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Ouvrages et revues publiés
par des membres du Centre André Chastel

de 2008 à 2012

Pour voir les publications de 2003 à 2007

 

 

 

 

Revue de l’Art,
n° 175, 2012-1

Une capitale flamboyante.
La création monumentale
à Paris autour de 1500

Revue de l’Art,
n° 174, 2011-4

À la source de l’Antique.
La collection de Sergei Tchoban

 

L’art du jardin, du début
du XXe siècle à nos jours

 

Revue de l’Art,
n° 173, 2011-3

 

Revue de l’Art,
n° 172, 2011-2

Les vitraux d’Auvergne
et du Limousin

Le jardin contemporain

 

Bulletin monumental, t. 169-1
« La cathédrale de Chartres »

Vues des jardins de Marly
Le roi jardinier

Cahiers du Monde russe,
n° 51/1
« Pierre le Grand et
ses images de Rome »

 

Poussin

Revue de l’Art,
n° 171, 2011-1

Le gothique de la Renaissance

 

David d’Angers

François Morellet. Réinstallations

François Morellet

 

Dans l’intimité des frères Caillebotte

 

Futur antérieur

 

Georges-Henri Pingusson

 

Monuments du monde

From Greco to Dalí

Les architectes de La Défense

 

L’art de l’assemblage.
Relectures

 

Dans l’atelier des
Menus Plaisirs du roi

Sant’Agata.
Il reliquiario a busto

 

Une dynastie de peintres verriers
Les Brière à Levallois-Perret

Revue de l’Art,
n° 170, 2010-4

 

Public Buildings
in Early Modern Europe


Le suicide de Gros.
Les peintres de l’Empire
et la génération romantique

 

Fastes de cour. Les enjeux d’un
voyage princier à Blois en 1501

 

Maternités cosmiques.
La recherche des origines,
de Kupka à Kubrick

Disques et sémaphores.
Le langage du signal chez Léger
et ses contemporains

Du Greco à Dali.
Les grands maîtres espagnols
de la collection Pérez Simón

Paris contemporain

 

Jules Hardouin-Mansart

Paris 1950
Un âge d’or de l’immeuble

Revue de l’Art,
n° 169, 2010-3

Le vitrail à Paris au XIXe siècle

 

Les vitraux de la cathédrale d’Angers

 

Revue de l’Art,
n° 168, 2010-2

Les hôtels de la Guerre et des
Affaires étrangères à Versailles

 

Histoire de l’art, n° 65
« Paysages urbains »

Les vitraux de la Renaissance à Chartres

Revue de l’Art,
n° 167, 2010-1

Denis Honegger

Vitrail, verre et archéologie
entre le Ve et le XIIe siècle

Olivier Masmonteil

Jacques Androuet du Cerceau.
Les dessins des plus excellents
bâtiments de France

Jacques Androuet du Cerceau.
« Un des plus grands architectes...
en France »

Petrarca e i suoi luoghi

Les icônes en Russie

Les bibliothèques d’artistes
(XX-XXIe siècles)

Le vitrail.
Techniques d’hier et d’aujourd’hui

L’art espagnol

L’estampe au grand siècle

La tour Jussieu en chantier

Mondrian et De Stijl

L’art moderne et contemporain

Le château-neuf de
Saint-Germain-en-Laye

Comment regarder Renoir

 

Ingres, un homme à part ?

 

Revue de l’Art,
n° 166, 2009-4

 

 

Le commerce du luxe à Paris
aux XVIIe et XVIIIe siècles

Revue de l’Art,
n° 165, 2009-3

Gaspare & Carlo Vigarani

Documents du Minutier central
des notaires de Paris
Art et architecture avant 1515

L’architecture religieuse européenne
au temps des Réformes

Les arts de l’équitation
dans l’Europe de la Renaissance

Alfons Mucha

La peinture française du XIXe siècle :
académisme et modernité

En perpétuelle mémoire
Collégiales castrales et saintes-chapelles...

 

La première restauration
du château de Blois
(Lettres de Duban à La Morandière)

 

Pascal Cribier,
itinéraires d’un jardinier

Kandinsky
Le peintre de l’invisible

 

Du paysage en peinture
dans l’Occident moderne

 

L’architecture exposée

Bibliothèques d’architecture /
Architectural libraries

 

Paris et ses expositions universelles

 

Revue de l’Art,
n° 164, 2009-2

L’architecture des collèges parisiens
au Moyen Âge

Revue de l’Art,
n° 163, 2009-1

Calder
Mouvement et réalité

 

Art is Arp

 

Paris Grand Siècle

Un chantier flamboyant et
son rayonnement : Gisors...

Revue de l’Art,
n° 162, 2008-4

 

Livraisons d’histoire de l’architecture, n° 16
« Grands chantiers et matériaux »

La sculpture de la façade
de la cathédrale de Laon

 

Cruz-Diez

Prouesses du 20e siècle

Les hôtels particuliers de Paris,
du Moyen-Âge à la Belle Époque

Cosmos.
En busca de los orígenes,
de Kupka a Kubrick

Le jardin comme
labyrinthe du monde

La sculpture gothique en France
XIIe-XIIIe siècles

 

Les carnets du paysage, n° 17,
« Des défis climatiques »

Revue de l’Art,
n° 161, 2008-3

Accords chromatiques. Histoires parisiennes des architecture
en couleurs, 1200-2010

Revue de l’Art,
n° 160, 2008-2

Revue de l’Art,
n° 159, 2008-1

Antoine de Pise
L’art du vitrail vers 1400

Le vitrail et les traités
du Moyen Âge à nos jours

 

Essais et mélanges.
Deux siècles de précurseurs

 

Histoires d’art.
Mélanges en l’honneur de Bruno Foucart

La galerie à Paris
(XVIe-XVIIe siècle)

 

 

Revue de l’Art, n° 175 / 2012-1, «Photographies »

Paris, Ophrys, n° 175 / 2012-1
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Michel Poivert, La photographie en France : une affaire d’État ?

Études
Paul Louis Roubert, Baudelaire et la photographie : paradoxes et allégories
Christian Joschke, Portrait de groupe et communauté d’amateurs. Le portrait des Présidents des frères Hofmeister, 1899
Olivier Lugon, « Musées sans murs » et document. La spatialisation de la photographie dans les expositions des années 1950
Thomas Duquesnoy, L’Essai photographique, histoire d’un genre au sein de la presse illustrée du xxe siècle

Notes et Documents
Éléonore Challine, Les utopies du musée de la Photographie en France (1890-1945)
Sophie Orlando, Un grand oublié de la photographie sociale documentaire britannique : Amber Collective
Gaëlle Morel, Gilles Caron, auteur photographe dans les années 1960 ?

Entretien
Anne Cartier-Bresson et Michel Poivert, La photographie et les défis du temps

Bibliographie critique

 

Revue de l’Art, n° 174 / 2011-4, « Costume de cour au XVIe siècle »

Paris, Ophrys, n° 174 / 2011-4
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Isabelle Pareysys, Le costume en France à la Renaissance

Murielle Gaude-Ferragu, Habit réel, habit imaginé. La reine de France en majesté, xive-début du xvie siècle
Monique Chatenet, Anne-Marie Lecoq, Le roi et ses doubles. Usages vestimentaires royaux au xvie siècle
Alexandra Zvereva, « Tout beau, tout esclatant, tout brave, tout superbe ». Le vêtement dans les portraits
Margaret M. McGowan, Costumes pour la danse
Maria Hayward, Quelle influence de la mode française à la cour d’Angleterre au xvie siècle ? “One frenche gowne of blacke clothe of gold”
Isabelle Paresys, De la cour de France aux petits métiers. Figures d’habits sous Henri III
Michèle Bimbenet Privat, Bijoux et costume à la cour de France
Olivier Renaudeau, Porter l’armure en France au xvie siècle
Tiphaine Gaumy, De l’histoire du couvre-chef au xvie siècle

Découverte
Giancarlo Malacarne, Somptueux colifichets pour la reine Catherine

Bibliographie critique

Nécrologies
Michel Laclotte, Luciano Bellosi (1935-2011)
Pierre Rosenberg, Sir Denis Mahon (1911-2011)

 

Une capitale flamboyante.
La création monumentale à Paris autour de 1500

Étienne Hamon
Paris, Picard,  2011, 320 p. Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre et de l’université Paris-Sorbonne, Centre André Chastel
ISBN : 978-2-7084-0909-5 ; EAN : 9782708409095
Prix : 61 €

Les années 1500 constituent pour la création artistique en France un moment privilégié dans un contexte européen d’accélération des échanges et de profondes mutations dans les formes. Longtemps sous-estimé, le rôle de Paris, plus grande ville de l’occident chrétien, méritait d’être rappelé dans ce mouvement qui a touché tous les arts. C’est cependant dans le domaine monumental – architecture civile et religieuse, sculpture, vitrail – que ce dynamisme s’est manifesté de la manière la plus éclatante. De nombreux éléments en témoignent encore dans le paysage urbain actuel et dans les collections d’œuvres d’art, de la rose de la Sainte-Chapelle à la tour Saint-Jacques.

Cette enquête menée à partir des sources historiques et archéologiques largement inédites explore successivement les nouvelles motivations pratiques et symboliques des commanditaires au sortir des crises de la fin du Moyen Âge et les réponses d’une communauté artistique nombreuse, cosmopolite et fortement structurée. Elle met en lumière la cohérence des processus d’élaboration des œuvres et la vitalité d’une pensée flamboyante qui se renouvelle autant par une créativité propre à la tradition gothique que par des apports des renaissances nordique et méridionale.

Étienne Hamon, archiviste paléographe, actuellement professeur d’histoire de l’art médiéval à l’université de Picardie-Jules Verne, est spécialiste d’architecture flamboyante.

 

À la source de l’Antique. La collection de Serguei Tchoban

Basile Baudez et Emmanuelle Brugerolles
Paris, Beaux-Arts Paris les éditions, coll. « Carnets d’études » (20), 2011, 127 p. Catalogue de l’exposition organisée à l’ENSBA - Cabinet Léon Bonna, du 27 octobre 2011 au 21 janvier 2012.
ISBN : 978-2-8405-6355-6
Prix : 18 €

Architecte et dessinateur reconnu, Sergei Tchoban a choisi de présenter dans le cadre prestigieux du cabinet Jean Bonna de l’École nationale supérieure des beaux-arts une partie de sa collection de dessins d’architecture inspirés de l’Antiquité. 

D’origine russe, Sergei Tchoban s’est intéressé très tôt à la période du retour à l’Antique au cours de laquelle Saint-Pétersbourg, sa ville natale, a trouvé sa forme actuelle. Ainsi, il collectionne depuis une dizaine d’années des feuilles réalisées entre le milieu du XVIIIe siècle, moment de la redécouverte de l’Antiquité romaine et grecque, jusqu’au milieu du XIXe siècle qui voit l’apogée du style néo-classique en Europe centrale et orientale. Dans la foulée des expositions du Louvre sur l’Antiquité rêvée ou du musée Cognacq-Jay sur le paysage de Tivoli au XVIIIe siècle, la manifestation de l’ENSBA rend compte de l’engouement des artistes et des architectes pour l’Antiquité, qu’ils transforment et magnifient dans de superbes projets architecturaux.

Ainsi l’exposition d’une partie des dessins de la collection de Sergei Tchoban permet-elle d’illustrer magistralement les rapports complexes et fascinants que les architectes et les artistes issus des Lumières entretiennent avec le patrimoine de l’Antiquité, et cela de Rome à Saint-Pétersbourg.

 

L’art du jardin, du début du XXe siècle à nos jours

Hervé Brunon & Monique Mosser
Contributions d’Anne Cauquelin, Philippe Vacher et Cyrille Javary
Paris, Centre national de la documentation pédagogique, coll. « Baccalauréat arts plastiques », 2011, 80 p. (DVD inclus).
ISBN : 978-2-240-03239-3
ISSN : 1762-8296
Prix : 15,90 €

Encore peu connue du grand public, l’histoire des jardins du début du XXe siècle à nos jours présente une prodigieuse diversité. Des courants contrastés se sont enchaînés jusqu’à la Seconde Guerre mondiale : esthétiques dans la lignée du symbolisme, retours aux traditions historiques des formes régulières, expérimentations du mouvement moderniste. De grandes figures internationales ont contribué à la reconnaissance du métier de paysagiste. Depuis les années 1970, l’aménagement des parcs et des promenades publics a accompagné les mutations urbaines, tandis que le jardin a offert à nombre d’artistes un terrain d’expression personnelle à part entière et que de nouvelles aspirations sociales et écologiques y ont trouvé un laboratoire fertile.
En s’appuyant sur l’analyse de nombreux exemples, l’ouvrage introduit à un domaine de création particulièrement complexe : œuvre ouverte où s’entrecroisent nature et culture, le jardin est une composition d’espace mais aussi de temps, tenant davantage du processus que du résultat, façonnée à l’aide du vivant et tissée dans la matière même du monde.

Historien des jardins et du paysage, Hervé Brunon est chercheur au CNRS et directeur adjoint du Centre André Chastel (Paris). Il a notamment dirigé Le Jardin, notre double. Sagesse et déraison (Autrement, 1999) et Le Jardin comme labyrinthe du monde (Presses de l’Université Paris-Sorbonne/Éditions du Louvre, 2008).
Historienne de l’architecture et des jardins Monique Mosser est ingénieur au CNRS et enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. Elle a notamment co-dirigé Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours (Flammarion, 1991, rééd. 2002).
Ils ont déjà publié ensemble Le Jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux, Paris, Scala, 2006, rééd. 2011).

 

Revue de l’Art, n° 173 / 2011-3

Paris, Ophrys, n° 173 / 2011-3
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Hervé Brunon, L’histoire des jardins en France : anatomie d’une crise

Études
Hervé Brunon, Paysage et histoire de l’art : un geographic turn ?
Anne-Laure Imbert, Le paysage comme fragment de nature, prémisse faussée de l’histoire du paysage. Une discussion à partir du cas siennois
Denis Ribouillault, La villa Montalto et l’idéal rustique de Sixte Quint
Chiara Stefani, Peinture d’histoire et peinture de paysage : un dialogue ininterrompu
Emmanuel Lamouche, L’activité de Bastiano Torrigiani sous le pontificat de Grégoire XIII. « Dalla gran scuola di Guglielmo Della Porta »
Carmen Popescu, La « spécificité » comme remède à la jeunesse des nations. Naissance du discours sur l’art national en Roumanie

Découverte
Caroline Vrand, Une galerie de portraits italiens dans les collections d’Anne de Bretagne en 1499 ?

Note de lecture
Michael Nerlich

Bibliographie critique

Nécrologie
Henri Zerner, Françoise Cachin (8 mai 1936-5 février 2011)

 

Revue de l’Art, n° 172 / 2011-2

Paris, Ophrys, n° 172 / 2011-2, 80 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Editorial
Les « collections permanentes » de la Pinacothèque de Paris

Étude
Daniel Parello, Les vitraux de la cathédrale de Strasbourg au XIVe siècle. Un programme iconographique renouvelé

Notes et Documents
Catherine Monbeig Goguel, Le Portrait de femme en Diane au château d’Anet. Proposition pour Francesco Salviati en France
François Marandet, De Paris à Houghton Hall, le circuit des tableaux du comte de Morville
Florian Knothe, Retour sur l’hôtel d’Aumont. La décoration du cabinet de toilette en 1776
Christina Buley-Uribe, Clémenceau et ses trente-deux dessins de Rodin

Méthodes
Daniel Russo, L’Art dans l’histoire ou l’histoire dans l’art ? L’Église et la mise en images de ses « dissidents », IXe-XIVe siècle

Note de lecture
Yves Pauwels, 2010 : année Du Cerceau

 

Les vitraux d’Auvergne et du Limousin
Corpus Vitrearum - France, série « Recensement des vitraux anciens de la France » IX

Françoise Gatouillat et Michel Hérold, avec la collaboration de Karine Boulanger et de Jean-François Luneau
Rennes, Presses de l’Université de Rennes (PUR), 2011, 328 p. Ouvrage publié sous la direction scientifique du Comité français du Corpus vitrearum, du Centre André Chastel (UMR8150 CNRS) et des Services régionaux de l’Inventaire d’Auvergne et du Limousin
ISBN 978-2-7535-1381-5
Prix : 45 €

La collection du Recensement des vitraux anciens de la France, qui s’inscrit dans la série internationale du Corpus Vitrearum, a été créée en 1978 pour offrir aux spécialistes comme aux amateurs le résultat de l’inventaire des vitraux français antérieurs à la Révolution. Elle présente une analyse iconographique, technique et stylistique de ces vitraux, accompagnée d’un important appareil critique. Les créations des XIXe et XXe siècle rencontrées au fil de l’étude y sont également largement évoquées, voire illustrées.

Les huit premiers volumes parus concernent quatorze des régions de France. Le neuvième est consacré à l’Auvergne et au Limousin, qui possèdent des verrières du XIIe au XVIIIe siècle, la plupart conservées dans une soixantaine de leurs édifices religieux mais aussi dans quelques édifices civils ainsi que dans les musées de leurs départements.

Cet ouvrage présente pour la première fois ce patrimoine dans sa totalité. A l’inverse de ce qui s’observe dans la moitié nord de la France, la production de la Renaissance ne joue pas ici le premier rôle, quoique Magnac-Bourg ou Vic-le-Comte aient conservé leur décor inestimable. Les verrières de l’Auvergne et du Limousin sont presque toutes plus anciennes, comme les chefs-d’œuvre du XIIe et du XIIIe siècle peu connus de Clermont-Ferrand et d’Aubazine. La période privilégiée où la peinture sur verre occupe au sein des arts monumentaux une place magistrale est la fin du Moyen Âge : la diversité des brillants vitraux de Moulins et des Saintes-Chapelles auvergnates, d’Eymoutiers et de Limoges constitue une révélation, qui contribue à mieux évaluer les richesses dispersées dans les petits sanctuaires ruraux.

 

Le jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux

Hervé Brunon et Monique Mosser
Paris, Nouvelles Éditions Scala, collection « Sentiers d’art », 2011, 128 p. Nouvelle édition revue et mise à jour (la première édition de cet ouvrage est parue en 2006)
ISBN : 978-2-35988-037-3
Prix : 14,90 €

L’engouement actuel pour les jardins n’est pas une mode passagère. Ce livre montre comment et pourquoi en France, à l’instar de nombreux pays, le jardin s’est renouvelé à partir des années 1970, à toutes les échelles – depuis de vastes portions de territoire jusqu’à de minuscules parcelles.

L’évolution des modes de vie, marquée par l’avènement des loisirs et les préoccupations pour l’environnement, a stimulé une forte demande. Les commandes publiques pour réhabiliter des sites historiques, reconvertir des friches industrielles ou redonner une vraie qualité aux espaces urbains, ont permis aux paysagistes de s’affirmer. Parfois traité comme un « produit culturel », le jardin continue néanmoins à être l’œuvre intime de personnalités originales et passionnées. Laboratoire d’expériences sociales et écologiques dans des lieux « alternatifs », il sert désormais, à l’âge de la mondialisation, de modèle pour donner forme à des manières responsables d’habiter la planète.

Plus d’une centaine de lieux sont illustrés dans cet ouvrage qui introduit aux multiples tendances récentes à partir d’un choix de jardins exemplaires, aussi bien publics que privés, des plus connus, comme le parc de la Villette et le Jardin planétaire de Gilles Clément, aux créations exceptionnelles de Pascal Cribier.

 

Bulletin monumental, tome 169-1, mars 2011

Numéro thématique « La cathédrale de Chartres. Restaurations récentes et nouvelles recherches », coordonné par Claudine Lautier
Paris, Picard, 2011, 96 p. Revue de la Société française d’archéologie
ISSN 0007-4730

Les Monuments historiques ont, au cours des dernières années, effectué d’importants travaux à la cathédrale de Chartres. À l’intérieur, la restauration des enduits et de la polychromie du chœur, effectuée parallèlement à celle des vitraux, a transformé radicalement notre perception de l’architecture. Les divers acteurs de cette métamorphose en exposent les étapes et les méthodes. L’analyse archéologique du bâti et l’étude du décor héraldique des clefs de voûte a, par ailleurs, conduit à réévaluer la datation des parties hautes du chœur, achevées seulement vers 1260. À l’extérieur, la mise en place d’échafaudages à la façade occidentale et à celle du bras sud du transept, ont rendu accessibles les deux galeries des rois, révélant une statuaire presque inconnue car placée trop loin du regard. Resituées dans la production artistique de la première moitié du XIIIe siècle, ces œuvres prennent toute leur valeur, tant du point de vue de l’iconologie politique que du style.

Sommaire du dossier (p. 3-64)

Restaurations récentes à la cathédrale de Chartres et nouvelles recherches, Claudine Lautier
La restauration du décor polychrome du chœur de la cathédrale de Chartres, Patrice Calvel
Techniques de restauration de la polychromie du chœur de la cathédrale de Chartres, Clément Guinamard
Analyses de la polychromie des clefs de voûte du chœur de la cathédrale de Chartres, Émilie Checroun, Vincent Detalle et Isabelle Pallot-Frossard
Archéologie des parties hautes du chœur de la cathédrale de Chartres, Jérémie Viret
Le décor héraldique des clefs de voûte de la cathédrale de Chartres, Michel Pastoureau
Les deux galeries des rois de la cathédrale de Chartres, Claudine Lautier

 

Vues des jardins de Marly. Le roi jardinier

Gérard Mabille, Louis Benech et Stéphane Castelluccio
Paris, Gourcuff-Gradenigo, mai 2011, 240 p. Réédition après les premières éditions de 1998 et 2001.
ISBN 978-2-35340-107-9
Prix : 29 €

Cet ouvrage est un témoignage unique sur le chef-d’œuvre disparu de Louis XIV.
En 1678, Louis XIV choisit le site de Marly, à quelque six kilomètres de Versailles, pour y installer un nouveau château, le Pavillon royal. Originellement destiné à n’être qu’un ermitage où le souverain entend échapper aux contraintes de l’étiquette, le nouveau domaine est aménagé selon l’insatiable perfectionnisme du roi et dans une constante recherche de beauté idéale. Le caractère exceptionnel et insolite de l’emplacement à Marly permet d’aménager des jardins, des salles de verdure et des bassins, agrémentés de fleurs, de jets et de cascades. Dans une cohérence absolue de l’espace, l’art des jardins bénéficie du concours omniprésent de l’architecture et de la perfection de l’art topiaire. Ainsi, la dernière création de Louis XIV peut-elle être considérée comme la plus parfaite.

Exécutées entre 1695 et 1714, les aquarelles publiées dans cet ouvrage constituent aujourd’hui une documentation précieuse et inédite sur les très nombreuses sculptures auxquelles le jardin servait d’écrin, les fastueuses plantations qui s’y succédèrent et les innombrables fontaines et bassins qui donnaient au visiteur de Marly le sentiment de se trouver soudain au coeur d’un « palais de fées unique en Europe ». Cet ensemble est extrait de quatre albums conservés aux Archives nationales à Paris. Anonymes, ces aquarelles semblent avoir été réalisées par deux artistes. L’absence de leur mention dans les comptes des Bâtiments du roi accrédite la thèse selon laquelle le souverain aurait réglé leur exécution sur sa cassette personnelle. Des textes des plus grands spécialistes de Louis XIV, de Marly et du XVIIe siècle, mais aussi de l’art des jardins, accompagnent ces planches. Ils répondent à l’interrogation que le mystère du lieu a toujours suscité : à qui doit-on cette œuvre majestueuse ? Avec l’appui des témoignages de l’époque et l’examen des Bâtiments du roi, ils permettent d’imaginer les travaux entrepris dans le parc pour lui donner le visage que nous ne lui connaissons plus – sinon par les planches de cet ouvrage.

 

Cahiers du Monde russe, n° 51/1, janvier-mars 2010

Dossier « Pierre le Grand et ses images de Rome », sous la direction d’Olga Medvedkova
Paris, EHESS, 2010 (paru en 2011), p. 65-165.
ISBN 978-2-7132-2306-8
Prix : 17 €

Sommaire du dossier

La référence romaine dans la bibliothèque de Pierre le Grand. Avant-propos par Olga Medvedkova
Les études antiquaires dans la bibliothèque de Pierre le Grand, par Daniel Gallo
Les guides de la Rome antique dans la bibliothèque de Pierre le Grand, par Philippe Sénéchal
Dve knigi o rimskih drevnostjah Bartoli-Bellori i ih perevody na russkij jazyk iz biblioteki Petra Vilikogo, par Irina V. Hmelevskih
De Re Militari dans la bibliothèque de Pierre le Grand, par Émilie d’Orgeix
L’Idea pour Saint-Pétersbourg : Pierre le Grand et Vincenzo Scamozzi

 

Poussin

Alain Mérot
Vanves, Hazan, collection « Monographie », 2011, 332 p. Nouvelle édition revue, corrigée et augmentée du livre, paru pour la première fois en 1990.
ISBN 978-2-7541-0526-2
Prix : 65 €

Autoportrait, 1660. Poussin a cinquante-six ans. Un quart de siècle a passé depuis son arrivée dans la Rome cosmopolite et bouillonnante des années 1620. Il y a bien longtemps qu’il s’est dégagé de l’influence de Raphaël et du Titien. Il a derrière lui, de Germanicus aux premiers Sacrements, une suite ordonnée de chefs-d’œuvre. Voici dix ans, Richelieu l’a appelé à Paris, il a été peintre du roi, mais cela n’a guère duré : « Si je restais beaucoup de temps dans ce pays, il faudrait que je devinsse un bousilleur comme les autres qui sont ici ».

Cet autoportrait est celui d’un artiste glorieux mais solitaire qui va maintenant, par un cheminement très singulier, atteindre au sublime avec les grands paysages panthéistes des années 1660, Orion aveugle, Apollon et Daphné, les Saisons, « symphonie en quatre mouvements où défilent, sur des rythmes et des éclairages changeants, les figures essentielles d’une œuvre désormais accomplie. » Le texte d’Alain Mérot suit la vie et l’œuvre de cet artiste d’une exceptionnelle rigueur, tout à la fois peintre-poète, peintre-philosophe et peintre-savant.

Il se tient à l’écart des querelles d’attribution et de datation pour donner à voir l’essentiel : l’immense culture de Poussin l’autodidacte, sa philosophie, son esthétique, sa morale, sa technique. Il fournit ainsi les clefs de cet art qui jamais ne cherche la séduction même si, comme l’écrivait Poussin lui-même « sa fin est la délectation ». Une liste thématique illustrée offre une reproduction et une notice scientifique pour 242 œuvres conservées ou documentées, permettant de comparer les versions successives d’un même thème et de dégager de grandes constantes.
Vient compléter cet ensemble un petit dictionnaire poussinien où sont caractérisés les personnages ayant joué un rôle dans la carrière de Poussin : ses amis, ses clients, ses collègues, ses ennemis, car il en eut. Un choix de ses lettres et de textes de contemporains, une chronologie, une bibliographie et un index contribuent à faire de l’ouvrage une somme, esthétique et scientifique.

 

Revue de l’Art, n° 171 / 2011-1

Paris, Ophrys, n° 171 / 2011-1, 80 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Vers la fin de l’inaliénabilité des collections publiques françaises ?

Étude
Basile Baudez, Les mathématiques à l’Académie royale d’architecture dans la seconde moitié du XVIIIe siècle

Notes et documents
Isabelle Salvagni, Pour l’histoire de l’Académie de Saint-Luc. Notes pour une révision
Rachel George, Un « modello di legno » à l’Académie de Saint-Luc de Rome. Sur les traces d’un atelier avant 1624
Louis-Antoine Prat, Théodore Chassériau, œuvres réapparues : études, portraits, ambiguïtés
Jean-François Luneau, Le Crystal Palace de John Ruskin
Mathilde Arnoux, L’autoportrait de Dürer au Louvre en 1922

Bibliographie critique

 

Le gothique de la Renaissance

Sous la direction de Monique Chatenet, Krista De Jonge, Matt Kavaler et Norbert Nußbaum
Paris, Picard, collection « De architectura », 2011, 350 p. Actes des 4e rencontres d’architecture européenne, organisées par le Centre André Chastel et l’INHA, à Paris, INHA, 12-16 juin 2007.
ISBN-13 : 978-2708408685
Prix 52 €

Qualifié de « tardif », le gothique du XVIe siècle est souvent considéré comme l’ultime survivance d’un Moyen Âge attardé. Et pourtant, dans de nombreux centres de la culture européenne, ce sont des formules novatrices, riches et raffinées, élaborées par des artistes prestigieux et encouragées par des mécènes éminents qui naissent à la fin du XVe et au début du XVIe siècle. Ce gothique « nouveau », souvent désigné en son temps comme « moderne », devait connaître une fortune considérable en Europe jusqu’en 1550, plusieurs décennies après la première apparition des formes « à l’antique ». De nombreux monuments-clefs appartenant à cet art, comme les façades du transept de la cathédrale de Beauvais, la flèche septentrionale de la cathédrale d’Anvers, la chapelle du condestable à Burgos ou les voûtes spectaculaires de la salle de Wladislaw à Prague, ont été conçus après 1500.

Vingt historiens de l’art venus de l’Europe du nord (Pays-Bas, Allemagne, Bohème) et du pourtour méditerranéen (Espagne, Italie, Dalmatie) se sont efforcés d’éclairer toutes les facettes de cette architecture trop longtemps dénigrée, que les historiens français du XIXe siècle avaient pourtant qualifiée de « flamboyante ».

 

David d’Angers. Les visages du Romantisme

Thierry Laugée et Inès Villela-Petit
Paris, Gourcuff-Gradenigo, 2011, 120 p. Catalogue de l’exposition à la Bibliothèque nationale de France, Département des médailles et des antiques, Paris, 21 novembre 2011-25 mars 2012.
ISBN : 978-2-35340-113-0
Prix : 29 €

Sculpteur et statuaire de renom, Pierre Jean David dit David d’Angers (1788-1856) a illustré avec brio l’esprit de son époque à travers des genres variés : monuments, tombeaux, statues, bustes médaillons et bas-reliefs.
Dans les années 1830, il entreprend de préserver pour la postérité les traits des « grands hommes » de la monarchie de Juillet, politiques, savants, hommes de lettres et artistes, en une galerie de médaillons sculptés. Défile ainsi la société romantique : Chateaubriand, Géricault, Goethe rencontré à Weimar, l’historien Michelet, la famille Hugo, l’anatomiste Cuvier, Honoré de Balzac, le chimiste Chevreul, George Sand... et quelques portraits rétrospectifs, comme le Bonaparte échevelé qui modèle autant qu’il illustre la légende napoléonienne.
Inspiré par la physionomonie et la phrénologie, David d’Angers fait du visage une composition dont chaque détail prétend traduire scientifiquement le caractère, l’âme et la vérité du sujet. En 1844 le sculpteur fait don au cabinet des Médailles de ses originaux en plâtre, « brillants de vie et de génie », et des moules utilisés pour leur confection.

Pour la première fois ils sont exposés au public, en regard de la collection de bronzes de l’illustrateur Achille Devéria ainsi que des estampes et des ouvrages théoriques sur le visage dans lesquels le maître puisait pour matérialiser la grandeur de son modèle.
Accompagnant l’exposition au musée des Médailles et Antiques à la BNF Richelieu du 21 novembre 2011 au 25 mars 2012, l’ouvrage présente la collection tout en évoquant l’art de David d’Angers témoin de son temps, et en mettant en perspective sa théorie du portrait sculpté.

Des annexes abondantes permettent de retrouver l’inventaire exhaustif des portraits sculptés et des informations sur la technique du bronze coulé.

 

François Morellet. Réinstallations

Sous la direction de Serge Lemoine et Alfred Pacquement
Paris, éditions Centre Pompidou, 2011, 285 p. Catalogue de l’exposition, Centre Pompidou, Paris, 2 mars-4 juillet 2011.
EAN13 : 9782844264923
Prix : 39 €

L’exposition Réinstallations met l’accent sur un aspect original et pionnier de l’œuvre de l’artiste, les installations.
Ayant privilégié les formes géométriques et l’utilisation du hasard, Morellet a développé pendant plus de soixante ans une œuvre majeure et très originale au sein de l’abstraction géométrique. Membre fondateur en 1960 du Groupe de recherche d’art visuel (GRAV), Morellet a multiplié les types d’intervention plastique, depuis la peinture sur châssis jusqu’aux projets dans la ville et l’architecture qu’il intitule désintégrations. Les trames, le développement de nombreux systèmes, l’ironie révélée par les titres, l’appel au hasard à l’intérieur de principes préétablis sont au coeur de sa démarche.

En collaboration avec les commissaires de l’exposition, Alfred Pacquement et Serge Lemoine, l’artiste a sélectionné vingt-six œuvres de dimensions variées qui retracent les grands tournants de sa carrière de 1963 à aujourd’hui. De natures très différentes les unes des autres et faites de matériaux divers - tubes de néon, lumières avec projection, pièces de bois, papier sérigraphié, bandes adhésives aux murs, toiles sur châssis, tubes d’aluminium, plaques de métal -, elles sont installées dans l’espace et sur les murs.

« Depuis 48 ans, j’ai souvent pris un plus grand plaisir à imaginer et réaliser ces installations, mises en place éphémères d’éléments légers disposés différemment selon l’architecture de chaque lieu d’exposition, qu’à organiser des rétrospectives classiques [...]. Le titre Réinstallations est tout à fait justifié si l’on admet que la qualité la plus spécifique d’une installation est d’être éphémère : elle se doit de mourir pour éventuellement renaître, modifiée, bien entendu, par le nouvel espace qu’elle occupera. »

 

François Morellet

Serge Lemoine, interview par Laurent Salomé
Paris, Flammarion, 2011, 239 p. Réédition.
EAN : 9782081255531 ; ISBN : 978-2-08-125553-1
Prix : 45 €

François Morellet est né à Cholet en 1926. Son œuvre est fondée, dès l’origine, sur une conception systématique de l’art. Depuis, il est resté fidèle à ses principes, en y introduisant le hasard, la légèreté et beaucoup d’ironie.
Cette monographie retrace l’ensemble de son oeuvre, plus de 200 reproductions sont accompagnées d’un essai de Serge Lemoine et d’un entretien de l’artiste avec Laurent Salomé.

 

Dans l’intimité des frères Caillebotte, peintre et photographe

Sous la direction de Serge Lemoine
Paris, Skira/Flammarion, 2011, 240 p. Catalogue d’exposition, Paris, musée Jacquemart-André, 25 mars-11 juillet 2011, et Québec, musée national des Beaux-Arts du Québec, 6 octobre 2011-8 janvier 2012.
EAN : 9782081257061
Prix : 39 €

À la croisée de la peinture impressionniste et de la photographie, cet ouvrage richement illustré évoque l’univers artistique et intime de Gustave et de Martial Caillebotte, témoins d’une époque de mutation urbaine et technique et d’un nouvel art de vivre à la fin du XIXe siècle. Le catalogue dévoile les affinités qui unissaient les deux frères, en faisant dialoguer pour la première fois une cinquantaine des œuvres de Gustave et plus de cent trente photographies de Martial.

 

Futur antérieur. Art contemporain et rétrocipation

Arnauld Pierre
Paris, M19, collection « 20 / 27 », 2011.
Prix : 12 €

Les œuvres ici rassemblées et commentées ont un point commun : elles prennent en compte le fait que l’avenir rêvé par la modernité est désormais doté d’une profondeur historique qui justifie que l’on parle au passé de ses évocations du futur. Il n’est donc pas illogique qu’elles s’attachent à faire cohabiter différents repères temporels, en montrant de l’intérêt pour d’anciennes images de l’avenir, pour des utopies manquées et des technologies obsolètes. Hybrides temporels, ces œuvres permettent aussi d’élaborer une représentation plus complexe de la modernité, impure, traversée de croyances et de fantasmes, habitée par des émotions archaïques, qui résonnent étrangement avec notre imaginaire actuel.

 

Georges-Henri Pingusson, 1874-1978

Simon Texier
Paris/Gollion, Éditions du Patrimoine-Centre des Monuments nationaux/Infolio, collection « Carnets d’architectes », 2011, 192 p.
EAN : 9782884742481
Prix : 20 €

Auteur de deux chefs-d’œuvre de l’architecture du XXe siècle, l’hôtel Latitude 43 à Saint-Tropez (1932) et le Mémorial des martyrs de la déportation à Paris (1962), Georges-Henri Pingusson est l’un des ténors de la modernité française. Proche de Mallet-Stevens et de Le Corbusier, il a mené un parcours original, s’investissant dans l’architecture religieuse et, en guise de projet pédagogique, la reconstruction du Vialle de Grillon (Vaucluse) dans les années 1970.

 

Monuments du monde, 365 sites d’architecture au jour le jour

Sous la direction de Simon Texier
Paris, Éditions de La Martinière, collection « Au jour le jour », 2011, 504 p.
EAN13 : 9782732445663 ; ISBN : 978-2-7324-4566-3
Prix : 35 €

La porte d’Ishtar, le Panthéon de Rome, le palais des Papes, la Cité interdite, le Taj Mahal, la Sagrada Familia ou le musée Guggenheim... autant de réalisations architecturales et de noms évocateurs d’un style, d’une époque, d’un lieu emblématique et remarquable. Cce livre permet de parcourir le monde et les différents courants architecturaux à travers un panorama de 365 monuments publics ou privés exceptionnels.
Les textes, réalisés par des spécialistes de la discipline, proposent une analyse rigoureuse et une description détaillée de chacun des sites choisis, mis en lumière par une iconographie riche et parfois inédite.

 

From el Greco to Dalí, Great Spanish Masters from the Pérez Simón Collection

Véronique Gérard-Powell
Heule, ed. Snoeck, 2011, 215 p. Catalogue d’exposition, San Diego Museum of Arts, juillet-octobre 2011.
Version anglaise de Du Greco à Dalí. Les grands maîtres espagnols de la collection Pérez Simón, Heule, éd. Snoeck, 2010.
Prix : 30 €

Summary: Accompanying the exhibition, From El Greco to Dalí, this book captures the breadth of this exhibition with 145 color illustrations in 215 pages. This book highlights the work of the Spanish masters in the Pérez Simón collection, one of the greatest collections of art in Latin America.
Véronique Gerard-Powell, Senior Lecturer at the Sorbonne, offers an in depth and original interpretation of this selection of works by some of the greatest masters of the Spanish School, including El Greco, Sorolla, Picasso, Dali, and Miró.
This volume, spanning five hundred years of history, presents an extraordinary artistic array. From the Old Masters to the Avant-Garde, it celebrates the power and appeal of Spanish art.

Voir le résumé français de l’ouvrage.

 

Les architectes de La Défense

Simon Texier
Paris, Editions Carré, 2011, 320 p.
ISBN 978-2-915755-30-5
Prix : 39,90 €

Ce livre est une histoire de l’architecture qui court du milieu du xxe siècle jusqu’aux années 2020. Peu de lieux urbains dans le monde peuvent se prévaloir d’une telle continuité urbanistique sur une période aussi restreinte et dans un périmètre aussi serré. Le projet de La Défense, un quartier d’affaires conçu ex nihilo, est dès sa naissance un projet futuriste, à l’instar de la conception du Concorde ou de la naissance du nucléaire civil.
C’est-à-dire d’abord un projet issu de la volonté politique d’inscrire dans la France de l’après-guerre un centre d’affaires capable de rivaliser avec les grandes places financières. On a finalement peu insisté sur ce point pour mettre en avant une histoire architecturale et technique qui compterait sur les doigts de la main quelques aménageurs visionnaires ayant confié les clés des lieux à autant d’architectes précurseurs.
Or l’histoire est forcément plus complexe et demandera d’être lue sous plusieurs prismes différents. Pour cet ouvrage, nous nous sommes attachés à reconstituer l’une de ces histoires, celle qui a trait à la centaine d’architectes qui ont signé des bâtiments sur le site de La Défense.
Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Avec qui se sont-ils alliés, et pour quel type de programme ? Ce sont autant de questions auxquelles répond ce livre, sachant que, depuis Robert Camelot jusqu’à Thom Mayne, l’histoire des architectes de La Défense ne s’est pas simplement écrite sur le seul registre de l’architecture novatrice, mais qu’il s’est dessiné, une génération d’immeubles après l’autre, ce que l’on peut appeler un « esprit Défense ».

Le livre réunit l’intégralité des immeubles construits sur le site et montrés sous deux aspects différents : en photographie et dans une représentation 3D qui met en évidence pour le lecteur la volumétrie des immeubles. Des annexes biographiques très complètes sont accompagnées de portraits dessinés des architectes les plus importants.

 

L’art de l’assemblage. Relectures

Sous la direction de Stéphanie Jamet-Chavigny et Françoise Levaillant, avec la collaboration de Sandrine Meats. Préface d’Antoinette Le Normand-Romain
Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection « Art & société », 2011, 276 p. Actes du colloque international « Retour sur l’art de l’assemblage » tenu à Paris, Centre André Chastel/INHA, les 28 et 29 mars 2008.
ISBN 978-2-7535-1270-2
Prix : 22 €

En 1961, le musée d’Art moderne de New York présentait une exposition intitulée « The Art of Assemblage », accompagnée d’un ouvrage qui donnait pour la première fois une généalogie de cet « art » depuis une Guitare de Picasso jusqu’aux constructions les plus récentes d’artistes américains et européens, qui combinent plusieurs matériaux ou objets. Avons-nous aujourd’hui le même regard sur ces assemblages ? Constituent-ils dans l’art occidental un nouveau « genre » à côté de la sculpture en particulier ? Ou bien cette unité de langage cacherait-elle des enjeux beaucoup plus complexes, révélant les rapports étroits de « l’assemblagisme » avec la critique sociale, par exemple, ou remettant en question les savoir-faire quotidiens, les « arts de faire » ? Dans quelle mesure la notion de « bricolage », thème largement développé dans l’anthropologie moderne, est-elle pertinente dans une nouvelle approche de l’art de l’assemblage ?
À travers les 15 études réunies dans cet ouvrage, qui couvrent essentiellement les années 1960 à nos jours, en France et aux États-Unis, de nombreux types d’assemblage sont explorés, incluant des situations qu’on n’aurait pas imaginées sous cet angle, comme la cuisine de Daniel Spoerri ou le happening de Carolee Schneemann, les dispositifs de Bruno Peinado ou les installations éphémères de Gabriel Orozco. Un texte inédit en français de Thomas Hirschhorn clôt cet ensemble, préfacé par la spécialiste française de Rodin, Antoinette Le Normand-Romain. Si l’assemblage est confirmé dans ses effets historiques – en tant que transformation majeure de la notion d’art moderne –, on doit compter désormais avec lui pour produire de nouveaux espaces de l’art.

Pour voir la table des matières

 

Dans l’atelier des Menus Plaisirs du roi.
Spectacles, fêtes et cérémonies aux XVIIe et XVIIIe siècles

Jérôme de La Gorce et Pierre Jugie
Paris, Archives nationales et Versailles, Artlys, 2011, 256 p. Catalogue de l’exposition Dans l’atelier des Menus Plaisirs du roi, Paris, Archives nationales, 19 janvier-24 avril 2011
ISBN 978-2-85495-439-5
Prix : 35 €

À présent révélée au public, la collection de dessins et d’estampes des Archives nationales, conservée dès 1752 par les Menus Plaisirs du roi, garde le souvenir des spectacles, des fêtes et des cérémonies organisés en France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Plus de cent feuilles ont été ici choisies, avec une dizaine d’autres, retrouvées à Paris, Versailles, Berlin, Londres, Vienne et Stockholm. Toutes livrent les qualités graphiques et inventives d’artistes réputés : Deruet, Gissey, Berain, Sevin, Meissonnier, les frères Slodtz et les Italiens Torelli, Vigarani, Pizzoli, Algieri et Servandoni. À la cour, les Menus Plaisirs, chargés de réaliser les projets de ces créateurs, invitent à découvrir les décors et les machines dans les salles de spectacle, des carrousels, des feux d’artifice et de féeriques illuminations à Paris et à Versailles, et d’impressionnantes pompes funèbres dans les grands sanctuaires de la monarchie.

 

Sant’Agata, il reliquiario a busto : contributi interdisciplinari

Ufficio per i Beni culturali dell’Arcidiocesi di Catania, ed. Geneviève François, coordinatrice scientifique, Carmelo Signorello, coordinateur de la publication, Elisabetta Cioni, introduction
Gravina, Ed. Arcidiocesi Catania, 2010, 118 p. Textes en italien ou français.
ISBN 978-88-88654-10-2
Prix : 35 €

Sommaire
Introduzione, Elisabetta Cioni, Università degli Studi di Siena
Un capolavoro ai margini. Gli studi sul busto di Sant’Agata tra Otto e Novecento, Michele Tomasi, Università di Losanna
Il reliquario a busto di Sant’Agata nel contesto della produzione artistica avignonese (manoscritti e orificerie), Francesca Pomarici, Università degli Studi di Roma
Giovanni di Bartolo da Siena (Documentato dal  1363 al 1385 ad Avignone e a Roma), Alessia Quercioli, Siena
Le iscrizioni del reliquiario a busto di Sant’Agata, Stefano Riccioni, Scuole Normale Superiore di Pisa
Le buste-reliquaire de sainte Agathe (1376) : le double patronage épiscopal de Martial et d’Elie, Geneviève François, CNRS-Centre André Chastel-Parigi
Gli smalti traslucidi. Nella cultura multicolore di Avignone, Michele Tomasi, Università di Losanna
Agathe de Catane (5 février), itinéraire d’un culte : de son martyre à la distribution de ses reliques, Philippe George, Conservatore del Tesoro della Cattedrale di Liegi
Sainte Agathe de Catane au regard de l’iconographie médiévale, Frédéric Tixier, Università di Nantes
Bibliografia generale, Geneviève François, CNRS-Centre André Chastel-Parigi

Voir le carton de l’éditeur

 

Une dynastie de peintres verriers. Les Brière à Levallois-Perret

Direction de la publication : Blandine Busson ; textes de Véronique David, Laurence de Finance, Michel Hérold et Danielle Minois
Saint-Étienne : IAC Éditions d’art et Nanterre : Conseil général des Hauts-de-Seine - Archives départementales, 2010, 256 p. Cet ouvrage a bénéficié de la collaboration du Centre André Chastel (contributions de deux chercheurs de l’équipe de recherche sur le Vitrail, photographies de Christian Lemzaouda, Céline Gumiel...).
ISBN 978-2-916373-24-9
Prix : 32 €

Installés à Levallois-Perret depuis 1896, les peintres verriers Brière ont, pendant plus d’un siècle, embelli par le vitrail de belles demeures privées et de nombreux édifices publics.
C’est dans cet atelier qu’ont été conçus notamment les coupoles des magasins du Printemps à Paris ou les vitraux de l’église Saint-Maximin de Metz sur des dessins de Jean Cocteau.
Lors de la fermeture de l’atelier à la fin de l’année 2005, la famille Brière confia au département des Hauts-de-Seine ses archives et un exceptionnel ensemble graphique de dessins de vitraux, témoins de la mémoire d’une famille et d’un métier, véritable miroir d’une époque.
Cet ouvrage, résultat d’un remarquable travail de classement, d’inventaire et de recherche, est une invitation à découvrir la beauté et l’étendue de cet art de couleur et de lumière.

 

Revue de l’Art, n° 170 / 2010-4, « Architecture antique à l’époque moderne »

Paris, Ophrys, n° 170 / 2010-4, 112 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Frédérique Lemerle, Yves Pauwels, Daniel Rabreau, L’architecture antique entre Humanisme et Lumières

Études
Yves Pauwels, Philibert De l’Orme et les ruines antiques : l’architecte du roi et le chanoine de Notre-Dame
Pierre Gros, De Palladio à Desgodets : le changement du regard des architectes sur les monuments antiques de Rome
Frédérique Lemerle, D’un Parallèle à l’autre. L’architecture antique : une affaire d’État
Daniel Rabreau, Du « goût à la grecque » sous Louis XV à la perception d’une symbolique gallo-grecque

Notes et Documents
Carmelo Occhipinti, Le temple de la Sibylle à Tivoli du XVIe au XVIIIe siècle
Louis Cellauro, Gilbert Richaud, Mesure et exactitude : le module d’Antoine Desgodets pour ses relevés de monuments antiques
Edoardo Piccoli, L’Antique pour un moderne
Sophie Descat, La ville antique et l’embellissement urbain au XVIIIe siècle : visions prospectives
Dominique Massounie, Les thermes, synthèse de la ville antique, ancienne et moderne

Bibliographie critique

 

Public Buildings in Early Modern Europe

Konrad Ottenheym, Monique Chatenet et Krista De Jonge, eds
Turnhout, Brepols, collection « Architectura moderna. Architectural Exchanges in Europe, 16th-17th Centuries » (9), 2010, XIV+408 p.
ISBN 978-2-503-53354-4
Prix : 94 €

In the early modern European city, public buildings were the main pillars of the political, mercantile and social infrastructure. In a first attempt to create a preliminary overview of current knowledge in various European countries, the IIIe and Ve Rencontres d’Architecture Européenne, held in 2006 and 2008 at Utrecht University, The Netherlands, in cooperation with the Centre André Chastel, Paris, were dedicated to this subject. In these two meetings, architectural historians from all over Europe discussed the results of their research on the development of various types of public building in the various European regions between the late fifteenth and mid-eighteenth century. This publication brings together most of the contributions to these two conferences, subdivided into three categories:

Konrad Ottenheym is professor for Architectural History at Utrecht University. Krista De Jonge is professor for Architectural history at the Catholic University Leuven. Monique Chatenet is senior researcher at the Centre André Chastel/Paris Sorbonne (Paris IV).

 

Le suicide de Gros. Les peintres de l’Empire et la génération romantique

Sébastien Allard et Marie-Claude Chaudonneret
Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2010, 160 p.
ISBN 978-2-35340-090-4
Prix : 29 €

En 1835, le peintre Antoine-Jean Gros se suicide en se jetant dans la Seine, peu de temps après le Salon, où il avait présenté Hercule et Diomède. Les critiques virulentes à l’encontre de ce tableau ont longtemps été considérées comme la cause de sa mort. L’ouvrage réexamine les pièces de ce dossier et, particulièrement, la manière dont cette mort « honteuse » a été rapportée, transformée, voire maquillée. Ce suicide sera ainsi revu à l’aune de la façon plus positive dont les contemporains et la postérité ont interprété les morts successives de Géricault, Girodet ou Léopold Robert. C’est toute la question de l’artiste moderne qui est posé par ce débat. Cet épisode met en lumière les difficultés éprouvées par les grands peintres de l’Empire, la plupart élèves de David, à gérer les mutations de la société après 1815, notamment la liberté accordée aux artistes recevant des commandes de l’Etat et la confrontation directe avec l’opinion publique, par l’intermédiaire du Salon. Gros, Gérard, Girodet et Guérin adoptèrent des stratégies diverses et propres pour assurer le maintien de leur notoriété, voire de leur pouvoir, en particulier face à une génération nouvelle pressée d’arriver. L’ouvrage montre comment la rencontre de ces deux générations s’est cristallisée autour de la finalité et de la survie de la peinture d’histoire, dans une société moderne. A la faveur d’une liberté nouvelle dans le système des beaux-arts, dans un pays en paix et de nouveau prospère, où les media ont acquis une importance sans précédent, les artistes et les critiques reprirent en les réactualisant des débats initiés dans les années 1790 et en partie occultés par la constitution d’une épopée napoléonienne, traduite en images par David et ses meilleurs élèves. Alors que d’autres, plus politiques, surent composer avec les changements, faut-il voir dans le suicide de Gros l’impossibilité à assumer les contradictions de cette société nouvelle ?

--> Cet ouvrage a reçu en 2011 le Grand Prix de l’Essai de l’Académie française.

Sébastien Allard est conservateur au département des peintures au musée du Louvre, chargé des peintures françaises du XIXe siècle.
Marie-Claude Chaudonneret est chercheur au CNRS, spécialiste du XIXe siècle.

Voir le bon de souscription

 

Fastes de cour. Les enjeux d’un voyage princier à Blois en 1501

Monique Chatenet et Pierre-Gilles Girault. Préface de Colette Beaune
Rennes, Presses universitaires de Rennes, collection « Histoire », 2010, 176 p. et 32 pl. coul.
ISBN 978-2-7535-1232-0
Prix : 20 €

1501. L’archiduc d’Autriche Philippe le Beau, comte de Flandre, fils de l’empereur Maximilien, et son épouse Jeanne de Castille, héritière des Rois catholiques, quittent Bruxelles pour se rendre en Espagne. Leur parcours à travers les Pays-Bas du Sud et le royaume de France est l’occasion de nombreuses entrées solennelles dans les villes qui les accueillent, notamment à Paris. Les archiducs sont reçus fastueusement par Louis XII et Anne de Bretagne au château royal de Blois où se succèdent réjouissances et tractations diplomatiques en vue des fiançailles de Claude de France avec le futur Charles Quint.
Plusieurs récits du voyage et de la rencontre des souverains à Blois fournissent un précieux instantané de la vie à la cour de France autour de 1500, ainsi qu’un véritable who’s who de ses protagonistes. Réunissant les principales relations de cet événement, Monique Chatenet et Pierre-Gilles Girault découvrent les péripéties du voyage, analysent le cérémonial et le protocole, étudient les enjeux diplomatiques. Grâce à une mystérieuse narratrice proche de l’archiduchesse, ils mettent en lumière le rôle des femmes à la cour, la rivalité des princesses, et décryptent son témoignage unique sur l’architecture intérieure, l’ameublement et la décoration des appartements royaux du château de Blois.
Alors que Charles Quint n’est encore qu’un enfant, la France apparaît déjà au cœur des relations internationales entre Empire germanique et Espagne et la ville natale de Louis XII fait figure pour un temps de capitale européenne.
Dans une approche pluridisciplinaire originale, l’ouvrage conjugue histoire politique, sociale, artistique et littéraire.

Pour voir la notice (présentation et sommaire) et le bon de commande

 

Maternités cosmiques. La recherche des origines, de Kupka à Kubrick

Arnauld Pierre
Paris, Hazan, collection « Essais », 2010, 157 p.
Code EAN : 9782754104555
Prix : 25 €

Vers 1900, Frantisek Kupka donne une des images les plus mystérieuses du courant symboliste international, Le Commencement de la vie. En 1968, le cinéaste Stanley Kubrick réalise l’un de ses chefs-d’œuvre, 2001, A Space Odissey. À des années de distance, c’est la même vision enchanteresse de « l’enfant des étoiles », un fœtus flottant et irradiant dans la nuit cosmique. Par quel réseau de significations obscures ces deux images sont-elles liées ? En répondant à cette question, l’essai d’Arnauld Pierre fait émerger les contours d’un mythe de notre temps, situé à la croisée des théories de l’évolution et de l’astronomie moderne : le mythe de la « maternité cosmique ». L’« embryon d’or » kupkien et « l’enfant des étoiles » kubrickien n’en sont jamais que les représentations les plus évocatrices. Elles voisinent avec celles d’autres artistes, du romantique Philipp Otto Runge au futuriste Enrico Prampolini, de Casimir Malevitch à Barnett Newman, et font place à des images issues de la culture scientifique comme de l’imagerie populaire, de la gravure du XIXe siècle au cinéma commercial. Cette iconographie cosmique est replacée dans la grande tradition des récits de renaissance, les palingénésies, qui inscrivent l’origine et le destin de l’humanité dans celui de l’univers tout entier. Loin de borner l’homme à son état de développement actuel, ils le projettent vers de nouveaux stades de l’évolution, vers l’accomplissement de l’« être compréhensif » capable de résoudre l’énigme du monde.

 

Disques et sémaphores. Le langage du signal chez Léger et ses contemporains

Sous la direction d’Arnauld Pierre
Biot/Paris, Musée national Fernand Léger/Réunion des musées nationaux, collection « Arts du 20e », 2010, 152 p. Catalogue publié à l’occasion de l’exposition « Disques et sémaphores. Le langage du signal chez Léger et ses contemporains » présentée au musée national Fernand Léger, Biot, du 20 juin au 11 octobre 2010.
ISBN 2711857093
Prix : 45 €

Le développement des outils de communication liés à la transformation du paysage urbain intéresse passionnément Fernand Léger, en quête d’une peinture concordante avec le « nouvel état visuel » du monde moderne. Signaux, lettres, pictogrammes, enseignes, affiches se retrouvent dans ses œuvres sous forme de motifs plastiques, parfois schématisés jusqu’à l’abstraction.
Mais disques et sémaphores ne se contentent pas de suggérer à Léger de nouveaux sujets à peindre. Ils lui inspirent une langue visuelle universelle par laquelle s’exprime une large part de sa peinture dans son moment le plus délibérément moderniste. L’art de Léger, dans les années 1920, rejoint l’abstraction des formes de la signalétique au point que tout tableau devient une sorte de signal qui fonde son efficacité sur celle des techniques de la communication de son temps.
Parallèlement, de semblables tendances se font jour chez certains de ses contemporains : puristes, progressistes, constructivistes. Ce catalogue en témoigne grâce à des études qui portent aussi bien sur la typographie que sur l’invention de la pictographie, la signalisation routière, l’Exposition de 1937 et la conception de l’architecture comme signal.

 

Du Greco à Dalí. Les grands maîtres espagnols de la collection Pérez Simón

Véronique Gerard-Powell. Préface de Jean-Pierre Babelon
Heule, éditions Snoeck, 2010, 208 p. Catalogue de l’exposition présentée au musée Jacquemart-André, Paris, du 12 mars au 1er août 2010, et au musée national des Beaux-Arts du Québec, du 7 octobre 2010 au 9 janvier 2011
ISBN 978-90-53-49-7760
Prix : 39 €

Le musée Jacquemart-André met à l’honneur l’Espagne à l’occasion de l’exposition « Du Greco à Dali : les grands maîtres espagnols de la collection Pérez Simón ». Cette collection exceptionnelle offre un éventail remarquable des grands noms de la peinture espagnole du XVIe au XXe siècle : Greco, de Ribera, Murillo, Goya, Sorolla, Picasso, Miro, Dali. Le catalogue met en valeur les différents visages de l’art espagnol à travers les siècles : le ténébrisme de l’art sacré du XVIIe siècle, les portraits de cour, les scènes de la vie quotidienne au XIXe siècle, les bords de mer illuminés de soleil sous le pinceau de Sorolla, mais aussi la représentation de la femme au début du XXe siècle et les grands maîtres modernes à travers les dessins et les peintures de Picasso, Miro, Gris ou Dali. C’est un passionnant voyage esthétique et artistique. La confrontation de ces œuvres au sein d’un même parcours permet de saisir les continuités et les ruptures qui ont marqué l’évolution de l’art espagnol.
Avec les œuvres du Greco, de José de Ribera et de Bartolomé Estéban Murillo, le lecteur plonge au cœur des différents visages de l’art de la réforme catholique. Les artistes, souvent influencés par la pensée mystique, traduisent un monde aspirant à la gloire céleste par de saisissants effets de clair-obscur. Puis le ténébrisme fait place aux peintures lumineuses de Bartolomé Estéban Murillo, maître du baroque espagnol, qui a laissé à Séville de nombreux disciples.
À cet art religieux répond un art profane dominé par les grands portraits de cour et la finesse d’un Goya. Grands collectionneurs férus d’art italien et flamand, les monarques espagnols ont néanmoins confié à des peintres espagnols la réalisation de leurs portraits. De Sanchez Coello à Goya, les artistes mêlent intimement l’image du pouvoir à celle de la réalité.

 

Paris contemporain : de Haussmann à nos jours, une capitale à l’ère des métropoles

Simon Texier
Paris, Parigramme, 2010, 2e édition mise à jour, 240 p.
ISBN 9782840966821
Prix : 39 €

Quel avenir s’offrait à Paris au sortir du XIXe siècle ? Ses limites semblaient durablement établies par l’enceinte de Thiers – elles resteront d’ailleurs quasiment inchangées après la destruction de l’ouvrage militaire – tandis que sa texture, de la forme des avenues au style des immeubles, portait la marque indélébile du préfet Haussmann. C’est à cet héritage fondateur et étouffant qu’ont été confrontés les architectes et les urbanistes du XXe siècle.

Combien de projets, de manifestes, d’architectures de papier a-t-on échafaudés pour inventer une postérité à la capitale haussmannienne ? Du rejet de l’urbanisme d’alignement à l’urbanisme d’îlot puis d’ensemble, ce sont les fondements mêmes de la fabrication de la ville qui ont été remis en cause. Aucune de ces ruptures ne saura toutefois imposer son ordre dans le Paris contemporain, mais la succession des tentatives introduira des irrégularités assez marquantes pour être fondatrices d’un nouveau paysage. La transfiguration de la capitale n’en est pas toutefois à son terme. À ses portes, d’autres horizons se profilent : celui de l’archipel métropolitain du Grand Paris et d’un urbanisme durable.

Cet ouvrage est une nouvelle édition, revue et enrichie de sujets sur le quartier Paris Rive Gauche, les nouveaux chantiers du XXIe siècle et des projets pour le Grand Paris, actuellement en discussion.

 

Jules Hardouin-Mansart, 1646-1708

Sous la direction d’Alexandre Gady
Paris, Éditions de la maison des Sciences de l’homme, coll. « Monographie » (Centre allemand d’histoire de l’art), 2010, 610 p. Ouvrage publié avec le concours du Centre André Chastel.
ISBN 978-2-7351-1187-9
Prix : 96 €

Le dôme des Invalides, la galerie des Glaces et la chapelle royale de Versailles, la place Vendôme… Qui ne connaît ces chefs-d’œuvre de l’architecture française du XVIIe siècle ? Célèbres dans le monde entier, ces ensembles qui chantent la gloire de Louis XIV ont un auteur commun : Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), petit-neveu du célèbre François Mansart. Son nom a survécu dans la mémoire collective, aux côtés de ceux de Le Brun, Le Nôtre, Molière, Racine ou Bossuet, parce qu’il symbolise avec eux le « Grand Siècle », ce moment de l’histoire nationale où le Roi-Soleil a fait des arts, et particulièrement de l’architecture, un instrument de pouvoir et de prestige d’un éclat incomparable.

Paradoxalement, l’œuvre immense d’Hardouin-Mansart, sa renommée comme sa réussite sociale exceptionnelle pour son temps ont fini par jouer en sa défaveur : n’a-t-il pas trop bâti pour être honnête ? Y a-t-il un génie sous la perruque ou n’est-ce pas plutôt un courtisan habile, exploitant les talents de ceux qui l’entouraient ? La question fut posée de son vivant. Pis : sa prolixité et son influence sur ses contemporains comme sur l’art d’une partie du XVIIIe siècle devaient brouiller la lecture de son œuvre et de son style, confondus avec toute une époque baptisée classique par une commodité trompeuse.
Trop imposant pour être oublié, mais trop célèbre pour être vraiment étudié, Jules Hardouin-Mansart revient enfin à la lumière et quitte ses habits d’« illustre inconnu ». Le tricentenaire de la mort de l’architecte favori de Louis XIV, en 2008, inscrit parmi les célébrations nationales, a en effet été l’occasion de revenir sur cette figure majeure ; en témoignent, entre autres, le colloque international tenu à Paris et Versailles en décembre 2008 et l’exposition « Bâtir pour le roi » du musée Carnavalet (printemps 2009), qui donnait à voir la puissance créatrice d’un grand artiste au service d’un grand prince.

L’évidence solaire du génie de Jules Hardouin-Mansart appelait une grande étude, conjuguant les regards croisés des meilleurs spécialistes et une illustration aussi belle que l’œuvre elle-même. Composée d’une série d’essais sur l’homme et sur son art, suivie d’un imposant catalogue de l’œuvre bâti, où apparaissent, à côté de nombreuses mises au point, plusieurs édifices inédits, cette monographie collective dirigée par Alexandre Gady, professeur d’histoire de l’art moderne (actuellement université de Nantes), réunit une cinquantaine d’auteurs français, allemands et anglais. Richement illustré de nombreux documents et de magnifiques photographies spécialement commandées à Georges Fessy, ce volume constitue une somme indispensable sur l’un des plus grands architectes français.

 

Paris 1950. Un âge d’or de l’immeuble

Simon Texier
Paris, Éditions du Pavillon de l’Arsenal, collection « 15 x 21 », 2010, 247 p.
ISBN 978-2-35487-013-3
Prix : 27 €

L’ouvrage Paris 1950 : un âge d’or de l’immeuble dévoile pour la première fois l’extraordinaire production des années 50, qui avec de 2 500 immeubles de logements construits à Paris en 10 ans, ont largement contribué à moderniser et dessiner le Paris d’aujourd’hui. Au fil des pages, le lecteur est invité à découvrir l’immeuble des années 50 à travers quarante-quatre notions illustrées par de nombreux documents originaux, et développées sous la forme d’un abécédaire – une méthode qui permet d’examiner les principales caractéristiques de l’immeuble, tout en faisant ressortir les conditions de sa production et en valorisant ses acteurs, architectes ou maîtres d’ouvrage. Un repérage de 300 bâtiments remarquables pour leur qualité architecturale ou leurs spécificités complètent ce corpus. Ce livre s’appuie sur de nombreuses recherches documentaires et en particulier sur un relevé systématique des permis de construire, ainsi que de nombreuses enquêtes de terrain indispensables pour cette décennie méconnue et à certains égards peu documentée. Paris 1950 : un âge d’or de l’immeuble revient ainsi sur ces architectures inventives conçues par des maîtres d’ouvrage et des architectes qui n’ont cessé d’explorer et mettre en pratique les préceptes de l’immeuble contemporain.

 

Revue de l’Art, n° 169 / 2010-3

Paris, Ophrys, n° 169 / 2010-3, 88 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Alain Mérot, Un centre de recherche pour Versailles

Études
Alexandre Cojannot, À l’origine de l’architecture de marbre sous Louis XIV. Les projets de Louis Le Vau pour le collège Mazarin, le Louvre et Versailles (1662-1663)
June Hargrove, Les Contes barbares de Paul Gauguin

Notes et Documents
Monique Chatenet, Henri III au Louvre. Distribution et mobilier au logis du roi en 1585
Bertrand Jestaz, Le cabinet des antiques Farnèse
Yves Pauwels, Athènes, Rome, Paris : la tribune et l’ordre de la Salle des Caryatides au Louvre

Découverte
Guillaume Kientz, Le Christ en croix de l’église d’Oradour, une toile inédite de Juan Rodrìguez Juàrez

Bibliographie critique

Nécrologie
Michel Laclotte, Sylvie Béguin (1919-2010)

 

Le vitrail à Paris au XIXe siècle : entretenir, conserver, restaurer

Élisabeth Pillet ; directeur de la publication, Michel Hérold ; préface de Brigitte Kurmann-Schwarz
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, 346 p. Coll. Corpus Vitrearum – France, série « Études », vol. IX. Ouvrage publié avec la contribution du ministère de la Culture et de la Communication, du Centre André Chastel, de l’université Paris-Sorbonne et de son école doctorale d’histoire de l’art et d’archéologie, de l’EPHE, de l’Institut d’histoire de Paris, de la Compagnie de Saint-Gobain et de M. et Mme Bernard Fleuriot
ISBN 978-2-7535-0945-0
Prix : 44 €
L’œuvre représentée sur la couverture de l’ouvrage est une copie par Gaspard Gsell de la tête de l’un des bourreaux de la baie 108 de Saint-Gervais, XIXe siècle (coll. part.).

C’est au cours du XIXe siècle que les verrières de la capitale, mutilées à l’époque classique puis pendant la tourmente révolutionnaire, acquirent un statut d’œuvres d’art qu’il convenait de protéger. L’ouvrage propose d’explorer cette période où s’est jouée la survie d’un patrimoine exceptionnel. Son premier objectif est d’apporter une contribution à l’histoire des vitraux anciens de Paris en documentant les restaurations du XIXe siècle, tout en analysant le rôle des institutions et des hommes qui en eurent la responsabilité et en examinant les doctrines qui ont guidé les prises de décision.
L’étude met en valeur le rôle prépondérant d’un artiste, Prosper Lafaye, peintre de formation qui, de 1845 à la fin du siècle, eut le quasi-monopole des travaux de restauration des vitraux de la capitale sous l’autorité de l’architecte Victor Baltard. Il eut cependant quelques concurrents : l’atelier Gsell-Laurent, Joseph Félon et Édouard Didron.
L’ouvrage suscitera l’intérêt des historiens de l’art du Moyen Âge et de la Renaissance mais aussi de ceux de la période moderne et contemporaine : les premiers y trouveront une critique philologique de l’authenticité des verrières parisiennes, les seconds y suivront l’évolution des politiques de conservation du patrimoine religieux, à travers l’étude du rôle respectif des peintres-verriers, des experts, des maîtres d’œuvre et des maîtres d’ouvrage, et, en particulier, parmi ces derniers, celui de la Ville de Paris.

Élisabeth Pillet est docteur de l’École pratique des Hautes Études, actuellement conservateur du Patrimoine à la Ville de Paris et chargée de cours à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée.

 

Les vitraux de la cathédrale d’Angers

Karine Boulanger ; préface de Claudine Lautier
Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), 2010, 550 p. Coll. Corpus Vitrearum – France, vol. III.
ISBN 978-2-7355-0722-1
Prix : 96 €

La première cathédrale d’Angers était dédiée à la Vierge jusqu’à ce que saint Martin à la fin du IVe siècle offre au clergé une fiole contenant le sang de saint Maurice, qui devient alors le titulaire de l’église. Les reliques des saints, dont le trésor s’est considérablement accru au cours du Moyen Âge, tiennent d’ailleurs une grande place dans l’iconographie du décor vitré de la cathédrale, depuis les fenêtres les plus anciennes jusqu’au XVe siècle. Entrer dans la cathédrale Saint-Maurice d’Angers, c’est pénétrer un édifice qui a connu de nombreuses vicissitudes, depuis les incendies qui ont jalonné son histoire ancienne jusqu’aux dégâts causés par la Seconde Guerre mondiale. Pourtant, c’est l’ampleur et l’unité architecturales qui caractérisent cet exemple majeur de ce que l’on appelle le gothique angevin. Les vitraux ont également subi bien des bouleversements, mais ils n’ont pas eu à souffrir de destructions massives, à l’inverse de bien d’autres verrières de nos cathédrales. Le visiteur ressent à Angers la volonté des constructeurs et des maîtres verriers de maintenir une unité à la fois formelle et programmatique.
C’est un parcours à travers le dédale de cette histoire que l’auteur propose ici en plongeant son lecteur dans les archives et en donnant vie à des artistes et artisans talentueux. L’on rencontre ainsi les maîtres anonymes des XIIe et XIIIe siècles, André Robin au XVe siècle, à qui l’on doit les fabuleuses roses du transept, mais aussi les restaurateurs de toutes époques, dont le soin a permis de préserver les œuvres. Cette vitrerie, méconnue jusqu’à aujourd’hui, se révèle à nous comme l’un des ensembles majeurs de la peinture sur verre en France.

 

Revue de l’Art, n° 168 / 2010-2

Paris, Ophrys, n° 168 / 2010-2, 79 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Un nouveau musée pour l’Histoire de France ?

Notes et Documents
Christoph Brachmann, Tendances historicistes dans l’œuvre de Pierre Perrat. La cohérence comme principe
Florian Meunier, Le portail de Caudebec-en-Caux et la sculpture en Normandie à la fin de la guerre de Cent Ans
Jean-Marie Guillouët, Le portail de Santa Maria da Vitória de Bataha au Portugal
Philippe Costamagna, Carlo Falciani, Le Christ en Croix d’Agnolo Bronzino peint pour Bartolomeo Panciatichi
Antonella Fenech Kroke, Un théâtre pour La Talanta  : Giorgio Vasari, Pietro Aretino et l’apparato de 1542

Bibliographie critique

 

Les hôtels de la Guerre et des Affaires étrangères à Versailles

Sous la direction de Basile Baudez, Élisabeth Maisonnier et Emmanuel Pénicaut
Paris, Éditions Nicolas Chaudun, Ministère des Affaires étrangères et Ministère de la Défense, 2010, 240 p.
ISBN 978-2-35039-091-8
Prix : 39 €

Édifiés entre 1759 et 1763 par la volonté de Louis XV, admirés de toute l’Europe au XVIIIe siècle, les hôtels jumeaux de la Guerre et des Affaires étrangères à Versailles furent les premiers immeubles français conçus pour les besoins spécifiques d’une administration. Après avoir abrité jusqu’à la Révolution les ministères de la Guerre, de la Marine et des Affaires étrangères, ils sont aujourd’hui occupés, l’un par le Service d’infrastructure de la Défense et l’autre par la Bibliothèque municipale de Versailles, dont les collections de manuscrits et d’imprimés sont parmi les plus riches de France.
Traitant à la fois d’architecture, d’histoire et de bibliophilie, le présent ouvrage décrit les murs et les occupants de ces deux hôtels, où furent écrites quelques‐unes des belles pages d’histoire militaire, diplomatique et culturelle de la France. Sa réalisation est le fruit d’une équipe d’auteurs réunie sous la direction commune de Basile Baudez, maître de conférences à l’université Paris‐Sorbonne, Élisabeth Maisonnier, conservateur des bibliothèques à la bibliothèque de Versailles, et Emmanuel Pénicaut, conservateur du patrimoine au Service historique de la Défense.

Pour voir le dossier illustré

 

Histoire de l’art, n° 65 / octobre 2009, « Paysages urbains »

Numéro coordonné par Simon Texier et Dany Sandron
Paris, Somogy, n° 65, octobre 2009 (paru en 2010), 189 p.
ISBN 978-2-7572-0309-5
Prix : 30 €

Sommaire

Éditorial

Perspectives
Manuel Royo, Une nouveauté du XXe siècle ? Maquettes de Rome et perception « paysagère » de l’Histoire
Dorothée Chaoui-Derieux, Archéologie et études urbaines : un point de vue
Simon Texier, Regarder Abu Dhabi : l’histoire de l’art face à la ville contemporaine

Études
André Walther, Le cirque Flaminius dans la Rome des IIIe et IIe siècles av. J.-C.
Cécile Dufau, L’empreinte du pouvoir politique dans le paysage urbain : Sauveterre-de-Béarn au Moyen Âge
Alexandre Cantin, Les Ports de France (1753-1763) de Joseph Vernet : un regard au service du roi
Roland Courtot, Turner à Marseille en 1828 : géographie d’un regard
Céline Frémaux, Ismaïlia : l’invention d’un paysage urbain au cœur de l’isthme de Suez (Égypte)
Stéphanie Guilmeau, Une lecture nouvelle du patrimoine parisien : le casier archéologique et artistique (1916)
Claire Garcia, Sculpteurs et architectes dans le projet de la voie triomphale à Paris (1931)
Julie Gimbal, Le gratte-ciel à Paris au début des années 1930 : discours et représentations
Ève Roy, Conceptions de l’espace urbain dans les projets des années 1960-1970

Varia
Aziza Gril-Mariotte, Indiennes, toiles peintes et toiles de Jouy, de nouvelles étoffes d’ameublement au XVIIIe siècle
Michela Passini, Étienne Moreau-Nélaton (1859-1927), historien de l’art

Tribune
Jean-Miguel Pire, Vers l’intégration de l’histoire de l’art dans la scolarité : la fin d’une exception française

 

Les vitraux de la Renaissance à Chartres

Françoise Gatouillat et Guy-Michel Leproux
Chartres, Centre International du Vitrail, 2010, 198 p., 170 ill.
ISBN 978-2-84080-194-8
Prix : 38 €

L’illustre ensemble des vitraux du Moyen Âge de la cathédrale de Chartres fait oublier que la ville conserve aussi un grand nombre de verrières de la Renaissance. Bien que le nom d’une cinquantaine de peintres verriers soient connus pour cette période, leurs œuvres, il est vrai fort malmenées autour de 1800, ont peu retenu l’attention. L’ouvrage présente l’étude méthodique des vitraux en place dans l’église Saint-Aignan et celle des panneaux de diverses provenances longtemps utilisés dans l’église Saint-Pierre, désormais exposés au Cellier de Loëns. L’analyse de cette production, comprise entre la fin du XVe siècle et le début du XVIIe siècle, a notamment permis de documenter l’intervention du peintre Jean Cousin comme cartonnier de plusieurs verrières d’exceptionnelle qualité réalisées localement dans les années 1540.

 

Revue de l’Art, n° 167 / 2010-1

Paris, Ophrys, n° 167 / 2010-1, 87 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement particuliers France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Michel Hérold, Le vitrail : un art en soi ?

Études
Cyril Gerbron, Le Verbe, voilé/dévoilé. La Vision d’Ezéchiel et l’Annonciation de l’Armadio degli argenti

Notes et Documents
Claude-France Hollard, Nicolas Dipre cartographe : histoire d’une œuvre
Bernard Bergbauer, Moderno et les peintres. Autour des dérivés anversois d’une plaquette italienne
David King, Le vitrail anglais et la réforme. Destruction, préservation et continuité à Norwich
Zsuzsanna van Ruyven-Zeman, Le vitrail hollandais et la Réforme
Brigitte Kurmann-Schwarz, Le vitrail en Suisse au temps de la Réforme. Destructions, conservation et nouvel essor

Découverte
Caroline Blondeau, Un pseudo-portrait du roi Charles VII par Guillaume Barbe

Bibliographie critique

 

Denis Honegger

Simon Texier et Sébastien Radouan
Paris/Gollion, Éditions du patrimoine/Infolio, coll. « Carnets d’architectes » dirigée par Paolo Amaldi et Simon Texier, 2010,184 p.
ISBN 978-2-88474-159-0
Prix : 20 €

Denis Honegger est l’un des plus grands architectes suisses du XXe siècle. Après un bref passage dans l’atelier de Le Corbusier, ce disciple d’Auguste Perret développera pendant trente ans, avec un degré de sophistication inégalé, la doctrine du « classicisme structurel » : c’est dans cet esprit qu’il conçoit l’université de la Miséricorde et l’église du Christ-Roi à Fribourg, ainsi que l’institut de physique de Genève. En France, où il fait l’essentiel de sa carrière après 1945, il est l’auteur de plusieurs ensembles de logements dans lesquels il parvient à concilier industrialisation, langage classique et composition urbaine. La rénovation du quartier de l’église de Pantin, son opération la plus importante, a reçu le label « Patrimoine XXe » en décembre 2008.

 

Vitrail, verre et archéologie entre le Ve et le XIIe siècle

Textes réunis et édités par Sylvie Balcon-Berry, Françoise Perrot et Christian Sapin
Paris, éditions du CTHS, collection « Archéologie et histoire de l’art », 2010, 288 p.
ISBN : 978-2-7355-0696-5
Prix : 55 €

Depuis longtemps, les fouilles archéologiques ont fait apparaître des fragments de verre en très grand nombre. L’intérêt des archéologues, orienté dans un premier temps vers les verres creux, se tourne de plus en plus vers les fragments de verre plat. Ceci conduit à poser de nouvelles questions sur les diverses utilisations du verre dans l’architecture, tant civile que religieuse, en particulier pour ce qui touche à la fermeture des baies ou au décor intérieur. Cette publication fait un point sur l’avancement des recherches dans ce domaine à partir d’une table ronde organisée par le Centre d’études médiévales d’Auxerre. Celle-ci a permis de réunir et de confronter les données récentes, issues des découvertes archéologiques en contextes stratigraphiques et des fonds de musées, sur les débuts du vitrail en France et, pour quelques exemples, à l’étranger. Outre une mise en perspective de la présence abondante du verre, un inventaire précis à partir d’un protocole défini, ou encore des analyses physico-chimiques sur les compositions, ont été mis en évidence les arguments pour leurs datations qui s’étalent entre le ve et le XIIe siècle.

 

Olivier Masmonteil

Emmanuel Lurin
Neuchâtel, Ides et Calendes, 2009, 95 p.
Prix : 21 €
ISBN 9782825802380

L’œuvre d’Olivier Masmonteil s’offre aujourd’hui à nous comme une énigme. Comment un artiste contemporain peut-il encore se consacrer à la peinture de paysage ? Comment peut-il revendiquer dans son travail une filiation constante avec les maîtres de la peinture, sans verser pour autant dans la copie ou dans l’anachronisme ? Les notions d’imitation, d’apprentissage et de « chef-d’œuvre » ont-elles encore un sens pour la création contemporaine ? Ces questions difficiles et passionnantes, que beaucoup auraient du mal à affronter aujourd’hui, Olivier Masmonteil les poursuit avec détermination, patience et lucidité, un grain d’inquiétude et un plaisir infini.
De son propre aveu, Olivier Masmonteil est à la fois un « classique » et un « sauvage ». Né en 1973, il a grandi en Corrèze, à l’écoute des forêts et des rivières qui depuis ne l’ont jamais quitté. La peinture, il l’a apprise aux Beaux-Arts en même temps qu’il perfectionnait sa technique de pêcheur. De sa formation classique, il a conservé un souci de perfection technique et formelle, ainsi qu’une admiration sans frein pour les grands maîtres de la peinture ancienne et contemporaine.
Le paysage s’est imposé avec force et évidence dans l’œuvre d’Olivier Masmonteil. Pourtant, il ne s’agit pas pour lui de décrire simplement la nature, ni de traiter le paysage comme un thème ou un genre pictural. La peinture de paysage a plutôt chez lui la valeur d’un territoire : un lieu d’errance et d’expérimentation, en continuité avec son expérience de la nature, où le peintre se construit à chaque toile, invitant le spectateur à s’immerger à son tour dans l’espace vivifiant de la peinture.

Ce livre, qui est la première monographie consacrée à l’artiste, a été conçu à la manière d’un portrait. Notre intention était de témoigner d’une rencontre avec l’artiste, de faire connaître l’homme autant que le peintre, de décrire son travail et son imaginaire sans adopter pour autant un regard froid et distant. Comme chacun sait, les portraits les plus justes sont aussi des images composées, qui font appel à l’imagination et à l’artifice. C’est pourquoi nous avons pris quelques libertés dans la rédaction des textes qui oscillent entre l’essai, la fiction et la critique d’art. Le lecteur trouvera ici les fragments d’une correspondance imaginaire échangée avec le peintre durant l’été 2008. Au fil des lettres sont abordés les principaux thèmes qui soutiennent le travail d’Olivier Masmonteil : la recherche artistique et le plaisir de peindre ; le rapport du peintre à la nature, à l’histoire et au temps ; sa relation avec les grands maîtres de la peinture ; l’esprit de découverte et l’impulsion du départ.

 

Jacques Androuet du Cerceau
Les dessins des plus excellents bâtiments de France

Françoise Boudon et Claude Mignot
Paris, Picard/Cité de l’architecture et du patrimoine/Le Passage, 2010, 255 p., ill. coul. (116 pl. de Du Cerceau)
ISBN 978-2-7084-0879-1 ; 978-2-84742-150-7
Prix : 49 €

--> Cet ouvrage a reçu en 2010 le Prix du Cercle Montherlant de l’académie des Beaux-Arts.

Avec l’appui du roi Henri II, Jacques Androuet du Cerceau entreprend un peu avant 1560 de représenter « les plus excellents bastimens de France ». Et il réalise un chef-d’œuvre, édité ici pour la première fois intégralement et en couleur.

Les cent seize planches qu’il dessine sur vélin - parallèlement aux volumes gravés qu’il dédie à Catherine de Médicis qui soutint l’entreprise depuis le début - sont en effet le travail d’un dessinateur génial : des images d’architecte et de topographe, mais aussi, avec les personnages qui les animent et les légendes qui les accompagnent, de très vivants tableaux de la vie au château à la Renaissance.

Les Plus excellents bâtiments de France constituent une véritable défense et illustration de l’architecture française. Du Cerceau en offre un magnifique panorama en dessinant les vues, les plans et les façades des principaux châteaux du royaume : châteaux forts crénelés (Vincennes, Coucy, Creil) et fastueux châteaux de la première Renaissance en Val de Loire (Amboise, Blois, Chambord) et en région parisienne (Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye) ; château du bois de Boulogne, dit château de Madrid, bâti pour François Ier, qui est la contrepartie parisienne de Chambord et la contrepartie moderne, à l’ouest de la capitale, du château du bois de Vincennes ; chefs-d’œuvre de la Renaissance classique : le Louvre, Anet, Ancy-le-Franc et le château méconnu de Vallery, qui est le prototype des châteaux « brique et pierre » Henri IV et Louis XIII, ou encore Écouen, aujourd’hui musée national de la Renaissance, et le très curieux château pentagonal de Maulnes-en-Tonnerois. L’ouvrage permet également de découvrir les grands châteaux rêvés par et pour Catherine de Médicis, qui restèrent pour l’essentiel sur le papier : le grand dessein des Tuileries à Paris, l’extraordinaire château-palais qui devait envelopper le premier Chenonceaux, et le non moins extraordinaire château de Charleval, projeté pour Charles IX à côté de la forêt de Lyons.

Voir la présentation de l’éditeur

 

Jacques Androuet du Cerceau
« Un des plus grands architectes qui se soient jamais trouvés en France »

Sous la direction de Jean Guillaume en collaboration avec Peter Fuhring
Paris, Picard/Cité de l’architecture et du patrimoine, 2010, 352 p., 416 ill. coul.
Prix : 65 €

L’œuvre graphique de Du Cerceau, la plus étendue et la plus diverse du XVIe siècle, n’a été étudiée dans son ensemble qu’une seule fois, en 1887. Depuis lors, les travaux se sont concentrés sur quelques-uns de ses aspects, mais personne n’a affronté la masse des 1 700 estampes et des 1 200 dessins laissés par l’artiste. D’où l’urgence d’une nouvelle monographie qui ne pouvait être écrite que par un groupe de chercheurs et qui exigeait au préalable la réunion d’un corpus photographique, réalisée avec l’aide du Getty Research Institute. Ce livre est donc le résultat d’un effort collectif, poursuivi pendant huit ans.

Il révèle la carrière d’un grand artiste protégé par le roi, explique son processus de travail, identifie les sources multiples qui ont nourri son imagination et met finalement en évidence l’originalité d’une œuvre qui s’est développée dans de multiples directions : Du Cerceau, graveur, dessinateur, architecte, est à la fois un créateur d’ornements, un rêveur d’architectures antiques et modernes, un témoin et un acteur de l’architecture française de son temps.

Les deux catalogues qui concluent l’ouvrage écartent les fausses attributions et décrivent toutes les productions de l’artiste, fournissant ainsi une base sûre aux études ultérieures que ce livre va permettre.

Sommaire
Avant-propos – Introduction - Répertoire général de l’œuvre et système de référence

VIE ET ŒUVRE
Qui est Jacques Androuet du Cerceau ?, par Jean Guillaume
L’œuvre gravé, par Peter Fuhring
Du Cerceau dessinateur, par Peter Fuhring

DE LA COPIE À L’INVENTION : LES ANNÉES DE FORMATION
Du Cerceau et l’Antiqué, par Hubertus Günther
Le Précurseur : Du Cerceau et les Pays-Bas, par Krista De Jonge
Du Cerceau et Fontainebleau, par Peter Fuhring
Du Cerceau et Serlio, par Sabine Frommel

DU CERCEAU CRÉATEUR
Ornement et architecture, par Jean Guillaume
Les Vues d’optique, par Estelle Leutrat
Des modèles pour l’architecture française, par Monique Chatenet
Les « bastiments estranges », par Monique Chatenet
Le langage architectural : langue commune et « gentilles inventions », par Claude Mignot
Du dessin au projet : Du Cerceau architecte ?, par Claude Mignot
Du Cerceau et Les plus excellents bâtiments de France, par Françoise Boudon
Les usages de la perspective dans la représentation de l’architecture, par Valérie Auclair

Conclusion : le parcours de Du Cerceau, par Jean Guillaume

ANNEXE
Les textes de Du Cerceau : Pages de titre, dédicaces et avis au lecteur, par Jean Guillaume et Marie Madeleine Fontaine
CATALOGUE
Catalogue sommaire des estampes, par Peter Fuhring
Catalogue sommaire des recueils de dessins, par Peter Fuhring
Bibliographie – Index

Voir la présentation de l’éditeur

 

Petrarca e i suoi luoghi. Spazi reali e paesaggi poetici alle origini del moderno senso della natura
Pétrarque en ses lieux. Espaces réels et paysages poétiques aux origines du rapport moderne à la nature

Sous la direction de Domenico Luciani et Monique Mosser
Trévise, Fondazione Benetton Studi Ricerche/Canova, coll. « Memorie » (13), 2009, XIV-260 p., 41 illustrations en couleurs et 37 en noir et blanc, bibliographie, index
Textes en italien et en français
ISBN 978-88-8409-227-4
Prix : 28 €

--> Cet ouvrage a reçu le Prix Gambrinus « Giuseppe Mazzotti », section Écologie et paysage (San Polo di Piave/Vénétie) en 2010.

François Pétrarque donne forme et mesure à l’espace et au temps de sa propre solitude et de sa propre diligence. Ses maisons, ses jardins, ses paysages constituent pour nous, encore et à nouveau aujourd’hui, un centre d’attraction irrésistible de notre culture d’Européens. Ce sont des lieux concrets, dotés d’un immense patrimoine philologique qui s’est accumulé au cours de sept siècles, chargés d’un mythe soumis à une incessante métamorphose. Ce travail collectif tente de faire le point de manière critique sur une série d’idées, de sciences et d’arts du paysage et du jardinage, et de tracer une sorte d’atlas permettant de s’orienter parmi ce qu’Andrea Zanzotto appelle sa « collection de demeures où se fixer, “ports tranquilles” à avoir partout à disposition », recueillie par le poète tout au long de sa vie. En excluant par conséquent certaines expériences qui comptent néanmoins, en tant que jalons indispensables, dans la construction de l’idée de paysage chez Pétrarque – parmi lesquelles nous aurions dû au moins convoquer, avec le Ventoux, la montagne de la Sainte-Baume et le golfe de Gênes, qui l’impressionne déjà à l’âge de huit ans, Baïes et les Champs Phlégréens, le Montgenèvre et les sources de l’Adige –, la collection de ports tranquilles, et inquiets, d’un esprit libre peregrinus ubique, présente en tous les cas des frontières ouvertes. Quand commence-t-elle ? À Incisa in Val d’Arno, durant les six premières années de sa vie ? À Pise, où le petit François passe sa septième année ? Juste après, à Avignon et à Carpentras ? Dans les lieux de la première jeunesse, durant les années d’étude à Montpellier et à Bologne, certainement restés vifs dans sa mémoire ? Dans la maison où il passe un heureux séjour à Lombez, qu’il décrit plusieurs fois avec nostalgie ? Viennent ensuite, naturellement, les endroits auxquels lui-même attribue le statut trinitaire maison-jardin-paysage. Donc Vaucluse, projet qui le passionne déjà à l’âge de onze ans et qu’il réalisera à trente. Les deux maisons de Parme, l’une en ville et l’autre à la montagne, à Selvapiana. Les trois de Milan : Saint-Ambroise, Garegnano, San Simpliciano. Et d’autres, peut-être seulement points d’attache, dans des cités familières comme Pavie et Vérone. Et après l’aller-retour entre le centre de Padoue et le quai des Esclaves à Venise, finalement Arquà, pour les cinq dernières années de sa vie, où l’homme d’étude et jardinier solitaire, âgé de soixante-cinq à soixante-dix ans, sera le plus aimé et le plus loué.
Nous aimerions en somme avoir restitué au lecteur les raisons qui suscitent l’envie d’aller, ou de retourner, à tant d’« endroits » de sa vie (et de ses œuvres : pour la philologie classique, le terme « lieu » désigne la référence au passage précis d’un texte), en dialoguant, à l’abri de tout académisme, avec une figure qui continue à nous interroger sur le rapport à la nature, sur les mesures de l’espace et du temps, sur la forme et la vie des lieux, figure familière dont les passions sont celles de l’un de nos contemporains.

Ce volume est issu du colloque Petrarca e i suoi luoghi, giornate di studio sul paesaggio 2005, seconda edizione, dedicata a Eugenio Battisti (1924-1989), Arquà/Trévise, 4-5 février 2005.

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Les icônes en Russie

Olga Medvedkova
Paris, Gallimard, coll. « Découvertes » (n° 557), 2010, 128 p.
ISBN 9782070436521
Prix : 13 €

Depuis le Xe siècle et le baptême du prince Vladimir en 988, les Russes n’ont jamais cessé de peindre et de vénérer les icônes. Reçues de Byzance comme des images de culte, des « images non faites de la main de l’homme », les icônes sont tenues pour miraculeuses, placées dans les églises et les maisons, encensées et éclairées par les cierges, emportées sur les champs de bataille, touchées et embrassées. Par leur « emploi », elles manifestent leur double nature, codifiée par les Pères de l’Église : d’une part, des images qui renvoient au prototype immatériel ; d’autre part, des objets « saints » matériels, conservateurs et transmetteurs de l’énergie divine.
Olga Medvedkova retrace l’histoire des icônes en Russie, longtemps associées à la culture populaire, avant de devenir, au début du XXe siècle, des images esthétiques, comparables pour les élites russes aux œuvres des primitifs italiens.

 

 

En 2011, est parue une édition japonaise de l’ouvrage.
ISBN 978-4-422-21213-5

 

Revue de l’Art, n° 166 / 2009-4, « Architecture 1400 »

Paris, Ophrys, n° 166 / 2009-4, 115 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Dany Sandron, Architecture 1400. Regards européens

Études
Thomas Coomans, Entre France et Empire : l’architecture dans le duché de Brabant au temps de Jeanne de Brabant et Wenceslas de Luxembourg (1355-1406)
Dany Sandron, Les flèches de Strasbourg, Ulm, Vienne et Francfort. L’intervention municipale dans les grands chantiers d’église vers 1400
Christophe Wilson, L’architecte bienfaiteur de la ville. Henry Yevele et la chapelle du London Bridge

Notes et Documents
Klàra Benešovskà, La postérité de Mathieu d’Arras dans le Royaume de Bohême
Laura Cavazzini, Le chantier du duomo de Milan entre XIVe et XVe siècle. De Giovanni de Grassi aux frères Dalle Masegne et de Jean Mignot à Filippino da Modena
Jean Domenge i Mesquida, Guillem Domenge et lo modern de son temps

Découvertes
Dany Sandron, Un dessin d’architecture du XVe siècle pour la loge de mer de Perpignan
Sabine Berger, Une statue inédite de Charles VI

Bibliographie critique

 

Les bibliothèques d’artistes (XX-XXIe siècles)

Françoise Levaillant, Dario Gamboni et Jean-Roch Bouiller, dir.
Paris, PUPS, collection « art’hist » dirigée par Dany Sandron, 2010, 556 p.
ISBN 978-2-84050-646-1
Prix : 32 €

Conservées dans des fonds publics ou privés, dispersées ou connues sous la forme d’inventaires souvent incomplets, rangées avec soin ou laissées au gré des hasards de la vie, les collections de livres formées au cours du temps par les artistes de la modernité forment des objets fascinants. De Redon à Rutault, de Picasso à Pagès, de Kandinsky à Nemours, de Duchamp à Raymond Hains, les enjeux de la lecture, de l’accumulation, de la perte ou de la dissémination des livres, de la représentation de l’objet, voire des bibliothèques elles-mêmes sont ici présentés sous leurs multiples aspects.
L’exploration de ces étagères matérielles ou « hypothétiques » (Italo Calvino) incite à ouvrir de nouvelles voies dans l’étude des liens de l’art et de l’imprimé, du faire et du lire. De la fin du XIXe siècle à nos jours, la re-définition de l’art passerait-elle par la révision du lien complexe qu’entretiennent les artistes avec leur bibliothèque ?

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Le vitrail. Techniques d’hier et d’aujourd’hui

Martine Callias Bey et JosetteTrublard
Paris, Eyrolles, collection « Maîtres & talents », 2010, 175 p.
ISBN13 : 978-2-212-12536-8 ; EAN13 : 9782212125368
Prix : 35 €

Cet ouvrage vous ouvre les portes de l’atelier d’un peintre verrier, espace de création enfin dévoilé. Vous y découvrirez toutes les étapes de la fabrication d’un vitrail, et la manière de surmonter les nombreuses contraintes techniques afin de transcrire la « vision » d’un peintre ou la vôtre.
Le vitrail, véritable « peinture de lumière », associe la sensibilité de l’artiste à la technicité de l’artisan. Ce livre reflète cette dualité, riche de l’expérience complémentaire de Josette Trublard, maître verrier, et de Martine Callias Bey, historienne d’art ; il est le fruit de leur dialogue fécond.
La première partie vous donne les clés d’une technique complexe, dont les bases remontent au Moyen Âge et qui a pu s’améliorer de siècle en siècle grâce au génie inventif des artistes et des praticiens. La description des outils propres au peintre verrier et des matériaux nécessaires à la fabrication d’un vitrail est étayée par des textes anciens, ceux-là même qui ont permis la transmission des savoirs au fil du temps. Ensuite, les opérations successives que le maître verrier doit enchaîner sont soigneusement décrites, de la prise de mesures jusqu’à la pose.
La seconde partie parcourt siècle après siècle l’histoire du vitrail français. Elle donne à voir certaines de ses « icônes » et propose plusieurs modèles tirés de ce patrimoine verrier, en détaillant « pas à pas » et de manière très lisible les étapes de peinture successives qui en permettront la réalisation entière ou partielle. Ainsi se poursuivra la transmission des gestes et savoir-faire, particulièrement de la peinture sur verre.

 

L’art espagnol

Sous la direction de Véronique Gerard-Powell
Paris, Flammarion, collection « Tout l’art. Histoire », 2010, 331 p. Réédition et mise à jour.
EAN: 9782081244672
Prix: 32 €

Ce parcours dans l’art espagnol, des grottes d’Altamira à Antoni Tapies, a été confié à une équipe de spécialistes reconnus. II veut souligner combien, avec ses spécificités propres, l’art espagnol est creuset d’éclectisme et générateur de créateurs incontournables qui, comme Goya ou Picasso, dépassent leur cadre historique pour forger l’avenir. Terre d’échanges, l’Espagne possède une création artistique aux multiples influences phéniciennes, grecques, romaines, arabes et même africaines. Décrivant les créations méconnues aussi bien que les chefs-d’œuvre, l’art rupestre aussi bien que l’art romain, islamique et chrétien, cet ouvrage réserve une grande place aux découvertes récentes qui ont considérablement enrichi le patrimoine espagnol et renouvelé la vision que le public cultivé doit en avoir.

 

L’estampe au Grand Siècle. Études offertes à Maxime Préaud

Sous la direction de Peter Fuhring, Barbara Brejon de Lavergnée, Marianne Grivel, Séverine Lepape et Véronique Meyer. Préface de Sylvie Aubenas
Paris, École nationale des Chartes / Bibliothèque nationale de France, coll. « Matériaux pour l’histoire », n° 9, 2010, 612 p.
ISBN BNF : 978-2-7177-2476-9
ISBN École des chartes : 978-2-35723-011-8
Prix : 59 €

L’Estampe au Grand Siècle est un recueil d’études dédié à Maxime Préaud, conservateur général chargé de la Réserve du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, et consacré à son terrain de prédilection, la gravure européenne au XVIIe siècle. Les contributions de ses émules et amis, élèves et confrères illustrent la richesse du sujet par une grande diversité d’approches sur les thèmes les plus variés : armoiries, affiches, frontispices et almanachs, amateurs et collectionneurs, architectes, orfèvres, peintres, dessinateurs et graveurs, marchands et éditeurs, ateliers et académies, invention et interprétation, en France, comme en Flandres, en Hollande et en Italie.

 

La tour Jussieu en chantier 2004-2009

Bertrand Lemoine
Paris, Archibooks /EPCJ, 2010, 98 p.
ISBN13 : 978-2-35733-102-0 ; EAN13 : 9782357331020
Prix : 16 €

L’ouvrage retrace l’histoire du chantier de rénovation et de désamiantage de la tour Jussieu par Thierry van de Wyngaert et son agence. Fièrement campée sur le parvis du célèbre gril conçu en 1961 par Edouard Albert pour abriter l’une des plus grandes universités françaises, la tour Zamansky en constitue le signal le plus visible. Mal aimée, cette tour de 24 étages, dont un à double hauteur, a été longtemps décriée. Incorporée dans la très complexe opération de désamiantage et de réhabilitation du campus menée avec un grand professionnalisme par l’Établissement public du Campus de Jussieu (EPCJ), la réhabilitation de la tour en marque une étape symbolique importante, à mi-parcours du processus de traitement des différentes tranches du projet.
Elle abrite aujourd’hui l’administration de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC), qui est appelée à régner sur tout le site de Jussieu à l’issue de la réhabilitation du gril. Pour rester dans l’esprit et même la lettre du projet initial d’Edouard Albert, la solution de l’agence TVDW a été de simplement changer les façades en gardant les poteaux bien visibles et de magnifier la tour par une mise en lumière.

 

Mondrian et De Stijl

Serge Lemoine
Paris, Hazan, collection « Beaux-arts », 2010, 159 p.
EAN : 9782754104715
Prix : 20 €

Le peintre hollandais Piet Mondrian est l’un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux montrant des aplats de couleurs rouge, bleue et jaune et des lignes verticales et horizontales noires réparties dans une composition équilibrée, sont aujourd’hui connus dans le monde entier. La doctrine qu’il a élaborée à partir de l’exercice de sa peinture, le néoplasticisme, a joué un rôle de premier plan dans le développement de l’art et a marqué un grand nombre de créateurs dans tous les domaines, de la peinture à l’architecture, en passant par les arts appliqués, dans tous les pays à partir de 1920 et par vagues successives jusqu’à aujourd’hui. Piet Mondrian a été accompagné par Theo van Doesburg, qui a créé en 1917 le mouvement De Stijl (Le Style) et publié une revue du même nom qui a largement contribué à faire connaître cette nouvelle forme d’art dans le monde.

Ce livre rend compte de cette histoire depuis les débuts de Mondrian comme peintre figuratif en Hollande jusqu’à ses dernières créations à New York dans les années 1940, en passant par sa découverte du cubisme et de l’art abstrait à Paris en 1913-1914. L’art des autres protagonistes de ce mouvement, les peintres et sculpteurs Theo van Doesburg, Bart van der Leck, Georges Vantongerloo, les architectes J.J.P. Oud et Gerrit Rietveld, est également présenté et commenté, ainsi que l’influence qu’ils ont exercée dans l’art de Max Bill à Donald Judd, en passant par François Morellet, Ellsworth Kelly et Ludwig Mies van der Rohe.

 

L’art moderne et contemporain.
Peinture, sculpture, photographie, graphisme, nouveaux médias

Sous la direction de Serge Lemoine
Paris, Larousse, 2010, 311 p. Réédition.
EAN : 9782035856289 ; ISBN : 978-2-03-585628-9
Prix : 22 €

Ce très beau livre propose une nouvelle histoire de l’art du XXe siècle. Serge Lemoine a imaginé un parcours de 270 œuvres, de l’héritage symboliste de Puvis de Chavanne aux dernières créations numériques. Les auteurs ont voulu dégager les lignes de force de l’art moderne et contemporain à travers les mouvements les plus marquants et les œuvres déterminantes dans la formation de l’esthétique moderne.

Le champ de l’ouvrage a été élargi aux domaines limitrophes de l’histoire de l’art traditionnelle et comprend outre la sculpture, la peinture et la photo, la vidéo, le graphisme, les installations, les performances, etc. qui sont indispensables pour comprendre l’art contemporain.

 

Le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye

Sous la direction d’Emmanuel Lurin. Préface de Jean-Pierre Babelon, avec des contributions de Basile Baudez, Ronan Bouttier, Géraud Buffa, Monique Kitaeff, Emmanuel Lurin, Julien Magnier et Aurélia Rostaing
Saint-Germain-en-Laye, Les Presses Franciliennes, collection « Histoire », 2010, 196 p. Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition « Henri IV, prince de paix, patron des arts » au musée d’Archéologie nationale à Saint-Germain-en-Laye.
ISBN-13 : 978-2952721486
Prix : 25 €

Des terrasses monumentales à faire pâlir l’Italie. Un château qui déploie ses ailes, de galeries en portiques. L’eau, la promenade au grand air, l’odeur du buis. Puis la pénombre des grottes, où les dieux et les héros scintillent : Neptune, Orphée, Andromède enchaînée. Un automate qui joue de l’orgue dans une niche de rocaille.
À quelques lieues de Paris, Henri IV avait fait bâtir pour son plaisir personnel un grand château en manière de villa, demeure somptueuse et néanmoins intime dont le grand jardin de pente occupait toute la hauteur d’un coteau fluvial.
Le Château-Neuf de Saint-Germain-en-Laye était une demeure sans rivale, dont bien peu subsiste aujourd’hui : trois pavillons, une grotte sous la chapelle du roi, quelques peintures et de nombreux documents qui sont réunis et commentés dans ce livre.

À défaut d’inventaire, les auteurs proposent une lecture vivante et raisonnée de l’ancien château d’Henri IV : un lieu dont on ressaisit l’image et que l’on suit ici dans son histoire, des origines à la gloire, des fastes à l’effacement.

 

Comment regarder… Renoir

Adrien Goetz
Paris, Hazan, collection « Guide des arts », 2009, 223 p.
EAN : 9782850259975
Prix : 18 €

Au sein de la série « Clés et repères » de la collection « Guides des arts », voici avec Comment regarder Monet, les premiers titres destinés à explorer comment on peut distinguer et identifier le métier et les différentes manières de la création des artistes, loin de toute théorie générale de l’art. Un nouveau type de monographie d’artistes fondé sur les trois approches : où l’artiste peint-il, qu’est-ce qu’il peint, comment peint-il ? L’atelier comme lieu de travail permet de réaliser les conditions de la vie artistique à une époque, les quartiers d’élection des peintres comme Batignolle ou Montmartre au temps de Monet ou Renoir. De l’atelier à l’École des Beaux-Arts, aux brasseries ou cafés – lieux de réunion et de débats des groupes de peintres -, le trajet n’est pas long et parfois se fait à plusieurs surtout lorsque, désargentés, on partage à plusieurs boîtes de couleur et chevalets. Avec les impressionnistes, l’Atelier comme lieu de travail cela va être aussi l’Atelier de plein air avec la révolution picturale que cette nouvelle pratique va entraîner. Les séances de travail aux côtés de Monet, sur les bords de la Seine ou de la Marne ou plus tard, aux côtés de Cézanne dans le Sud sont tour à tour abordées, puis les voyages et enfin l’installation sur la Côte d’Azur. Le lecteur ensuite découvre dans le détail les sujets d’élection de Renoir : ses thèmes d’inspiration. Ce sont d’abord ceux du peintre de la vie moderne qu’il a été à ses débuts, ensuite sa production de portraitiste très appréciée, puis, avec le retour aux maîtres et au goût du XVIIIe siècle, les scènes de baigneuses et les grands nus. Témoin de cette évolution des sources d’inspiration, une partie est consacrée à sa constante exploration de la technique et des procédés artistiques qu’il a interrogés, parallèlement à sa peinture, comme le pastel, la sanguine, la lithographie et la sculpture.

 

Ingres, un homme à part ?
Entre carrière et mythe, la fabrique du personnage

Actes du colloque de l’École du Louvre, 25-28 avril 2006, publiés sous la direction scientifique de Claire Barbillon, Phlippe Durey et Uwe Fleckner
Paris, Documentation française / École du Louvre, coll. « Rencontres de l’École du Louvre », 2009, 456 p.
ISBN 978290418726-1 ; 290418726X
Prix : 75 €

Ingres fut-il un homme hors normes et, comme sa création, irréductible aux schémas traditionnels en cours au XIXe siècle ? Ou bien une image fabriquée de son vivant, ensuite au fil des décennies, puis après sa mort par une historiographie abondante et zélée ? Telles furent quelques-unes des interrogations abordées au cours de ce colloque international organisé par l’École du Louvre, en partenariat avec l’Académie de France à Rome (Villa Médicis). Ingres et son œuvre font l’objet d’un nouvel examen grâce aux vingt-cinq études qui composent cet ouvrage. Les apports de l’historiographie récente à une œuvre fondamentale pour l’histoire de l’art permettent d’en mieux appréhender la perception et d’en mesurer l’impact. De nombreuses illustrations en noir et blanc accompagnent les analyses (dessins, fac-similés de documents, photographies...) qui composent cette étude de belle facture.

Cet ouvrage comprend quatre communications de membres du Centre Chastel :
- Thierry Laugée : Ingres d’Eugène de Mirecourt. Une biographie populaire
- Marie-Claude Chaudonneret : Ingres et la direction des Musées sous la Restauration
- Adrien Goetz : Ingres dans L’Artiste
- Barthélémy Jobert : Ingres en Grande-Bretagne et aux États-Unis

 

Le commerce du luxe à Paris aux XVIIe et XVIIIe siècles
Échanges nationaux et internationaux

Stéphane Castelluccio, ed.
Berne, Peter Lang, 2009, XVIII, 421 p.
ISBN 978-3-03911-804-5
Prix : 62 €

Les différentes études contenues dans ce volume replacent le commerce du luxe pendant l’Ancien Régime dans une perspective historique, économique et sociale, depuis la conception des objets jusqu’à leur consommation, en France et en Europe. Les princes européens achetaient à Paris les créations les plus luxueuses, à la dernière mode, afin d’affirmer leur position sociale, leur puissance financière et la justesse de leur goût. Leurs motivations témoignent des dimensions sociale et politique du commerce international du luxe. L’aspect matériel des envois met en lumière les circuits commerciaux, les détails pratiques de telles expéditions.
Pour la première fois, des études de chercheurs étrangers, rarement traduites, sont accessibles aux chercheurs et aux historiens de l’art français. Elles apportent un point de vue extérieur inédit et indispensable pour appréhender le commerce parisien dans toute sa complexité. Ces recherches permettent de mieux saisir l’origine et l’ancienneté du prestige international de l’industrie du luxe en France.

Contenu :
- Mickaël Szanto : Du luxe vertueux au Grand Siècle. La loterie de Madame de Rambouillet (Paris, 1657)
- Stéphane Castelluccio : Le marchand mercier Laurent Danet (mort en 1720)
- Patrick Michel : Le tableau de maître : un objet de luxe dans la France du XVIIIe siècle ?
- Ulrich Leben : La fondation de l’École royale gratuite de dessin de Paris (1767-1815)
- Vincent Bastien : Jean Ducrollay et l’orfèvrerie à Paris au XVIIIe siècle
- Michèle Bimbenet-Privat : La manufacture de cuivre doublé d’argent de Huguet (Paris, 1769-1772) : une orfèvrerie du pauvre ?
- Jean Vittet : Le marchand Thomas-Joachim Hébert (1687-1773) et l’ébénisterie de son temps
- Natacha Coquery : Bijoutiers et tapissiers : le luxe et le demi-luxe à Paris dans la seconde moitié du XVIIIe siècle
- Linda Hinners : Nicodème Tessin le jeune et le marché de luxe parisien à la fin du règne de Louis XIV
- Max Tillmann : Les achats d’objets d’art par l’électeur de Bavière pendant son séjour en France (1708-1715)
- Dirk Syndram : « Shopping à Paris » à la demande d’Auguste le Fort
- Hans Ottomeyer : Les achats d’œuvres d’art des ducs de Deux-Ponts à Paris
- Nuno Vassalo e Silva : Les commandes royales portugaises à Paris au XVIIIe siècle. Étude d’un cas
- Jérôme de La Gorce : Le voyage des objets d’art de Paris à Stockholm à la fin du règne de Louis XIV
- Christian Baulez : Un auxiliaire du commerce de l’art : Martin Pailliard dit Delorme (1718-1799).

 

Gaspare & Carlo Vigarani
Dalla corte degli Este a quella di Luigi XIV / De la cour d’Este à celle de Louis XIV

Walter Baricchi et Jérôme de La Gorce, ed.
Versailles, Centre de recherche du château de Versailles / Milan, Silvana, collection « Biblioteca d’arte » (24), 2009, 352 p. Actes du colloque international organisé à Reggio Emilia, Modène et Sassuolo les 6 et 7 juin 2005, et au château de Versailles les 9 et 10 juin 2005.
Prix : 28 €

Gaspare Vigarani et son fils Carlo comptent parmi les artistes du XVIIe siècle qui s’illustrèrent à la fois en Italie, leur terre natale, et en France, pendant la période la plus brillante du règne de Louis XIV. Les deux membres de la famille offrent un exemple remarquable de continuité créatrice en Europe dans le domaine des spectacles et des fêtes, tout en apportant une contribution non négligeable à l’une des pages les plus prestigieuses de l’histoire culturelle de ce continent.
Depuis le Grand Siècle, le nom de Vigarani a pourtant tendance à être oublié. En Italie les quelques monuments conservés ne sont pas les plus visités, et en France, la célèbre salle des Machines du palais des Tuileries n’est plus là pour témoigner des fastes de l’ancienne monarchie. Malgré tant de destructions, de précieux témoignages, des plans et d’autres œuvres graphiques, des pièces d’archives et des publications contemporaines, parfois très rares, subsistent et méritaient d’être étudiés.
Ce livre a été réalisé à partir des interventions du colloque international qui s’est tenu à Reggio d’Émilie en Italie et à Versailles en France en juin 2005. Il aborde tour à tour les édifices pérennes civils et religieux (Villa Clotilde à Fiorano, églises de Modène et de Reggio), la scénographie et la machinerie utilisées dans les spectacles, l’architecture théâtrale et l’univers des fêtes ultramontaines et versaillaises. Sans prétendre épuiser un aussi vaste sujet, l’ensemble des études réunies ici comble une lacune dans la passionnante recherche des rapports artistiques franco-italiens au XVIIe siècle.

Pour voir la présentation de l’éditeur et le sommaire

 

Revue de l’Art, n° 165

Paris, Ophrys, n° 165, 2009-3
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 80 €, étranger 95 €)
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €

Sommaire

Éditorial
Jean-Yves Andrieux, Le site balnéaire. De l’invention d’un type architectural, urbain et paysager au souci patrimonial d’un mode de sociabilité et de loisirs

Étude
Bernard Toulier, De la ville régulière à la ville paysagère. La première génération des villes nouvelles balnéaires du littoral Manche-Atlantique sous le Second Empire

Notes et documents
Dominique Jarrassé, Les stations thermales de Tunisie à l’époque coloniale
Élisabeth Justome, La « plage à bon marché ». Un aspect de la villégiature sur la côte picarde
Jean-François Pinchon, Les stations nouvelles du Languedoc-Roussillon. Un patrimoine balnéaire, image exemplaire des Trente Glorieuses
Richard Klein, Le Touquet : du « paradis des sports » à la « station des quatre saisons »
Stéphanie Jamet-Chavigny, Le Corbusier sous l’angle de la sculpture

Découverte
Jean-Marc Vasseur, L’œuvre de Paul Balze à l’abbaye de Chaalis

Note de lecture
Bertrand Jestaz, La Kunstkammer des ducs de Bavière

Bibliographie critique

 

Documents du Minutier central des notaires de Paris. Art et architecture avant 1515

Étienne Hamon
Paris, Archives nationales, 2009, 782 p.
ISBN 978-2-86000-380-8
Prix : 30 €. Ouvrage en vente sur place aux Archives nationales ou par correspondance

L’ouvrage s’inscrit dans la continuité des volumes consacrés à l’histoire de l’art publiés dans la même collection. Il est fondé sur une sélection des plus anciennes pièces conservées dans le fonds du Minutier central et constitue un corpus de plus de 1800 actes, couvrant la période 1476-1514, dont certains sont intégralement transcrits. Souvent inédits, ces documents apportent un nouvel éclairage sur les producteurs artistiques, dans un large éventail de domaines, d’une période particulièrement féconde dans la capitale à la veille de la Renaissance et sur leurs auteurs, maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre.
Précédé d’une synthèse historique élaborée par Étienne Hamon, maître de conférences à l’université de Paris IV-Sorbonne et spécialiste de l’art gothique des XIVe-XVIe siècles, l’inventaire analytique et méthodique d’environ un tiers des pièces étudiées (devis, marchés, quittances, etc.) est aussi accompagné d’un dictionnaire de tous les artistes cités dans ce fonds. Pour chacun de ces 1408 individus, l’auteur dresse un état des mentions repérées dans différents fonds d’archives, permettant ainsi de cerner, au sein de dix-huit catégories professionnelles retenues, les principaux acteurs de ce renouveau, leur champ d’action, leur implantation géographique et leurs réseaux.

Pour voir la bibliographie méthodique d’Étienne Hamon

 

L’architecture religieuse européenne au temps des Réformes
Héritage de la Renaissance et nouvelles problématiques. Actes des deuxièmes Rencontres d’architecture européenne, Château de Maisons-sur-Seine, 8-11 juin 2005

Études réunies par Monique Chatenet et Claude Mignot
Paris, Picard, coll. « De architectura » (12), 2009, 296 p.
ISBN 978-2-7084-0845-6
Prix : 49 €

Sommaire
Introduction : L’architecture au temps des Réformes, par Claude Mignot (Paris-Sorbonne)

De nouvelles églises pour de nouveaux ordres ?
- The Impact of Jesuit Churches on Ecclesiastical Architecture in Southern Germany, par Ulrich Fürst (Munich)
- L’importanza dei modelli : tre esempi di architettura della Congregazione oratoriana tra Roma e Viceregno napoletano, par Daniela Del Pesco (Rome)
- Les religieux architectes en Franche-Comté au XVIIe siècle, par Christiane Roussel (Franche-Comté)
- Le plan centré, une exception chez les ursulines françaises du Grand Siècle, par Philippe Bonnet (Bretagne Sud)

Permanence et rebondissements du plan centré
- Bernini and the Centralized Churches : Genesis, Intentions, Interrelationships, par Tod A. Marder (New Brunswick)
- Aux frontières du monde catholique. Églises de plan centré dans les Pays-Bas méridionaux au XVIIe siècle, par Krista De Jonge (Leuwen)
- Centralised Dutch Calvinist Churches, Jewish Synagogues in Amsterdam and the Model of The Temple of Salomon, par Konrad Ottenheym (Utrecht)

Des typologies nationales ?
- Rénovation versus tradition : l’architecture au temps de la Contre-Réforme dans les Pays-Bas méridionaux, par Joris Snaet (Bruxelles)
- Architecture et territoire : la diffusion du modèle d’église à la romaine en France (1598-1685), par Claude Mignot (Paris-Sorbonne)
- La façade d’église en France entre Renaissance et Réformes (XVIe-XVIIe siècles). Quelques remarques, par Catherine Chédeau (Besançon)
- Tipologie di chiese in Austria e Germania meridionale all’insegna delle riforme e delle lotte religiose (secc. XVI-XVII), par Wolfgang Lippmann (Allemagne)
- Architecture of the Counter-Reformation in Hungary, par Peter Farbaky (Budapest)
- Wren’s Galleried Churches and his First Model Design for St Paul’s Cathedral 1669-1670, par Gordon Higgott (Londres)
- The Architecture of Three Religions. Scottish Religious Architecture after the Council of Trent, par Charles McKean (Dundee)

L’espace liturgique : un espace fragmenté
- Préréforme, réforme catholique et architecture. Les cathédrales portugaises du XVIe siècle : type, langage et partition de l’espace, par Paulo Varela Gomes (Coïmbra)
- Edificios singulares de Espana en relacion con el culto eucaristico : sagrarios, capillas de comunion, y capillas sacramentales, par Alfonso Rodriguez G. de Ceballos (Madrid)
- La recuperacion del deambulatorio en la Espana de los siglos XVI y XVII, par Joaquin Berchez (Valencia) et Fernando Marias (Madrid)
- Ni voir ni être vue. Clôture et cura monialum dans les couvents féminins français aux XVIIe et XVIIIe siècles, par Laurent Lecomte (Lille III)
- La collocazione dei cori e degli organi nelle chiese veneziane del Cinquecento : tendenze innovatrici e conservatrici negli anni della « Controriforma », par Massimo Bisson (Venise)

 

Les arts de l’équitation dans l’Europe de la Renaissance
VIe colloque de l’Ecole nationale d’équitation de Saumur au château d’Oiron (4 et 5 octobre 2002)

Sous la direction de Patrice Franchet d’Espèrey, Monique Chatenet, avec la collaboration de Ernest Chenière
Arles, Actes Sud, 2009, 446-XV p.
ISBN 978-2-7427-7211-7
Prix : 35 €

En faisant apparaître que l’approche classique du cheval prônée par le plus célèbre des écuyers, François Robichon de La Guérinière, prenait ses racines à l’époque de la Renaissance italienne, cette étude apporte un regard nouveau sur une période cruciale de notre civilisation, qui vit naître l’équitation savante et le perfectionnement des techniques. Elle permet ainsi de mettre en valeur le raffinement des comportements qui lui sont liés, là où les historiens n’avaient cru voir jusqu’à présent que des pratiques désuètes et barbares.

En partenariat avec le Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours, une trentaine de spécialistes ont mené depuis 2000 une recherche visant à mieux cerner les caractéristiques et les enjeux des arts de l’équitation à l’époque de la Renaissance. Cette enquête - aux multiples références disciplinaires - a été développée selon quatre axes de réflexion : l’économie du cheval ; les techniques équestres, la dimension politique du cheval, les représentations et la signification culturelle de l’équitation.
Les Arts de l’équitation dans l’Europe de la Renaissance sont le fruit du VIe colloque organisé en octobre 2002 par l’Ecole nationale d’équitation, sous la direction de Patrice Franchet d’Espèrey en collaboration avec Ernest Chenière et de Monique Chatenet. Cette conférence, qui s’est idéalement tenue au château d’Oiron, près de Saumur, demeure du grand écuyer de France de François Ier et l’un des trois haras royaux, a ainsi offert un bel hommage à toute la Renaissance équestre.

 

Alfons Mucha

Ouvrage dirigé par Jean-Louis Gaillemin, Michel Hilaire, Agnès Husslein-Arco et Christiane Lange
Paris, Somogy, 2009, 372 p. Coédité avec  le Palais du Belvédère à Vienne, le Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich et le musée Fabre de Montpellier. Catalogue de l’exposition au musée Fabre de Montpellier du 20 juin au 20 septembre 2009.
ISBN : 9782757202777
Prix : 39 €

L’œuvre d’Alfons Mucha, célèbre artiste tchèque de la seconde moitié du XIXe siècle, fait l’objet d’une exposition itinérante entre le Palais du Belvédère à Vienne, le musée Fabre à Montpellier et la Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung de Munich. Véritable parcours artistique international, le catalogue permet de reconsidérer l’artiste à travers l’ensemble de sa production et montre que la popularité de son style, reconnu comme le style Mucha, repose sur une maîtrise du dessin et du décor. Au fil de sa carrière, Mucha s’essaie à divers supports, mais c’est en devenant le créateur exclusif des affiches de Sarah Bernhardt réalisées dans un style art nouveau qu’il rencontre un succès fulgurant. La suite de sa carrière est marquée par des réalisations de décors prestigieux pour la nation tchèque ainsi que par son œuvre maîtresse, L’épopée slave, ensemble pictural de 1000m2 consacré au génie des peuples slaves. Cet ouvrage retrace le parcours artistique de Mucha en offrant, grâce à de superbes images ainsi que les textes produits par des plus grands spécialistes, un état actuel de la question.

 

La peinture française du XIXe siècle : académisme et modernité

Sous la direction de Barthélémy Jobert
Catalogue d’exposition, Matsue, Shimane Art Museum et Yokohama Art Museum, 2009, 315 p. Textes en japonais et français.

Le XIXe siècle français produisit une peinture d’une extraordinaire richesse, sur laquelle cette exposition pose un regard nouveau. Elle comprend quelque quatre-vingts œuvres provenant des collections d’une quarantaine de musées majeurs à travers le monde, essentiellement français, mais également américains, espagnols et japonais.

Jusqu’ici, quand on parlait de peinture française du XIXe siècle, on avait l’habitude de mettre en avant les différents courants novateurs qui se succédèrent, du néo-classicisme dont les fondements furent posés par David et l’avènement du romantisme, suivi du réalisme avec Courbet comme chef de file, pour enfin arriver à l’impressionnisme d’un Monet ou d’un Renoir. Pourtant le XIXe siècle ne se résume pas à un simple enchaînement de tendances artistiques originales qui, l’une après l’autre, viennent prendre la place de la précédente. Car le monde de la peinture était alors largement dominé, non par ces mouvements pionniers, mais par l’Académie, gardienne des traditions. Cette exposition vise à faire découvrir de façon synthétique tout l’attrait des peintres académiques français, qui restent encore peu connus au Japon, dans une volonté de revisiter leur place dans l’histoire de l’art. La solennité des grandes fresques historiques ou la grâce des nus racontent en effet avec éloquence combien l’héritage de l’Antiquité continue de vibrer fortement dans la peinture moderne. Or l’académisme et l’avant-garde, tout en s’opposant, eurent des destins étroitement liés et s’influencèrent réciproquement : c’est l’ensemble de ces échanges riches et complexes qu’il convient de considérer comme le ferment d’une peinture française sans cesse prête, tout au long du XIXe siècle, à défricher de nouveaux horizons.
Car l’esthétique néo-classique établie par David ou Ingres est loin de disparaître. L’exposition entend également montrer comment cet idéal trouve des filiations et s’épanouit sous d’autres formes dans la peinture académique française, et comment les différents mouvements novateurs que furent le romantisme, le réalisme et l’impressionnisme évoluèrent étroitement en réaction à l’Académie, d’où l’intérêt de suivre ce processus de transformation qui se nourrit autant d’antagonismes que d’héritages. L’affrontement des deux tendances, qui pourtant s’imprègnent l’une de l’autre, tisse les fils de l’univers captivant de la peinture française tout au long du siècle.

 

En perpétuelle mémoire
Collégiales castrales et Saintes-Chapelles à vocation funéraire en France (1450-1560)

Julien Noblet ; préface de Vincent Tabbagh
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2009, collection « Art & société », 322 p. Ouvrage financé avec le concours de la fondation du Patrimoine (Lausanne) et du Centre André Chastel.
ISBN 978-2-7535-0855-2
Prix : 22 €

Dans le domaine royal, entre 1450 et 1560, de grands personnages, face à la mort et en quête d’« éternité », se détournent des lieux d’inhumation traditionnels préférant fonder des églises collégiales à vocation funéraire. Ces initiatives témoignent de la réaction d’une partie de l’élite confrontée à la démocratisation de l’enterrement ad sanctos et soucieuse de reposer dans un édifice dont la magnificence, tant dans le faste du service divin assuré par un collège nombreux aux multiples charges liturgiques, que dans la beauté de l’architecture accueillant les cérémonies, devait refléter le rang. Saintes-Chapelles pour les princes du sang et « simples » collégiales pour les nobles de moins haut lignage accueillent des chanoines voués à prier pour le repos éternel de leur fondateur mais aussi de sa famille.

Ainsi s’établit un culte dynastique symbolisé par des tombes monumentales regroupées dans le chœur que s’approprie le fondateur, tandis que familiers et fidèles prennent place dans la nef. La distinction entre espace seigneurial et paroissial, soulignée par les circulations, le traitement architectural et ornemental, concourt à renforcer la précellence seigneuriale.

Enfin, l’implantation des sanctuaires familiaux à proximité immédiate des châteaux rappelle la dépendance du chapitre à l’égard de son fondateur mais témoigne surtout de l’attachement de ce dernier à la seigneurie rurale, garante de sa noblesse.

 

La Première Restauration du château de Blois
Lettres de Félix Duban à Jules de La Morandière (1843-1870)

Éditées par Françoise Boudon
Saint-Haon-le-Vieux, Le Puits aux livres, 2009, 436 p. Publié dans les Archives de l’art français, Société de l’histoire de l’art français, nouvelle période - tome XXXIX
ISBN 978-2-9534865-0-6
Prix : 52,50 €

Cet ouvrage présente la transcription des lettres de Félix Duban à Jules de La Morandière entre 1843 et 1870 : pas moins de 500 lettres adressées à J. de La Morandière, inspecteur des travaux représentant F. Duban à Blois lors de la première restauration du château. Cet échange à la fois personnel et professionnel entre les deux hommes nous permet de découvrir la restauration du château ainsi qu’une époque, une profession...
La publication comprend non seulement un échange épistolaire entre architectes mais également une étude très complète et richement documentée. C’est un véritable outil de travail comportant un index des personnes, des lieux ainsi qu’un classement des lettres.
Françoise Boudon, historienne d’art, offre une introduction conséquente ainsi que des notes détaillées permettant de resituer cette correspondance dans son contexte et son époque.

 

Pascal Cribier, itinéraires d’un jardinier

Paris, Éditions Xavier Barral, 2009, 316 p.
ISBN 978-2-915173-33-8
Prix : 55 €

Direction d’ouvrage : Laurent Le Bon
Coordination éditoriale : Michel Baverey
Auteurs :
Pour les légendes de la partie « Des lieux » : Hervé Brunon (avec la collaboration de Sophie Conrard)
Pour les textes insérés dans la partie « Des lieux  » : Hervé Brunon, Patrick Écoutin, Françoise Fromonot, Jérôme Godeau, Francis Hallé, Titou Heucé, Armelle Lavalou, François Macquart-Moulin, Monique Mosser, Catherine Pierre et Sibylle Vincendon
Pour les textes dans la partie « Des dates » : Juliette Guépratte, avec Patrick Bouchain, Hervé Brunon, Marc Claramunt, Françoise Dubost, Patrick Écoutin, Georges Farhat, Françoise Fromonot, Djamel Klouche, Armelle Lavalou, Lucien Maillard, Catherine Mariette et Monique Mosser


Première monographie sur le jardinier paysagiste Pascal Cribier, ce livre reproduit plus de mille photographies panoramiques réalisées et commentées par le paysagiste.

Sous forme d’un abécédaire, Pascal Cribier nous convie à une déambulation dans ses jardins où rien n’est laissé au hasard, passant d’une terrasse sur les toits de Paris à un lagon de Bora Bora, du jardin des Tuileries à un marais dans la forêt de Fontainebleau, d’un potager anglais à un ranch aux États-Unis...

Il nous raconte la genèse des projets, leur mise en œuvre, le choix des essences, partage sa jubilation pour les couleurs, les parfums, les rythmes saisonniers et nous alerte sur l’urgence à respecter l’environnement. Plusieurs contributions d’historiens, de scientifiques et de praticiens, ainsi qu’une biographie précise accompagnent ces itinéraires jardinistes.

Il y est question de racines, de graines, de terre, de poussière, de pollution, d’échecs et de succès, d’endives et de champignons, de ce que l’on ne regarde plus ou pas assez, du visible et de l’invisible, d’hybrides et de cultivars, de la nuit et du jour, de plaisir et de passion, de l’accessoire et peut-être de l’essentiel.

Né en 1953, Pascal Cribier, architecte depuis 1978 et paysagiste depuis qu’il a découvert l’univers des pépinières, est plus souvent sur le terrain que dans son atelier. Adepte du franc-parler, il propose des pistes pour un jardin de demain, respectueux avant tout du vivant et des ressources de la nature. Car pour lui, un jardin n’est pas un pastiche, ni un décor dessiné sur ordinateur, mais un lieu où les questions économiques, de maintenance et d’entretien, l’emportent sur les aspects formels et esthétiques.

Ouvrage publié à la suite de l’exposition Pascal Cribier. Les racines ont des « feuilles » (tenue à l’Espace Fondation EDF, Paris, du 15 mai au 28 septembre 2008) et grâce au soutien de Artcurial, Haras de La Cense et Fondation EDF Diversiterre.

 

Kandinsky, le peintre de l’invisible

Olga Medvedkova
Paris, Gallimard, coll. « Découvertes », 2009, 48 p.
ISBN 9782070359820
Prix : 8,40 €

Malgré un demi siècle d’études, Kandinsky, ce « père de l’abstraction », reste un artiste énigmatique. D’abord, parce qu’il a beaucoup écrit sur lui-même, ses écrits étant à la fois éclairants et déroutants. Ensuite, parce que ce cosmopolite appartenait à deux cultures, russe et germanique, qu’il a traduites et retraduites mutuellement. Enfin, parce que la nature non objective de ses œuvres se prête à de multiples interprétations. Les fondements de sa création se retrouvent dans la théorie de Goethe, des romantiques et puis des symbolistes, qui déclarent la guerre aux apparences et traitent de mensongères les écritures naturalistes. Le vrai objet de l’art est la « Vérité Intérieure ». Elle reste invisible aussi bien aux savants qui ne connaissent que le monde phénoménal qu’à la foule plongée dans les tâches quotidiennes. Seul l’artiste doté d’intuition est capable de voir l’Invisible. L’artiste est un prophète, un voyant, un chamane, responsable des relations de l’humanité avec le royaume du Spirituel.

 

Du paysage en peinture dans l’Occident moderne

Alain Mérot
Paris, éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires », 2009, 448 p.
ISBN 9782070781089
Prix : 39 €

--> Cet ouvrage a reçu en 2010 le Prix Eugène Carrière de l’Académie française ainsi que le Prix « Sites et Monuments » du livre de paysage de la SPPEF (Société pour la protection des paysages et de l’esthétique de la France).

Comment le paysage appelé « classique » encore aujourd’hui s’est-il constitué ? Quels furent le développement et le déclin de cette forme idéale dans la culture de l’Europe occidentale à l’époque moderne ? D’abord considéré comme mineur et décoratif, il conquit, en se nourrissant d’une étude attentive de la nature, son autonomie et sa dignité, de la Renaissance au XVIIIe siècle. Au point culminant de cette évolution, les œuvres de Poussin et de Claude Lorrain, par leur suprême maîtrise, se détachent d’une vaste production qui rivalise avec la peinture d’histoire.

Cet art de délectation, voire de méditation, qui prend appui sur différents « discours » dans la tradition de la Renaissance renouvelée par la Contre-Réforme, s’est imposé en liaison avec la culture du temps et en réponse aux attentes d’un public lettré. Sorte de témoin d’un monde disparu, solidaire d’un certain rapport de l’homme à la nature, le paysage est à replacer dans le système des arts d’une époque donnée. Alain Mérot, déjà l’auteur, entre autres, d’une histoire de La Peinture française au XVIIe siècle, s’attache ainsi à lui restituer sa singularité et à mieux comprendre sa persistante autorité.

 

L’architecture exposée : la Cité de l’architecture et du patrimoine

Simon Texier
Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard » (n° 541), 128 p.
ISBN 9782070360468
Prix : 13 €

En s’opposant aux destructions révolutionnaires et en exposant les chefs-d’œuvre sauvés, Alexandre Lenoir a été le précurseur d’une conscience patrimoniale. Mais en dehors de ces circonstances exceptionnelles, l’architecture n’a pas vocation à être transportée pour être exposée grandeur nature. Comment alors la montrer? Eugène Viollet-le-Duc, en 1879, réussit à faire accepter l’idée d’un musée de moulages, comprenant aussi photographies et maquettes d’architecture, installé dans le palais du Trocadéro. Exposer l’architecture est aujourd’hui la vocation de la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui hérite de cette conscience patrimoniale et la projette dans l’avenir, en associant la conservation à la création, insistant sur l’idée d’un patrimoine vivant et d’une architecture contemporaine respectueuse du contexte où elle s’inscrit.
Simon Texier, historien de l’architecture, raconte ici l’aventure fondatrice de la Cité – toute jeune institution culturelle qui réunit trois institutions préexistantes : le musée des Monuments français, l’École de Chaillot et l’Institut français d’architecture. Son ambition est immense : construire et faire partager par le plus grand nombre une culture architecturale et urbaine.

 

Bibliothèques d’architecture / Architectural libraries

Olga Medvedkova (dir.)
Paris, INHA-Alain Baudry éditeur, 2009, 314 p.
ISBN 978-2-35755-006-3
Prix : 55 €

Une bibliothèque est le lieu où l’architecte rencontre son commanditaire. C’est une utopie qui nourrit l’imagination. C’est un endroit où le projet naît en toute liberté, où il évolue et se précise. On y trouve des livres « de métier » : l’architecture n’est pas un art d’imitation, mais de conceptualisation, elle a donc besoin de manuels, de livres de modèles, de traités illustrés qui transmettent des images et qui expliquent leur signification. On y trouve aussi des ouvrages des sciences et de techniques diverses et variées. On y trouve, enfin, des grands classiques anciens et modernes, de la philosophie, de la littérature, de l’histoire, du droit … Tout cela est indispensable pour un architecte qui veut  être à la hauteur : son projet n’est jamais « simplement » architectural, il détermine pour des décennies, voire des siècles à venir, la façon de vivre au quotidien, d’entretenir des relations sociales, d’exercer un rituel religieux, de représenter le pouvoir. Chaque projet donne lieu à des discussions : pour parler d’égal à égal au commanditaire – un particulier, un prince, une ville, une communauté - pour le convaincre, pour le séduire, l’architecte doit être un orateur et en avoir la culture.  En décrivant la somme de savoirs que doit posséder l’architecte idéal, Vitruve  la calque sur celle de Cicéron. Depuis que les humanistes redécouvrent Vitruve au XVe siècle et jusqu’au moins le milieu du siècle passé cet idéal reste actif et actuel. De Rome à Londres, de Paris à Anvers, de Saint-Pétersbourg à New York, les livres d’architecture, les bibliothèques entières, circulent, se multiplient, provocateurs, créateurs de cet espace de l’Occident – architecturé et architecturant – dans lequel nous nous reconnaissons, sans même nous en rendre compte.

Issu des journées d’études qui ont eu lieu à l’INHA en janvier 2005, ce recueil réunit des articles de dix-neuf chercheurs, pour la plupart historiens d’architecture, allemands, anglais, américains, belges, israéliens, japonais, français, russes. En s’appuyant sur des documents d’archives et de bibliothèques, inédits ou oubliés, ils démontrent comment les sources et les méthodes de recherches proprement historiques appliquées à l’histoire de l’architecture peuvent alimenter, voire transformer, cette discipline.

 

Paris et ses expositions universelles : architectures, 1855-1937

Pascal Ory, Bertrand Lemoine, Volker Barth et André Lortie
Paris, Centre des monuments nationaux / éditions du Patrimoine, 2009, 104 p.
ISBN 978-2-7577-0025-9
Prix : 22 €

Spectaculaires, les expositions universelles parisiennes ont marqué la mémoire collective et demeurent des témoins précieux de leur époque.
Vitrine politique, technique et industrielle, les expositions incitent à la célébration du progrès mais elles ont également vocation à privilégier l’accès à la culture et aux échanges culturels. Les divertissements en tous genres, attractions et spectacles qui ponctuent l’exposition, la transforment en une gigantesque fête concourant ainsi au succès phénoménal rencontré auprès des visiteurs.

Bien qu’éphémères, les expositions universelles successives ont profondément marqué le paysage parisien et nous ont légué quelques monuments qui font aujourd’hui la fierté des parisiens et la spécificité de la capitale : la Tour Eiffel, le Grand et le Petit Palais, le Pont Alexandre III, les Palais de Chaillot et de Tokyo, les premiers grands hôtels (Hôtel du Louvre, Grand Hôtel, Hôtel Continental…), les gares ferroviaires (Orsay, les Invalides), la première ligne de métro (Porte de Vincennes, Porte Maillot).

 

Revue de l’Art, n° 164

Paris, Ophrys, n° 164, 2009-2, 88 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 80 €, étranger 95 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €.

Sommaire

Éditorial
Michel Poivert, Le réveil de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine

Études
Yves Gagneux, Le goût des curés parisiens d’après l’enquête épiscopale de 1854
Julie Ramos, « Il cherchait à en faire surgir quelque chose qui ne s’y trouvait pas ». De l’iconographie au paysage musical dans les illustrations des Poèmes d’Ossian par Philipp Otto Runge

Notes et Documents
Agnès Bos, De la peinture murale au panneau de bois. L’utilisation des modèles gravés dans les cabinets d’ébène au milieu du XVIIe siècle
Jack Hinton, Des meubles d’après Jean Goujon ? Le mobilier français du XVIIe siècle, formes et interprétation
Véronique David, Fabienne Stahl, Les vitraux de Maurice Denis à Fère-en-Tardenois

Autour des quarante ans de la Revue de l’Art
Michel Hochmann, Les débuts de la Revue de l’Art
Daniel Russo, La Revue de l’Art dans le projet de son fondateur
Cesare de Seta, Yves Bonnefoy ou de l’art comme destin poétique

Méthodes
Daniel Russo, Herbert L. Kessler : Les jeux du texte et de l’image. La libération du visuel dans l’art médiéval

Bibliographie critique

 

L’architecture des collèges parisiens au Moyen Âge

Aurélie Perraut ; préface de Dany Sandron
Paris : Presses de l’université Paris-Sorbonne, coll. « Cultures et civilisations médiévales » (n° 46), 2009, 464 p.
ISBN 978-2-84050-638-6
Prix : 28 €

Dès le XIIIe siècle, l’architecture des collèges parisiens fut le reflet des phénomènes religieux, culturels et sociaux liés à l’existence de l’université dans la capitale des rois capétiens. Le XIVe siècle marqua un tournant décisif dans la diffusion du modèle collégial dans la ville, grâce à l’implication du souverain et de son entourage politique, avec la fondation de la majorité des collèges médiévaux connus à Paris. Leurs édifices traduisaient un grand pragmatisme, induit par le développement urbain particulier du Quartier latin, mais aussi la réception de modèles royaux et religieux prestigieux. L’architecture de la Sainte-Chapelle et des couvents mendiants eut un impact décisif sur celle des collèges parisiens. Ces établissements étant presque tous détruits aujourd’hui, l’ouvrage s’appuie sur une analyse pluridisciplinaire et inédite de sources diverses issues de l’archéologie, de nombreux dépouillements d’archives ou de l’étude stylistique.

 

Revue de l’Art, n° 163

Paris, Ophrys, n° 163, 2009-1, 96 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 80 €, étranger 95 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 18 € ; abonnement France : 60 €.

Sommaire

Éditorial
Alexandre Gady, Claude Mignot, Un fantasme post-historique : reconstruire les Tuileries

Études
Silvia Ginzburg, Poussin « refusé » (2)
Klaus Herding, Œuvres inédites de Christophe Veyrier. L’idéal classique et la sculpture baroque provençale

Notes et documents
Jérémie Koering, La ville par le détail : la sala di Manto au palais ducal de Mantoue
Magali Bélime-Droguet, Nicolas de Hoey. De Fontainebleau à Ancy-le-Franc
Anna Reuter, Nicolas de Plattemontagne au musée Cerralbo de Madrid
Sébastien Bontemps, L’ornement sculpté autour de 1700 : le trophée d’église et la chapelle royale de Versailles
Jean-François Corpataux, La Pythie de Marcello : corps, empreinte, matrice

Bibliographie critique

 

Calder, mouvement et réalité

Arnauld Pierre
Paris, Hazan, coll. « Monographie », 2009, 335 p.
ISBN 978-2-7541-0226-1
Prix : 49 €

--> Cet ouvrage a reçu le Prix du Syndicat national des antiquaires en 2009.

Le sculpteur américain Alexander Calder (1898-1976) partage avec certains des plus grands créateurs du XXe siècle le redoutable privilège de l’assentiment spontané et de la popularité universelle. Or son œuvre n’a jamais reçu l’examen critique et historique à la mesure de cette notoriété : le créateur des mobiles, l’une des expressions les plus neuves et les plus audacieuses de la sculpture au XXe siècle, est resté longtemps, et pour beaucoup, un simple bricoleur de jouets sophistiqués. Issu d’une thèse universitaire, réactualisée et enrichie par une collaboration continue avec la Calder Foundation, détentrice des archives de l’artiste, l’essai monographique d’Arnauld Pierre tente de redonner toute son importance aux inventions de Calder en montrant qu’un véritable projet soutient sa démarche de créateur, qu’elle est habitée par une vraie cohérence, et qu’il y a, en somme, une esthétique caldérienne. Celle-ci tourne autour de la confluence de deux notions capitales, celle de mouvement et celle de réalité, dont Calder ne cessera d’examiner les rapports complexes.
Dans la première période parisienne de l’artiste, sa sculpture en fil de fer parvient à un réalisme particulièrement aigu qui, en se concentrant sur l’expression du mouvement, s’éloigne de la figuration illusionniste traditionnelle et conduit au paradoxe d’une plus grande réalité contenue dans une forme de moins en moins réaliste. Parallèlement, et à partir des mêmes prémisses, le Cirque miniature et quelques sculptures en fil de fer animées réalisaient l’intégration du mouvement réel au service d’une plus grande fidélité envers l’observation de leur sujet. Avec le « choc » de la rencontre avec Mondrian et l’avant-garde constructive, en 1930, s’impose le mouvement comme composante réelle d’un art abstrait, non figuratif. Isoler le mouvement comme moyen plastique à part entière permet à Calder de forger la notion de composition de mouvements, dont les mobiles mécaniques proposent l’incarnation la plus rigoureuse. Dans le même temps, Calder réveille les plus fines de ses intuitions d’ingénieur et invente des constructions articulées où s’équilibrent des corps pesants, poids et contrepoids, pendules, fléaux, composant des systèmes équilibrés d’une rare subtilité, instaurant d’une manière toute nouvelle les conditions d’apparition du mouvement réel. Cette composition d’équilibres, c’est le mobile, où la cause du mouvement se confond si bien avec les bases constructives de l’œuvre qu’il lui paraît en quelque sorte immanent. Mais le mouvement est aussi ce qui permet de maintenir dans le mobile une forte référence au vivant, en en faisant une sorte d’organisme autonome, doué de sa vie propre. Référence plus évidente encore lorsque Calder délaisse le vocabulaire géométrique du début des années trente pour entrer dans le « cycle organique » et s’inspirer des rythmes et des formes du monde naturel. Avec ses mobiles et ses stabilen, l’art de Calder invente ainsi un autre rapport à la réalité, fondée, justifiée et qualifiée tout à la fois par le mouvement. C’est à la tentative de définir cet autre réalisme qu’est consacré l’ouvrage d’Arnauld Pierre : désormais l’ouvrage de référence sur Calder.

 

Art is Arp
Dessins, collages, reliefs, sculptures, poésie

Ouvrage collectif sous la direction d’Isabelle Ewig et Emmanuel Guigon. Avec les contributions d’Isabelle Ewig, Georges Sebbag, Eric Robertson, Guitemie Maldonado, Walburga Krupp, Julia Drost, Emmanuel Guigon, Gabriele Mahn, Thierry Dufrêne ; et les propositions artistiques de Patrick Beurard-Valdoye et Martin d’Orgeval
Strasbourg, Éditions des musées de Strasbourg, 2008, 350 p.
Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition Art is Arp, présentée au musée d’Art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg du 17 octobre 2008 au 15 février 2009 ; commissariat : I. Ewig.
ISBN 978-2-35125-075-4
Prix : 52 €

« For Arp, art is Arp ». Cette citation de Marcel Duchamp donne son titre à l’exposition que le musée d’Art moderne et contemporain de la ville de Strasbourg consacre à un artiste majeur du début du XXe siècle. Hans Jean Arp est né à Strasbourg en 1886 et durant les 80 années que dure sa vie, il prend une part active aux nombreux courants fondateurs de l’art du siècle. Présent dans les expositions du Blaue Reiter, co-fondateur de Dada, acteur du surréalisme, puis du constructivisme, Arp a ainsi côtoyé les grandes figures de la modernité (Kandinsky, Tzara, Apollinaire, Picasso, Max Ernst,…) tout en développant une œuvre singulière et empreinte de poésie.
L’exposition présentée au musée d’Art moderne et contemporain met en avant les différents processus de créations qui président au travail d’un artiste toujours au carrefour des pratiques : poète, peintre, sculpteur, dessinateur. Arp, comme le montre l’exposition, construit une œuvre qui trouve tour à tour son origine dans le refus des pratiques traditionnelles, la destruction, le hasard parfois, ou encore dans la collaboration avec d’autres artistes tels que Sophie Taeuber-Arp et Theo Van Doesburg pour la réalisation des décors de l’Aubette.

Table des matières

Préface, par Roland Ries, sénateur, maire de la Ville de Strasbourg
Introduction, par Joëlle Pijaudier-Cabot, conservatrice en chef du patrimoine, directrice des Musées de la Ville de Strasbourg et Estelle Pietrzyk, conservatrice du musée d’Art moderne et contemporain de la Ville de Strasbourg
L’asconaute dans l’atelier de la nature, par Patrick Beurard-Valdoye, poète
Introduction, par Isabelle Ewig, maître de conférences en histoire de l’art à l’université de la Sorbonne (Paris IV)

I. Les matériaux de la rupture, par Isabelle Ewig
II. Les yeux ouverts et fermés, par Georges Sebbag, écrivain, philosophe et historien du surréalisme
III. Le langage-objet, par Guitemie Maldonado, maître de conférences à l’université Paris I – Panthéon-Sorbonne
IV. Écrire, par Eric Robertson, professeur à la University of London
V. Œuvrer collectivement :
- Arp et Sophie Taeuber-Arp, par Walburga Krupp, conservateur à la Stiftung Hans Arp und Sophie Taeuber-Arp e.V
- Arp et Max Ernst : Les Fatagaga, par Julia Drost, directrice scientifique au Centre allemand d’histoire de l’art à Paris, collaboratrice de Werner Spies à la Forschungsstelle Max Ernst
- Cadavres exquis, par Emmanuel Guigon, conservateur en chef, directeur du musée des Beaux-Arts et d’Archéologie de Besançon
- Grasse, par Gabriele Mahn, historienne de l’art, chargée de mission à la fondation Le Corbusier, Paris
VI. L’aspiration constructive, par Isabelle Ewig   
VII. La pulsion destructive, par Emmanuel Guigon
VIII. Produire/Reproduire, par Thierry Dufrêne, professeur à l’université Paris X-Nanterre

 

Paris Grand Siècle
Places, monuments, églises, maisons et hôtels particuliers du XVIIe siècle

Nicolas Courtin ; photographies de Marc Lelièvre
Paris, Parigramme, 2008, coll. « Grammaire de la ville », 176 p.
ISBN 978-2-84096-474-2
Prix : 19 €

À Paris, le Grand Siècle commence en 1594 si l’on accepte de prendre comme point de départ l’entrée d’Henri IV dans la capitale. L’établissement officiel de la cour et du gouvernement à Versailles en signe le crépuscule parisien. Entre-temps, et par la volonté de trois souverains, Henri IV, Louis XIII et Louis XIV, le paysage parisien est totalement remodelé. La Seine, à laquelle la ville médiévale tournait le dos, devient un grand canal urbain bordé de quais et d’édifices majestueux. Les espaces libres sont transformés en places monumentales. De nouvelles églises, coiffées de dômes plutôt que de clochers, s’élèvent par dizaines. Les hôtels particuliers se bâtissent par centaines tandis que la maison bourgeoise change de silhouette. Les remparts sont abattus au profit de boulevards arborés. Paris devient la ville ouverte que nous connaissons.

 

Un chantier flamboyant et son rayonnement : Gisors et les églises du Vexin français

Étienne Hamon
Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, « Annales littéraires de l’université de Franche-Comté », n° 834 - série « Architecture », 2008, 652 p. Publié avec le concours de la Société des antiquaires de Normandie, du conseil général de l’Eure et de l’université Paris IV-Sorbonne (Centre André Chastel)
ISBN 978-2-84867-219-9
Prix : 45 €

Le Vexin français est l’une des régions de l’hexagone dont le paysage monumental a été le plus profondément marqué par la diffusion de l’art flamboyant. L’étude sur un demi siècle (1495-1548) de la reconstruction de la grande église de Gisors permet, grâce à une exceptionnelle documentation écrite, de saisir les composantes humaines, matérielles et formelles de ce qui fut l’un des plus grands chantiers du temps aux confins de la Normandie, de la Picardie et de l’Ile-de-France. La confrontation des textes et des édifices avec leur décor permet de comprendre la complexité et la diversité des formes du gothique tardif qui, ici, fit preuve d’une vitalité insoupçonnée, préparant le terrain à l’italianisme et au classicisme de la Renaissance. En établissant la place de l’église de Gisors dans l’évolution de l’art flamboyant français et en délimitant les contours de son rayonnement régional, cette étude offre un jalon important dans la compréhension d’un phénomène majeur dans l’art européen de la fin du Moyen Âge mais qui reste jusqu’à présent méconnu en France.

 

Revue de l’Art, n° 162
Sculpture des XIXe et XXe siècles

Paris, Ophrys, n° 162, 2008-4, 115 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 55 €.

Sommaire

Éditorial
Antoinette Le Normand-Romain, Paul-Louis Rinuy, Une histoire ouverte

Études
Antoinette Le Normand-Romain, Le musée Rodin 1916-1940 : un lieu de référence
Alain Bonnet, Le Peintre statufié. Réflexions sur la représentation monumentale des peintres dans la sculpture du XIXe siècle

Notes et documents
Isabelle Rouge-Ducos, Passions françaises autour de la Marseillaise de Rude.  De l’utilisation de la sculpture à des fins politiques
Claire Barbillon, Le relief, un genre renouvelé ? Microlecture des Carnets de David d’Angers
Catherine Chevillot, Artistes et fondeurs au XIXe siècle
David J. Getsy, Rodin et Michel-Ange. Réflexion sur l’érotisme des dessins de Rodin d’après les figures pour la chapelle des Médicis
Ada Ackerman, Les statues dans Octobre d’Eisenstein
Penelope Curtis, Sculpture et vérité. L’exemple de Malvina Hoffman
Paul-Louis Rinuy, Le Voyage en Grèce de Zadkine, son credo de sculpteur
Annie Claustres, Eduardo Paolozzi, Tony Cragg et la culture de masse

Bibliographie critique

 

Grands chantiers et matériaux
Livraisons d’histoire de l’architecture, n° 16

Actes de la journée d’études organisée par Basile Baudez
2e semestre 2008, 204 p. Volume publié avec le concours du Centre national du livre et du Centre André Chastel, UMR 8150
ISSN 1627-4970
Prix : 20 €

Sommaire (avec liens vers le site de la revue Livraisons d’histoire de l’architecture) :
Études
Ouverture d’un grand chantier, par Basile Baudez
La pierre dans la construction troyenne au XVIe siècle : choix des matériaux et stratégies d’approvisionnement, par Cédric Roms
Fraudes et profits autour des marbres méridionaux, de Colbert au duc d’Antin, par Pascal Julien
Deux projets marbriers abandonnés : la cinquième chapelle de Versailles et l’église royale des Invalides, par Sophie Mouquin
Le chantier de la fontaine des Quatre-Saisons, rue de Grenelle (1739-1745), par Dominique Massounie
L’approvisionnement du chantier de l’arc de triomphe du Carrousel : construction et restauration (1806-1943), par Guillaume Fonkenell
Reconstruire Vézelay et restaurer la Bourgogne : le choix des matériaux chez Eugène Viollet-le-Duc, par Arnaud Timbert
Le chantier de la construction du phare d’Armen, 1867-1881 , par Jean-Christophe Fichou
Grands chantiers et matériaux à l’ère du béton, par Georges Beisson
Architecture : les matériaux d’une histoire, par Nicolas Reveyron

Varia
L’église Saint-Pierre de Firminy, de Le Corbusier : quarante ans d’histoire entre idée et réalisation, par Luca Sampò

 

La sculpture de la façade de la cathédrale de Laon. Eschatologie et humanisme

Iliana Kasarska ; préface de Dany Sandron
Paris, Picard, 2008, 272 p. + CD-rom (corpus de la sculpture figurée et archives des restaurations du XIXe siècle)
ISBN 978-2-7084-0832-6
Prix : 45 € jusqu’au 28 février 2009, ensuite 55 €

La cathédrale de Laon comporte le plus grand ensemble sculpté de la fin du XIIe siècle : trois portails et leurs gâbles, deux fenêtres à voussures, de nombreuses têtes dans les écoinçons des baies, des personnages sur les arcs-boutants et des bœufs énigmatiques aux sommets des tours du massif occidental. L’ouvrage révèle un programme d’ensemble selon lequel les thèmes des portails latéraux – Incarnation et Jugement dernier – sont couronnés et achevés par le Triomphe de la Vierge au portail central, symbole de l’espoir eschatologique des chrétiens. Ce programme, attribué à Gautier de Mortagne, évêque de Laon de 1155 à 1174, est amplifié par les thèmes novateurs des fenêtres – Arts libéraux et Arts mécaniques au nord, Création-Rédemption au sud – lesquels procèdent directement des écrits de Hugues de Saint-Victor (1096- 1141), théologien majeur du XIIe siècle. La présence des bœufs en haut des tours peut alors s’interpréter comme une introduction oculaire à ce programme : rappel de l’apparition providentielle d’un bœuf auprès d’un ouvrier lors de la construction de la cathédrale et herméneutique de ce miracle comme conjugaison nécessaire des œuvres humaines et de la grâce divine.
Les analyses iconographique, stylistique et archéologique ont permis plusieurs découvertes : l’existence d’une chapelle axiale dans le chœur primitif (détruit au début du XIIIe siècle), le remploi d’un portail complet datant de la fin de l’épiscopat de Barthélemy de Joux (1113- 1150) et achevé avant le début de la construction de la cathédrale actuelle.
La richesse et l’originalité de cet ensemble sculpté sont servies par une couverture photographique inédite présentée sous forme de corpus dans le CD-ROM interactif qui accompagne l’ouvrage. La critique d’authenticité, complétée par l’analyse de chaque sculpture du corpus, met en évidence un nombre significatif de têtes du XIIe siècle et dénote le bon état général de la sculpture originale.
L’étude stylistique, couplée à celle des techniques d’exécution, permet de distinguer les manières d’un nombre réduit d’artistes. La chronologie du chantier conduit à remonter la datation de la sculpture de la façade au dernier quart du XIIe siècle.
Laon s’intègre dans le style antiquisant, appelé « style 1200 » et devient une référence déterminante pour Chartres, Lausanne et Maastricht. Plus largement, l’écho qu’en offrent les ensembles sculptés de Paris, Reims et Amiens fait incontestablement de Laon un grand chantier européen.

 

Cruz-Diez

Arnauld Pierre
Paris, La Différence, coll. « Mains et merveilles »,  2008, 396 p.
ISBN : 978-2-7291-1749-8
Prix : 90 €

Né en 1923 à Caracas, Carlos Cruz-Diez est avec Jésus Soto (mort en 2005), une des grandes figures du mouvement artistique apparu dans les années soixante sous le nom « d’art cinétique ». Un groupe de peintres et de sculpteurs parmi lesquels Vasarely, Agam, Le Parc, Schoeffer, Takis, Bury, Calder, Soto et Cruz-Diez voulurent faire bouger la surface statique d’une toile ou les trois dimensions d’une sculpture. Certains avec des moteurs, d’autres avec le vent, d’autres encore, comme Vasarely et Cruz-Diez, par la recherche optique de la perception de la couleur sur la rétine. Dès les années cinquante, Carlos Cruz-Diez expérimente des juxtapositions de fines bandes colorées qui créent dans l’œil du spectateur l’apparition de couleurs qui n’existent pas. Il s’aperçoit au fil de ses recherches qui expérimentent, bien avant l’invention de l’ordinateur, l’infinité des variations chromatiques par un simple décalage d’images géométriques, qu’un nouveau langage plastique est possible. Il applique ses recherches à des supports très différents et s’investit dans des réalisations monumentales avec des architectes un peu partout dans le monde – notamment à l’aéroport de Caracas où une mosaïque monumentale est installée dans le hall.

 

Prouesses du 20e siècle

Bertrand Lemoine
Paris, Gallimard, coll. « Notre histoire lue du ciel », 2008, 30 modules dépliants.
ISBN 978-2-74-242330-9
Prix : 35 €
NB : l’ouvrage existe également en versions allemande, espagnole, japonaise, russe et turque

Longtemps l’image du monde vue du haut des cieux – l’image aérienne – est restée inaccessible au commun des mortels, et donc mythique. Seuls les dieux avaient le pouvoir d’englober du regard les constructions des hommes. De mesurer l’ampleur des paysages dans lesquels elles s’insèrent. D’apprécier les prouesses techniques mises en œuvre. D’en comprendre le plan, l’organisation et la fonction. De contempler enfin la beauté de ces monuments. Le simple mortel, lui, se contentait d’une vision terrestre... Aujourd’hui, à son tour, il peut enfin profiter de ce privilège des dieux. Grâce à la photo aérienne. Et grâce à la formule exceptionnelle d’une mise en scène époustouflante qui multiplie les points de vue et démultiplie le format.

Ce cinquième volume, consacré aux prouesses architecturales du XXe siècle, est un tour du monde des plus étonnantes réalisations de l’architecture moderne : des tours et des gratte-ciel – la tour Eiffel, le Chrysler Building de New York ou la Swiss Re de Londres –, des musées – le Guggenheim de Bilbao ou le Getty Center de Los Angeles –, de spectaculaires salles de concerts comme l’opéra de Sydney ou le centre des Arts orientaux de Shanghai, des ponts monumentaux tels le Golden Gate de San Francisco ou le viaduc de Millau, des sanctuaires même avec la Sagrada Familia de Barcelone ou le temple du Lotus de Delhi.

 

Les hôtels particuliers de Paris, du Moyen-Âge à la Belle Époque

Alexandre Gady ; photographies de Gilles Targat
Paris, Parigramme, 2008, 328 p.
ISBN 978-2-84096-213-7
Prix : 49 €

Il subsiste près de cinq cents hôtels particuliers dans Paris, quand on croyait en compter plus de deux mille au XVIIe siècle… Présent partout, l’hôtel parisien reste pourtant une exception si l’on songe au nombre d’immeubles de la capitale. Mais qu’importe la statistique, la rareté tient ici avant tout au caractère d’objets uniques de ces précieuses demeures.
Savant mélange de règles et de fantaisie, de convention et de génie, l’hôtel parisien est né de l’adaptation aux contraintes d’une grande ville et d’un rêve de domination. Il représente encore pour son propriétaire le moyen d’afficher une réussite éclatante tout en constituant un refuge intime, où il peut jouir de la ville sans en subir les désagréments, voir sans être regardé…
C’est dans l’interprétation de ces ambiances contradictoires qu’il faut lire la puissance des commanditaires, le talent des meilleurs architectes, l’audace des grands décorateurs… et céder au plaisir de nous laisser, à notre tour, habiter par ces maisons hors du commun.

 

Cosmos. En busca de los orígenes, de Kupka a Kubrick
Catalogue de l’exposition, Tenerife espacio de las artes, 30 octobre 2008-31 janvier 2009

Sous la direction d’Arnauld Pierre
Santa-Cruz de Tenerife, Tenerife Espacio de las Artes, 2008, 488 p.
ISBN 978-84-87340-97-0
Prix : 59 €

Vers 1900, le peintre Frantisek Kupka représente les différents états du Commencement de la vie, qui compte parmi les images les plus mystérieuses du courant symboliste international. En 1968, le cinéaste Stanley Kubrick réalise une de ses œuvres maîtresses,  2001, l’Odyssée de l’espace. À plus d’un demi-siècle de distance, c’est la même vision enchanteresse « de l’enfance des étoiles », un fœtus rayonnant dans la nuit cosmique. Entre les œuvres du peintre et celles du cinéaste, un fil rouge met en évidence la préoccupation continue des origines de l’homme, de la vie, de l’univers. C’est ce fil qu’a cherché à développer l’exposition « Cosmos. À la recherche des origines, de Kupka à Kubrick », en traitant la question de l’origine et de la genèse du monde à travers un ensemble d’œuvres qui ont en commun d’aborder cette recherche à la rencontre du cosmos, conçu comme une vaste matrice en perpétuelle genèse.
L’exposition aborde l’iconographie cosmique de l’origine à travers les représentations visuelles qui en ont été faites de l’époque romantique jusqu’à nos jours, en passant par l’onirisme symboliste et la science-fiction ; cette iconographie est légitimée par l’astrophysicien Hubert Reeves qui déclare : « nous vivons dans le monde des étoiles. Il n’est pas du tout surprenant que nous devions chercher en lui les lieux de notre naissance ». L’exposition a donc réservé une place à un important ensemble de documents montrant l’évolution parallèle des représentations visuelles et des conceptions astronomiques, de Camille Flammarion et des grands vulgarisateurs du XIXe siècle aux représentants de l’astrophysique moderne, comme Michel Cassé ou André Brahic. Sont également documentées certaines étapes de la conquête spatiale, considérée moins comme une projection de l’Humanité dans le futur que comme un épisode de l’expansion cosmique de la conscience qui lui permettra d’intégrer la connaissance de ses propres origines.
Le sujet est présenté à travers les médias les plus divers : la peinture et le dessin, le livre et l’illustration, la gravure et la photographie, mais aussi le cinéma expérimental et populaire.

 

Le jardin comme labyrinthe du monde
Métamorphoses d’un imaginaire de la Renaissance à nos jours

Hervé Brunon (dir.)
Préface de Henri Loyrette ; avant-propos de Monica Preti-Hamard
Paris, Presses de l’université Paris-Sorbonne/Musée du Louvre éditions, collection « Art’Hist’ », 2008, 356 p., relié en quadrichromie, bibliographie, résumés, index
ISBN Musée du Louvre : 978-2-35031-218-7
ISBN PUPS : 978-2-84050-602-7
Prix : 35 €

Si le jardin enchante, le labyrinthe captive ; tous deux traduisent notre rapport à l’univers. Déclinée d’Homère à Borges, l’image du labyrinthe dénote l’harmonie du cosmos, les errances de la vie comme les circonvolutions de la pensée. Le jardin quant à lui « est la plus petite parcelle du monde et puis c’est la totalité du monde » rappelle Foucault, un enclos dans lequel, et par lequel, une mise en ordre se déploie, de la nature tout entière. Ce sont les liens noués entre ces deux formes spatiales et symboliques que cet ouvrage explore.
Quels rôles les labyrinthes ont-ils historiquement joué dans la conception et l’expérience des jardins ? En quoi certains d’entre eux fonctionnent-ils comme des dédales ? Quels sont les enjeux multiples qui sous-tendent la double assimilation du jardin et du labyrinthe au monde, support tant d’archétypes collectifs que d’aspirations personnelles ?
À partir de ces questions, les auteurs, qui proviennent d’horizons différents – histoire de l’art et des jardins, philosophie, création littéraire et artistique –, contribuent à éclairer les continuités et les ruptures de cette association profondément signifiante et à expliquer la fascination qu’elle a exercée sur la culture occidentale. Depuis sa première apogée, de la Renaissance aux Lumières, jusqu’à sa résurgence et ses manifestations les plus contemporaines, se dévoilent les avatars complexes d’un imaginaire singulièrement fertile.

Ouvrage publié avec le concours de l’université Paris-Sorbonne et du Centre André Chastel (UMR8150).
Ce livre est issu de la journée Le Jardin comme labyrinthe du monde. Permanence et métamorphoses d’un imaginaire de la Renaissance à nos jours, organisée à l’auditorium du Louvre le 24 mai 2007, à l’initiative de Monica Preti-Hamard, responsable de la programmation en histoire de l’art, et sous la direction scientifique d’Hervé Brunon.

 

La sculpture gothique en France, XIIe - XIIIe siècles

Fabienne Joubert
Paris, Picard éditeur, coll. « Questions d’art et d’archéologie » (dir. F. Joubert et A. Farnoux), 2008, 248 p.
ISBN 978-2-7084-0818-0
Prix : 45 €

L’histoire de la sculpture gothique est d’abord celle de son devenir à l’époque moderne et contemporaine ; le rappel des faits qui marquèrent l’histoire des monuments et des œuvres permet de mieux comprendre leur aspect ou leur localisation actuels : l’iconoclasme protestant, le vandalisme « embellisseur » du clergé, le vandalisme révolutionnaire, puis finalement les restaurations maladroites du XIXe siècle sont autant de données qu’il faut savoir décrypter lorsqu’on analyse une sculpture gothique… Heureusement la vision actuelle peut s’aider de la très riche documentation laissée par certains témoins des siècles derniers, et elle bénéficie par ailleurs du travail de protection accompli par les musées comme des analyses menées dans le cadre des premières réflexions d’histoire de l’art. Il semble donc indispensable de commencer par prendre la mesure de ce fossé de sept siècles, comme des passerelles qui nous conduisent vers le temps où les œuvres furent conçues. Ces pages consacrées à leur devenir doivent permettre d’envisager, en  meilleure connaissance de cause, l’analyse des sculptures gothiques. Il s’agit alors d’en caractériser les emplacements particuliers dans le monument : les portails historiés, qui apparaissent à l’époque romane, deviennent désormais un lieu de prédilection. Mais les cloîtres historiés vont quant à eux disparaître vers la fin du XIIe siècle, tandis que le mobilier liturgique du sanctuaire prend une ampleur considérable et que les tombeaux sculptés se multiplient. La question de la valeur sémantique des œuvres doit être abordée à la lumière des chapitres fondamentaux du discours religieux, mais aussi de la fonction qu’elles devaient assumer, comme du contexte local qui colore souvent le contenu des images et contribue à leur portée.

La dernière partie de cet ouvrage est consacrée à l’aspect formel des sculptures et à ceux qui l’ont façonné. On cherche à comprendre comment les sculpteurs du milieu du XIIe siècle, formés à l’esthétique de l’époque romane, pratiquent progressivement un nouveau langage, et à quels contextes ce langage correspond. Il s’agit aussi de faire le point sur ce que l’on sait aujourd’hui de l’élaboration concrète des œuvres : le travail sur les chantiers, les phénomènes de collaboration, ou encore la mobilité des artistes et des modèles qui permettent de rendre compte des affinités que l’on peut observer d’un édifice à l’autre. La question fondamentale de la connaissance par les sculpteurs gothiques de la culture artistique antique, et plus particulièrement grecque, est également abordée à l’aide d’un dossier historique renouvelant sensiblement des points de vue considérés comme acquis.

Cet essai de synthèse, écrit dans le respect des auteurs nombreux qui ont œuvré sur le sujet, leur rend hommage en proposant un matériau vivant aux jeunes historiens.

 

Des défis climatiques
Les Carnets du paysage, n° 17

Dossier coordonné par Jean-Marc Besse et Hervé Brunon
Arles/Versailles, Actes Sud/École nationale supérieure du paysage, automne/hiver 2008-2009, 178 p.
ISBN 978-2-7427-8016-7
ISSN 0766-2130
Prix : 26 €

Les bouleversements climatiques que nous connaissons aujourd’hui ont des conséquences sur les paysages et leur devenir. Dans ce contexte, Les Carnets du paysage ont choisi d’explorer la question des impacts de ces modifications multiples sur notre manière de percevoir et surtout de transformer les paysages. Comment le changement climatique peut-il affecter la façon dont les paysages se fabriquent, en quoi les paysagistes, les aménageurs, les responsables politiques vont-ils intégrer cette nouvelle donne à laquelle ils devront et doivent déjà faire face ? Autrement dit, comment projeter et gouverner à court et à long terme le paysage, cet être en perpétuel devenir, en fonction des désordres et des déséquilibres que de tels phénomènes suscitent, qu’ils soient environnementaux, sociaux, géopolitiques, voire juridiques ? Comment agir sur le paysage sous de nouveaux climats ?
L’objectif de ce dossier est d’attirer l’attention sur un certain nombre de démarches en cours, sur des solutions actuellement expérimentées et sur les mutations dans les pratiques et les représentations paysagères qui peuvent déjà être observées, tout comme sur les enjeux plus théoriques qui apparaissent ainsi soulevés : projeter le paysage, c’est aussi anticiper sur le futur...

 

Revue de l’Art, n° 161

Paris, Ophrys, n° 160, 2008-3, 80 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 55 €.

Sommaire

Éditorial
Alain Mérot, L’histoire de l’art en ligne

Études
Jan Blanc, Confusion des genres. Des théories hollandaises de la « peinture de genre »
Silvia Ginzburg, Poussin « refusé » (1)

Notes et Documents
Maxence Hermant, Étienne de La Vallée. Un peintre et verrier de la Renaissance entre la Champagne et Paris
Augustin de Butler, Renoir aux Collettes. L’atelier du jardin
Fabien Bellat, Le néo-académisme en URSS, une autre architecture

Découverte
Philippe Chéron, Un chef-d’œuvre inédit d’Engrand Le Prince à Rouen

Bibliographie critique

Correspondance
Colin Eisler, Renzo Leonardi, À propos de « Jan van Eyck, les Alpes et la lune »

 

Accords chromatiques. Histoires parisiennes des architectures en couleurs 1200-2010

Simon Texier
Paris, éd. du Pavillon de l’Arsenal, 2008, 223 p. Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition créée par le Pavillon de l’Arsenal, juillet 2008.
ISBN 978-2-35487-002-7
Prix : 27 €

Depuis quarante ans, de nombreux bâtiments vivement colorés sont venus enrichir la diversité du paysage parisien : très connus comme le Centre Pompidou, le musée du quai Branly ou le très récent Docks en Seine, mais aussi plus anonymes, tels le gymnase Maurice-Berlemont, ou, tout près, le groupe scolaire rue Godefroy-Cavaignac et les logements de la cité Prost.
Cette abondance contemporaine ne doit pas nous faire oublier que l’histoire entre Paris et la couleur est très longue. Elle commence au XIIIe siècle et continue à nous inspirer, ainsi qu’en témoignent les nombreux documents d’époque réunis dans cet ouvrage et les photographies des bâtiments les plus récents.
Simon Texier, maître de conférences en histoire de l’art contemporain et historien spécialiste du paysage parisien, avec ce livre et l’exposition qui l’accompagne, nous promène au travers des siècles dans un Paris coloré : ville de pierre, ville d’enduits clairs, mais aussi ville de brique, de bois, de fer, de teintes vives, de mélanges variés. (Extrait de la préface d’Anne Hidalgo)

Sommaire
Avant-propos
• La couleur : brève histoire d’un malentendu
• L’architecture en couleurs : mode d’emploi
• Chapitre 1 : Du portail peint au « brique et pierre ». « Une certaine nuance de couleurs si agréable à la vue »
• Chapitre 2 : L’éclipse, ou deux siècles de chromophobie. « Laissons au vulgaire les froids ornements, ce sont de faibles moyens »
• Chapitre 3 : Une nouvelle Athènes, 1830-1860. « Ôter la froideur et la monotonie de la pierre blanche »
• Chapitre 4 : L’invention de la ville polychrome, 1860-1900. « Un reflet harmonieux de soie et d’or »
• Chapitre 5 : La ville pittoresque et les couleurs du béton, 1900-1920. « Souligner l’originalité des nouvelles constructions »
• Chapitre 6 : Une ville plastique et salubre, 1920-1950. « Oh ! Lumière ! Marbres ! Monochromie ! »
• Chapitre 7 : L’art abstrait au secours de la ville transparente, 1950-1980. « Redonner sa noblesse à une architecture trop simplifiée »
• Chapitre 8 : Les couleurs de la ville hétérogène, 1980-2000. « Un stimulus urbain, par contraste avec un urbanisme de ton pierre »
• Chapitre 9 : La couleur, figure de l’ornement ?

 

Revue de l’Art, n° 160

Paris, Ophrys, n° 160, 2008-2, 84 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 55 €.

Sommaire

Éditorial
L’histoire de l’art dans l’enseignement secondaire : une occasion manquée ?

Études
Michel Hochmann, Le dessin dans la peinture vénitienne : nouvelles recherches
Roland Krischel, La Sagesse de Titien
Stefania Mason, À l’enseigne du calice et de la lune : les Bontempelli, marchands, commanditaires et collectionneurs
Guillaume Cassegrain, Tintoret et ses doubles

Notes et Documents
Stefano Pierguidi, Le Portrait de Clément VII par Sebastiano del Piombo du J. Paul Getty Museum
Hélène Rousteau-Chambon, Antoine Degodets et les églises paroissiales

Découverte
Sylvain Cordier, Deux projets pour le fauteuil du trône de Louis XVIII par Dugourc et Saint-Ange

Bibliographie critique

Correspondance
Dan Ewing, Addendum à Jan Van Eyck, les Alpes et la lune

 

Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours
Actes du XXIIIe colloque international du Corpus Vitrearum, Tours, 3-7 juillet 2006

Textes réunis par Karine Boulanger et Michel Hérold
Publiés avec le soutien du ministère de la Culture et de la Communication (DAPA), du Centre André Chastel, de l’université de Paris Sorbonne - Paris IV et de l’École doctorale d’histoire de l’art et d’archéologie de l’université de Paris Sorbonne - Paris IV
Berne, Peter Lang, 2008, 354 p.
ISBN 978-3-03911-579-2

De tous temps les artistes ont cherché à transmettre leurs réflexions théoriques et leurs savoir-faire. Les traités en sont la forme la plus aboutie, certainement la plus durable. Si les grands ouvrages de Vitruve, d’Alberti ou de Serlio jalonnent l’histoire des arts, les travaux de moindre portée, manuels pratiques, livres de recettes composent une littérature souvent négligée.
Les historiens du vitrail ont entrepris avec succès l’étude de ces ouvrages. En 2006, le XXIIIe colloque international du Corpus Vitrearum a pour la première fois permis de confronter les connaissances, les méthodes et les conclusions des chercheurs.
La prise en compte de l’ensemble de ces ouvrages que l’on peut désigner par le mot « traité » a permis à elle seule de nombreuses découvertes et en a fait des sources désormais incontournables. Elles se prêtent à des analyses aussi diverses que stimulantes, commentaires historiques et critiques, analyses expérimentales des données techniques, etc. Une voie est ainsi ouverte vers une connaissance plus complète du vitrail et vers une évaluation nouvelle de sa place parmi les autres arts.

 

Revue de l’Art, n° 159

Paris, Ophrys, n° 159, 2008-1, 96 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 55 €.

Sommaire

Éditorial
Musées à vendre ?

Études
Annemarie Jordan Gschwend : Antoine Trouvéon, un portraitiste de Leonor d’Autriche récemment découvert
Udolpho van de Sandt : Fulchran-Jean Harriet

Notes et Documents
Jean-Marie Guillouët et Guillaume Kazeronni : Le Tombeau de Simon Matifas de Bucy : une nouvelle peinture médiévale à Notre-Dame de Paris
Pierre-Gilles Girault : Le Maître de saint Gilles et le triptyque royal de Saint-Leu-Saint-Gilles : essai
d’interprétation iconographique et historique
Yves Pauwels : Les ordres de Maisons ou Mansart moraliste
Claude Dulong : Autour de Mazarin, cinq amateurs de Poussin : Lisle-la Sourdière, De Bie, les frères Formont, Lenoir
Hélène Cavalié : Deux éléments retrouvés de la toilette de la princesse des Asturies

Bibliographie critique

 

Antoine de Pise
L’art du vitrail vers 1400

Sous la direction scientifique de Claudine Lautier et Dany Sandron
Paris, Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS), 2008, 383 p. Coll. Corpus Vitrearum – France, série « Études », vol. VIII.
ISBN 978-2-7355-0659-0
Prix : 96 €

--> Cet ouvrage a reçu le Prix du livre de la Société française d’archéologie en 2008.

Comment fabriquait-on un vitrail au Moyen Âge ? Quelles étaient les étapes de son exécution, depuis le dessin du carton jusqu’à la mise en plomb et la pose de ces lumineuses peintures ? Difficiles questions auxquelles permet de répondre cette enquête menée à partir des écrits et de l’œuvre d’Antoine de Pise, maître verrier actif à la fin du XIVe siècle. Ce chapelain pisan nous a laissé une admirable verrière à la cathédrale de Florence ainsi qu’un traité sur la pratique du vitrail d’une richesse insoupçonnée. La conservation conjointe, tout à fait exceptionnelle pour cette époque, du texte et de l’œuvre d’un même auteur permet d’appréhender d’un bout à l’autre le processus complexe de création des vitraux dans l’un des plus brillants centres artistiques de l’Europe médiévale, Florence.

Dénué d’ambition théorique, le manuel d’Antoine de Pise est une source de renseignements techniques sur le métier de maître verrier. Il est ici publié en fac-similé, transcrit et, pour la première fois, traduit en français. Pour en comprendre les enseignements, une équipe de spécialistes en a reproduit chaque « recette » en atelier, sur le modèle de l’archéologie expérimentale. À l’appui de cette approche novatrice de la technique artistique, les résultats d’analyses physico-chimiques révèlent certains aspects jusqu’ici méconnus, depuis la composition des verres jusqu’à leur gravure ou l’utilisation des alliages métalliques. D’autre part, l’étude de la verrière d’Antoine de Pise replace ce magnifique ensemble dans un double contexte, le chantier de construction de la cathédrale de Florence et le milieu artistique de cette florissante cité. Enfin, de nombreux documents d’archives tout comme la transcription et la traduction en français de tous les traités médiévaux connus à propos du vitrail viennent enrichir ce panorama.

Grâce à la réunion de diverses compétences, de l’historien d’art au paléographe, du maître verrier à l’historien de la technologie en passant par le chimiste, ce sont les multiples facettes de l’art du vitrail de la fin du Moyen Age en Toscane qui sont mises en lumière.

 

Essais et mélanges, Bruno Foucart

Deux siècles précurseurs. Volume I, textes de Bruno Foucart
et Histoires d’art. Mélanges en l’honneur de Bruno Foucart. Volume II, textes réunis par Barthélémy Jobert, avec l’aide d’Adrien Goetz et de Simon Texier

Paris, Norma éditions, 2008, deux volumes sous emboîtage, 764 et 698 p.
ISBN 978-2-9155-4215-8
Prix : 80 €

Voir la présentation et le sommaire

 

La galerie à Paris (XIVe-XVIIe siècle), numéro spécial du Bulletin monumental, t. 166, n° 1/2008

Sous la direction de Monique Chatenet
Paris, Société française d’archéologie, 2008, 92 p.
Numéro ayant pour origine les journées d’étude La Galerie en France : étude d’un espace intérieur, organisées par les universités de Paris I et Paris IV, le Centre Ledoux et le Centre André Chastel, à l’INHA, 19-20 mai 2006.

Sommaire :
- Monique Chatenet : Un lieu pour se promener qu’en France on appelle galerie. Un luogo da passegiare che in Francia si dice galeria.
- Claude Mignot : La galerie au XVIIe siècle : continuités et ruptures.
- Alain Mérot : Le livre et le diagramme : systèmes décoratifs de la galerie au XVIIe siècle.
- Jean Guillaume : Un tournant dans l’histoire de la galerie : les hôtels parisiens de la fin du XIVe siècle.
- Alexandra Zverera : La galerie de portraits de l’hôtel de la Reine (hôtel de Soissons).
- Sara Galletti : Rubens et la galerie de Henri IV au palais du Luxembourg (1628-1630).
- Blanche Penaud-Lambert : La galerie de l’hôtel Lambert : la part du peintre et celle de l’architecte.
- Nicolas Courtin : L’ameublement des galeries dans les hôtels parisiens du XVIIe siècle.
- Bastien Lefebvre et Elisabeth Lorans : Indre-et-Loire. Tours. L’hôtellerie de Marmoutier : un vaste édifice de la fin du XIIe siècle et ses transformations modernes.
- Pierre Garrigou-Grandchamp : Autriche. Krems-an-der-Donau (Niederösterreich) : restauration et découvertes dans le Gossoburg.

 

Mise à jour du 21 mars 2012