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du Centre André ChastelProjets de recherche 2010-2013
Les deux thèmes fédérateurs de la période précédente sur l’Artiste et sur Paris sont maintenus en raison du nombre et de la qualité des travaux qui s’y rapportent, dans la lignée de ceux signalés dans le bilan. S’y ajoutent deux nouveaux thèmes qui permettront de développer davantage les synergies au sein du laboratoire sur des pistes stimulantes : ils concernent l’iconologie du paysage et la question épistémologique des limites en histoire de l’art (frontières géographiques, chronologiques et thématiques), qu’il convient de reconsidérer.
1. L'artiste
2. Paris
3. Iconologie du paysage
4. « L'histoire de l'art et ses limites » : questions épistémologiques
1. L’artiste
Le prochain plan quadriennal verra l’aboutissement d’opérations d’envergure liées au thème de l’artiste.
La publication de monographies d’architectes (Jacques Androuet du Cerceau ; Étienne Dupérac ; Louis et Clément Métézeau ; Pierre Le Muet ; Libéral Bruand ; Jules Hardouin-Mansart) s’accompagnera d’une réflexion d’ensemble aboutissant à une synthèse dirigée par Claude Mignot.
Différents travaux permettent de développer les thématiques autour de :
2. Paris
![]() | Forte d’un grand nombre de travaux, certains véritables ouvrages de référence sur la ville, l’unité encourage les opérations sur l’art à Paris depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours. Elles couvrent le spectre de la création artistique depuis la commande jusqu’à la livraison et la diffusion des œuvres, mais touchent également le patrimoine archéologique et architectural de la ville et de ses abords sans négliger la notion de paysage urbain si foisonnante dans le cas de Paris. Enfin une attention particulière est portée à l’impact de l’activité artistique sur l’extérieur, à l’horizon international, tout comme à l’expression du cosmopolitisme sur place. Dans la suite du colloque international sur les artistes étrangers à Paris, les recherches sont menées sur le renouvellement de la population artistique parisienne par les apports extérieurs. |
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Paris, Saint-Germain-l’Auxerrois, portail ouest central, trumeau : la Vierge à l’Enfant, détail (ca 1230) © Centre André Chastel / phot. C. Lemzaouda |
Les aspects institutionnels doivent connaître de nouveaux développements avec les recherches menées par Basile Baudez et Marie-Claude Chaudonneret sur les institutions artistiques du règne de Louis XVI aux débuts de la Seconde République. La situation de Paris pourra être utilement comparée avec d’autres capitales artistiques comme Londres ou Berlin.
La connaissance du développement urbain de Paris devrait être profondément renouvelée grâce à un projet d’étude globale des caves parisiennes de l’Antiquité à nos jours qui permettra de retrouver l’infrastructure du développement urbain depuis deux millénaires, de la période gallo-romaine jusqu’à l’ère industrielle à l’horizon de la ville actuelle, sans exclure des liens avec la périphérie. Ce projet ambitieux ne peut être mené à bien qu’en association avec la Commission du Vieux-Paris, le Conservatoire national des arts et métiers et le service régional de l’Archéologie. Des contacts ont été pris et une première réunion de présentation organisée au printemps dernier. L’objectif est de mettre sur pied un projet interdisciplinaire (histoire de l’urbanisme, de l’architecture, géologie, archéologie monumentale et industrielle) qui sera soumis à l’ANR dans les mois qui viennent.
Certains travaux en cours (thèse de V. Soulay sur l’impact du fait religieux sur le développement de la rive droite du haut Moyen Âge au XVIe siècle ; différents atlas historiques du développement de Paris …) y trouveront par conséquent des développements naturels.
Parallèlement seront poursuivis les travaux de cartographie (SIG) qui permettent de fixer les différentes découvertes et de les mettre en liaison immédiate entre elles.
| Normand aîné, Paris moderne, Paris, 1843. Frontispice © Centre André Chastel | ![]() |
Le recensement et l’étude des Guides de Paris (Olga Medvedkova) permettront de préciser l’image donnée par la ville et sa perception depuis l’époque moderne.
Pour ce qui est de la période contemporaine, le cas de Paris permettra de réviser certains mythes de la géographie artistique. Françoise Levaillant fera une place importante aux contrastes et contradictions qui se révèlent sous les mythes tenaces de l’École de Paris.
Le principe de l’analyse reposera sur la révision de certaines séquences historiques comme les années vingt, sur la réévaluation de la place des artistes étrangers à Paris (par exemple, les Espagnols), sur la comparaison des milieux, sur la « tension » entre auteurs du monde littéraire ou philosophique et figures du monde artistique après la Seconde Guerre mondiale.
Révision des années vingt
En ce qui concerne ce premier axe, nous poursuivrons l’étude amorcée avec notre conférence de 2006 à Kyoto : « Années folles et Retour à l’ordre, des lieux communs à réviser ».
Espagnols à Paris, v. 1900-1930
En ce qui concerne le deuxième axe, nous ferons appel aux étudiants boursiers venus travailler au Centre Chastel sur les artistes espagnols à Paris (Cristina Rodriguez Samaniego, Noemi de Haro Garcia, Isaac Ait Moreno, Idoia Murcia) mais aussi à Emmanuel Guigon et Christian Perazzone qui ont longtemps exercé des fonctions muséologiques en Espagne.
Tensions, confrontations, dialogues après 1945
En ce qui concerne ce troisième axe, nous souhaitons prendre appui sur les travaux de Sarah Wilson, professeure au Courtauld Institute et commissaire d’expositions, pour laquelle le Centre Chastel demande un CDD de 6 mois à partir du 1er octobre 2009. Le Dr Sarah Wilson est en effet une des rares historiennes de l’art à envisager les rapports entre le travail philosophique des auteurs français des années 1970 et celui des artistes sur lesquels ils écrivent. Il s’agit d’une forme de confrontation originale qui renouvelle la relation entre la production des sciences sociales dont le creuset est àParis et une certaine production artistique. D’autres chercheurs seraient sollicités, comme Thierry Dufrêne, Marianne Jakobi, Julie Verlaine, sur les questions corollaires de l’édition sur l’art. On voudrait faire ressortir des mises en tension propres au milieu parisien.
Transferts culturels
De l’édition parisienne à l’édition québécoise avant 1940. Ce cas de figure particulier serait traité par Stéphanie Danaux, post-doctorante.
3. Iconologie du paysage
Depuis deux décennies, les études culturelles sur le paysage (cultural landscape studies) ont mis à profit l’idée d’appliquer l’iconographie, méthodologie issue de l’histoire de l’art (Aby Warburg, Erwin Panofsky, etc.), à l’interprétation des différents niveaux de signification du paysage, suivant une proposition formulée initialement dans le domaine de la géographie culturelle (Denis Cosgrove et Stephen Daniels dir., The Iconography of Landscape : Essays on the Symbolic Representation, Design and Use of Past Environments, Cambridge, Cambridge University Press, 1988).
Poursuivant ce dialogue entre les disciplines, l’approche développée par ce thème vise à rendre compte de la construction, de la perception et de la représentation du paysage à partir de perspectives qui, relevant de l’histoire de l’art, bénéficient des renouvellements qu’a connus la notion d’iconologie depuis sa théorisation au cours du XXe siècle comme « herméneutique du visuel ». Trois grands types de questionnements seront ainsi abordés :
Le traitement en cours (par Geneviève Marion et Camille Ridel-Brouillard) d’un fonds photographique réalisé à la fin des années 80 sur le patrimoine des Villes d’art et d’histoire, cédé au Centre Chastel par la direction de l’Architecture et du patrimoine du ministère de la Culture, offrira l’opportunité d’aborder l’incidence de l’architecture sur le paysage urbain, sur un échantillon représentatif à l’échelle nationale.
4. « L’histoire de l’art et ses limites » : questions épistémologiques
La question des limites en Histoire de l’art, d’ordre géographique, chronologique ou thématique, amènera à reprendre de façon critique les données de l’historiographie pour s’interroger sur la pertinence de bien des notions et des catégories, stimulantes sans doute à l’époque de leur invention, mais qui ont pour certaines d’entre elles sclérosé la recherche. Ainsi des visions nationalistes de l’art, de coupures chronologiques arbitraires comme celle qui isole le Moyen Âge des Temps modernes, l’Ancien Régime de l’époque contemporaine, ou d’une vision figée de la création artistique par technique d’expression au mépris de la polyvalence des artistes, phénomène dominant. Ce sont des questions de ce type abordées au sein des équipes qui seront regroupées pour fonder un paysage plus nuancé de l’histoire de l’art du Moyen Âge à nos jours.
Le Centre Chastel s’est efforcé depuis plusieurs années de veiller à l’élargissement de l’histoire de l’art dans une perspective d’histoire culturelle qui intègre des champs longtemps inexplorés comme les arts de l’éphémère ou l’histoire des jardins et des paysages qui y ont maintenant toute leur place.
Transdisciplinarité
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Auxerre, la cathédrale Saint-Étienne dans la ville © Centre André Chastel - Fonds Gaillard |
Par ailleurs la notion de transdisciplinarité n’est pas restée un vain mot. Dans un souci permanent de décloisonnement entre les champs de la recherche engagé depuis plusieurs années, se sont développés des liens étroits avec :
Ouverture géographique
Limites chronologiques
Il est par conséquent nécessaire de revenir sur des frontières chronologiques restées trop longtemps hermétiques.
Mise à jour de janvier 2009