then, Muslim monuments, by promulgating decrees to classify them as Historic Monuments. To achieve their goal, they organised archaeological research and revealed the existence of numerous sites such as the ones of Dougga, Carthage and Sbeïtla. Gauckler and Merlin also initiated a restoration programme to save Punic, Roman and Byzantine ruins as well as Muslim heritage. At the same time, the scientific societies helped to raise interest in this heritage and to broaden the concept of heritage, which by 1914, not only meant the relics of Antiquity, but urban architecture and natural sites as well.

 

Élodie LERNER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 30 juin 2005, sous la direction de Bruno Foucart

François Gérard, peintre d’histoire

Jury : François Robichon (président), Jacques-Olivier Boudon, Bruno Foucart, Barthélémy Jobert et Ségolène Le Men.

Résumé : François Gérard (1770-1837) s'impose comme l'un des grands maîtres de la peinture d'histoire. Cet aspect longtemps négligé de son talent gagnerait à être mieux connu ; les contemporains de l'artiste l'avaient bien compris : c'est ainsi le peintre d'histoire que de jeunes gens alors inconnus du public, comme Ingres, Léopold Robert ou Delacroix, vinrent voir pour solliciter soutien et conseils. C'est grâce à ses peintures d'histoire que Gérard obtint ses plus grands succès en France et bien au-delà des frontières. En son temps, ses œuvres historiques ont placé Gérard au centre de l'intérêt lors de nombreux salons artistiques ; plus d'un siècle et demi plus tard, elles forment le cœur de cette étude.

Summary: François Gérard (1770-1837) is one of the great masters of historical painting. This long-forgotten side of his talent deserves to be brought to a new light. His contemporaries were aware of it : it is because of his stature as a historical painter that young artists unknown at the time, such as Ingres, Léopold Robert and Delacroix, requested Gérard's advice and support. His historical paintings brought him his greatest successes, in France and well beyond. In his day, his historical works placed Gérard at the centre of public interest in numerous art Salons ; more than one and a half century later, they form the core of this study.

 

Guillaume PEIGNÉ, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 24 juin 2005, sous la direction de Bruno Foucart

La sculpture néo-baroque en France de 1872 à 1914

Jury : Thierry Dufrêne (président), Éric Darragon, Bruno Foucart, Barthélémy Jobert et Anne Pingeot.

Résumé : Notre étude tente de démontrer que le néo-baroque est un courant stylistique majeur de la sculpture française entre 1872 et 1914. D'abord parce qu'il a entretenu avec le régime républicain un rapport privilégié, qui culmine dans la dernière décennie du XIXe siècle et trouve son point d'aboutissement au sein du décor fastueux, et en grande partie éphémère, de l'exposition universelle de 1900. Ensuite parce qu'il a su s'imposer, grâce à des artistes comme Jules Dalou, Mathurin Moreau, Auguste Rodin ou Raoul Verlet, dans toutes les formes de l'activité sculpturale : les monuments commémoratifs, les fontaines publiques, le décor d'architecture, la sculpture d'édition, l'orfèvrerie et les objets d'art. Si les influences de Michel-Ange, Jean Bologne et Le Bernin sont notables, le courant néo-baroque revendique plus ostensiblement l'héritage de Puget, Rude et Carpeaux, sans oublier les sculpteurs du règne de Louis XIV ou de Louis XV. Mêlant, dans ses thématiques comme dans ses formes, les réminiscences et les renouveaux, la sculpture néo-baroque abuse enfin des effets pittoresques, que sont notamment la théâtralité, les jeux d'ombre et de lumière ou le traitement virtuose de la chair et des draperies.

Neo-baroque sculpture in France between 1872 and 1914
Summary: The aim of this study is to demonstrate that the neo-baroque style is a major stylistic current in French sculpture between 1872 and 1914. The reasons for this are two-fold : first because it maintained privileged ties to the republican government, and thus dominated the 1890s and the world exhibition of 1900, and secondly, because its influence spread, thanks to artists like Jules Dalou, Mathurin Moreau, Auguste Rodin or Raoul Verlet, to all forms of sculpture : war memorials, fountains, architectural decoration, goldsmithery and art objects. Though the influences of Michelangelo, Giambologna and Bernini were observable, the neo-baroque current inherited its major characteristics from Puget, Carpeaux, Rude and the sculptors in the reign of Louis XIV or Louis XV. It combined reminiscence and originality in its subjects and its forms, making notable use of pictorial effects, like drama, contrasts of shade and light, or virtuosity to express flesh and drapery.

 

Simone PAPIN VELTER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 23 juin 2005, sous la direction de Barthélémy Jobert

De l'atelier de David au romantisme : les « Primitifs » et leur destin

Jury : M. Jobert (Paris 4), M. Thuillier (Paris 4), M. Mérot (Paris 4), M. Gaehtgens (Berlin) et Mme Peltre (Strasbourg 2).

Résumé : Cette étude reprend la méconnaissance française des artistes évoqués dans les Souvenirs de Delécluze et les confidences de Charles Nodier, nommés « Primitifs ». Elle analyse la formation à la fin du XVIIIème siècle, dans l'atelier même de David, d'un groupe de jeunes élèves rebelles à son enseignement. Ils s'inspiraient de la pureté élémentaire de l'art antérieur à Raphaël dans les primitifs du Moyen Age, dans l'abstraction linéaire de l'archaïsme des vases grecs, et dans les poèmes du barde Ossian. Méprisés par les historiens français de l'art de la période, c'est à des historiens américains qu'ils doivent une réhabilitation. Walter Friedlaender, soulignant en 1930 la valeur des idées du chef de leur secte, Maurice Quaï, fut suivi par Robert Rosenblum, en 1956, dans sa thèse The International Style of 1800, A Study in Linear abstraction, qui lui offrit les bases d'une étude remarquable publiée en 1967 et en 1989 dans une édition française : L'Art au XVIIIème siècle. Transformations et Mutations. Le Professeur George Levitine, attaché à l'étude des « Primitifs » français avec une recherche de leurs œuvres perdues, publiait en 1978 : The dawn of Bohemianism, the Barbu rebellion and Primitivism in Neoclassical France, qui ouvrait la voie sur l'importance de leur secte. De ces jeunes peintres tombés dans un oubli absolu, nous avons dégagé huit figures clés, offrant les noms de Maurice Quaï, Lucile Franque, Paulin Duqueylar, Jean Broc, Hilaire Périé, les frères jumeaux Jean-Pierre et Joseph Franque, et Jacques-Nicolas Paillot de Montabert, mais également, à partir d'un exhaustif dépouillement d'archives, la découverte d'œuvres et la conviction qu'ils furent souvent de très bons peintres et d'excellents dessinateurs. Ainsi, au-delà de leur histoire et de celles de leurs œuvres retrouvées, leur destin de « Primitifs  » apparaît comme une simple introduction à un sujet plus vaste couvrant le « primitivisme français », provoqué peut-être par la doctrine de Maurice Quaï. La recherche de pureté de l'archaïsme ne se retrouve-t-elle pas chez Ingres, pour passer à Puvis de Chavannes et arriver à Gauguin qui y mêlera la saveur des Tropiques ?

From David's studio to Romantism : the "Primitifs" and their destiny
Summary : This study deals with the fact that in France nobody really knows the artists mentioned by Delécluze within its Souvenirs and also through Charles Nodier's confidences, as the "Primitifs". It analyses in depth how by the end of 18th century, young artists, although belonging to David's studio, but in opposition to its teaching method came to gather. Those young artists took inspiration from the basic purity of art before Raphaël, among the middle-age primitives, from the linear abstraction in Greek vases archaïsm, and also from the bard Ossian's poems. Whereas they were despised by French historians specialised in this period, the "Primitifs" have been pretty well perceived and estimated by American historians. Walter Friedlaender underlined in 1930 how valuable were the ideas of Maurice Quaï, head of the movement; thenafter, Robert Rosenblum in his 1956 thesis The International Style of 1800, A Study in linear abstraction offered him the basis of remarkable study published in 1967 and 1989 in a French edition L'Art au XVIIIème siècle. Transformations et Mutations. Professor George Levitine, keen on study of French "Primitifs" when searching their lost works, published in 1978 The dawn of Bohemianism, the Barbu rebellion and Primitivism in Neoclassical France, which paved the way to importance of their sect. Out of those young artists who were almost forgotten, we can nominate eight major names, Maurice Quaï, Lucile Franque, Paulin Duqueylar, Jean Broc, Hilaire Périé, the twin brothers Jean-Pierre et Joseph Franque, and Jacques-Nicolas Paillot de Montabert. We are also in a position, thanks to an exhaustive examination and reviews of archives, to show some works we have discovered and to prove they were very good painters and excellent drawers. This the reason why, beyond their story and the one of their works, the "Primitifs"'s destiny seems to be in fact an introduction to a broader subject covering French "primitivism", maybe due to Maurice Quaï's doctrine. Isn't it clear that the search for purity of archaïsm can be found not only in Ingres, but also in Puvis de Chavannes and last but not least in Gauguin who will mix it together with the flavour of Tropics?

Mots-clés : David (1748-1825) ; Primitifs (peintres) ; Peinture 18e siècle ; Peinture 19e siècle ; Romantisme (mouvement artistique)

 

Gabriel PAUN, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 18 juin 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Antonio de la Gandara : sa vie, son œuvre (1861-1917)

Jury : Éric Darragon (président), Bruno Foucart, Barthélémy Jobert, Richard Ormond et Francisco Javier Perez-Rojas.

Résumé : Cette thèse tente de présenter l'ensemble de la carrière et de l'œuvre d'Antonio de La Gandara (Paris, 1861 - Paris, 1917), sous la forme d'un catalogue raisonné de ses peintures et dessins, précédé d'un premier volume biographique. Cette introduction met en valeur le déroulement de sa carrière, de sa formation dans l'atelier de Gérôme, son passage par le cabaret du Chat noir à son premier succès, son exposition en 1893 chez Durand-Ruel, qui lui amène des commandes prestigieuses de portraits de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie européennes. Elle permet de définir la place de son œuvre dans le domaine du portrait et son insertion dans le milieu des portraitistes dits "mondains" de la fin du 19ème siècle et du début du 20ème siècle. Cette étude est complétée par un chapitre consacré à ses estampes ainsi qu'à sa fortune littéraire.

Antonio de La Gandara: his life and work (1861-1917)
Summary: This thesis attempts to present the entire career of Antonio de La Gandara (Paris, 1861 - Paris, 1917) in the form of a catalogue raisonné of his paintings and drawings, preceded by a biographical volume. This first volume charts his career from his debut at Gerome's and the cabaret du Chat noir to his successful exhibition in 1893 at Durand-Ruel's gallery, which brought him prestigious portrait commissions from the European aristocracy and high bourgeoisie. It provides the opportunity to define the place of his work as a portrait painter among the so-called "mondains" portraitists at the end of the 19th century and the beginning of the 20th century. This study is completed by a chapter devoted to his prints. And another one to the relationship of his work to the contemporary literature.

 

Juliette HIBOU-DUGAT, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 23 mai 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Le goût pour le XVIIIe siècle dans l’ébénisterie française au XIXe siècle (1839-1900)

Jury : M. Foucart (Paris 4), M. Alcouffe, M. Darragon (Paris 1), M. Jobert (Paris 4), M. Pallot (Paris 4), Mme Peltre et Mme Sargentson.

Résumé : Au XIXe siècle, les arts décoratifs et l'ébénisterie en particulier étaient marqués par une polyphonie parfois déconcertante de néo-styles. Autour de 1830, on note le retour en faveur des styles du XVIIIe siècle, néo-styles qui furent probablement les plus durables, diffusés, symboliques et influents. Ces pastiches et copies de meubles étaient porteurs de valeurs esthétiques, historiques, culturelles, sociales et politiques marquées. Non sans paradoxe, ces styles nés sous la monarchie devinrent favoris de la nouvelle classe bourgeoise et sous la Troisième République incarnaient le style national français. L'apparition et l'évolution au cours du siècle de cet intérêt pour le siècle précédent est sensible dans l'étude de la connaissance et de l'image que l'on avait de l'histoire et de l'art du siècle des Lumières, de l'examen des premières collections de mobilier XVIIIe et de l'analyse des œuvres présentées aux expositions nationales et universelles. Cette esthétique nouvelle domina les intérieurs éclectiques de la seconde moitié du siècle. Les ébénistes firent preuve d'une ingéniosité et d’une érudition inouïes pour répondre à cette demande toujours croissante en France, en Europe et aux États-Unis. La qualité de leur créations témoigne de leur capacité à s'adapter à des circonstances techniques, stylistiques et économiques nouvelles tout en respectant la tradition de leur métier. Ce goût et cette production firent sourdre des critiques et débats sur la notion de style, sur la créativité et l'importance de la tradition et de la modernité, mettant en avant le rôle paradoxal de ces néo-styles dans les prémices de la modernité.

18th century revival in French ébénisterie during the 19th century (1839-1900)
Summary: During the 19th century, decorative arts and particularly furniture were marked by a disconcerting polyphony of neo-styles. Around 1830, one can note a revival for 18th century styles, neo-styles which were probably the most durable, broadcast, symbolic and influent. These pastiches and copies of furniture bore marked aesthetic, historical, cultural, social and political values. Paradoxically, these styles born under the monarchy, became favoured by the new bourgeoisie and, under the Third Republic, symbolised the French national style. Throughout the century, the appearance and the evolution of this interest for the previous century is apparent in the study of both the knowledge and the image one had of the History and the Arts of the Age of Enlightenment, in the examination of the first collections of 18th century furniture, and in the analysis of the pieces presented at the national and universal exhibitions. This new aesthetics dominated in the eclectic interiors during the second half of the century. The ébénistes showed an unheard ingenuity and erudition in responding to this increasing demand in France, in Europe and in the United States. The quality of their work attests of their ability to adapt to new technical, stylistic and economical circumstances, while respecting the tradition of their craft. This taste and this production engendered critics and debates on the notion of style, on creativity and the importance of the tradition and modernity, forwarding the paradoxical role of these neo-styles in the beginnings of modernity.

 

Simon LHOPITEAU, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 21 mai 2005, sous la direction d'Alain Mérot

Pierre Daret :
étude monographique et catalogue de son œuvre

Jury : Marianne Grivel (présidente), Véronique Meyer, Alain Mérot et Maxime Préaud.

Résumé : Pierre Daret (1605-1678), issu d'une famille d’origine bruxelloise, a fait son apprentissage de graveur en taille-douce chez Pierre Firens puis, après un probable voyage à l’étranger (Flandres, Italie), a commencé une carrière de graveur d’interprétation qui a duré vingt-cinq ans à Paris (1629-1654). Très proche des plus importants peintres de l’école française (Blanchard, Vouet, Le Sueur), il joue un rôle important dans l’évolution du frontispice de livre et ses ambitions économiques (devenir éditeur indépendant) et intellectuelles (prendre sa place comme graveur dans les débats théoriques en cours) l’amènent à publier plusieurs livres importants. Des problèmes familiaux et judiciaires le poussent à partir en province et à se retirer, malgré un bref retour en 1663. Il est hors-jeu dans la nouvelle ère (Colbert-Le Brun-Versailles) et meurt oublié.

Summay: Pierre Daret (1605-1678), whose father had come to France from Brussels, was apprenticed to Flemish-born Pierre Firens en 1618. After a probable trip abroad (to Flanders and/or Italy), he started a brilliant 25-year career (1629-1654) as an engraver after the works of major contemporary French painters (Jacques Blanchard, Simon Vouet, Eustache Le Sueur) whose friend he became. His work in book illustration and frontispieces was epoch-making and his ambitious spirit drove him to try and become financially independent (as an independent publisher) and intellectually relevant in the debates that were fostering the rise of the Académie Royale de Peinture et de Sculpture. He published 4 significant volumes, but had to leave in Paris due to family problems that brought him into trouble with the law. After a brief comeback in 1663, he retired for good in Gascony where he died, all but forgotten in the newly centralized French art scene.

 

Mylène SARANT, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 14 mai 2005, sous la direction d'Alain Mérot

Histoire d'amours pastorale,
iconographie de la pastorale narrative dans les arts du XVIIe siècle

Jury : Olivier Bonfait (président), Élisabeth Mac Grath, Véronique Meyer, Alain Mérot et Anne-Élisabeth Spica.

Résumé : En littérature, le tournant du XVIe siècle et du XVIIe siècle fut, en autre chose, le temps des pastorales. Dans tous les pays d'Europe, des écrivains tels Torquato Tasso, Gian Battista Guarini, Guidobaldo Bonarelli, Philip Sidney, Honoré d'Urfé, Peter Corneleszoon Hooft choisirent de situer certaines de leurs œuvres sentimentales dans un cadre arcadien. Ces romans et pièces de théâtre, parce qu'ils étaient le symbole d'une vie raffinée et aristocratique tout en restant très accessibles, eurent un très grand succès. Elles suscitèrent des modes, éveillèrent l'attention des musiciens des peintres et des artisans d'art. Si les œuvres littéraires sont bien connues des historiens de la littérature, il en est autrement pour ces nombreuses tapisseries, gravures et tableaux qui s'en inspirent. Les artistes qui se consacrèrent à ces sujets, s'ils ne réalisèrent pas toujours des chefs-d'œuvre, firent pourtant preuve d'imagination et surent traduire en images la richesse de leurs sujets. Leurs œuvres, profondément marquées par le genre tragi-comique, proposent au public des histoires distrayantes où péripéties et drames amoureux se succèdent et s'enchaînent avec une grande vitalité et parfois même de l'humour. Elles ne sont pas non plus dénuées d'un certain érotisme, pour qui prend la peine de les regarder à deux fois.

History of pastoral love: iconography of pastoral's stories in the arts of the 17th century
Summary: In literature, the watershed between the 16th and 17th centuries was, in certain terms, the age of the pastoral. All over Europe, writers such as Torquato Tasso, Gian Battista Guarini, Guidobaldo Bonarelli, Philip Sidney, Honoré d'Urfé, Pieter Corneliszoon Hooft chose to set certain romantic works in an arcadian context. These novels and plays, because they were the symbol of a refined and aristocratic lifestyle while remaining easily accessible, were very successful. They gave rise to fashions, aroused the attention of musicians, painters and craftsmen. Although the literary works are well known to historians of literature, this is not the case of the numerous tapestries, engravings and paintings which were inspired by the texts. Artists who devoted themselves to these subjects, even though they did not always produce masterpieces, did however show imagination and knew how to translate into images the wealth of their subjects. Their production, deeply marked by the tragic-comic genre, offered to the public entertaining stories where events and romantic dramas followed on from each other with great vitality and sometimes even humour. They are not devoid either of a certain eroticism for those who make the effort to take a second look at them.

 

Matthias SCHÄFER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 4 avril 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Du corps à l'image : le rôle du médium dans l’Actionnisme viennois

Jury : Philippe Dagen (président), Bruno Foucart, Serge Lemoine, Arnaud Pierre et Sarah Wilson.

Résumé : Dans la perspective de dépasser l'Art Informel et de vaincre l'Expressionnisme Abstrait, les Actionnistes viennois Günter Brus, Otto Muehl, Hermann Nitsch et Rudolf Schwarzkogler ont placé la réalité au cœur de leurs préoccupations. Le corps - médium du réel - est le matériau le plus important de leurs actions, car il illustre le plus clairement cette matérialisation. Cette dernière est activée au moment même de l'action, exerçant une influence sur la conscience du public. Ce nouveau procédé de création, où l'artiste ne produit plus d'objet, est à l'origine d'un vide pictural. Pour qu'il reste malgré tout une trace de leurs actions, les artistes eurent recours à des enregistrements photographiques et filmiques. Ce recours pose question : comment un enregistrement peut-il traduire l'authenticité de l'expérience, puisque ici, une réalité n'est pas représentée, mais l'autoprésentation de l'artiste est elle-même une « réalité directe » ? Se pencher sur l'Actionnisme Viennois, c'est se confronter à une problématique essentielle, celle de la place du médium dans l'art contemporain. Ce médium est à la fois matériau, un moyen permettant la réalisation d'un but. Il est aussi les médias, une mémoire, un outil restituant des informations. L'Actionnisme Viennois eut recours à ces deux types de médiums. Dans le premier cas, le médium est utilisé comme garant de l'authenticité d'une expérience par nature éphémère. Dans le second, il garantit l'accession de l'œuvre à l'éternité. L'usage contradictoire de ces types de matériaux fait de l'Actionnisme Viennois l'un des mouvements les plus paradoxaux de l'Histoire de l'Art contemporain, donc l'un des plus riches.

From action to image: the role of the medium in Viennes Actionism
Summary: With the aim of going beyond Informal Art and of defeating Abstract Expressionism, the Viennese Actionists Günter Brus, Otto Muehl, Hermann Nitsch and Rudolf Schwarzkogler placed reality at the core of their concerns. In this context, the body - medium of the real - is the most important material for actions as it illustrates this materialization most clearly. This materialization is activated at the precise moment of the action, exercising influence on the public conscience. This new creative procedure, where the artist no longer produces an object, is the originator of a pictorial void. In order for a trace of their actions to remain despite this, the artists resorted to producing photographic and filmic recordings. This recourse poses some questions : how can a recording translate the authenticity of the experience, since here, a reality is not represented, but the self-presentation of the artist is itself a “live-reality” ? Concentrating on Viennese Actionism is to be confronted with an essential problem, that of the place of the medium in contemporary art. This medium is both material, a means allowing the achievement of a goal. It is also the media, a memory, a tool restituting information. Viennese Actionism had recourse to these two types of medium. In the first case, the medium is used as a guarantee of the authenticity of an experience which is by its nature ephemeral. In the second, it guarantees the work's access to eternity. The contradictory use of these types of materials makes Viennese Actionism one of the most paradoxical movements in contemporary History of Art, therefore one of the richest.

 

Mari KOMOTO, thèse soutenue à l'université de Paris-I le 14 mars 2005, sous la direction de Françoise Levaillant

L’espace du collage. Le problème de l’unité dans le discontinu

Jury : Emmanuel Pernoud (président), Ulrich Krempel, Serge Lemoine, José Vovelle et Françoise Levaillant.

Résumé : Les œuvres créées selon les principes du collage se déploient dans le discontinu et assument l’hétérogénéité de leurs éléments constitutifs. Les artistes qui ont travaillé dans cette voie, tout en acceptant l’expérience d’un monde fragmenté, ont découvert qu’une nouvelle unité, quoique fragile, se constituait à travers leur réticence même à l’affirmer. Nous avons étudié les conditions d’une telle unité, resurgie à partir d’éléments disparates, ainsi que la construction, au premier regard paradoxale — vue la planéité affirmée du genre — d’un espace propre au collage. Plutôt que de suivre pas à pas l’évolution du collage, nous l’étudions de façon synchronique, selon trois thématiques. La première partie vise à constituer une base théorique et propose une histoire de la fortune critique du collage. Nous avons distingué deux terrains de réception : celui de la critique française (approche littéraire) et celui des critiques américains, concernés plus particulièrement par la planéité du collage, mais aussi par son extension spatiale vers l’assemblage. La deuxième partie examine de plus près la problématique de la scission (de la découpe, de la déchirure), qui est à l’œuvre dans la pratique du collage. Dans cette perspective, les « collages analytiques » — dont la particularité réside dans la découpe d’une œuvre préexistante, suivie d’une re-composition qui la transforme — ont été privilégiés. Nous avons étudié les collages « sectiles » de Paul Klee, les collages aléatoires de Jean Arp ainsi que ceux qu’Ellsworth Kelly a créés pendant son séjour en France. La troisième partie aborde les tentatives pour créer une œuvre d’art totale dans le domaine du collage, qui au prime abord ne semble pas s’y prêter. Nous avons analysé le Merzbau de Kurt Schwitters, transformation progressive d’un espace habité. Le dernier chapitre est consacré à l’œuvre globale de Robert Rauschenberg, dont la juxtaposition sans contrainte s’oppose à la construction cloisonnée du Merzbau.

Mots-clés : Histoire de l’art ; Arts du XXe siècle ; Collage (art) ; Assemblage (art) ; Photomontage ; Écrits d’artistes ; Critique d’art ; Espace (arts du XXe siècle) ; Temps (arts du XXe siècle) ; Espace/temps (arts du XXe siècle) ; Hasard ; Relations entre les arts ; Aragon, Louis (1897-1982) ; Greenberg, Clement (1909-1994) ; Klee, Paul (1879-1940) ; Arp, Jean (1886-1966) ; Kelly, Ellsworth (1923-) ; Schwitters, Kurt (1887-1948) ; Rauschenberg, Robert (1925-)

The Space of Collage : the Problem of Unity in Discontinuity
Summary: Works of art created according to the principles of collage expand into discontinuity and assume the heterogeneity of their constituent elements. The artists who worked in this field had to accept the experience of a fragmentary world, but discovered that a new unity, although fragile, emerged through the very reluctance to affirm it. This study argues the conditions of a unity reappearing from disparate elements and the construction of a space specific to collage — despite the flatness of this medium. The purpose is not to follow the evolution of collage, but rather to study it from a synchronic viewpoint, proposing three themes. The first part provides a theoretical framework and proposes a history of critical discourse on collage. Two fields of reception have been distinguished: French criticism (rather literary in its approach) and American criticism (concerned, on the one hand, with the flatness of collage, on the other hand, with its spatial extension toward assemblage). The second part focuses on the problem of scission (of cutting-out, of tearing), which is at work in the collage practice. In this perspective, the “analytic collages” are privileged. Collages of this kind originate by cutting apart and re-composing a pre-existent work. In this particular field, our study examines the “sectile” collages of Paul Klee, the “chance” collages of Jean Arp and those that Ellsworth Kelly produced during his “French years”. The third part argues the attempts at using collage to create a total work of art. This study analyses one of the rare realizations in this field, the Merzbau of Kurt Schwitters, with its progressive transformation of lived-in space. The last chapter discusses the tendency towards “globalization” in some works of Robert Rauschenberg, where a wide-ranging use of juxtaposition clearly contrasts with the compartmentalized construction of the Merzbau.

Keywords: History of Art ; 20th Century Art ; Collage (art) ; Assemblage (art) ; Photomontage ; Writings of artists ; Art Critic ; Space (20th Century Art) ; Time (20th Century Art) ; Space/Time (20th Century Art) ; Chance ; Relations among the arts ; Aragon, Louis (1897-1982) ; Greenberg, Clement (1909-1994) ; Klee, Paul (1879-1940) ; Arp, Jean (1886-1966) ; Kelly, Ellsworth (1923-) ; Schwitters, Kurt (1887-1948) ; Rauschenberg, Robert (1925-)

La thèse de Mari Komoto, publiée au Japon sous le titre L’ère de la scission. Esthétique et histoire du collage au XXe siècle, a reçu deux distinctions en 2007 : le prix Nishizawa-Claudel et le prix de la Fondation Suntory.

 

Jean-Pierre PLANCHON, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 11 mars 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Pierre-Benoît Marcion (1769-1840) ébéniste : sa vie, son œuvre

Jury : Dominique Poulot (président), Daniel Alcouffe, Bernard Chevallier, Bruno Foucart, Denise Ledoux-Lebard et François Robichon.

Résumé : Pierre-Benoît Marcion est né à Paris en 1769 d'un père marchand-fripier. En 1798 il fait passer de la réclame pour le transfert de son atelier-magasin « Aux égyptiens » et offre un important choix de meubles en acajou ornés de bronzes dorés. Sa première commande officielle est très importante, puisqu'en 1801 il livre 82 chaises en acajou décorées d'incrustations au Sénat Conservateur. À partir de 1805 il fournit régulièrement le Garde-meuble impérial et devient ainsi un des principaux ébénistes travaillant pour Napoléon, le second après Jacob-Desmalter. Ses commandes intéressent le Petit Trianon, le Palais des Tuileries, celui de Saint-Cloud, de Fontainebleau et de Laeken. Outre les sièges Marcion produit aussi des commodes, des secrétaires, des bibliothèques, des consoles, des bureaux, des lavabos pour l'Empereur... Les commandes vont devenir très significatives à partir de 1808, principalement pour les Trianon, les Palais de Compiègne et de Fontainebleau, en 1813 pour Monte Cavallo à Rome. Puis les affaires devenant difficiles il n'aura plus que de petites commandes (Rambouillet et Compiègne). À l'occasion de l'évaluation de son stock en 1816, le vérificateur du Garde-meuble écrit que ses meubles « réunissent à la fois la qualité parfaite des matériaux au fini de la confection, à la régularité des proportions… Mr. Marcion est un des ébénistes de Paris qui fait établir des meubles avec le plus de perfection... ». Il convient aussi de rajouter la parfaite maîtrise de ses sculptures et de ses bronzes dorés. En 1817 il cesse son activité et se retire à Château-Thierry, où il possède deux propriétés. Au décès de son épouse il retourne à Paris ; il y meurt en mai 1840.

Pierre-Benoît Marcion (1769-1840), cabinet-maker, his life and works
Summary: Pierre-Benoît Marcion was born in Paris in 1769, where his father was a marchand-fripier (dealer in old clothes and furniture). In 1798, he advertised his move to premises called “Aux Égyptiens”, where he displayed an important range of pieces in mahogany, richly decorated with ormolu mounts. His first official commission was very substantial, as in 1801 he delivered eighty-two inlaid mahogany chairs to the Sénat Conservateur. After 1805, he regularly supplied the Imperial Garde-meuble, becoming one of the main cabinet-makers of Napoleon, after Jacob-Desmalter. His commissions were for the Petit Trianon, the Tuileries, Saint-Cloud, Fontainebleau and Laeken. Besides chairs, Marcion made chests of drawers, writing desks, bookcases, bracket tables, desks and washstands for the Emperor... Commissions became even more significant after 1808, mainly for the two Trianon as well as the palaces of Compiègne and Fontainebleau, then in 1813 for Monte Cavallo in Rome. Later, business became difficult and he only had minor orders (for Rambouillet and Compiègne). When his stock was appraised in 1816, the Garde-meuble inspector wrote that his furniture "was not only made of top quality materials, but highly finished and of harmonious proportions ... Mr. Marcion is one of the Paris cabinet-makers who build pieces of furniture with most perfection... " It should also be noted that he mastered perfectly chased and fire-gilt bronzes. In 1817 he gave up furniture-making and retired to Château-Thierry where he owned two estates. Upon his wife's demise he came back to Paris, where he died in May 1840.

Voir le curriculum vitae de Jean-Pierre Planchon.

 

Romain DAUPHIN-MEUNIER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 14 février 2005, sous la direction de Bruno Foucart

Joseph Aubert (1849-1924) : la vie et l'œuvre d'un peintre chrétien

Jury : M. Foucart (Paris IV), M. Jobert (Paris IV), M. Rinuy (Paris X) et M. Robichon (Lille III).

Résumé : Joseph Aubert fut un des peintres religieux majeurs de la période 1880-1920. Tombé aujourd'hui dans l'oubli, il nous est apparu nécessaire de l'en sortir par une analyse générale de sa vie et de son œuvre. Né à Nantes en 1849, Aubert se sentit très tôt une vocation de peintre religieux. Élève d'Yvon puis de Cabanel, n'ayant pu concourir pour le Prix de Rome en raison de son mariage, il se spécialisa dans la peinture religieuse, et plus particulièrement dans les décors d'églises. Désirant renouveler les thèmes bibliques, il fit trois périples au Proche-Orient entre 1892 et 1900. Les décors de Notre-Dame-des-Champs à Paris et de Notre-Dame de Besançon sont considérés comme des œuvres ayant marqué la peinture religieuse de ces années. Aubert avait acquis en 1898 le domaine de l'Ermitage dans le Doubs où il venait se reposer chaque été. Il y tenait également un atelier. Il mourut en 1924 au couvent des Fontenelles, ne laissant pas de descendance directe. Peintre discret mais réputé auprès du clergé de son époque, chrétien pratiquant, dessinateur talentueux, bon portraitiste, Aubert fut sans doute le chaînon manquant reliant le classicisme archaïsant d'Hippolyte Flandrin au renouvellement formel de Maurice Denis. D'où la nécessité d'un catalogue raisonné qui puisse rendre compte de l'ampleur d'un travail plus éclectique qu'il n'y paraît et rendre ainsi sa place à un artiste qui avait fait de la religion sa principale confidente et muse.

Joseph Aubert (1849-1924) : life and work of a Christian painter
Summary: Joseph Aubert was one of the greater religious painters at the turn of the 19th century. Although he's completely forgotten nowadays, it seemed necessary for us to rehabilitate him with a general analysis of his life and work. Born in Nantes in 1849 Aubert felt an early vocation for religious painting. He studied at Yvon's studio, then at Cabanel's. He wasn't allowed to compete for the Rome Grand Prix cause of his recent marriage. He specialized in religious painting and especially in decoration of churches. As he desired to renew biblical topics, he made three trips to Palestine between 1892 and 1900. The pannels of Notre-Dame-des-Champs in Paris and Notre-Dame in Besançon are considered as masterpieces of religious painting at that time. Aubert bought the Ermitage castle in Franche-Comté in 1898. He got used to come there every summer for resting and he also had a studio. He died in 1924 at the Fontenelles monastery without having any children. Aubert was a discreet but renowned artist by the clergy. Fervent Christian, talentuous drawer, good portraitist, Aubert maybe was the missing link between Hippolyte Flandrin's archaic classicism and Maurice Denis' formal renewal. So it was necessary to make a Catalogue Raisonné that gives his place back to an artist who had made religion her main confidant and Muse.

Mots-clés : Aubert, Joseph (1849-1924) - Critique et interprétation ; Peinture - France -19e siècle ; Peintres - France -19e siècle ; Églises - Décoration ; Habitations - Aménagement - Dans l'art ; Église catholique et art - France

 

Katrin BROCKHAUS POTHIER, thèse soutenue à l'université de Paris IV-Sorbonne (en co-tutelle avec l'université de Fribourg) le 18 janvier 2005, sous la direction de Dany Sandron et Wilhelm Schlink

L'abbatiale de la Trinité de Fécamp
Étude architecturale

Jury : M. Baylé, C. Freigang, D. Sandron et W. Schlink

Résumé : L'ancienne église abbatiale de la Trinité de Fécamp appartenait à l'un des plus importants monastères bénédictins de la Normandie. D'apparence homogène, elle est pourtant le résultat de quatre grandes campagnes de construction. Après un court aperçu historique, la présente étude analyse chacune des ces campagnes et les replace dans le contexte artistique de l'époque de leur réalisation. La première église de la fin du Xe siècle, dont rien ne subsiste, peut être appréhendée à l'aide des sources. Le chœur roman érigé à la fin du XIe siècle, à déambulatoire et chapelles rayonnantes, est reconstitué dans ses grandes lignes à partir des vestiges encore présents dans le monument et par des comparaisons avec l'architecture normande et anglaise. La plus grande partie est réservée à l'étude de l'église gothique érigée à partir de 1168. Se rattachant au chevet roman, la construction procéda d'est en ouest, en quatre phases qui sont datées à l'aide de l'étude comparative. L'architecture est fortement ancrée dans les traditions architecturales de la Normandie, mais présente également des liens avec l'Angleterre et, dans une mesure moindre, avec l'Ile-de-France. La transformation du chœur aux XIIIe/XIVe siècles, qui firent disparaître la plus grande partie du chevet roman, est abordée brièvement dans le but de compléter l'histoire du bâtiment. Il s'avère tout au long de l'étude que la genèse de l'église, faite d'une succession de reconstructions partielles, est représentative de l'histoire architecturale de la plupart des églises normandes.

Summary: The old Trinity abbey church of Fécamp used to belong to one of the most important Benedictine monasteries in Normandy. Despite its relatively homogeneous appearance, it is the result of four major construction campaigns. After a short historical overview, the present study analyses each of these campaigns and places them in the artistic context of the time at which they were realised. Nothing is left of the first church built at the end of the 10th century, but some information is deduced from documentary evidence. The broad outline of the Romanesque church, erected at the end of the 11th century, with ambulatory and radiating chapels, is reconstructed using existing remains and comparisons with Norman and English architecture. The largest part of this study is devoted to the gothic church, built from 1168. Linked to the Romanesque chevet, the construction proceeded from east to west in four phases, which are dated with the help of comparisons. The architecture is deeply anchored in Norman architectural traditions, but also has relations with England and, to a lesser extent, with Ile-de-France. The transformations of the Choir during the 13th and 14th centuries, during which most of the Romanesque chevet disappeared, are briefly discussed in order to complete the history of the building. It is apparent throughout this study that the development of the church, through successive and partial reconstructions, is representative of the history of most of the Norman churches.

 

Roxane JUBERT, thèse soutenue à l'université de Paris IV-Sorbonne le 18 décembre 2004, sous la direction de Serge Lemoine

Constitution et développements de la typographie et du graphisme en Occident aux époques moderne et contemporaine

Jury : Thierry Dufrêne (président), Pierre Fresnault-Deruelle, Serge Lemoine, Arnauld Pierre et Jean Widmer.

Résumé : La typographie et le graphisme représentent deux domaines associés dont l’histoire reste, pour une large part, à explorer et à écrire. Leur richesse, leur intérêt, leur propension au partage et leurs enjeux motivent leur pleine accession à la Recherche et à l’Histoire. Il s’agit d’appréhender, de comprendre, d’analyser, de décrire, d’expliciter et d’ordonner les étapes du développement sur le long terme de ces formes de la création, en maintenant un équilibre entre typographie et graphisme. L’objectif consiste à construire et proposer un récit articulé, qui reflète à la fois la singularité, la complexité, et la polyvalence de son objet. De bout en bout est poursuivie la recherche d’un éclairage, à travers la jonction d’une compréhension de fond et d’une vision synoptique. Cette étude intègre à la fois des faits majeurs et des phénomènes méconnus, des prises de position (jusqu’à une dimension polémique), et la face tragique des événements. Elle examine la multiplicité des pratiques et la divergence des conceptions. Dans leurs enchaînements, leurs discontinuités et leurs transformations, les créations (typo)graphiques révèlent leurs liaisons avec les arts plastiques, et leurs implications spécifiques – culturelles, sociales, politiques –, au travers desquelles se dessine un arrière-plan particulièrement agissant (mêlant savoir-faire, modes de transmission, incidence des techniques, impératif de visibilité, vulgarisation, omniprésence, etc.). L’apport des (micro)milieux spécialisés rencontre les contributions majeures apportées par des peintres, des écrivains, des créateurs protéiformes, des photographes, ou encore des architectes. Poser de front la question de cette histoire amène à reconsidérer quelques aspects essentiels du sujet (définition, constitution, étendue, contenus, mutations, écarts), à l’envisager dans sa transdisciplinarité, et à adopter une optique transnationale. La question de la place et de la reconnaissance de cette histoire se pose de façon accentuée dans le contexte actuel d’une création à la fois dynamique et à l’écart de son passé.

Thèse publiée sous le titre Graphisme, Typographie, Histoire, éditions Flammarion, Paris, 2005, préface de Serge Lemoine, 432 p.

 

Annick LEMOINE, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 18 décembre 2004, sous la direction d’Alain Mérot

Nicolas Régnier (Maubeuge, vers 1588-Venise, 1667) :
un peintre et marchand de tableaux dans l'Italie du XVIIe siècle

Jury : Mme Gregori (Florence), M. Hochmann (EPHE), M. Michel (Bordeaux III), M. Mérot (Paris IV) et M. Rosenberg (Paris).

Résumé : Peintre, marchand et collectionneur, né à Maubeuge vers 1588, Nicolas Régnier reçut sa première formation à Anvers, avant d’accomplir toute sa carrière en Italie : à Parme, à la cour des Farnèse, à Rome, sous l’égide de Manfredi, et enfin à Venise, où il vécut autant d’expertises et du commerce d’œuvres d’art que de ses propres tableaux. Malgré l’étude pionnière d’H. Voss (1924) et les travaux plus récents de P. L. Fantelli (1974), Régnier demeure encore aujourd’hui un artiste mal connu. L’établissement de sa biographie et du catalogue raisonné de ses œuvres nous a permis de reconsidérer la place de cet artiste singulier dans le mouvement caravagesque et son rôle dans le renouvellement de la peinture à Venise au XVIIe siècle. En étudiant conjointement ses activités commerciales et son importante collection de maîtres anciens, dispersée peu avant sa mort (1667), nous avons voulu restituer également la figure du connaisseur et du grand marchand d’art.

Nicolas Régnier (Maubeuge, ca. 1599-Venice, 1667). A painter and art dealer in 17th century Italy
Summary: Nicolas Régnier was born in Maubeuge around 1588. He did his apprenticeship in Antwerp and spent the rest of his life in Italy : at the Farnese Court in Parma, in Rome under the aegis of Manfredi and finally in Venice where he became known not only as a painter but also as an art dealer and a connoisseur. Today, Régnier remains relatively unknown in spite of Voss’s study in 1924 and of the more recent one by Fantelli in 1974. It is now possible, in the light of a new biography of Régnier and of the catalogue raisonné of his works, to reconsider his position in the Caravaggesque movement and his role as an innovator in 17th century Venetian painting. By the study of his commercial activities together with his important collection of old masters, scattered not long before his death (1667), we are now able to reinstate Régnier as a connoisseur and a great art dealer.

 

Magali BÉLIME-DROGUET, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 16 décembre 2004, sous la direction de Jean Guillaume

Les décors peints du château d'Ancy-le-Franc et leur place dans la peinture en France
entre le milieu du XVIe siècle et les premières décennies du XVIIe siècle

Jury : Mme Chone (Dijon), M. Guillaume (Paris IV), Mme Scaillierez et M. Sénéchal (Amiens).

Résumé : Le château d'Ancy-le-Franc fut construit pour Antoine de Clermont d'après des plans de Sebastiano Serlio. En 1546, le château était élevé au niveau du premier étage et sa construction prenait fin vers 1550. Dès l'achèvement du gros œuvre, Antoine de Clermont se préoccupa du décor de l'intérieur de sa demeure et tenta pour ce faire d'attirer des artistes de premier plan : Primatice et Nicolo dell'Abate. Au décès d'Antoine de Clermont en 1579, Ancy-le-Franc revint à son petit-fils, Charles-Henry de Clermont-Tonnerre. Ce dernier entreprit à son tour une vaste campagne de décoration qui commença un peu avant 1596. Les décors furent, pour un certain nombre, marqués sur le plan stylistique par les peintures appartenant à la seconde école de Fontainebleau. Grâce à une étude stylistique, nous avons pu attribuer cinq ensembles décoratifs de cette seconde campagne à Nicolas de Hoey, peintre d'origine flamande installé à Dijon.

The painted decoration of Ancy-le-Franc's château and its place in painting in France between the middle of the 16th century and the early decades of the 17th century
Summary: The chateau at Ancy-le-Franc was built for Antoine de Clermont to plans by Sebastiano Serlio. In 1546 the chateau had reached the level of the first floor and its construction was completed by around 1550. As soon as the main fabric was finished, Antoine de Clermont turned his attention to the interior decoration of his residence, doing his best to attract first-class artists to the site: Primatice and Nicolo dell'Abbate. On the death of Antoine de Clermont (1579), Ancy-le-Franc became the property of his grandson, Charles-Henry de Clermont-Tonnerre. The latter launched in his turn a grandiose campaign of decoration which began shortly before 1596. That is how certain of the decorative cycles executed at Ancy-le-Franc were influenced by paintings belonging to the Second School of Fontainebleau. Using a stylistic approach, we have been able to attribute five decorative cycles of this second campaign to Nicolas de Hoey, a painter of Flemish origin established in Dijon.

 

France NERLICH, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 12 décembre 2004, sous la direction de Barthélémy Jobert

La réception de la peinture française en Allemagne de 1815 à 1870

Jury : Éric Darragon (président), Uwe Fleckner, Thomas Gaehtgens, Barthélémy Jobert, Martin Schieder et Pierre Vaisse.

Résumé : Cette étude analyse le problème de la réception de la peinture française en Allemagne de 1815 à 1870, du Congrès de Vienne à la Guerre franco-allemande qui consolide l'Allemagne face à son « ennemie héréditaire ». Elle offre à partir d'un exhaustif dépouillement d'archives un fondement solide à l'appréciation du phénomène, méconnu jusque là, en se concentrant sur trois centres de la Confédération germanique, Munich, Berlin et Leipzig. De la collection d'Eugène de Beauharnais, devenu duc bavarois à la chute de l'Empire, jusqu'à l'exposition internationale de 1869 à Munich, en passant par le legs fondateur du musée des Beaux-arts de Leipzig d'Adolf Heinrich Schletter et l'action du marchand berlinois Sachse, les différences mises à jour apportent des éléments d'explication précis sur les conditions multiples de la réception. La reconstitution de cette importante présence dans le paysage artistique allemand (collections publiques et privées, expositions, marché, musées) permet d'en saisir les enjeux et de déterminer l'impact de ces œuvres pour la formation du goût, les pratiques artistiques, la critique d'art et la pensée sur l'art en Allemagne. Au lieu d'Ingres et de Delacroix, ce sont en effet des peintres comme Paul Delaroche, Horace Vernet, Théodore Gudin ou François Auguste Biard qui incarnent la peinture française en Allemagne. Les débats suscités par ces œuvres en Allemagne se distinguent donc de ceux qui sont menés depuis Paris : l'expérience directe des œuvres agit autrement et engendre une conception de l'art français qui rompt avec la vision de l'histoire de l'art française et les discours hostiles stéréotypés allemands.

The reception of French painting in Germany, 1815-1870
Summary: This study deals with the reception of French painting in Germany from 1815 to 1870 in an original way; from the Congress of Vienna which transformed Europe after the Napoleonic Empire to the Franco-German war which strengthened Germany against her “arch-enemy.” Based on extensive archival research, it offers a solid foundation from which to appreciate a hitherto unrecognised phenomenon. The work focuses on three centres of the German Confederation: Munich, Berlin and Leipzig. The revealed differences lead to qualified conclusions and offer precise elements of explanation regarding the circumstances of the important presence of French art. The reconstitution of this presence in the German art world (collections, exhibitions, museums) allows to grasp what is essential in the formation of tastes, artistic practices, art criticism and theory. The debates aroused by French painting in Germany are different from those in Paris. The direct experience of artworks has another impact and generates a different conception of French art, breaking with the view of French specialists and the stereotypic German discourse.

 

Jérôme DELAPLANCHE, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 11 décembre 2004, sous la direction d’Alain Mérot

Joseph Parrocel (1646-1704) et son temps

Jury : M. Cornette (Paris VIII), M. Hochmann (EPHE), M. Jobert (Paris IV), M. Mérot (Paris IV) et Mme Perez (Lyon II).

Résumé : Notre thèse de doctorat est une monographie sur le peintre français Joseph Parrocel (Brignoles, 1646 - Paris, 1704). Elle est constituée d'une biographie, d'une étude de l'œuvre, d'un catalogue raisonné et d'un regroupement de pièces annexes. La biographie s'attache à insérer l'artiste dans le contexte politique, intellectuel et artistique de son temps. L'étude de l'œuvre est divisée en quatre chapitres. Le premier aborde les principales caractéristiques de ses peintures et de ses dessins, étudie la formation et l'évolution de son style, et traite de la question de l'attribution dans le domaine de la peinture de bataille avec le cas exemplaire de Jacques-Ignace Parrocel, neveu de Joseph. Le deuxième chapitre analyse l'esthétique du pittoresco à partir des théories artistiques en vigueur en Italie et en France. Quelles sont les conséquences, les ambitions et les limites d'une telle option artistique ? Le troisième chapitre est une étude de la peinture de bataille, distinguant d'une part son histoire sur le plan formel, et d'autre part les implications politiques de ce type d'image. Le quatrième chapitre examine la vision de la nature chez Parrocel. Nous traitons en premier du thème de la chasse au XVIIe siècle, puis des peintures au sujet champêtre. Le catalogue raisonné regroupe tout l'œuvre peint, dessiné et gravé. Nous avons aussi recensé un grand nombre de mentions anciennes d'œuvres disparues. Suivent les annexes rassemblant les pièces d'archives découvertes, la transcription des études manuscrites inédites, et une étude sur la réception et la diffusion de son art. Le travail se conclut par une bibliographie et un index.

Joseph Parrocel (1646-1704) and his time
Summary: This thesis is a monograph on the French painter Joseph Parrocel. It is constituted with a biography, a study of the works, a catalogue raisonné and with a regrouping of appendix. The biography tries to insert the artist in a vast political context. The study of the works is divided into four chapters. The first one studies the main characteristics and the evolution of his paintings and his drawings, and examines the case of Jacques-Ignace Parrocel. The second chapter analyses the pittoresco aesthetics from Italian and French art theories. The third chapter discusses the battle painting. The fourth one studies the landscape painting of Parrocel with his hunting paintings. The catalogue raisonné groups all the works of the artist (paintings, drawings and engravings). Then, there are the archives, unpublished manuscripts and a final study on the reception of his art.

 

Didier SÉCULA, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 11 décembre 2004, sous la direction de Fabienne Joubert

L’hôtel-Dieu de Beaune : étude architecturale et approche iconologique d’un monument emblématique

Jury : Daniel Russo (président), Fabienne Joubert-Caillet, Jean Mesqui, Dany Sandron et Bertrand Schnerb.

Résumé : L'Hôtel-Dieu de Beaune (1443-1451), monument emblématique d'une région, s'est imposé comme l'une des expressions célèbres de l'architecture hospitalière médiévale. Les sources permettent de mieux appréhender le contexte de sa fondation par le chancelier Rolin (1376-1462), les conditions de son implantation dans la ville et le déroulement du chantier. Une lecture critique des remaniements et restaurations est pratiquée pour approcher les choix formels primitifs (décor du berceau lambrissé de la grande salle, façades à pans de bois sur cour et tuiles vernissées) et restituer la distribution originale. Le champ des comparaisons n'est pas limité et relie le projet architectural de l'Hôtel-Dieu aux fondations hospitalières nobles, aux béguinages et aux résidences princières. Une approche iconologique propose de lire dans le bâti une conception idéale de l'hôpital médiéval, signe d'apaisement donné à la population par le chancelier de Bourgogne, et une volonté de Rolin d'affirmer son rang.

The Hôtel-Dieu of Beaune: architectural study and iconological approach to an emblematic monument
Summary: The Hôtel-Dieu in Beaune, an emblem of its region (Burgundy), is one of the most famous expression of medieval hospital architecture. Sources let us understand better the historical context of Chancelier Rolin's foundation, the conditions of its settling in Beaune and the progress of its erection. A critical reading of modifications will enable us to grasp the original architectural choices (wooden barrel vault of the "Grande salle", timber framings frontage in the yard and glazed tiles) and give a view on the primitive distribution. The field of our study is not restricted to the architectural project of the Hôtel-Dieu and tries to connect it with noble hospital foundations, beguinages and princes' dwellings. An iconological approach suggests to read in the buildings, an ideal conception of medieval hospital, a way of showing how the chancellor of the Burgundian State cares for people, and, for Rolin a way of asserting his own social position.

 

Fabrice FLAHUTEZ, thèse soutenue à l'université de Paris-I le 8 décembre 2004, sous la direction de Françoise Levaillant

Nouveau Monde et Nouveau Mythe. Mutations du surréalisme de l’exil américain (1941) à “l’Écart absolu” (1965)

Résumé : À partir de 1941, de nombreux surréalistes doivent fuir hors de l’Europe afin d’échapper à la guerre. L’exil aux États-Unis s’avère être un lieu et un moment du surréalisme particulièrement fertile en termes de mutations et d’influences. Gordon Onslow-Ford, Yves Tanguy, Kurt Seligmann, Roberto Matta, Leonora Carrington, Max Ernst, Wifredo Lam, André Masson, etc., participent à cette nouvelle aventure de l’esprit. Ce travail interroge les revues View, Dyn, VVV, Instead et les manifestations artistiques telle l’exposition First Papers of Surrealism, et décrypte les nouveaux centres d’intérêt que le pays suscite. Roberto Matta et Marcel Duchamp deviennent des acteurs importants de la transformation du surréalisme en développant des concepts liés à la transparence, à l’espace et au temps. L’alchimie, l’occultisme, l’ésotérisme sont d’autres territoires convoqués par André Breton dans une tentative d’élaboration d’un nouveau mythe. Les civilisations amérindiennes, (Hopi, Zuni, Navajo) et précolombiennes nourrissent aussi d’un sang nouveau les perspectives du mouvement. Enfin, la philosophie de Charles Fourier et le concept d’Écart absolu deviennent la base d’un état d’esprit résolument ancré dans l’expression de la liberté à tout prix. L’exil américain apparaît donc plus comme un nouveau départ qu’une fin annoncée du surréalisme et constitue une nouvelle façon d’approcher l’art surréaliste des années 1950-1960.

New World and New Myth. Mutations of surrealism from American exile (1941) to the exhibition “l’Écart absolu” (1965)
Summary: Starting in 1941, many artists must flee Europe to escape the war. This exile to the United States turns out to be a particularly rich phase for Surrealism, open to changes influences. Gordon Onslow-Ford, Yves Tanguy, Kurt Seligmann, Matta, Leonora Carrington, Max Ernst, Wifredo Lam, André Masson, etc., all participate in this new adventure of the mind. The present work investigates publications such as View, Dyn, VVV, Instead, as well as artistic events, such as the exhibition First Papers of Surrealism ; it deciphers the avenues of exploration opened to surrealist artists in this new country. Roberto Matta and Marcel Duchamp become the main actors in the evolution of Surrealism by developing concepts linked to transparency, space and time. Alchemy, occultism, esotericism are other territories studied by André Breton to create a new myth. Amerindian civilizations, such as the Hopi, the Zuni, the Navajo, and the pre-Columbians, are also studied, and bring a new blood to the movement. Lastly, the philosophy of Charles Fourier and the concept of « Écart absolu », provide the foundation of a mindset resolutely anchored in the expression of freedom. The American Exile, thus, seems more like a new departure than an announced death for Surrealism; it constitutes a new approach to the surrealist art of the 1950’s-60s.

Mots-clés : Surréalisme, Breton, Duchamp, Matta, Onslow-Ford, Tanguy, Seligmann, Carrington, Ernst, Lam, Brauner, Masson, Miro, Péret, États-Unis, Kachina, Fourier, Guggenheim, Exil, Seconde Guerre mondiale, Ésotérisme, Occultisme, Alchimie, Hopi, Zuni, Navajo, Laloy, Crépin, Tarot, Vvv, View, Dyn, Indiens, Mythe, Grands Transparents, Écart absolu, Nouveau Monde.

Thèse publiée à Dijon, Presses du Réel, 2007.

Voir le curriculum vitae de Fabrice Flahutez.

 

Clotilde ROTH-MEYER, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne le 4 décembre 2004, sous la direction de Bruno Foucart

Les marchands de couleurs à Paris au XIXème siècle

Jury : Barthélémy Jobert (président), Pierre Curie, Éric Darragon, Bruno Foucart, François Robichon et Anne Roquebert.

Résumé : Quel est le point commun entre madame Haro, " la bien bonne amie " de Ingres, le " vieil ami Mulard " de Renoir et ce " brave Tanguy " de Van Gogh ? Leur métier, celui de marchands de couleurs pour artistes. En réalité, seule la dénomination leur est commune, puisque chacun conçoit son activité de manière différente. Il existe plusieurs métiers de marchands de couleurs et ce travail se propose de les analyser dans le cadre de l'histoire de l'art. Comme les ouvrages sur ce thème sont rares, nous avons créé un Répertoire des marchands de couleurs à Paris au XIXe siècle d'après les Almanachs et Annuaires du commerce, trame de nos recherches. Notre texte se propose donc d'être une introduction aux multiples axes à développer tels que l'histoire et la formation de ce métier, le contexte de son émergence, l'image donnée par les marchands de leur activité, leur implication dans la création de produits en collaboration avec des artistes, l'écriture et l'édition de manuels sur les techniques de la peinture, la restauration, la location et la vente de tableaux. A travers tous ces éléments se met progressivement en place une nouvelle image du marchand de couleurs. Loin d'être un simple revendeur de produits défectueux, donc peu scrupuleux, il s'avère être un vrai professionnel en qui les artistes ont réellement confiance. Parallèlement au contexte de ce métier et à ses multiples facettes, notre travail se veut aussi une base de données d'un genre nouveau et est censé facilité l'interprétation de certaines sources documentaires quotidiennement utilisées par les chercheurs (tampons de marchands au revers des toiles, mention des marchands dans la correspondance des artistes, etc.).

Colourmen in Paris during the 19th century
Summary: What do Mrs Haro, Ingres' " bien bonne amie ", Renoir's " vieil ami Mulard " and Van Gogh's " brave Tanguy " share ? Their trade: selling paint to the artists. Actually, only their denomination -colourman- is common, since each one of them practices his skill in his on manner. There exists different sorts of colourmen and this dissertation aims at analysing them in a history of art perspective. As the studies on this subject are rare, we created a Répertoire des Marchands de couleurs à Paris au XIXe siècle d'après les Almanachs et Annuaires du Commerce, thread of our research. Our work is an introduction to diverse themes such as the history and the training of profession, the context of its appearance, the image of their activity given by the colour men, their collaboration with artist to elaborate new products, the writing and edition of technical handbooks on painting, the restoration, rental and sale of paintings. With all these elements a new image of colour man arises. Far from being the unscrupulous retailer of faulty products, he is a real professional that the artists trust. Aside from presenting this profession and its multiple aspects, our work is a new kind of database that is meant to facilitate the interpretation of certain documentary sources daily used by searchers (coulormen stamps on the reverse of painting, mention of colourmen in the artists' letters).

 

Laurent LECOMTE, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 29 novembre 2004, sous la direction de Claude Mignot

L' architecture de l'ordre de la Visitation en France aux XVIIe et XVIIIe siècles

Jury : M. Dompnier (Clermont II), M. Mignot (Paris IV), M. Pauwels, M. Pérouse de Monclos (CNRS) et M. Tollon (Toulouse II).

Résumé : Fondé en 1610 à Annecy, l'ordre de la Visitation a connu une rapide expansion à travers toute la France. Ce phénomène s'accompagne aux XVIIe et XVIIIe siècles d'un vaste mouvement de construction, qui traduit le renouveau de l'architecture religieuse de l'époque post-tridentine. Chacun des 124 couvents fait l'objet d'une notice historique et architecturale (vol. II) et d'une documentation photographique (vol. III). La synthèse (vol. I) s'articule autour du programme idéal institué par les fondateurs afin de garantir l'unité architecturale de l'ordre. Le plan type qui en résulte et les étapes de son élaboration sont d'abord analysés. On étudie ensuite les modalités pratiques de la construction : choix de l'emplacement, mise en chantier du projet, financement et commande. Enfin, les bâtiments sont examinés en fonction de leur fidélité au modèle. L'objectif de ce travail est de poser les jalons d'une histoire de l'architecture monastique féminine, jusque-là délaissée par l'historiographie.

The Architecture of the Order of the Visitation in France in the 17th and 18th centuries
Summary: Founded in 1610 in Annecy, the Visitation order experienced a rapid expansion in France, accompanied by the construction of numerous churches and monasteries. This phenomenon takes part in the general Counter Reformation revival of religious architecture. The work includes a catalogue (vol. II) displaying architectural and historical descriptions of each of the 124 convents, illustrated in volume III. The first part of the work (vol. I) is centred on the study of the ideal programme established by the founders through a standard plan. Its elaboration and divulgation is discussed, as well as the problems raised by the building process : selection of the site, realization of the work, patronage and financing of the project. Finally, the buildings are analysed according to their loyalty to the standard model. The aim of this work is to bring out elements for a History of feminine monastic architecture, a topic insofar rather neglected by Historiography.

 

Myriam REISS-DE PALMA, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 19 novembre 2004, sous la direction de Bruno Foucart

Maurice Chabas (1862-1947) : du symbolisme à l'abstraction
Essai et catalogue raisonné

Jury : Bruno Foucart, Serge Lemoine, Arnauld Pierre, François Robichon et Jean-David Jumeau-Lafond.

Résumé : La qualité esthétique et l'ampleur de l'œuvre de Maurice Chabas (peinture de chevalet et art monumental) ainsi que le mouvement de pensée auquel il a participé ont cristallisé notre intérêt pour un artiste important et injustement oublié du symbolisme. Maurice Chabas poursuivit tout au long de son œuvre une quête spirituelle qu'il traduisait par des tableaux empreints d'une harmonie noble et sereine. L'imagination et le désir d'innovation de Maurice Chabas le mèneront à diversifier sa technique, par ailleurs habile, en usant d'une purification et d'une simplification de la forme. L'œuvre, dans un premier temps académique, se rallia aux tendances symbolistes, proche de Puvis de Chavannes. Maurice Chabas fut un fervent défenseur des Rose+Croix et exposa à tous leurs salons. Par la suite, l'artiste fut tenté par les techniques néo-impressionnistes et synthétiques. A la fin de sa carrière, sa peinture devient de plus en plus éthérée, lumineuse et colorée ; ceci le conduit à se tourner vers l'abstraction qui se prête, selon, lui naturellement à la communication des mystères de la religion chrétienne. Un des premiers objectifs de cette thèse (première partie) a été d'établir la biographie de Maurice Chabas, une étude de ses principes artistiques théoriques et une analyse de son œuvre. Nous nous sommes référé aux lettres personnelles et aux écrits de l'artiste ainsi qu'aux articles de presse et catalogues d'expositions pour éclairer sa personnalité et la portée de son œuvre. La seconde partie de la thèse a consisté à effectuer un recensement le plus exhaustif possible des différents tableaux, commandes et écrits illustrés par Maurice Chabas. Cette recherche compose le catalogue raisonné de l'artiste (903 numéros dont 873 illustrés).

Maurice Chabas (1862-1947): from symbolism to the abstract. Essay and reasoned catalogue
Summary: The aesthetic quality and the extent of the work accomplished by Maurice Chabas as well as his evolution of thinking have focused our interest for this important artist, unfairly forgotten in the symbolist movement. All through his artwork, Maurice Chabas searched a spiritual quest which he translated through his paintings into a noble and serene harmony. His imagination and desire to innovate led him to diversify his technique through a purification and simplification of the form. At the beginning, his work was academic but expressed rapidly symbolic tendencies reminding Puvis de Chavannes. Maurice Chabas was a fervent defendant of the Rose+Croix. He participated in all their art exhibitions. Later, the artist was also tempted to investigate the techniques of impressionism and synthetic art. At the end of his career, his work became gradually more esotheric, bright and colourful. This style of work conducted him to abstraction which (he thought) will provide the ways to the "mysteries" of the Christian religion. One of the primary objectives of this thesis has been to establish a biography of Maurice Chabas. Our aim was also to provide a study of his theoritical artistic principles and an analytical investigation of his work. To highlight the personality of Maurice Chabas and the magnitude of his work, we currently referred to his personal documents, press articles and exhibitions catalogues. The second part of this thesis is aiming to establish, to the largest possible extent, an inventory of his paintings, work orders and writings. This study is covered by the reasoned catalogue of the artist.

 

Marie-Ève CELIO-SCHEURER, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 13 novembre 2004, sous la direction de Barthélémy Jobert

Eugène Grasset (1845-1917), enseignant et théoricien :
édition critique des notes de cours et du traité inédit Compositions végétales

Jury : M. Fossier (Lyon II), M. Gaehtgens (Berlin), M. Griener (Neuchatel), M. Jobert (Paris IV), M. Rinuy (Paris X) et M. Thiébaut.

Résumé : Notre thèse consiste d'une part en une étude sur Eugène Grasset (Lausanne, 1845-Sceaux 1917) comme enseignant et théoricien, d'autre part en une édition de ses notes de cours et du traité inédit intitulé « Composition végétale ». Notre recherche a permis de mesurer, à la source même, l'importance des théories de Grasset dans l'évolution de l'éducation artistique et d'éclairer un art ainsi qu'une pensée féconds. Cet artiste décorateur enseigna la composition décorative à l'Ecole Guérin, à la rue Madame et à l'Académie de la Grande Chaumière et inaugura un cours sur l'histoire et le dessin de la lettre à l'Ecole Estienne. Son enseignement donna naissance à trois principaux ouvrages didactiques. En recherchant les origines des théories de Grasset et en évaluant leur réception, nous avons mis en évidence l'enracinement de la pensée de cet homme dans le XIX ème siècle ainsi que sa projection dans le XX ème siècle vers une conception de la forme pure perçue comme oeuvre d'art. Nous avons montré que Grasset, de par sa production artistique et didactique, s'inscrit dans le débat entre art et industrie qui anima le XIXème siècle et dans le mouvement Art nouveau auquel on le rattache communément. En examinant ses notes de cours, ses ouvrages théoriques et sa production artistique, nous avons démontré que l'enseignant, l'artiste et le théoricien ne faisaient qu'un. Cependant, le théoricien ouvrit la porte à des conceptions artistiques fort éloignées de la création de l'artiste. Cependant, si Grasset ne considéra pas les figures de son traité de 1905 comme des œuvres en soi, il pressentit la richesse de la voie qu'il exploita et les découvertes qui restaient à faire.

Eugène Grasset (1845-1917), teacher and theorician: a critical edition of his lecture notes of "Composition végétale"
Summary: Our research is about Eugène Grasset (Lausanne, 1845 - Paris 1917), a teacher and a theorician working in the pronciples of the Arts and Crafts movement. He became one of the pioneers of Art Nouveau in France where he was established from 1871, although he maintained close contacts with Switzerland and, more particulary, with Lausanne. Eugène Grasset did not confine himself to one only artistic medium (producing paintings, sculpture, furniture, ironwork, leaded glass windows, jewellery, illustrations, textiles, etc.). He had success as an artist, a designer and a teacher. It is this last aspect which was the focus of our thesis. Grasset taught in Parisian schools (Ecole Guérin, Académie de la Grande Chaumière, rue Madame, Ecole Estienne). His teaching was then to lead him to publish two important works: "La Plante et ses applications ornementales" (1896) and "Méthode de composition ornementale" (1905). In the lecture otes we have discovered a third work which is unpublished: "Composition végétale" (1911-1912). The close study of Grasset's manuscrits was fundamental to understand his teching itself, but also to see the relation between artistic and didactic work.

 

Jérôme MONTCHAL, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 23 octobre 2004, sous la direction de Bruno Foucart

Le juste, le vrai, le grand : vie et œuvre d'un peintre académique au XIXème siècle
Jean-Baptiste Poncet (1827-1901)

Jury : M. Darragon (Paris I), M. Foucart (Paris IV), M. Jobert (Grenoble II), Mme Peltre et M. Vigne.

Résumé : Poncet, disciple zélé d'Hippolyte Flandrin, a attendu longtemps une réhabilitation approfondie. Sa biographie reconstruite montre qu'il fut reconnu par les instances officielles et eut une action en tant que professeur aux Beaux-Arts de Lyon. Sûr de pratiquer le véritable art, mais ne pouvant connaître le vrai succès, il n'a jamais su saisir sa chance. Par ses écrits, voulant se constituer en exemple, il s'est extirpé du milieu des petits maîtres. L'analyse de l'œuvre et le catalogue raisonné exhaustif montrent qu'il n'a pas vraiment continué Flandrin. Peintre mythologique souvent admirable, portraitiste inégal, graveur consciencieux, artiste attachant, il est le représentant assez lent, tardif et critiqué, mais parfois inspiré, de l'académisme de Winckelmann et d'Ingres. Il se voue, dans une technique irréprochable, à la figure allégorique nue, édifiante et isolée. Au-delà des débats porteurs, étudier d'une façon aussi fouillée un élève et la peinture officielle régionale est novateur.

Jean-Baptiste Poncet (1827-1901): painter and engraver
Summary: Poncet, zealous disciple of Hippolyte Flandrin, had been awaiting this detailed rehabilitation for long. If we reconstitute his biography, one realizes that he was recognized by official authorities and acted as a teacher at Lyon Art School. Convinced he practised the real Art, but unable to meet real success, he could never jump at an opportunity. Through his writings, willing to set an example, he managed to get out from the little masters milieu. The analysis of his works and the full catalogue indicate that he didn't really follow what Flandrin had done. An often admirable mythology painter, erratic portraitist, conscientious engraver, likeable artist, Poncet was the late, quite slow and criticized but from time to time inspired representative of the academicism of Winckelmann and Ingres. He devoted himself, with a perfect technique, to naked allegorical representation, edifying and isolated. Beyond constructive debates, to study a pupil and official regional painting in such a full way is new.

 

Line HERBERT-ARNAUD, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 2 juillet 2004, sous la direction de Serge Lemoine

Peter Downsbrough, le lieu et l'espace d'une œuvre

Jury : M. Darragon (Paris I), M. Dufrêne (Grenoble II), M. Lemoine (Paris IV) et M. Marcadé.

Résumé : C'est à travers le prisme des notions de lieu et d'espace que cette étude monographique propose de présenter le travail de Peter Downsbrough depuis le début des années 1960, en abordant l'évolution conjointe des pièces réalisées dans un espace réel et des livres. Œuvre de l'intervalle, de l'inscription et du positionnement dans l'espace du lieu ou de la page, elle se déploie aussi comme contours d'un volume réel ou virtuel. L'artiste combine deux éléments plastiques que sont la ligne et le tube, la richesse et la multiplicité sémantique des mots employés. Cette recherche s'appuie sur des entretiens personnels de l'auteur avec l'artiste et les différentes personnes qui ont soutenu et suivi son travail. Elle analyse notamment les rapprochements existant avec les avant-gardes russes ainsi que les démarches d'autres sculpteurs de la même génération, en particulier les artistes de l'art minimal et conceptuel. Elaborant une œuvre sans concession, au vocabulaire plastique rigoureux et récurrent, Downsbrough nous convie à faire l'expérience d'une œuvre en perpétuelle évolution.

Peter Downsbrough, the place and the space of a work
Summary: This study tries to present the work of Peter Dowsbrough since 1960 through the way of space and locations, dealing with the conjoined evolution of real space pieces and books. Work of the interval, of the inscription and location in real space or on the page, it deploys in a virtual or a real volume. The artist combines the typographic elements which are lines, poles and pipes with the semantic plurality of the used words. This study is based on the interviews of the artist and of the people who have known him for a long time. It intends to analyse the relationship with the artistic avant-garde and the other sculptors who belong to the same generation, specially the artists of minimal and conceptual art. Elaborating a work without any concession, with a recurrent and a rigorous plastic vocabulary, Downsbrough proposes to make an experience of a work in a perpetual evolution.

 

Emmanuel COQUERY, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 26 juin 2004, sous la direction d’Alain Mérot

Charles Errard : ou l'ambition du décor

Jury : Mme Grivel (Rennes II), M. Michel (Lausanne), M. Mignot (Paris IV), M. Mérot (Paris IV) et M. Schnapper (Paris IV).

Résumé : Cette thèse s'attache à reconstituer la vie et l'œuvre de Charles Errard (Nantes, v.1603 - Rome, 1689), peintre, architecte et décorateur. La première partie étudie sa première période romaine (v.1625-1642), qui voit un jeune artiste pensionné par le roi s'affirmer comme un dessinateur prolifique et bien introduit. La deuxième partie analyse la production datant de cette période. La troisième partie étudie les conditions de son succès dans le monde artistique parisien comme entrepreneur de décoration. La quatrième analyse l'art de cette période en tentant de préciser le statut du grand décor ornemental au milieu du siècle. La cinquième s'attache à son rôle d'éditeur d'estampes et à celui d'architecte. La dernière partie détaille les multiples facettes de sa seconde période romaine, à partie de la fondation de l'académie de France à Rome, mais aussi dans son rôle à l'académie romaine de Saint-Luc. Le catalogue ici reconstitué compte 4 à 5 tableaux sûrs, environ une quinzaine de décors, 400 dessins et gravures.

Charles Errard : or the ambition of decoration
Summary: This thesis deals with the work and life of Charles Errard (Nantes c. 1603 - Rome 1689), painter, architect and decorator. The first part studies his first roman period (c. 1625-1642), in which Errard reveals a prolific draughtsman, and a well established young artist. The second part analyses this production. The third part deals with the conditions of this part of his career, as a decorator. The fourth part tackles the elements of his art in Paris. The fifth part regards his role as a print publisher and his conception of architecture. The last one embraces his final years in Rome, as the first director of the French Academy in Rome and as the Principe of the San Luca academy. The catalogue, here established, counts 5 paintings, 15 decorations, 400 drawings and 500 prints.

 

Émilie ROFFIDAL-MOTTE, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 21 juin 2004, sous la direction d’Alain Mérot

Un siècle de sculpture et de mobilier religieux :
les églises marseillaises et aixoises au XVIIIe siècle

Jury : Mme Bresc (Paris), M. Jollet (Aix-Marseille), Mme Meyer (Poitiers), M. Mignot (Paris IV) et M. Mérot (Paris IV).

Résumé : Cette thèse, à partir d'un cadre géographique et temporel clair - les villes de Marseille et d'Aix au XVIII siècle - développe des questions qui intéressent l'histoire de la sculpture et des formes. Les œuvres sont tout d'abord abordées sous l'angle de la commande, pour déterminer les obligations juridiques, les types de besoin et les aspirations des clients. La recherche fréquente de fonds, par la mise en place d'emprunts, de placements financiers, d'échanges ou de loteries, et surtout l'intervention des municipalités, constitue des particularismes à prendre en compte dans le processus de création des œuvres. L'étude des modes de financement, tout comme le déroulement de la commande, permettent de préciser les rapports entre les différents acteurs, ainsi que la place de l'artiste, qu'il soit menuisier, sculpteur, marbrier ou architecte, intervenant dans le processus de création (dessin, maquette ou réalisation). La définition de leur milieu permet de déterminer les mécanismes de la transmission et de l'information et de mettre en avant le déplacement de la formation, et des pratiques du travail, vers de nouvelles organisations (école, académie) qui renouvellent et élargissent les anciens réseaux. L'étude des matériaux, des formes, et des emplacements choisis, révèle la logique interne des œuvres, ainsi que la cohérence de leur système de représentation. Elle permet également, sous l'éclairage d'une pensée à la fois théologique et esthétique, de déterminer une tentative de remise en ordre de l'espace ecclésial, ainsi que les réponses qui y sont apportées.

A century of sculpture and religious furniture: the churches of Marseille and Aix during the XVIIIth century
Summary: This thesis addresses the questions concerning the history of sculpture and form within the clear geographic and temporal framework of Marseille and Aix during the XVIIIth century. The works examine primarily the principal aspects of the commission, thereby determining the legal obligations, the types of needs of the clients. The frequent search for funds by way of loans, financial investments, exchanges, lotteries and especially the intervention of municipalities, influences the uniqueness of the creation of each work. As in the discussion of commission, the study of the various means of fundraising, help to clarify the relationship between the different participants as well as the status of the artist, whether a woodworker, sculptor, marble-worker or architect, all while influencing the process of the creation (drawing, model, final work). The definition of their artistic mediums allows the viewer to clarify the transference of the information and the mechanisms, as well as to draw the displacement of the formation, and the work practices, towards the new organisations (school, academy), that renew and expand the existing relationships amongst the sculptors. The study of the materials, the forms and the selected location reveals the internal reasoning of the works as well as the consistency in which the works are represented. While regarding the theological and aesthetic aspects, this thesis equally allows to determine the attempt of reorganization of ecclesial space as well as the produced responses.

 

Hélène BOCARD, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 19 juin 2004, sous la direction de Bruno Foucart

Les expositions de photographie à Paris sous le Second Empire et leur réception par la critique

Jury : M. Foucart (Paris IV), M. Jobert (Grenoble II), M. Poivert (Paris I), M. Poulot (Paris I) et Mme Aubenas (Paris IV).

Résumé : La première partie de notre étude traite des expositions qui montraient des photographies : « musée des rues » (marchands d'estampes, ateliers de photographes), expositions universelles et expositions des produits de l'industrie ; celles organisées à partir de 1855 par la Société française de photographie témoignent des enjeux pour le nouveau médium à s'exposer dans un contexte autre que commercial et industriel ; après un lent processus d'institutionnalisation, la photographie est finalement acceptée aux côtés du salon des beaux-arts (1859). La deuxième partie évoque les photographes qui y participaient et ce qu'ils montraient, le rapport entre leur présence aux expositions et leur carrière, entre la production globale et les œuvres présentées. La troisième partie analyse le discours critique à partir d'un corpus de 85 comptes rendus ; elle montre la difficulté des critiques, face à un nouveau type d'image, à trouver un langage approprié, distinct de celui qu'ils employaient pour la peinture, et à faire entrer la photographie dans le champ de l'art.

Photographic exhibitions in Second Empire Paris and their reception by the critics
Summary: The first part of our study deals with exhibitions which showed photographs : “street museums” (print dealers, photographers’ studios), world fairs and exhibitions of industrial products; those organized from 1855 by the Société française de photographie (French Photographic Society) reflect the importance for the new medium of being viewed in non-commercial and non-industrial contexts; after slowly establishing itself, photography was finally accepted alongside the Salon des beaux-arts (Fine Arts Exhibition) (1859). The second part of this study addresses the photographers who took part in those exhibitions and the work they showed, the relationship between their presence at the exhibitions and their career development, and that between the overall production and the pieces exhibited. The last part analyses critical discourse as it appears in 85 contemporary reviews ; it shows how difficult it was for critics, when confronted with a new type of image, to find an appropriate language - distinct from that used for painting - and to bring photography into the realm of art.

 

Ninon GAUTHIER, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 9 mars 2004, sous la direction de Serge Lemoine

Marcel Barbeau : échos et métamorphoses
Catalogue raisonné des peintures (1944-1971) et catalogue raisonné des sculptures (1944-2000)

Jury : M. Dufrêne (Paris X), M. Lemoine (Paris IV) et M. Massu (Aix-Marseille).

Résumé : Ce catalogue décrit, illustre, « historise » et commente chaque œuvre dans le contexte de la production de l'artiste et de celle de ses contemporains. Les notices, l'introduction, les notices complémentaires et la chronologie situent l'œuvre en regard de ses sources et du voisinage de ses contemporains. Le chapitre sur la fortune critique et l'annexe « sources » apportant un complément d'information sur sa réception. Cette thèse montre la contribution de Marcel Barbeau à l'Automatisme, un mouvement expressionniste abstrait québécois, pionnier de l'abstraction au Canada au milieu des années quarante. Artiste en constante mutation, Barbeau fut aussi associé à des tendances très diverses de même qu'à des productions poétiques phoniques, musicales et chorégraphiques. L'étude rend compte de ces relations passagères en montrant la prégnance des origines expressionnistes de l'artiste et de ses références surréalistes, dada et extra disciplinaires sur son œuvre, pour en dégager l'originalité.

Marcel Barbeau : echos and metamorphosis : comprehensive catalogue of paintings (1944-1971) and sculptures (1944-2000)
Summary: This comprehensive catalogue describes, illustrates, historicizes and comments each work, showing its relationship with the artist's own production and those of his contemporaries. The main commentary, the introduction, the complementary notes and the chronology situate the artist's œuvre with regards to its sources and in relationship to contemporary works. The chapter on the critiques as well as the annexes. Sources bring complementary information regarding their reception. This thesis shows Barbeau's contribution to Automatism, a Quebec abstract expressionist movement. Barbeau was a pioneer of abstraction in Canada in the mid-forties. With this ever-changing style, Barbeau produced a crossbred work, related to very diversified movements as well as to productions in phonic poetry, music and dance. This study takes into account these transient encounters, showing the permanency of surrealistic, Dadaist and transdisciplinary references within his work.

 

Joëlle BARREAU, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 14 février 2004, sous la direction de Claude Mignot

Être architecte au XVIIe siècle
Libéral Bruand, architecte et ingénieur du roi

Jury : M. Harouel (Paris II), M. Mignot (Paris IV), M. Pérouse de Montclos (CNRS), M. Roche (Caen) et M. Schnapper (Paris IV).

Résumé : Libéral Bruand (1631-1697) fut à la fois architecte, ingénieur du roi et l'un des premiers membres de l'Académie royale d'architecture. Son grand œuvre est l'Hôtel royal des Invalides qu'il bâtit de 1671 à 1676. Par ailleurs, il a bâti des maisons et des hôtels destinés à des commanditaires aisés (aristocrates ou financiers). Il a contribué à créer la typologie de la « maison de maître » en y introduisant les innovations techniques et distributives des hôtels des années 1630-1650. Son art privilégie le respect du programme, la clarté de l'ordonnance et la sobriété de l'ornement. Cette étude est la première monographie d'un architecte emblématique de la seconde moitié du XVIIe siècle ayant cumulé toutes les fonctions du monde du bâtiment de son époque. Elle est fondée sur de nombreuses sources et archives inédites provenant notamment du Minutier central des notaires. Outre l'étude systématique des quatorze ouvrages déjà connus de l'architecte, ces recherches ont permis de lui attribuer vingt-trois œuvres supplémentaires et d'en réfuter quatre.

Being an architect in the seventeenth century : Libéral Bruand, architect and royal engineer
Summary: Libéral Bruand (1631-1697) was concurrently an architect, a Royal Engineer, and one of the first members of the Royal Academy of Architecture. His great work was the Hôtel royal des Invalides that he built from 1671 to 1676. In addition, he built houses and hôtels intended for a wealthy clientele (aristocrats and financiers). He participated in creating the typology of the “maison de maître” by introducing technical and distributive innovations in hôtels in the years from 1630 to 1650. His art is characterized by a close respect of the program, clarity in planning, and sober ornamentation. This study is the first monograph dedicated to an architect who is representative of the second half of the seventeenth century and who had all the professional qualifications of the builder's milieu of his days. It is founded on abundant source material and unpublished archives, in particular the notarial records of the Minutier central des notaires (Archives nationales, Paris). Beyond the systematic study of the fourteen works that were previously credited to the architect, this research has made it possible to credit him with an additional twenty-three works and to deattribute four.

 

Nathalie LEMOINE-BOUCHARD, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 7 février 2004, sous la direction d’Alain Mérot

Les Van Blarenberghe, catalogue raisonné

Jury : M. Jobert (Grenoble II), M. Mérot (Paris IV), Mme Perez (Lyon II), M. Poussou (Paris IV) et M. Rosenberg (Paris).

Résumé : La lignée des van Blarenberghe a donné six artistes, peintres et miniaturistes, aujourd'hui célèbres : Hendrick, son fils Jacques-Guillaume, ses deux fils, Henri-Désiré le cadet et Louis-Nicolas, le fils de ce dernier Henri-Joseph, sa fille Hélène. Originaires de la Flandre flamingante, ils ont vécu de 1646 à 1853 s'élevant du rang de modeste peintre en miniature toléré en marge du corps des peintres lillois à celui des charges officielles à Paris et Versailles, Louis-Nicolas, comme peintre de batailles et peintre de la Marine de Louis XV et de Louis XVI, son fils Henri-Joseph, comme maître de dessin des Enfants de France en survivance de Silvestre. On ignorait tout jusqu'ici du travail d'Hendrick, absent des dictionnaires, et les œuvres de ses descendants étaient attribuées à l'un ou à l'autre, sans critère de différenciation. Nous avons établi un catalogue de 1127 œuvres classées par artistes, en grande partie inédites et issues de collections privées, auxquelles s'ajoutent 502 œuvres mentionnées. 190 œuvres sont rejetées et de très nombreux changements d'attribution sont proposés pour les œuvres conservées dans les musées français et étrangers. Initié par son père à la peinture de « tableaux en miniature » de format chevalet, Jacques-Guillaume fut le premier de la famille à peindre pour la tabatière, et se révèle tout à fait précurseur en ce genre. Son fils Louis-Nicolas, capable de faire tenir une foule nombreuse dans quelques centimètres carrés, porta cet art au plus haut point. Son habileté prodigieuse à la gouache a fait tomber dans l'oubli son œuvre à l'huile et l'aisance qu'il eut à passer du format de la tabatière à celui des dessus-de-porte. Henri-Joseph, aussi talentueux que son père, fut moins prolifique car il consacra une partie de son temps à l'enseignement. Il individualisa progressivement son style, et gagna en mouvement ce qu'il perdit en précision. Hélène fut une copiste douée des gouaches de son père, et ne pratiqua son art qu'en amateur.

The Van Blarenberghe, catalogue raisonné
Summary: The van Blarenberghe lineage produced six artistes living from 1646 to 1853 : Hendrick, his son Jacques-Guillaume, his two sons Henri-Désiré and Louis-Nicolas, whose son Henri-Joseph was Master of Drawing to the King Louis XVIth 's children, and father of Hélène, the last painter of the family. Of Flemish origins, they raised themselves from a modest position as a local painter of miniatures in Lille, North of France, to the highest place as painter of Battles and Marines to the King in Versailles, with prestigious clients for theirs miniatures. Nothing was known of Hendrick's work, the ancestor, and the works of his descendants where attributed so far with no real criteria of differentiation among the family. This catalogue presents 1127 works, mostly from private collections, classified artist by artist, and mentions also 502 works sold under the “van Blarenberghe” name. 190 others works previously attributed to the van Blarenberghe are rejected and lots of reattributions are suggested for miniatures examined in museums such as the Wallace collection, the Louvre, the Musée des Arts décoratifs de Paris.

Voir aussi le site personnel de Nathalie Lemoine-Bouchard, spécialiste de la peinture en miniature des XVIIe-XIXe siècles en France

 

Sara GALETTI, thèse soutenue à l'université de Paris Sorbonne - Paris IV le 29 janvier 2004 (université IUAV Venise), sous la direction de Claude Mignot

Marie de Medicis et le Palais du Luxembourg (1612-1642)

Jury : M. Burns (IUAV), Mme Chatenet, Mme Conforti (Roma) et M. Mignot (Paris IV).

Résumé : L'histoire du palais du Luxembourg, premier palais royal jamais construit à Paris sur un projet unitaire, n'avait jamais fait l'objet d'une monographie complète depuis 1904/1910-11. Des sources inédites ou mal lues permettent de préciser l 'évolution du projet comme de son budget entre 1611 et 1615 et de suivre l'évolution du chantier, incomplet au moment de l'exil définitif de la Reine en 1631, sous les directions successives de Salomon de Brosse et Jacques Lemercier, ainsi que de Tommaso Francini à partir de 1625 pour le jardin. Elles permettent surtout de définir pour la première fois la véritable distribution de l'appartement de Marie de Médicis au Luxembourg, qui révèle, au-delà de la diversité radicale de l'enveloppe architecturale, un parti distributif très proche de son appartement au Louvre. Palais parisien suburbain bâti par une princesse française et italienne, dédié au couple Marie de Médicis - Henri IV, comme le montre son parti architectural, ses sculptures et son décor peint, le Palais ne se laisse pas interpréter de façon simple : au-delà de la « maison » à laquelle elle faisait référence en 1611, la reine a construit un Palais-mémorial, pour que personne, dans le contexte politique contemporain, ne puisse oublier la source de son autorité et de son droit.

Maria de' Medici and the Luxembourg Palace, 1611-1642
Summary: The history of the Luxembourg Palace, the first Royal Palace ever built in Paris following a unitary design, had not been the object of a complete monograph since 1904-1910-11. Unpublished or not completely exploited archival sources bring a better understanding of its project and of its economical planning between 1611 and 1615, as well as further knowledge on the building construction - left incomplete in 1631 after the Queen's definitive exile - under its different directors, Salomon de Brosse, Jacques Lemercier and, for the garden, Tommaso Francini. For the first time the interior distribution of the Queen's apartment is also clarified, thus revealing the similarities, despite the differences of the architectural setting, with the Queen's apartment in the Louvre. Suburban Parisian residence built by a Florentine princess, the architecture of the Luxembourg is completely an original one, the result of the creative mixture of French and Italian traditions. Dedicated to the couple once formed by Maria de' Medici and Henri IV - as shown by the iconography of the sculpted and painted decorations - the Palace cannot be simplistically interpreted : other that "house" referred to in 1611, the Queen has built a memorial Palace, so that nobody, within the contemporary political context, can forget the source of her authority and power.

 

Isabelle Anne ISNARD, thèse soutenue à l’université de Paris IV-Sorbonne sous la direction de Dany Sandron, 2003

Étude architecturale de l'abbatiale de la Trinité de Vendôme.
Le chantier gothique

Résumé : L'abbatiale gothique de la Trinité de Vendôme n'a jamais fait l'objet d'une étude minutieuse. Notre thèse se proposait donc de combler une lacune importante de la recherche en histoire de l'art. L'histoire de l'abbaye est d'abord retracée, suit celle des bâtiments monastiques et de l'église romane, remaniée une première fois au début du XIIIe siècle. L'analyse archéologique de l'abbatiale précède l'étude de la place occupée par la Trinité dans l'histoire de l'architecture. La chronologie relative et la datation de l'abbatiale ont pu être précisées, l'importance de la Trinité dans l'histoire de l'architecture de la fin du XIIIe siècle au début du XVIe siècle a été démontrée et la magistrale façade occidentale de l'église a pu être attribuée à l'architecte Jean Texier, dit Jean de Beauce qui fut ensuite nommé « maître des œuvres » de la cathédrale de Chartres, et dont la carrière s'apparente à celle de son contemporain Martin Chambiges. Jean de Beauce apparaît comme l'une des grandes figures d'architectes de la fin du XVe siècle, il acheva la construction d'une église commencée plus de deux siècles auparavant.

Architectural study of the abbey church of Vendôme: the gothic construction
Summary
: The abbey church of La Trinité in Vendôme has never been carefully studied so far. Our purpose was to compensate this lack in the research in history of art. A first part is dedicated to the history of the abbey, of its monastic buildings and the romanesque church first removed in the beginning of the13th century. Then, the archaeological study of the abbey church is followed by the study of the part played by La Trinité in the history of architecture. This way, we could propose a chronology and a dating for its edification as well as showing the importance of this monument in the 13th- and 16th-architectural context. Its exceptional façade can be given to the architect Jean Texier, also known as Jean de Beauce, later known as the "maître des œuvres" of the cathedral of Chartres. His career is similar to the one of his famous contemporary colleague Martin Chambiges. Jean de Beauce appears to be one of the greatest architects of the end of the 15th century. He completed the abbey church of Vendôme, whose first stone had been laid two centuries before.

 

Mise à jour du 30 janvier 2009