=> Conseil aux utilisateurs
ne visualisant pas le menu déroulant
Pour voir les publications depuis 2008
Les meubles de pierres dures de Louis XIV |
|
|
|
Revue de l'Art, |
||
Les artistes étrangers à Paris |
||
L'abbatiale de la Trinité de Vendôme |
Paris en Île-de-France |
|
Les vitraux de Basse-Normandie
|
||
Maisons des champs
|
L'architecture religieuse |
Les vitraux du chœur de la cathédrale de Troyes |
|
L'artiste et le clerc |
Ingres.
|
|
|
Histoire de l'art dans l'Antiquité
|
Les vitraux de Bretagne |
|
Adolphe Thiers, critique d'art
|
||
Carlo Vigarani, intendant |
Paris contemporain
|
|
|
Picasso, l'objet du mythe |
||
|
Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants |
Grammaire des immeubles parisiens |
|
|
Aux jardins de Cathay |
||
|
Retour au jardin |
Simon Texier ; photographies de Jean-Christophe Dartoux
Paris, Éditions du Huitième Jour, 2007, 192 p.
ISBN 9782914119894L’architecture commémorative a suscité certaines des œuvres les plus fortes et les plus étonnantes de ce siècle. Mémoriaux, monuments commémoratifs, cimetières et musées : dans chacun de ces projets, l’architecte ou le sculpteur s’investit de manière particulière, il cherche à se dépasser pour traduire des sentiments extrêmes. D’une guerre à l’autre, les choix esthétiques et iconographiques traduisent la variété et la richesse d’expression que suscite ce rite propre à l’humanité toute entière qu’est la commémoration, mais aussi les différences profondes dans la manière d’appréhender ces deux conflits, particulièrement illustrés ici : la Première et la Seconde Guerre mondiale.
Cet ouvrage est la première étude d’ensemble consacrée à ce patrimoine exceptionnel. Selon un parcours à la fois chronologique et thématique, il propose une synthèse à partir d’un choix d’une quarantaine de monuments parmi les plus significatifs du point de vue architectural et sculptural.
Paris, grammaire de l’architecture XXe-XXIe siècles
Simon Texier
Paris, Parigramme / Compagnie parisienne du livre, 2007, 300 p.
ISBN 978-2-84096-446-9
Prix : 29 €--> Cet ouvrage a reçu le Prix Haussmann décerné par la FNAIM en 2008.
Sait-on que Paris, fameuse « capitale du XIXe siècle », compte davantage de mètres carrés logés dans des architectures du XXe siècle que dans celles héritées de tous les autres siècles confondus ? Et cette présence massive se double d’une variété à nulle autre comparable dans les formes, les dimensions, les plans ou les méthodes de construction. Des efflorescences de l’Art nouveau aux couleurs du postmodernisme, tous les genres – ou presque – ont eu droit de cité à Paris. Mais une ville n’est pas un catalogue de styles prédéfinis, fussent-ils représentés par des personnalités prestigieuses. C’est en considérant l’ensemble du bâti parisien, y compris dans ses réalisations méconnues, que l’on prend la mesure pleine et entière de l’évolution du paysage architectural.
Sommaire
1897-1913, Le retour des architectes
1913-1929, Le temps des expérimentations
1929-1940, Maturité de l’architecture moderne
1940-1961, L’art et l'industrie
1961-1974, La modernisation de l’œuvre
1974-1989, L’architecture urbaine
1989-2007, Un éclectisme sous contrôle
Paris, Ophrys, n° 158, 2007-4, 76 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).
Tarifs étudiants (sur justificatif) : prix du numéro : 15 € ; abonnement France : 55 €.Sommaire
Éditorial
Daniel Russo : Byzance et l’art médiéval, la question de l’intermédiaire italienÉtudes
Daniel Russo : Une image « paradoxale », le Christ, entre Orient et Occident
Julie Enckell Julliard : Jugement dernier, destinées de l’au-delà : un paradis perdu de l’abbatiale de FarfaNotes et Documents
Véronique Rouchon Mouilleron : Entre Orient et Occident, l’image de saint Jean du XIe au XIVe siècle
Andreina Draghi : Nouvelles fresques découvertes aux Santi Quattro Coronati (Rome)
Anne-Laure Imbert : Byzance dans la peinture siennoise, tradition et rupturesNote de lecture
Daniel Russo : Peindre sur le roc à l’époque de la réforme de l’Église
Bibliographie critique
Le Vitrail en Normandie entre Renaissance et Réforme (1517-1596)
Laurence Riviale. Directeur de la publication : Michel Hérold. Préface de Claude Mignot
Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007, 432 p. Corpus Vitrearum - France, Série Études VII
ISBN : 978-2-7535-0525-4
Prix : 45 €Aussi surprenant que cela puisse paraître, l'étude des représentations contemporaines de la Réforme et des guerres de religion a jusqu'à présent ignoré un pan entier du corpus d'images du XVIe siècle : les vitraux et verrières d'églises. Une véritable mine d'informations s'offre pourtant à qui explore ce champ d'investigation.
C'est le défi qu'a relevé Laurence Riviale dans le présent ouvrage. Son objectif : étudier dans le détail les réactions des commanditaires catholiques aux idées de la Réforme luthérienne et calviniste. L'aire géographique choisie est la Haute-Normandie, où les vitraux du XVIe siècle abondent ; la période étudiée, celle, riche en événements, qui s'étend de la publication des thèses de Luther à l'édit de Nantes, en passant par l'entrée royale du roi Henri IV à Rouen en 1596.
Laurence Riviale ne laisse rien dans l'ombre : ni la question de la fonction réelle et du véritable statut du vitrail, que l'interdit des images renouvelé par les calvinistes et l'iconoclasme huguenot révèlent en partie, ni la façon dont il convient de lire une verrière ou l'usage qu'on y fait des modèles gravés ou du vocabulaire à l'antique, ni même le soupçon que les estampes utilisées par les auteurs des vitraux puissent en elles-mêmes receler du sens. Ce texte très documenté, qui procède par une revue de tous les points de doctrine remis en cause par les réformés, met en valeur le rôle capital que joua la confrérie du Puy de la Conception, cercle de lettrés et véritable fer de lance de la réaction catholique, les liens entre poésie engagée, pamphlets antiprotestants et thèmes traités dans les verrières, la montée des angoisses eschatologiques qui ont traversé les années 1550 en France, ainsi que les réactions en images aux guerres de religion. Un nouveau regard est ainsi porté sur ces œuvres, qui invite à la réflexion.
Les Meubles de pierres dures de Louis XIV et l'atelier des Gobelins
Stéphane Castelluccio
Dijon, éditions Faton, 2007
145 pages, 237 notes, 87 illustrations, 4 annexes, une bibliographie et un index
ISBN-10: 2878440935 ; ISBN-13: 978-2878440935
Prix : 58 €Inspirés des créations antiques, les ateliers romains puis florentins reprirent la technique des marqueteries de marbres et de pierres semi-précieuses, ou pierres dures, pour créer des panneaux, des cabinets et des plateaux de table. La rareté, la splendeur, la beauté des matières employées et leur superbe mise en œuvre ont toujours fasciné les grands princes d'Europe depuis le XVIe siècle. En France, Richelieu, puis Mazarin possédaient de tels tables et cabinets, ainsi que Louis XIV. Ce souverain, soucieux de la gloire de son règne et de rivaliser avec l'Italie, fonda un atelier de marqueterie de pierres dures à la manufacture des Gobelins.
Cet ouvrage retrace l'histoire de ce mobilier royal, de cet atelier et des hommes qui le composaient, transfuges italiens débauchés par un agent de Colbert. Il détaille son organisation et sa production, ainsi que l'usage de ces somptueuses créations italiennes et françaises dans les appartements royaux depuis le règne de Louis XIV à la Révolution. La vogue de ces grands meubles s'essoufla au XVIIIe siècle, et tables et cabinets quittèrent les résidences royales. Certains furent cédés à Buffon au Jardin des Plantes pour leur intérêt minéralogique, tandis que d'autres connurent les ventes aux enchères. Des amateurs les achetèrent pour les conserver et des marchands pour en réemployer les précieux panneaux de marqueterie sur des meubles au goût du jour. Si les modes varient, ces somptueuses marqueteries de pierres semi-précieuses témoignent toujours de la dextérité de ces artisans et de la magnificence de Louis XIV.
Paris, Ophrys, n° 157, 2007-3, 72 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).Sommaire
Éditorial
Michèle Bimbenet, Frédéric Dassas et Philippe Malgouyres : Les musées d’arts décoratifsÉtude
Valentine Toutain-Quittelier : Antonio Maria Zanetti à Paris. L’inspiration retrouvéeNotes et documents
Étienne Vacquet : Pour un corpus des tapisseries tourangelles réalisées sous François Ier
Frédérique Lemerle : La bibliothèque d’architecture de Nicolas-Claude Fabri de Peiresc
Cédric Lesec : « Zodiaque est une grande chose, maintenant… »
Renaud Bouchet : Les artistes et leur contribution au premier conflit mondial : la section de camouflageDécouvertes
Jean-Marie Pérouse de Montclos : La tribune dite des Caryatides au Louvre. Essai d’interprétation
Renaud Benoit-Cattin : Un tableau de Luis de Morales, Le Christ à la colonne avec saint PierreBibliographie critique
Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance: actes du colloque de Chambord (1er et 2 octobre 2004)
Études réunies par Claude d'Anthenaise et Monique Chatenet, avec la collaboration de Raphaël Abrille et Marie-Christine Prestat
Fondation de la Maison de la chasse et de la nature, Centre André Chastel et Centre d'Études Supérieures de la Renaissance
Arles, Actes Sud, 2007, 408 p.
ISBN 978-2-7427-6643-7
Prix : 29 €Au XVIe siècle, la chasse n'est pas seulement un « passe-temps » de la noblesse associant diverses techniques de prédation à des rites répertoriés ou non dans des traités. Elle tient une place considérable dans les institutions, le droit, la gestion de la forêt et de ses percements, la transformation des paysages, la création de réserves et de parcs, la construction des casini di caccia, hunting lodges, Jagdschlösser et autres pavillons de chasse. Elle est aussi présente dans l'ornement des demeures et inspire peintres et poètes.
Car la chasse, profondément intégrée à la société de cour, touche directement à l'image du prince de la Renaissance - une image de bravoure, de puissance et de magnificence. Aussi devient-elle un instrument de la mise en scène monarchique. Tous l'ont compris, de Henri VIII d'Angleterre à Frédéric de Gonzague de Mantoue en passant par François Ier et Charles Quint. Pourtant, les usages cynégétiques restent essentiellement liés à des traditions portées par la diversité des climats, de la faune, de la couverture forestière, de la propriété foncière. Dans le domaine de la chasse, on ne peut parler d'une « Europe des cours ». Les efforts de François Ier pour imposer la vénerie du cerf comme un art chevaleresque et savant ne rencontrent guère d'écho hors du royaume : c'est plutôt l'exemple de Nemrod et de ses monstrueux massacres qui règle l'attitude dominatrice des princes sur le monde animal. Une attitude dénuée de toute forme de compassion, qui n'a pourtant rien d'incompatible, quoi qu'on pense, avec une profonde attirance pour la nature sauvage, comme tendent à le prouver les toits en terrasse de Chambord, Mariemont ou Hardwick Hall, les premières allées en étoile percées dans la basse forêt de Coucy, les aménagements paysagers des barchi transalpins ou la faune peinte sur les murs du château bavarois de Grünau.
Paris, Ophrys, n° 156, 2007-2, 112 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).Sommaire
Éditorial
Jean-Yves Andrieux : Enseigner l'histoire de l'architecture en France : du vieux Trocadéro au nouveau Chaillot.Études
Sophie Raux : Le voyage de Fragonard et Bergeret en Flandre et Hollande durant l'été 1773.
Pierre Vaisse : La réception de Puvis de Chavannes ou les ambiguïtés de la gloire.Notes et documents
Laurence Riviale : Fouquet après Fouquet : « enluminure du Val de Loire » et peinture sur verre.
Marie-Pauline Martin : « La peinture n'est qu'un enfantillage, mais la musique est un art ».
Yves Carlier : Antoine Boullier, orfèvre parisien et « infatigable producteur ».
Catherine Voiriot : Le sculpteur Jean Voiriot à la chapelle royale du château de Versailles.Découverte
Albert Châtelet : De Dirk Bouts et des examens dendrochronologiques.Bibliographie critique.
Gruber art déco : un chef-d’œuvre du vitrail pour la Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson
Textes de Michel Hérold, et Chantal Bouchon
Pont-à-Mousson, musée « Au fil du papier », 2007, 48 p., nombreuses ill.
Ouvrage édité à l’occasion de l’exposition, 19 mai – 3 septembre 2007
ISBN 978-2-9529250-0-6
Prix : 15 €En 1927, la direction de la Société des Hauts-Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson confie la décoration de son nouveau siège social nancéien à des artistes qui viennent de s’illustrer lors de l’Exposition de 1925. Parmi eux Jacques Gruber, qui avait commencé sa brillante carrière artistique au temps de l’École de Nancy. Il reçoit ici la commande la plus perstigieuse, celle des neuf verrières destinées à orner l’escalier d’honneur. Les vitraux réalisés comptent parmi les chefs-d’œuvre de l’artiste, soulignant ses capacités à adapter son style aux besoins de la commande et au goût du temps.
L’auteur des textes, Michel Hérold, retrace l’histoire de cet ensemble à l’aide des archives de l’entreprise et des documents d’atelier qu’il a patiemment réunis, ce qui permet au lecteur de suivre au quotidien la genèse de ces verrières, très admirées de leur temps et jugées novatrices. Par leurs remarquables qualités, elles méritent aujourd’hui de retrouver leur place, l’une des premières, dans l’histoire foisonnante de l’Art déco.
Les Fastes de la Galerie des Glaces : recueil d'articles du Mercure galant (1681-1773)
Présentation et annotations par Stéphane Castelluccio
Paris, Payot & Rivages, 2007, 192 pages, 17 illustrations, 143 notes et une bibliographie
ISBN 978-2-228-90204-5
Prix : 12 €Durant tout l'Ancien Régime, la Galerie des Glaces de Versailles, passage couvert reliant le Grand Appartement du Roi à celui de la Reine, et entièrement dédié à la gloire du Roi-Soleil, sert également de salle du trône pour les réceptions d'ambassadeurs et de salle de bal pour les mariages de la famille royale.
Dès 1681, le Mercure galant exprime son admiration devant la beauté des peintures de la voûte et, jusqu'en 1773, tout au long des règnes de Louis XIV et de Louis XV, il entretiendra ses lecteurs des fêtes et des cérémonies grandioses qui s'y déroulent. La presse, au service de la propagande royale, inaugure ainsi le reportage mondain, avec ses relations sur les fastes de la cour, très prisées du public.
Paris, Ophrys, n° 155, 2007-1, 88 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).Sommaire
Éditorial : De quelques feuilles de vigne.Études
Clovis Whitfield : Prospero Orsi, interprète du Caravage.
Claude Mignot : Pour un grand peintre retrouvé : Rémy Vuibert.
Dominique Jacquot : Le chaînon manquant retrouvé : le Jugement de Salomon de Rémy Vuibert.Notes et documents
Renzo Leonardi : Jan van Eyck, les Alpes et la lune.
Anastasia Zlevenskaïa : Maurice Denis, Victor Borissov-Moussatov et La Rose bleue.Note de lecture
Marianne Grivel : Catalogues de la collection d'estampes de Jean V, roi de Portugal, par Pierre-Jean Mariette.Bibliographie critique.
Les artistes étrangers à Paris
De la fin du Moyen Âge aux années 1920
Actes des journées d’études organisées par le Centre André Chastel les 15 et 16 décembre 2005Marie-Claude Chaudonneret (ed.)
288 pages, 24 illustrations
Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, Peter Lang, 2007
ISBN 978-3-03911-192-3
Prix : 53 € (voir le bon de commande)Paris fut perçu, à l’époque moderne, comme un centre artistique de rayonnement mondial, « la métropole de l’art » écrivait Théophile Gautier lors de la première exposition universelle en 1855.
La capitale française a-t-elle toujours fasciné ? A-t-elle été une destination privilégiée pour « les étrangers » ? Son pouvoir d’attraction sur les artistes a-t-il été constant et pourquoi ? C’est à ces questions que tente de répondre cet ouvrage, qui rassemble quatorze contributions d’historiens de l’art autour de trois thématiques principales envisagées sur une longue durée : la circulation des modèles, les ateliers comme creuset artistique, les institutions officielles comme lieu de formation et de reconnaissance pour l’artiste.Sommaire
Dany Sandron : Préface.
Marie-Claude Chaudonneret : Introduction. Paris creuset et carrefour artistiques.
Philippe Lorentz : Pour une évaluation de Paris comme foyer artistique aux derniers siècles du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècles).
Étienne Hamon : Un aspect du renouveau de la production dans le Paris de l’époque flamboyante. Les artistes étrangers entre « gothique international » et seconde Renaissance (vers 1430-vers 1520).
Guy-Michel Leproux : L’introduction de nouveaux savoir-faire par les artistes italiens au XVIe siècle et leur assimilation par les métiers parisiens.
Mickaël Szanto : Les peintres flamands à Paris dans la première moitié du XVIIe siècle. Géographies d’une communauté.
Valentine Toutain-Quittelier : Les peintres vénitiens à Paris sous la régence de Philippe d’Orléans. Nouvelle contribution à l’étude des relations artistiques entre Paris et Venise.
E. Urich Leben : Assimilation des modèles français dans les arts décoratifs en Allemagne au XVIIIe siècle.
Jérôme de La Gorce : Une initiative originale d’un artiste italien au XVIIIe siècle. Les spectacles de Servandoni dans la salle des machines des Tuileries.
Dominique Marechal : Les peintres « belges » dans les ateliers parisiens, de la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle.
Bénédicte Savoy : Peintres berlinois à Paris, 1800-1820.
Valentine von Fellenberg et Laurent Langer : La formation des artistes suisses à l’École des Beaux-Arts de Paris de 1793 à 1863. Enjeux et méthodes.
Sébastien Allard : Quelques réflexions sur Paul Delaroche et son influence en Europe.
Barthélémy Jobert : Les artistes anglais au Salon, 1802-1878.
Madeleine Fidell-Beaufort : L’American Register. Miroir des artistes américains entre 1868 et 1898.
Marianne Jakobi : La question du cosmopolitisme artistique à Paris dans les années 1920. Léonce Rosenberg et la galerie L’Effort moderne.
L’Abbatiale de la Trinité de Vendôme
Isabelle Isnard ; préface de Dany Sandron
Presses Universitaires de Rennes, 2007, 332 p. Coll. Art & société
ISBN 978-2-7535-0370-0
Prix : 23 €L’abbatiale gothique de la Trinité de Vendôme n’avait jusqu’à présent jamais fait l’objet d’une monographie approfondie. Sa construction s’inscrit dans l’histoire d’un monastère fondé au XIe siècle et dont la Révolution sonna le glas ; elle ne pouvait donc pas être étudiée sans chercher à définir le poids séculaire d’une histoire prestigieuse qui en explique la remarquable ambition. C’est ainsi qu’on été analysés le contexte de la fondation par le comte d’Anjou et sa femme Agnès, les liens privilégiés avec la Papauté, et l’importance des reliques, notamment la Sainte Larme, dans le développement de l’établissement jusqu’à la fin du Moyen Âge.
L’étude des bâtiments monastiques et des usages liturgiques permet de cerner le cadre de vie de la communauté monastique ; celle de l’abbatiale romane et de son clocher permet de démontrer toute l’importance de ces monuments dans la conception de l’église gothique.
Isabelle Isnard, se fondant sur l’étude détaillée du plan de l’abbatiale gothique, de son élévation et de sa structure, de sa modénature, de son décor et des procédés de construction qui y furent employés, mais aussi de ses vitraux, propose une nouvelle chronologie, relative et absolue, de la construction entre 1271 et 1508 environ.
Sur ces bases renouvelées, l’auteur brosse un tableau inédit, circonstancié et précis du développement de l’architecture dans un territoire qui s’étend de la vallée moyenne de la Loire à la Normandie, du Maine à l’Orléanais. Les liens tissés en un réseau complexe entre les différents chantiers ouverts dans cette région de la fin du XIIIe au début du XVIe siècle sont analysés. En définitive, l’abbatiale apparaît comme un témoignage majeur de l’architecture rayonnante de la fin du XIIIe siècle et de l’architecture flamboyante vers 1500.Isabelle Isnard a enseigné l’histoire de l’art médiéval à l’université Jules Verne d’Amiens et à l’université de Paris IV-Sorbonne. Elle prépare actuellement un volume sur la Touraine gothique (collection « La France gothique », éditions Picard). Le présent ouvrage est tiré de sa thèse de doctorat soutenue en 2003.
Georges-Henri Pingusson, architecte (1894-1978)
La poétique pour doctrineSimon Texier
Lagrasse, Verdier, coll. « Art et architecture », 2006, 416 p.
ISBN 2-86432-480-6
Prix : 50 €Georges-Henri Pingusson est l’une des figures les plus marquantes et les plus originales du Mouvement moderne en France. En cinquante ans de carrière, cet architecte aborde tous les programmes et développe, dès les années trente, un style très personnel, qui le distingue de tous ses contemporains.
Sensible, à la fin des années vingt, à la problématique du régionalisme - il construit plusieurs villas sur la Côte basque et la Côte d’Azur -, Pingusson obtient une reconnaissance internationale avec la livraison, en 1932, de l’hôtel Latitude 43 à Saint-Tropez, œuvre atypique et ingénieuse, où l’architecte met en place le système de l’éclairage bilatéral. Au centre du débat sur l’architecture moderne entre les deux guerres, Pingusson refusera cependant de céder à la logique de la production de masse après 1945.
En 1953, Georges-Henri Pingusson est choisi, par l’association d’anciens déportés Le Réseau du Souvenir, pour la conception du Mémorial des martyrs français de la déportation, situé à la pointe de l’île de la Cité à Paris. Livrée en 1961, cette œuvre est considérée comme l’une des plus fortes de l’architecture d’après-guerre. À la fois leçon d’architecture et lieu de mémoire, cet aménagement témoigne de la culture et de la sensibilité de son concepteur.
Cet ouvrage est la première monographie consacrée à Georges-Henri Pingusson. L’auteur s’est principalement appuyé, pour son étude, sur le fonds d’archives laissé par l’architecte. Cet exceptionnel ensemble de dessins et de documents écrits, ouvert tardivement aux chercheurs, avait jusqu’alors été peu exploité. D’autres sources ont également été consultées, notamment pour l’histoire du Mémorial dont la reconstitution minutieuse a été rendue possible grâce au récent dépôt des archives du Réseau du Souvenir aux Archives nationales.
Paris en Île-de-France, histoires communes
Sous la direction de Bertrand Lemoine
Paris, éditions du Pavillon de l’Arsenal / éditions A. & J. Picard, 2006, 244 p.
Ouvrage publié à l’occasion de l’exposition créée par le Pavillon de l’Arsenal, « Paris en Île-de-France, histoires communes », décembre 2006.
ISBN 2-907513-92-3 et 2-7084-0785-6Au fil de son histoire, la ville de Paris a acquis des terrains situés en Île-de-France pour répondre aux différents besoins de son développement : alimentation en eau, énergies, assainissement et traitement des déchets, espaces verts et logements.
Cet ouvrage présente l’évolution et le devenir de ces territoires, offrant ainsi un nouveau regard sur la formation de la métropole parisienne au travers de ces histoires communes.
Revue de l’Art, n° 154, « La présentation de l’œuvre d’art »
Paris, Ophrys, n° 154, 2006-4, « La présentation de l’œuvre d’art » , 92 p.
Prix du numéro : 25 € (abonnement France 76 €, étranger 90 €).Sommaire
Éditorial, par Étienne Jollet : Du bon usage du présent, ou l’histoire de l’art et les limites de l’œuvre.Présentation, par Étienne Jollet : La présentation de l’œuvre d’art : réception ou création ?
Étienne Jollet : Présenter la sculpture. Les supports des statues en France à l’époque moderne.
Hélène Bocard : Les expositions de photographie : 1855-1870.
Jonathan Wood : Magie blanche. Boisgeloup et la présentation des sculptures de Picasso vers 1930-1935.
Jean-Marc Poinsot : Le Museum of Modern Art de New York.
Étienne Jollet : La présentation de l’œuvre d’art : bibliographie.Découvertes
Pierre Rosenberg : Un nouveau Vouet.
Florence de La Roncière : La Chambre des Bains du Roi à Maisons.Bibliographie critique.
Les vitraux de Basse-Normandie
Martine Callias-Bey et Véronique David ; photographies de Pascal Corbierre
Corpus Vitrearum - France, série Recensement des vitraux anciens de la France VIII, Rennes, Presses de l'Université de Rennes (PUR) et Condé-sur-Noireau, Éditions Charles Corlet, 2006, 256 p., ill.
ISBN 2-7535-0337-0 et 2-84706-240-8
Prix : 34 €La collection du Recensement des vitraux anciens de la France, qui s’inscrit dans la série internationale du Corpus Vitrearum, a été créée en 1978 pour offrir aux spécialistes le résultat de l’inventaire des vitraux français antérieurs à la Révolution. Elle présente une analyse iconographique, technique et stylistique de ces vitraux et des restaurations dont ils ont pu faire l’objet, accompagnée d’un important appareil critique. Les créations des XIXe et XXe siècles rencontrées au fil de l’étude y sont également évoquées. Ce huitième volume vient compléter le Recensement des vitraux de la Haute-Normandie paru en 2001.
La Basse-Normandie possède un patrimoine vitré, rescapé de l’intensité des bombardements de 1945, méconnu et insoupçonné à ce jour. Cet ouvrage présente pour la première fois un recensement de près de 400 verrières réparties tant dans les édifices religieux et civils que dans les musées des trois départements du Calvados, de la Manche et de l’Orne.
Les siècles s’y succèdent, développant clairement chacun sa particularité : la verve des verrières du XIIIe siècle, comme dans les cathédrales de Coutances ou de Sées, un XIVe siècle particulièrement bien représenté avec ses nombreux exemples de jaune d’argent, l’affirmation d’un style puissant durant tout le XVe siècle. Parmi les chefs-d’œuvre de la Renaissance figureront désormais les verrières remarquables d’Alençon, d’Argentan ou ce qui subsiste de Longny-au-Perche.
À cette occasion, des noms de maîtres et d’artisans sortent de l’anonymat et nous permettent de commencer à appréhender la genèse des œuvres, tout autant que nous le permet Arnoult de Nimègue, auteur déjà bien connu d’une verrière à Saint-Lô.
Des photographies remarquables, réalisées exclusivement en couleur dans des conditions souvent difficiles, nous convient à la découverte de ces fascinantes peintures de lumière.
Atlas de Paris au Moyen Âge
Espace urbain, habitat, société, religion, lieux de pouvoirPhilippe Lorentz et Dany Sandron ; photographies de Jacques Lebar
Paris, éditions Parigramme / Compagnie parisienne du livre, 2006, 240 p., ill. (photogr., plans)
ISBN 10 : 2-8409-6402-3 ; ISBN 13 : 978-2-8409-6402-5
Prix : 49 €--> Cet ouvrage a reçu le Prix Le Senne de l’académie des Inscriptions et belles lettres en 2007.
Paris - 200 000 habitants en 1300 - est la plus grande ville de l'Occident médiéval. Elle devient, au XIIIe siècle, la capitale du puissant royaume de France vers laquelle affluent commerçants et hommes d'affaires, artistes et intellectuels. La croissance sans précédent de la cité n'a pas manqué de laisser une empreinte durable : dans bien des quartiers, le tracé actuel des rues reflète les opérations de lotissement qui présidèrent à l'installation des nouveaux venus au cours du Moyen Âge. Si peu d'édifices médiévaux sont aujourd'hui visibles dans leur quasi-intégrité, telles Notre-Dame ou la Sainte-Chapelle, beaucoup sont conservés de manière fragmentaire comme le Louvre de Philippe Auguste, la salle des gens d'armes de la Conciergerie ou le réfectoire du couvent des Cordeliers. Ces vestiges - et bien d'autres - jalonnent la trame urbaine dont les aspects, changeant au cours d'un millénaire, sont restitués par les images anciennes. Entre la ville idéale rêvée par les rois et la cité grouillante aux ruelles étroites et nauséabondes, se dessine le visage du Paris médiéval.
Maisons des champs dans l’Europe de la Renaissance : actes des premières Rencontres d’architecture européenne, Château de Maisons, 10-13 juin 2003 (Centre André Chastel)
Études réunies par Monique Chatenet
Paris, Picard, 2006, 376 p., ill. Collection « De Architectura », fondée par André Chastel et Jean Guillaume, n° 11
ISBN 2-7084-0737-6
Prix : 56 €De tout temps, la campagne, synonyme de repos, de salubrité et d’intimité, a exercé sa séduction sur les citadins, et la construction de maisons « aux champs » a accompagné la croissance urbaine. Le phénomène propre à la Renaissance tient à la manière dont, dans l’Italie du Quattrocento, l’idéal de l’Antiquité revisitée s’empare de la vie à la campagne et de son cadre, quand la lecture de Pline le Jeune et de Pétrarque rend à l’otium ses lettres de noblesse. Dans quelle mesure le concept de la villa italienne s’est-il diffusé dans l’Europe de la Renaissance ? Quels en furent les intermédiaires ? Alors que le phénomène livresque impressionne par son ampleur, l’architecture construite reste volontiers attachée aux usages locaux. De plus, une différence fondamentale touchant l’ordre social divise les nations. Dans les pays où l’élite aristocratique aime habiter hors des villes, le développement de la maison de campagne des citadins vient interférer avec celui du château, siège de la seigneurie, signe de noblesse. Il en résulte une série de produits mixtes où la tentation de « vivre noblement » dans des châteaux en réduction vient contrarier la séduction des majestueuses villas gravées par Palladio.
L’architecture religieuse au XIXe siècle : entre éclectisme et rationalisme
Sous la direction de Bruno Foucart et Françoise Hamon
Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2006, 368 p., ill. Collection « Art’hist », dirigée par D. Sandron
ISBN 2-84050-442-1
Prix : 29 €Après la formidable vitalité de la Contre-Réforme et un XVIIIe siècle qui préféra revenir aux formes néo-classiques, avant les innovations majeures des frères Perret et de Le Corbusier au XXe siècle, le XIXe siècle est une époque singulière en matière d’architecture religieuse. Une période singulièrement plurielle !
Coïncidant avec le retour du catholicisme comme religion d’État et une pratique religieuse de type néo-janséniste, l’art religieux de cette période s’illustre dans la défense et l’illustration de styles divers dont émerge le néo-roman allant du Rundbogenstil du premier tiers de siècle jusqu’au néo-byzantin. À cette problématique purement stylistique se greffe la question nouvelle d’une fabrication plus rationnelle et plus économique des lieux de cultes ainsi que leur insertion dans un paysage de plus en plus urbanisé. Bientôt quand l’homme se rendra à l’usine pour assurer sa survie alimentaire quand son ancêtre se rendait à l’église pour assurer son salut, les nouveaux édifices monumentaux sur lesquels les yeux s’arrêteront ne seront plus les flèches des cathédrales mais les cheminées d’usines.
Les vitraux du chœur de la cathédrale de Troyes (XIIIe siècle)
Elizabeth C. Pastan et Sylvie Balcon, coordination scientifique de Claudine Lautier
Paris, Comité des Travaux Scientifiques et Historiques, Corpus Vitrearum – France, volume II, 2006, 540 p.
ISBN 2-7355-0599-5
Prix : 90 €Les vitraux du chœur de la cathédrale de Troyes, œuvre majeure de la peinture sur verre en France, tiennent la comparaison avec Chartres et Bourges dans le trio de tête des ensembles vitrés les plus vastes conservés pour la première moitié du XIIIe siècle. Malgré cela, ils n’avaient jamais bénéficié d’une publication exhaustive. Pour étudier ce monument exceptionnel, Elizabeth C. Pastan, professeur à Emory University (Atlanta), et Sylvie Balcon, maître de conférences à l’Université de Paris IV-Sorbonne, se sont associées. Au prix d’un patient travail d’analyse des verrières et de l’abondante documentation écrite et figurée, elles restituent cette vitrerie et la replacent dans un contexte foisonnant, préoccupé comme toujours au Moyen Age par les fins ultimes de l’humanité, nourri aussi des enjeux du moment et du lieu, les Croisades et les reliques. Elles ont également mis en évidence le jeu savant d’interactions avec une multitude d’autres centres artistiques, Auxerre, Chartres, Reims, Saint-Quentin, Châlons-en-Champagne, Baye et Paris notamment, renouvelant la connaissance de la peinture française des débuts du gothique.
Avec cet ouvrage, publié dans la grande collection internationale du Corpus Vitrearum, c’est à la fois le patrimoine médiéval inestimable de la ville de Troyes et la richesse artistique de la Champagne qui sont célébrés.
Textes de Martine Callias Bey, Véronique David et Michel Hérold. Photographies de Jacques Philippot
Lyon, Éditions Lieux-Dits, 2006, 183 p.
ISBN 2-914528-17-5
Prix : 45 €La région Champagne-Ardenne est riche d'un ensemble de vitraux inégalable en France, réparti entre Reims, Châlons-en-Champagne, Troyes et un grand nombre d'églises rurales. Ayant bénéficié d'un travail de recensement exhaustif, ce patrimoine méritait un ouvrage de synthèse, accessible à tous et richement illustré.
Des photographies inédites, réalisées dans des conditions souvent exceptionnelles, permettent d'illustrer l'épopée du vitrail depuis le XIIe siècle jusqu'à nos jours. Choisies pour leurs qualités historiques et esthétiques, les œuvres retenues se distinguent également par leur remarquable état de conservation.
On ne trouvera donc pas ici une nouvelle histoire du vitrail en Champagne, mais une invitation au voyage, plein de surprises, dans l'intimité dévoilée de ces fascinantes peintures de lumière...
Le jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux
Hervé Brunon et Monique Mosser
Éditions Scala, collection « Tableaux choisis »
128 pages, 150 illustrations
Format : broché 16,5 x 20,5 cm
ISBN : 2-86656-375-1
Date de parution : 2006
Prix : 15 €L’engouement actuel pour les jardins n’est pas une mode passagère. Ce livre montre comment et pourquoi en France, à l’instar de nombreux pays, le jardin s’est renouvelé à partir des années 1970, à toutes les échelles – depuis de vastes portions de territoire jusqu’à de minuscules parcelles.
L’évolution des modes de vie, marquée par l’avènement des loisirs et les préoccupations pour l’environnement, a stimulé une forte demande. Les commandes publiques pour réhabiliter des sites historiques, reconvertir des friches industrielles ou redonner une vraie qualité aux espaces urbains, ont permis aux paysagistes de s’affirmer. Parfois traité comme un « produit culturel », le jardin continue néanmoins à être l’œuvre intime de personnalités originales et passionnées. Laboratoire d’expériences sociales et écologiques dans des lieux « alternatifs », il sert désormais, à l’âge de la mondialisation, de modèle pour donner forme à des manières responsables d’habiter la planète.
Plus d’une centaine de lieux sont illustrés dans cet ouvrage qui, suivant le principe de la collection, introduit aux multiples tendances récentes à partir de douze jardins exemplaires, aussi bien publics que privés, des plus connus, comme le parc de la Villette et le Jardin planétaire de Gilles Clément, aux créations exceptionnelles de Pascal Cribier.
Hervé Brunon est historien des jardins et du paysage. Chercheur au CNRS, il enseigne à l’École nationale supérieure du paysage de Versailles. Il a notamment dirigé Le Jardin, notre double. Sagesse et déraison (Autrement, 1999).
Monique Mosser est historienne de l’architecture et des jardins. Ingénieur au CNRS, elle enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles. Elle a notamment co-dirigé Histoire des jardins de la Renaissance à nos jours (Flammarion, 1991, rééd. 2002).
Voies publiques. Histoires et pratiques de l’espace public à Paris
Sous la direction de Simon Texier
Paris, Picard/Pavillon de l’Arsenal, 2006, 336 p.
ISBN 2708407619Cet ouvrage retrace l'histoire de l'espace public parisien, en mettant plus particulièrement l'accent sur les mutations intervenues au XXe siècle. Une trentaine d'espaces sont analysés : choisis pour leur caractère exemplaire, ils illustrent l’évolution de la pensée et des méthodes de fabrication de l’espace public. Une chronologie illustrée du mobilier urbain complète ces analyses. L’ouvrage insiste également sur la question de la centralité et propose une série de « Regards sur le centre » (de 1840 à nos jours), chacun mettant en évidence le rôle dominant d’une figure spatiale (la place, la percée, l’autoroute, etc.). Le rôle central de l’espace public est enfin analysé dans sept métropoles : Barcelone, Berlin, Copenhague, Los Angeles, Lyon, Milan et Tokyo.
L'artiste et le clerc
La commande artistique des grands ecclésiastiques à la fin du Moyen Âge (XIV-XVIe siècle)Sous la direction de Fabienne Joubert
Paris : PUPS, coll. Cultures et civilisations médiévales, 2006, 416 p., 16 p. hors-texte en couleur, ill. noir et blanc in-texte
ISBN : 2-84050-438-3
Prix : 23 €Mieux évalué aujourd’hui, le rôle du haut clergé au sein de la société médiévale mérite un éclairage particulier dans le domaine artistique. Priorité a toujours été donnée à la valorisation de la commande princière, reconnue – à juste titre – comme le premier moteur de l’activité créatrice aux derniers siècles du Moyen Âge. Constater cette prééminence conduit à s’interroger sur les commanditaires dont ont bénéficié les artistes, à leur spécificité aussi, à analyser également à l’intérieur de ces milieux sociaux les échanges, dont l’activité artistique offrait l’une des scènes privilégiées. Généralement issu de familles appartenant à l’élite, le haut clergé imite ses pratiques sociales et artistiques. Il consacre aux arts de substantiels moyens financiers, assurant ainsi un véritable relais avec la commande princière ou noble, tout en l’adaptant à ses propres moyens et aux besoins de ses institutions particulières ; les éléments les plus stables de ce corps entrent ainsi dans le jeu d’une logique régionale des arts, qu’ils vont parfois durablement animer. La richesse des résonances iconographiques témoigne de l’implication de ces commanditaires, à la fois concepteurs, utilisateurs et premiers bénéficiaires de ces productions. Les réalisations artistiques dont ils s’entourent ou dont ils pourvoient leurs administrés, parlent, au sens large, de leur vie, dessinent des personnalités, circonscrivent des milieux et des pratiques artistiques liées à ceux-ci. Loin d’être répétitive, la commande artistique des grands ecclésiastiques révèle un paysage varié et coloré.
Mots-clefs : clergé, art, ecclésiastique, Moyen Âge, commanditaires, commande artistique, iconographie
Ingres collages : dessins d'Ingres du musée de Montauban
Adrien Goetz
Montauban : Musée Ingres et Paris, New York : Le Passage, 2005, 158 p., ill., coll. « Carte blanche »
ISBN 2-84742-080-0
Prix : 25 €Plutôt que de présenter des dessins « achevés », aboutis, cet essai d'Adrien Goetz met en lumière un choix de feuilles qui témoignent du travail de l'artiste, de la technique de l'atelier : calques rapportés, collages d'études sur d'autres études, rapprochements d'images en apparence disparates. Une nouvelle vision d'Ingres surgit de cette confrontation d'une centaine d'œuvres méconnues, pour certaines jamais exposées.
Avec la révélation de ces « collages », on est au plus près de la méthode d'Ingres, qui compose de manière savante et musicale et révèle dans ses dessins la clef secrète de ses tableaux. Et si Le Vœu de Louis XIII, l'Apothéose d'Homère, Le Bain turc, ses toiles les plus célèbres, étaient, d'abord, des collages ?
Ingres apparaît ici « moderne », dans la suite de l'exposition Picasso-Ingres du musée Picasso et du musée Ingres en 2004. Ingres humain, qui hésite, se reprend, accumule les idées. Ingres fasciné par le corps en morceaux, les distorsions anatomiques, plus audacieux encore dans ces dessins qui n'étaient pas destinés à être montrés que dans ses œuvres « officielles ». Ingres qui, malgré lui, dans sa recherche de la beauté parfaite, ouvre la voie aux collages des surréalistes et des cubistes.
Ingres. La réforme des principes : 1806-1834
Sébastien Allard et Marie-Claude Chaudonneret. Postface d'Andrew Carrington Shelton
Lyon, Fage éditions, 2006, 168 p., ill.
ISBN 2 84975 073 5
Prix : 29 €Longtemps, Jean-Dominique Ingres a été compris comme le suiveur de David ou comme le père de l'académisme, un attardé fuyant la scène artistique et s'exilant en Italie, un dessinateur s'opposant au "coloriste", au "moderne" Delacroix. Le présent ouvrage entend comprendre la manière dont ce mythe s'est construit, et les raisons qui ont présidé, dès le XIXème siècle, à son élaboration. À la lecture des documents de l'époque et en confrontant les peintures d'Ingres à celle de ses contemporains, il apparaît alors que le peintre, loin d'être un suiveur consciencieux de David, très vite chercha à réformer l'art de son maître. C'est vraiment entre 1806 et 1834 que l'artiste entendit être "ce révolutionnaire-là", faisant du Salon le lieu de sa reconnaissance publique et celui de l'affirmation de son originalité, une originalité qui ne cessa de dérouter.
Loin d'être le peintre académique et dogmatique qu'on a voulu souvent voir, Ingres, dans ces années d'effervescence artistique et de débats esthétiques, entendait bien sortir la peinture d'histoire de l'ornière de la répétition stérile. Pour cela, il lui fallut transgresser les principes acquis chez David, en se mettant en quête de modèles nouveaux ; il les trouva notamment au Musée. C'est dans ce mouvement d'archaïsme libérateur qu'il réussit à réformer les principes enseignés et à affirmer sa singularité.
Gustave Eiffel ; textes (introduction, légendes et notice biographique) par Bertrand Lemoine
Hong Kong/Cologne/Paris, Taschen, 2006, 144 p. Texte multilingue français, anglais, allemand, espagnol, italien, japonais, hollandais, portugais.
Cette réimpression XL est l'exacte reproduction du portfolio édité par Gustave Eiffel en 1900 et limité à 500 exemplaires, non destinés à la vente. Elle contient 53 doubles pages de croquis, plans et photographies de la construction, ainsi qu'une carte de toute la zone visible du sommet de la tour.
André Dubreuil. Poète du fer / Poet of iron
Jean-Louis Gaillemin ; avec la participation de la galerie Mougin, Paris
Paris, Norma éditions, 2006, 192 p. Texte bilingue français et anglais
ISBN 2-915542-00-7Élancée, légère, séduisante au premier coup d’œil, la chaise Spine, qui orne la couverture de ce livre, est un des objets les plus connus, les plus répertoriés de la création contemporaine. On la trouve dans les musées et dans toutes les encyclopédies du design. Elle est chez elle dans les intérieurs fantaisistes et ajoute aux architectures plus sérieuses une note d’humour rafraîchissante.
Son auteur, André Dubreuil, après une carrière d’antiquaire et de peintre décorateur, a été l’un des animateurs de la nouvelle création anglaise au milieu des années quatre-vingt avec Mark Brazier Jones et Tom Dixon. Revenu depuis en France, où il s’est installé dans le Périgord, il est exposé à la galerie Gladys Mougin à Paris. À la suite de ses premières improvisations où il maniait le fer à béton en prestidigitateur, Dubreuil s’est confronté aux formes de la tradition pour leur donner une nouvelle vie.
Le retour à la citation, au style, à l’ornement, au « métier » s’est effectué sans état d’âme : pour lui c’est l’invention qui compte avant tout. S’il a continué en ferrailleur, l’histoire des styles ne l’a jamais rattrapé, car il ne sait jamais vers quoi, demain, son métier le mènera.
C’est de cela qu’il s’agit : un métier qui fait surgir des formes au hasard des découvertes et des expérimentations. Ce livre raconte la trajectoire d’André Dubreuil et révèle la totalité de son œuvre, de 1985 à aujourd’hui : près de 400 meubles-objets énigmatiques, chaises, commodes, miroirs, cabinets, pendules, lanternes…, dans lesquels le rêve, l’invention, le mystère l’emportent, et de loin, sur la fonction.
Concevoir et construire en acier
Bertrand Lemoine et Marc Landowski
Paris, Arcelor, collection « Mementos Acier », 2005, 112 p.Ce manuel présente de manière didactique et synthétique l'essentiel de ce qu'il faut savoir sur l'acier, ses performances mécaniques, sa mise en oeuvre dans le domaine des structures, des planchers, des façades, des couvertures, des cloisons et des équipements intérieurs. Il souligne également les performances de l'acier en matière de durabilité et de sécurité incendie. Outil de conception simple et pratique, ce « Memento acier » édité par le groupe Arcelor s'adresse aussi bien aux professionnels confirmés de l'acte de bâtir qu'aux étudiants.
Histoire de l'art dans l'Antiquité
Johann Joachim Winckelmann
Traduction de Dominique Tassel, introduction et notes de Daniela Gallo
Paris, Pochothèque, 2005, 875 p., ill.
Prix : 25 €Avant Winckelmann (1717-1768), étudier l’art signifiait soit écrire la biographie d’un artiste, soit s’intéresser au sujet des œuvres dans une perspective historique ou littéraire. À partir de Winckelmann, et en particulier de l’Histoire de l’art dans l’Antiquité, parler d’art veut dire partir des œuvres dans leur matérialité et définir des styles, selon une séquence chronologique intimement liée à l’histoire des civilisations. La leçon ne vaudra pas que pour l’art antique, mais pour toutes les périodes. Ce livre, publié pour la première fois à Dresde en 1764, opéra une révolution dont nous sommes encore aujourd’hui les héritiers.
Par la façon qu’il eut de pénétrer l’esprit des Anciens, notamment des Grecs, il bouleversa la conception des arts en général, poésie et littérature comprises.
Goethe fut un des premiers à en prendre conscience et à reconnaître sa dette à l’égard des théories de Winckelmann. Le néo-classicisme de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe est issu, pour une bonne part, des idées de Winckelmann sur l’art antique.
Ce texte fondateur de l’histoire de l’art est donné ici dans une traduction nouvelle. Le volume est illustré avec la plupart des œuvres que Winckelmann commente en détail.
Françoise Gatouillat et Michel Hérold
Corpus Vitrearum - France, série Recensement des vitraux anciens de la France VII, Rennes, Presses de l'Université de Rennes (PUR), 2005, 367 p., 375 ill.
ISBN : 2-87535-0151-3
Prix : 44 €La collection du Recensement des vitraux anciens de la France, qui s’inscrit dans la série internationale du Corpus Vitrearum, a été créée en 1978 pour offrir aux spécialistes comme aux amateurs le résultat de l’inventaire des vitraux français antérieurs à la Révolution. Elle présente une analyse iconographique, technique et stylistique de ces vitraux, accompagnée d’un important appareil critique. Les créations des XIXe et XXe siècles rencontrées au fil de l’étude y sont également évoquées.
Les six premiers volumes parus concernent douze des régions de France. Le septième est tout entier consacré à la Bretagne qui possède un nombre considérable de verrières du XIIe au XVIIIe siècle, contenues dans plus de 300 édifices religieux mais aussi dans les édifices civils ainsi que dans les musées des quatre départements.
Cet ouvrage présente pour la première fois ce riche patrimoine dans sa totalité. On y trouvera ainsi, à Dol, à Runan, à La Guerche ou à Saint-Léry, des chefs-d’œuvre du Moyen Âge peu connus voire inédits. Des innombrables richesses léguées par la Renaissance, on saisira toute la diversité, de Moncontour ou de Champeaux à la brillante production des ateliers de Quimper répartie dans une multitude d’édifices, notamment à Plogonnec, au Faouët ou à La Roche-Maurice. Pendant cette période privilégiée, la peinture sur verre occupe au sein des arts picturaux une place magistrale, qui peut désormais être mieux appréciée.
Somptueuses maîtresses-vitres ornant les églises les plus prestigieuses ou vitraux isolés des petites chapelles rurales, tous contribuent à couvrir la Bretagne d’une éclatante parure de couleurs.
Le vitrail à Troyes : les chantiers et les hommes (1480-1560)
Danielle Minois
Corpus Vitrearum - France, Série Études VI, Paris, Presses de l'Université Paris-Sorbonne (PUPS), 2005, 473 p., 81 fig., XXVIII pl.
ISBN : 2-84050-401-4
Prix : 48 €La peinture sur verre occupe une place prééminente au sein de la vie artistique foisonnante qui s’épanouit en Champagne méridionale entre 1480 et 1560. La production de vitraux religieux est massive. La vitrerie civile se généralise. Dans quel contexte cet essor a-t-il lieu ? Qui sont les commanditaires de ces œuvres d’art ? Quels en sont les auteurs ?
L’enquête, qui distingue la ville de Troyes de son environnement rural, a été menée à partir des vitraux des églises troyennes et des documents d’archives particulièrement nombreux. L’organisation socioprofessionnelle et les conditions de travail des peintres verriers de Troyes sont analysées. Leur évolution permet de préciser la notion d’École troyenne de peinture sur verre et de retracer une partie de la vie de ce foyer artistique brillant qu’a constitué la ville de Troyes jusqu’à la fin du XVIIe siècle.
Études transversales : mélanges en l’honneur de Pierre Vaisse
Sous la direction de Leila El-Wakil, Stéphanie Pallini et Lada Umstätter-Mamedova
Presses universitaires de Lyon, 2005, 331 p.
ISBN 2-7297-0760-3
Prix : 25 eurosCe recueil de Mélanges réunit les contributions de différents historiens de l’art suisses et étrangers que Pierre Vaisse a rencontrés au cours de sa carrière internationale. La diversité des sujets abordés – du Roman de la Rose à la post painterly abstraction – et l’éventail des périodes prises en compte reflètent la richesse de ses intérêts et son goût pour les chemins de traverse, qui l’ont conduit à écrire aussi bien sur Dürer que sur Le Corbusier.
Le point commun des études réunies dans ce volume tient donc moins dans une quelconque unité thématique que dans l’originalité du regard des différents auteurs. Ceux-ci se sont en effet efforcés d’évoluer loin des idées reçues, suivant en cela l’exemple de Pierre Vaisse qui a contribué à mettre en valeur cet « autre dix-neuvième siècle » si longtemps méprisé.Sommaire
Jean Wirth, La Fontaine de Narcisse dans le Roman de la Rose
Michael Nehrlich, Quelques réflexions de dilettante autour de la Belle Nue Inconnue de Charroux dans le Bourbonnais
Frédéric Elsig, Les limites de la notion d' «École » : remarques sur la peinture à Troyes au XVIe siècle
Leïla El-Wakil, Antique versus moderne au début du XVIe siècle à Rome. La lettre à Léon X
Marcel Roethlisberger, Pluralité du dix-neuvième siècle
François Fossier, Rome, le regard de Paris : l'Académie de France à Rome sous le directorat de P. Guérin
Valentine Reymond, Eugène Delacroix et la rhétorique contrastée du noir contre le clair au XIXe siècle
Claire Barbillon, Charles Blanc, Peter Lenz et l'Égypte : communauté d'influences ou Zeitgeist ?
David Van Zanten, What might have been at stake in city building c. 1842-1853 : the case of Hamburg after the great fire
Christine Peltre, De l'entre-deux-mers à l'entre-deux-mondes : l'Orient ancien et moderne du Canal de Suez
Philippe Junod, Les bagages d'un voyageur : Gautier en Orient
Pauline Prevost-Marcilhacy, La collection de tableaux modernes des frères Péreire
William Ewing, Zulugraphy : the Light of Heaven
June Hargrove, Modern Melancholy : Degas's portrait of Duranty in his study
Roland Recht, Provocation et principe d'équivalence. La modernité jugée par Wickhoff et Riegl
Johannes Stückelberger, La partie et le tout : la vision panoramique de Segantini
Thomas Gaethgens, Échanges et controverses en histoire de l'art entre la France et l'Allemagne autour de 1900
Pierre Monnoyeur, « Je semais à tous vents », petite histoire de la conduction des eaux de pluie
Françoise Levaillant, Dans le glissement du temps. Rêver Piranèse, de De Quincey à André Masson
Cristian-R. Velescu, Autour de deux toiles de Victor Brauner : Tête et deux boxeurs et Passivité courtoise - approche iconographique
Paul-Louis Rinuy, Le Corbusier et l'idéal classique
Stéphanie Pallini, Tradition, modernité et avant-garde dans la Suisse romande de l'entre-deux-guerres
Réjane Lüthi, La post painterly abstraction de Clement Greenberg, un leurre critique ?
Lada Umstätter-Mamedova, L'architecture orthodoxe contemporaine : un style post-moderne impérial ?
Liste des publications de Pierre Vaisse
Lire l’art contemporain dans l’intimité des œuvres
Isabelle Ewig et Guitemie Maldonado
Larousse, 2005, Reconnaître comprendre
ISBN 2-03-505558-X
Prix : 27 €Les musées d’art moderne et contemporain peuvent sembler aussi fascinants que déroutants par la nouveauté, la radicalité ou simplement la diversité de ce qu’ils montrent. Le projet de ce livre est de donner des pistes de lecture et d’interprétation des œuvres à travers :
- les caractéristiques techniques, la subversion des catégories traditionnelles ;
- les sources d’inspiration, du primitivisme aux apports de la science moderne ;
- le traitement du sujet ;
- les savoir-faire et les stratégies de réalisation ;
- la prise en compte du regard du spectateur ;
- la présentation des œuvres : exposition, musée, galerie, in situ…Grâce à ces différents axes, Lire l’art contemporain permet d’embrasser l’ensemble du XXe siècle, des avant-gardes jusqu’aux premières années du XXIe siècle, de Picasso et Marcel Duchamp à Cindy Sherman et Maurizio Cattelan, en passant par Joseph Beuys, Andy Warhol ou Jean-Michel Basquiat, sans limites géographiques et au-delà des différences de supports (peinture, sculpture, photographie, installation, vidéo…).
Cet ouvrage novateur pointe également d’éventuelles filiations entre les courants artistiques ainsi que les transformations des notions au fil du temps. L’iconographie et les encadrés sur les artistes sont conçus comme autant d’incitations, au fil de la lecture, à revenir aux œuvres pour mieux les regarder.
Paris 1820. L’affirmation de la génération romantique
Actes de la Journée d’étude organisée par le Centre André Chastel (Paris, musée de la Vie romantique, 24 mai 2004)
Berne, Peter Lang, 2005, 217 p, 16 ill.
ISBN 3-03910-615-5 br.Sommaire
Dany Sandron : Préface
Sébastien Allard : Introduction. Du « chef d’école » au grand artiste, l’art à l’épreuve de la modernité
Jean-Claude Caron : « Aux âmes bien nées… » ou romantisme et génération(s)
Nina Athanassoglou-Kallmyer : La mort du duc de Berry, dilemme des peintres
Susan Siegfried : Un certain regard : Ingres, Delacroix et « l’Odalisque »
Mehdi Korchane : Guéri et ses élèves : paternité et filiation paradoxales
Elisabeth Fraser : A propos des sources de Delacroix : « Dante et Virgile » et l’autorité paternelle
Michèle Hannoosh : « Les premiers peintres romantiques » : Delacroix et l’école anglaise
Marie-Claude Chaudonneret : Le « romantisme » au Salon. Définition par la critique contemporaine (1822-1827)
Jean-Claude Yon : Théâtre, romantisme et presse à la fin de la Restauration : l’exemple du Globe
Cécile Reynaud : Comment on devient romantique : le cas d’Hector Berlioz
Correspondance(s) Jean Dubuffet, Alexandre Vialatte
Lettres, dessins et autres cocasseries 1947-1975Édition établie et annotée par Delphine Hautois et Marianne Jakobi ; préface de Walter Lewino
Au Signe de la licorne, 2004, 272 p., collection Le Grand Jeu
ISBN 2-913034-07-1
Prix : 20 €Dès 1947, date de leur rencontre dans un atelier saugrenu de Montparnasse, Jean Dubuffet et Alexandre Vialatte n’ont cessé d’échanger divers témoignages d’amitié : aux lettres et aux expérimentations plastiques de l’artiste répondaient souvent les chroniques et la prose cocasse de l’écrivain. De leurs rencontres, de leurs voyages et de leurs discussions, reste cette correspondance originale : un dialogue poursuivi à travers différents supports, lettres, textes et croquis, qui souligne leur parenté intellectuelle et esthétique, et révèle un goût frénétique pour les trouvailles les plus incongrues et les paradoxes les plus séduisants. Entre correspondance intime et notoriété publique, ce volume donne à lire à la fois le quotidien des travaux de l’artiste et les archives de la création de l’écrivain : plus de trente lettres inédites, accompagnées de textes et d’un appareil critique qui éclaire les circonstances et les grands moments de cette singulière amitié.
Entre bibliothèque et jardin. Ernest de Ganay
Textes réunis et présentés par Monique Mosser et Josiane Sartre
Les Éditions de l’Imprimeur
Collection « Jardins et Paysages »
288 pages, 20 illustrations en noir et blanc
Format : 16 x 24 cm
ISBN : 2-910735-78-8
Date de parution : 2005
Prix : 28 €
L'intérêt grandissant pour le patrimoine des jardins a eu pour corollaire, ces dernières années, un renouvellement des recherches historiques, qui a permis de le replacer dans le cadre d'une approche culturelle complexe, alliant arts, sciences et techniques. Dans ce contexte, il devient indispensable d'interroger l'historiographie, de retracer une certaine généalogie de la recherche, pour en comprendre les avancées, les aléas et les lacunes. Ernest de Ganay (1880-1963) fait ici figure de pionnier. À la fois amateur éclairé, poète de la mouvance symboliste et historien rigoureux, il fut un acteur de premier plan de la vie culturelle de l'entre-deux-guerres. Il élabora alors une œuvre importante où se conjuguent des analyses monographiques, nourries d'une profonde familiarité avec les jardins eux-mêmes, et d'ambitieuses synthèses qui reposent sur une parfaite maîtrise des sources. Bibliophile, éditeur savant de textes inédits ou de traités oubliés, il a établi une Bibliographie de l'art des jardins, travail resté longtemps inédit dont il légua le manuscrit, avec l'ensemble de ses archives à la bibliothèque des Arts décoratifs (Paris). Associant la réédition de cette compilation savante, qui reste un ouvrage de référence pour les chercheurs et les amateurs, à un florilège de poèmes dédiés aux jardins, ainsi qu'à la publication de l'inventaire des "Papiers de Ganay" conservés à la bibliothèque des Arts décoratifs, ce livre propose un portrait intellectuel d'un des pères fondateurs de l'histoire des jardins en France.Monique Mosser est ingénieur au CNRS et maître assistant associé à l'École d'architecture de Versailles où elle codirige le DESS " Jardins historiques, patrimoine, paysage ". Historienne de l'architecture et de l'art des jardins, elle a publié de nombreux travaux sur le XVIIIe siècle.
Josiane Sartre est conservateur général de la bibliothèque des Arts décoratifs où elle a organisé plusieurs expositions sur les fonds photographiques (Henri Le Secq, Eugène Atget). Docteur en histoire de l'art, spécialiste de l'architecture classique française, elle a publié de nombreux travaux sur la question dont Châteaux " brique et pierre " en France. Essai d'architecture (Paris, 1981).
Adolphe Thiers, critique d'art. Salons de 1822 et de 1824
Edition présentée et annotée par Marie-Claude Chaudonneret
Paris, Honoré Champion, 2005, 259 p, 5 ill.
ISBN 2-7453-1133-6Peu après son arrivée à Paris, Adolphe Thiers couvre l’événement majeur de la vie artistique : le Salon, exposition officielle des artistes vivants. Il a alors vingt-cinq ans. Il écrit pour Le Constitutionnel un compte rendu du Salon de 1822. Lors du Salon suivant, celui de 1824, il multiplie les articles pour divers périodiques : Le Constitutionnel, Le Globe, la Revue européenne. Cet ouvrage réunit pour la première fois les quatre séries d’articles de Thiers pour les Salons de 1822 et de 1824. Ces textes sont essentiels pour appréhender les aspirations de la génération romantique, les débats entre nostalgiques du passé et ceux qui aspirent au changement. Dans ces débats, où l’artistique et le politique se mêlent, Thiers défend les jeunes artistes, prend parti pour ceux qui s’affranchissent du « joug académique ».
Carlo Vigarani, intendant des plaisirs de Louis XIV
Jérôme de La Gorce
Éditions Perrin et Château de Versailles, 2005, 275 p., ill.
Coll. « Les métiers de Versailles »
Prix : 19 €
ISBN 2-262-02334-4Pour le bon plaisir du roi, rien n’était impossible. D’origine italienne, Carlo Vigarani, dont le père était déjà l’architecte de Mazarin, s’est employé sa vie durant à divertir Sa Majesté. En retour, il fut l’un de ses artistes préférés et bénéficia jusqu’à sa mort de la protection royale.
Vigarani, c’est en 1664 le principal créateur des Plaisirs de l’Ile enchantée dont on grave les scènes pour les diffuser dans l’Europe entière.
Architecte, « metteur en scène », décorateur, Carlo Vigarani a mené de front plusieurs carrières : à Paris, il travaille pour les Théatins, tout en étant l’associé de Lully à la direction de l’Opéra ; à Saint-Germain-en-Laye, il est chargé de monter de grandes tragédies en musique ; à Versailles, enfin, il apporte son concours aux fêtes les plus brillantes du règne de Louis XIV.
À partir d’une documentation souvent inédite, Jérôme de La Gorce retrace ici la vie et la carrière de cet artiste méconnu, dont l’œuvre révélé par des dessins et des plans annotés de sa main permet de mieux apprécier son exceptionnelle personnalité.
Michel Roncerel, l’empreinte et le miroir : livres d’artistes (1992-2005)
Exposition 7 juin-17 septembre 2005Sous la direction de Benoît Lecoq et d’Évelyne Bret
Carré d’art Bibliothèque – Ville de Nîmes
2005, 108 p., ill.
ISBN 2-9518459-5-2Table des matières :
Matière et manière, par Michel Butor
La Lumière du noir, par Bernard Noël
Bâtons rompus, par Maxime Préaud
L’explosante-fixe du livre illustré, par Françoise Levaillant
Entretien Benoît Lecoq – Michel Roncerel
Catalogue des livres illustrés
Écrits de Michel RoncerelIndex des auteurs illustrés : Adonis, Fernando Arrabal, Marie-Claire Bancquart, Pierre Bourgeade, Michel Butor, Christian Da Silva, Jean-Marc Debenedetti, Jean-Piere Faye, Werner Lambersy, Clément Marot, Rodrigue Marques de Souza, Bernard Noël, Paule-Élisabeth Oddéro, Hisashi Okuyama, Jean Orizet, Jean-Loup Philippe, René Pons, Maxime Préaud, Jacques Roman, Annie Salager, Annick Vatant, Évelyne Wilhelm, Christian Zeimert
Paris contemporain : de Haussmann à nos jours, une capitale à l’ère des métropoles
Simon Texier
Parigramme, 2005, 240 p., ill., Architecture et urbanisme
Prix : 39 €Quel avenir s’offrait à Paris au sortir du XIXe siècle ? Ses limites semblaient durablement établies par l’enceinte de Thiers – elles resteront d’ailleurs quasiment inchangées après la destruction de l’ouvrage militaire – tandis que sa texture, de la forme des avenues au style des immeubles, portait la marque indélébile du préfet Haussmann.
C’est à cet héritage fondateur et étouffant qu’ont été confrontés les architectes et les urbanistes du XXe siècle. Combien de projets, de manifestes, d’architectures de papier a-t-on échafaudés pour inventer une postérité à la capitale haussmannienne ? Du rejet de l’urbanisme d’alignement à l’urbanisme d’îlot puis d’ensemble, ce sont les fondements mêmes de la fabrication de la ville qui ont été remis en cause. Aucune de ces ruptures ne saura toutefois imposer son ordre dans le Paris contemporain, mais la succession des tentatives introduira des irrégularités assez marquantes pour être fondatrices d’un nouveau paysage urbain.
Sous la direction de Laurence Bertrand Dorléac et Androula Michaël
Ed. de l’École nationale supérieure des beaux-arts
Mai 2005, 400 p., ill.
Prix : 25 euros
ISBN 2-84056-180-8Cet ouvrage réunit les contributions de nombreux spécialistes conservateurs, enseignants, historiens d’art réunis autour du mythe Picasso.
Trente ans après la mort de l’artiste, les auteurs s’interrogent sur son parcours artistique, de la fondation du cubisme au surréalisme et à ses autres périodes. Ils envisagent également les liens avec les personnalités qui ont partagé sa vie. Les interventions traitent du rapport de Picasso à la photo et à la reproduction, à l’écriture, au dessin et à la couleur et, au-delà de la création artistique, au monde contemporain dont il reste acteur.Les auteurs : Anne Baldassari, Laurence Bertrand Dorléac, Serge Bismuth, Philippe Dagen, Michel Draguet, Maurice Fréchuret, Laurent Gervereau, Marc Guastavino et Androula Michaël, Serge Guilbaut, Brigitte Léal, Jean-Jacques Lebel, Françoise Levaillant, Bernard Marcadé, Éric Michaud, Didier Ottinger, Emmanuel Pernoud, Michel Poivert.
L’Institut d’art et d’archéologie
Sous la direction de Simon Texier
Textes de Simon Texier, Fabienne Chevallier, Pierre Pinon, Manuel Royo, Mary Juteau, Dominique de Font-Réaulx, Jean-Luc Martinez, Dominique Morelon et Alexandre Farnoux
Picard, 2005, 144 p., ill.
Prix : 28 €
L’Institut d’art et d’archéologie est l’un des bâtiments les plus singuliers du paysage parisien. Dessiné par Paul Bigot en 1920, achevé en 1932, il étonne par son architecture composite et la richesse de son revêtement de briques. Atypique et décalée, l’œuvre de Bigot témoigne moins d’une conception académique que d’une vision romantique et très personnelle de l’architecture, sensible dans l’ensemble de ses projets. Entité autonome créée à l’initiative de la Sorbonne et de la marquise Arconati Visconti, l’Institut d’art et d’archéologie constitue aussi une étape décisive dans l’histoire de ces deux disciplines : consécration pour une génération d’enseignants (Emile Mâle, Gustave Fougères, qui se chargent d’ailleurs de sa programmation), il est conçu par Henri Focillon et Pierre Lavedan, qui en suivent pour leur part le chantier, comme un laboratoire d’enseignement et de recherche. Le bâtiment accueille en effet un exceptionnel ensemble de collections : le musée de moulages de la Sorbonne, qui fait l’objet d’enrichissements progressifs, la maquette de Rome reconstituée par Paul Bigot, qui occupe le quatrième étage, puis la bibliothèque Jacques Doucet, installée en 1935. Déplacées ou partiellement détruites, ces collections font partie intégrante de l’histoire de l’Institut, classé Monument historique en 1996.SOMMAIRE
Mémoire des lieux… lieux d’histoire (S. Texier)
I. PAUL BIGOT, ARCHITECTE
Paul Bigot, architecte romantique (F. Chevallier)
Chronologie (F. Chevallier)
Paul Bigot pensionnaire à Rome, ou « le vainqueur du Grand Cirque » (P. Pinon)
Paul Bigot et la maquette de Rome antique (M. Royo)II. ARCHITECTURE
L’Institut d’art et d’archéologie, antithèse d’une nouvelle modernité française (S. Texier)
La frise de l’Institut : art ou archéologie ? (M. Juteau)III. COLLECTIONS
Une « glyptothèque moderne » : brève introduction à la collection de moulage (D. de Font-Réaulx)
Les moulages : un musée pédagogique (J.-L. Martinez)
La bibliothèque Doucet (D. Morelon)
Le mobilier : l’impossible inventaire (S. Texier)IV. ENSEIGNEMENT
De la Sorbonne à la rue Michelet : une consécration collective (S. Texier)
L’enseignement de l’archéologie (A. Farnoux)
Egon Schiele, Narcisse écorché
Jean-Louis Gaillemin
Paris, Gallimard, collection « Découvertes », 2005, 160 p.
ISBN 978-2-07-030598-8Schiele « peintre maudit » ? Victime de la société de son temps, jeté en prison, auteur d’une œuvre à forte dimension érotique, tout est là pour que naisse la légende… Mais Jean-Louis Gaillemin a préféré chercher ailleurs la vérité de l’artiste : pour Schiele, il s’agit de reconquérir la forme, de recomposer le monde contre les forces de la mort. Enfant terrible dans la Vienne des années 1910, très vite affranchi de la stylisation décorative des artistes de la Sécession tels que Klimt ou Moser, Egon Schiele trouve d’abord en lui le modèle le plus docile pour décomposer le corps à sa guise. Puis il entraîne ses autres modèles dans une exploration systématique du corps qui passe par celle du sexe. Masturbations, couples de jeunes femmes ou de très jeunes filles, les représentations se multiplient… D’abord schématique et violent, l’art de Schiele acquiert vers 1916 une qualité plastique et graphique qui permet aux corps et à la nature de se reconstruire. Alors qu’il affirme son « retour à l’ordre » avec de grands tableaux à ambition sociale, la mort l’emporte à 28 ans – touche ultime du destin d’un « éternel enfant », forcé de tout dire en l’espace de dix ans.
Les écrits d’artistes depuis 1940
Actes du colloque international, Paris et Caen, 6-9 mars 2002
Sous la direction de Françoise Levaillant
IMEC, 2004, 17 x 23 cm, 509 pages
ISBN : 2-908295-72-5
Prix : 45 €Plus de trente spécialistes d’histoire de l’art du xxe siècle ont accepté de relever le défi que posent les écrits des artistes contemporains. Pourquoi l’artiste écrit-il ? Quels sont ses supports de diffusion ? Ses écrits restent-ils confidentiels – journal (Toti Scialoja), biographie (Dubuffet), « dessins d’insomnie » (Louise Bourgeois) – ou sont-ils destinés à devenir des «armes» (Buren), lancées publiquement contre les institutions, les critiques, les confrères… ? L’écriture constitue-t-elle un «suspens» dans le processus de la création plastique ? Ou bien l’artiste peindrait-il justement «parce qu’il écrit» (Alberola) ? Et si le dernier mot ne devait pas, néanmoins, revenir à la peinture (Hélion, Svenungsson…) ? Picasso s’interroge sur l’opportunité de faire un livre de ses écrits ; Lhote met en scène la fin de sa participation à la littérature artistique de son temps ; des artistes japonais, prolixes, sont sollicités par leurs éditeurs ; des femmes artistes accompagnent par des textes poétiques ou théoriques leur lutte pour la reconnaissance de leur statut.
Il y a aussi tous ceux à qui la violence de l’Histoire ne permet de texte que censuré ou camouflé jusqu’au secret. Dans les moments de guerre, d’exil, d’internement, les uns poursuivent un nouveau mythe (Wols), les autres imaginent une nouvelle langue (Schwitters). Les peintres allemands de «l’année zéro» – 1945 – craignent la manipulation politique de l’écrit. En URSS, dans les années 1950-1970, des groupes pratiquent une transmission orale de la tradition moderniste. Tous ces moments de tension sont mis en évidence dans ce volume.
Le choix de la période étudiée – de 1940 à nos jours – répond à plusieurs préoccupations : intégrer les «années noires» dans l’historiographie de la deuxième moitié du xxe siècle, réviser notre approche des écrits d’artistes (Brancusi, Calder, Dalí, Picasso, etc.) perçus comme les «grands noms» d’une histoire considérée à tort comme déjà écrite, nous confronter aux nouvelles pratiques, aux nouveaux enjeux, que proposent des artistes plus jeunes comme Carl Andre, Daniel Buren, Yayoi Kusama, Jean-Jacques Rullier, Roman Signer et bien d’autres.
Les artistes de trois continents (Europe, Asie, Amérique), à travers dix pays, sont ici saisis dans les moments les moins connus mais peut-être les plus aigus de leur créativité. De nombreux inédits et la référence à des fonds d’archives encore peu sollicités confèrent à ces actes de colloque le statut d’un livre de référence.(notice extraite du site de l'IMEC : http://www.imec-archives.com/editions/result.php?c=3)
Dany Sandron ; photogr. de Christian Lemzaouda
Paris : Éd. Zodiaque, 2004 - 223 p.-[80] p. de pl. en coul. : ill., couv. ill. en coul. ; 25 cm. - (Le ciel et la pierre, 1279-7855 ; 9).
Bibliogr. p. 213-216. Index. - DLE-20040617-29964. - 726.609 442625 (21) . - ISBN 2-7369-0309-9 (rel.) : 48 EUR.Gigantesque, vertigineuse et aérienne, Notre-Dame d'Amiens offre à nos yeux l'image presque idéale de la cathédrale du XIIIe siècle, fruit des ambitions conjuguées des évêques, des chanoines et des constructeurs, mais aussi des habitants du diocèse.
Son architecture d'une parfaite élégance célèbre véritablement l'apogée du gothique avec ses voûtes lancées à plus de 42m de hauteur dans la nef, ses 145m de long et 70m de large au transept. Ses portails forment à l'ouest la plus ambitieuse page sculptée jamais conçue en façade, animée de plusieurs centaines de personnages. On les compte par milliers sur les stalles du chœur réalisées au début du XVIe siècle, peu avant l'érection à la croisée d'une nouvelle flèche charpentée, aujourd'hui encore la plus ancienne de cette envergure.
Mais au-delà d'une entreprise qui suscita l'orgueil bien légitime de ses initiateurs, la virtuosité de son architecture, transfigurée par les vitraux, en faisait avant tout l'allégorie du royaume des cieux, auquel renvoyait aussi le décor sculpté des portails, centré sur la quête du salut. Conçue comme une arche pour accueillir les fidèles, gardienne des reliques des saints martyrs de la région qui fondent le caractère identitaire du monument à l'échelle du diocèse, la cathédrale s'enrichit au fil des générations de nouvelles parures.
En s'appuyant sur des photographies inédites, l'auteur retrace ainsi l'achèvement artistique de la cathédrale sous tous ses aspects, architecture, décor sculpté, peint, vitré et mobilier, du XIIIe siècle à nos jours. Notre-Dame d'Amiens, chef-d'œuvre de l'esprit humain inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco, mérite ce nouvel hommage.
Le Garde-Meuble de la Couronne et ses intendants du XVIe au XVIIIe siècle
Stéphane Castelluccio
Paris, éd. du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2004, 335 p. Coll. CTHS – Histoire
ISBN 2-7355-0554-5
Prix : 32 €Le Garde-Meuble de la Couronne était l’administration chargée de la gestion du mobilier et des objets d’art destinés à l’ornement des appartements royaux. Tout d’abord simple attribution du valet de chambre du roi depuis le Moyen Âge, la création d’une administration spécifique, dirigée par un intendant, s’avéra nécessaire pendant le règne de Henri IV devant le développement des maisons royales. La charge d’intendant général des meubles de la Couronne devint de plus en plus prestigieuse à partir du règne de Louis XIV grâce à l’attention croissante portée au mobilier royal par les souverains. Les intendants furent des personnalités intéressantes et l’étude de leur origine sociale et de leurs parcours permet de mieux comprendre leur action à la tête du Garde-Meuble. Tour à tour excellents administrateurs, amateur éclairé ou favori du roi, ils contribuèrent au rayonnement du mobilier royal et de leur administration.
Pour la première fois, le statut juridique du mobilier royal est abordé avec particulièrement la question de son inaliénabilité et les limites de celle-ci, ainsi que, parallèlement, celui des garde-meubles personnels des souverains qui géraient leurs biens mobiliers privés.
Cette étude de l’histoire administrative, juridique et sociale du Garde-Meuble apporte un regard nouveau et complémentaire sur cette importante institution de l’Ancien Régime et son fonctionnement, incontournable pour l’étude du mobilier des XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi que sur la personnalité de ses directeurs.
Grammaire des immeubles parisiens
Six siècles de façades du Moyen Âge à nos joursClaude Mignot ; photographies : Jacques Lebar
Parigramme, 2004, 208 pages. Broché avec rabats, 17x21cm
ISBN : 284096175X
Prix : 22 €La beauté de Paris tient à ses immeubles autant qu’à ses monuments et ses hôtels particuliers. Le promeneur perçoit bien la variété de ce paysage urbain, mais il manque parfois de repères pour en lire les ordonnances et les motifs : riches portails, balcons filants, bow-windows opulents, consoles ornées, mascarons moqueurs et cariatides souriantes.
Depuis Jean-Jacques Rousseau, on sait qu’un peu de botanique peut accroître le plaisir d’une promenade champêtre ; cet ouvrage propose quelques clés de lecture à l’usage du piéton de Paris pour lui permettre de mieux voir, de mieux comprendre et de mieux aimer ces façades qui se saluent d’un trottoir à l’autre, d’un siècle à l’autre.
Ils ont dit :
« L’intérêt de cet ouvrage est de balayer six siècles d’architecture à Paris, du Moyen Âge à nos jours, superbes photos à l’appui. » VERSION FEMINA
« Une balade architecturale formidablement enrichissante. » FRANCE-SOIR
Lectures suggérées :
»Architecture industrielle
»Atlas du Paris haussmannien
»Matériaux de Paris
Balade(s) thématique(s)
»Place de la Ville
À propos des auteurs :
Claude Mignot : Professeur à l’université de Paris-Sorbonne, Claude Mignot a publié “L’architecture au XIXe siècle“ (Le Moniteur, 1983), “Le Val-de-Grâce“ (CNRS éditions, 1994) ; il a codirigé “François Mansart, le génie de l’architecture“ (Gallimard, 1998) et le “Manuel d’histoire de l’art, Temps modernes“ (Flammarion, 1996), et a participé à divers ouvrages collectifs, comme “Le Guide du Patrimoine, Paris“ (Hachette, 1994) ou “Histoire de l’architecte“ (Flammarion, 1998).
Jacques Lebar : Photographe, Jacques Lebar a réalisé les reportages de très nombreux guides publiés chez Parigramme, dont Paris secret et insolite. Avec Paris aux mille visages (Fascinating Paris dans sa version anglaise) il a composé un tableau des reflets changeants de la capitale.(Notice établie par Parigramme, © Parigramme ; extraite du site Parigramme)
Aux jardins de Cathay
L'imaginaire anglo-chinois en OccidentWilliam Chambers
Textes réunis et présentés par Janine Barrier, Monique Mosser et Che Bing Chiu
Les Éditions de l’Imprimeur, collection « Jardins et Paysages », 2004, 240 pages, 92 illustrations en noir et blanc
Format: 16 x 24 cm
ISBN : 2-910735-92-3
Prix : 30 €La rencontre féconde entre l’art des jardins en Occident et celui des Chinois au XVIIIe siècle constitue un fascinant phénomène artistique. Bien au-delà d’une simple mode, il est nécessaire d’en rechercher les sources, d’en saisir les motivations et d’en dévoiler les analogies cachées. Profondément marqué par sa découverte de la Chine lors de deux longs voyages, l’architecte anglais William Chambers publia trois textes qui jouèrent un rôle essentiel sur l’esthétique des jardins occidentaux de la seconde moitié du XVIIIe siècle. L’analyse de son Traité des édifices, meubles, habits, machines et ustensiles des Chinois... (1757), dont un chapitre dédié aux jardins, suivi de La Dissertation sur le jardinage de l’Orient (1772) et du Discours de Tan Chetqua (1773), réunis ici pour la première fois, permet de comprendre la manière dont Chambers combine les apports proprement chinois, recueillis sur place, à sa propre vision de l’art des jardins où se conjuguent pittoresque et sublime et élabore ainsi un style original qui devait connaître une diffusion européenne.
William Chambers (1723-1796). Après une courte carrière dans la Compagnie suédoise des Indes orientales au cours de laquelle il séjourne en Inde et à deux reprises en Chine, Chambers suit les cours de l’École des arts de Jacques-François Blondel. Il passe ensuite quatre années à Rome, et revient en Angleterre en 1755 où il commence une brillante carrière privée. Il devient par la suite architecte des Bâtiments de George III et édifie Somerset House, un vaste complexe administratif, de 1774 à sa mort. Outre ses ouvrages sur les jardins, il publie un Traité d’architecture civile en 1759.
Janine Barrier. Née en 1935, elle est historienne de l'architecture et de l'art des jardins, plus particulièrement du XVIIIe siècle, et chercheur au Centre Nicolas-Ledoux (Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne).
Monique Mosser. Née en 1947, elle est ingénieur au CNRS et maître assistant associé à l'École d'architecture de Versailles où elle codirige le DESS " Jardins historiques, patrimoine, paysage ". Historienne de l'architecture et de l'art des jardins, elle a publié de nombreux travaux sur le XVIIIe siècle.
Che Bing Chiu. Né à Hong Kong en 1955, il est architecte et chargé de cours à l'École d'architecture de Versailles. Il est membre du Centre de recherche sur l'Extrême-Orient de Paris-Sorbonne et de centres de recherche sur l'architecture traditionnelle et les jardins en Chine. Il est l'auteur du Yuanming yuan. Le jardin de la Clarté parfaite et d'une traduction annotée du Yuanye, le traité du jardin (1634).
Photographies de Jacqueline Salmon
Texte de Monique Mosser
L’Yeuse, 2004, 127 pages. Format : 29 x 24 cm
ISBN : 2-914922-05-1
Prix : 45 €Au terme de longues années d’abandon, le Conseil général de l’Essonne a récemment acquis le domaine de Méréville, l’un des plus beaux exemples de jardins pittoresques de la fin du XVIIIe siècle. Cependant, la nature a peu à peu repris ses droits sur ce vaste fragment de paysage sublimé par les talents conjugués de l’architecte François-Joseph Bélanger et du célèbre peintre Hubert Robert, au service du banquier Jean-Joseph de Laborde. C’est ce moment particulier de l’histoire du jardin, à la veille des premiers travaux de réhabilitation, que Jacqueline Salmon a réussi à capter tout au long d’une année entière. Attentive aux métamorphoses végétales, aux changements de lumière sur la Juine, au mystère intact des rochers et des grottes, elle révèle l’émotion que suscite la beauté menacée de cette scénographie monumentale, toujours présente sous le fouillis végétal, et fixe ainsi, dans sa mobilité même, la quintessence d’un paysage en devenir.
En contrepoint, un essai de Monique Mosser rappelle l’importance de la thématique des saisons dans l’imaginaire des artistes du XVIIIe siècle et le rôle essentiel qu’elle joua dans la théorie et la pratique des jardins de ce temps.
Les éléments et les métamorphoses de la nature
Imaginaire et symbolique des arts dans la culture européenne du XVIe au XVIIIe siècleActes du colloque international de l’Opéra de Bordeaux (17-21 septembre 1997) organisé par le Centre Ledoux de l’Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, l’École d’architecture et de paysage de Bordeaux, l’École d’architecture de Versailles, sous l’égide de l’Association GHAMU (Groupe Histoire Architecture Mentalités Urbaines)
Textes réunis et présentés par Hervé Brunon, Monique Mosser et Daniel Rabreau
William Blake & Co./Art & Arts / Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne, 2004, 416 pages, 193 figures en noir et blanc et XI planches en couleurs hors texte. Format : 24 cm
Collection « Annales du Centre Ledoux », Tome IV
ISBN : 2-911059-21-2
Prix : 52 €De nombreux efforts ont conduit depuis quelques décennies à de nouvelles approches de la musique « baroque ». Elles renouvellent l’interprétation par une connaissance plus fine des œuvres et de leurs modes d’exécution. Mais il est d’autres champs culturels qui peuvent bénéficier de telles démarches. Au-delà de la transformation des techniques ou des enjeux idéologiques, c’est peut-être celle de l’imaginaire des artistes et des spectateurs qui nous sépare aujourd’hui le plus des œuvres anciennes, et en appauvrit la compréhension et l’expérience. Gaston Bachelard a montré la richesse d’une lecture des poètes attentive aux jeux de la rêverie sur la matière et le mouvement. Caractériser, dans d’autres domaines de la création, une certaine poétique de l’imaginaire à partir des Éléments et de leurs métamorphoses, étendre cette méthodologie de la lecture à une éducation du regard et de l’écoute, tels sont les enjeux du colloque dont sont ici rassemblés les actes.
L’Europe des Temps modernes (XVIe-XVIIIe siècles) offre une unité d’ensemble, tout en proposant une très grande diversité d’attitudes. L’accent est mis sur les interactions entre domaines artistiques. Les approches croisées, ici privilégiées, permettent de dépasser le cloisonnement des disciplines (histoires de l’art, des jardins, des spectacles, de la musique, de la littérature, des sciences et des idées...). Les essais recueillis s’attachent, plutôt qu’aux synthèses générales, à des analyses approfondies d’œuvres débouchant sur des tentatives d’interprétation. De nouvelles pistes de recherche s’affirment ainsi.
La tour Eiffel = The Eiffel Tower
Photographies de Winnie Denker; textes de Bertrand Lemoine
Paris, Mengès, 2004, 208 p.
ISBN : 2-8562-0441-4Vigie rêvée de la ville, la tour Eiffel subjugue Paris depuis plus de cent ans, silhouette hiératique, martyr de la religion scientifique.
Adulée ou méprisée, elle possède une qualité rare : sa capacité de métamorphose. Austère, endimanchée, étincelant de mille feux ou fantomatique, frêle et gigantesque à la fois, elle affiche son envoûtante singularité.
Fine résille aux reflets d’or, enchevêtrement d’armatures et de treillis métalliques, réservoir de salles de machines, de tubes insolites, poutrelles et rivets, rien de son intimité n’a échappé à l’œil de Winnie Denker. Harnachée dans le vide, lestée de son imposant matériel, la photographe nous entraîne dans ce labyrinthe aux perspectives vertigineuses.
Le texte de Bertrand Lemoine nous invite à découvrir autrement cet emblème mondial de Paris.
Construire, équiper, aménager : la France, de ponts en chaussées
Bertrand Lemoine
Paris, Gallimard, coll. « Découvertes » - « Sciences et techniques », 2004, 128 p.
ISBN 2-07-031655-6Construire un pont pour éviter de passer les rivières à gué ; tailler une route à flanc de montagne à travers les Alpes ; creuser des canaux pour faciliter la circulation des biens et des personnes ; quadriller le territoire de lignes de chemin de fer pour désenclaver les villages ; percer de larges avenues pour donner aux villes une nouvelle clarté ; apporter l’eau, le gaz et l’électricité « à tous les étages » ; construire des hôpitaux, des écoles, des marchés ; loger le plus grand nombre ; relier, aménager, équiper : les Travaux publics accomplissent depuis le XVIIIe siècle une œuvre titanesque pour façonner la France. Deux siècles après la création du Conseil général des ponts et chaussées, cette histoire du territoire français, racontée par Bertrand Lemoine, témoigne d’une volonté collective de modernisation, d’un savoir-faire apprécié au-delà de l’Hexagone, et rappelle combien la vie, l’environnement et les parcours de chacun en dépendent.
Retour au jardin
Essais pour une philosophie de la nature, 1976-1987Rosario Assunto
Textes réunis, traduits de l'italien et présentés par Hervé Brunon
Les Éditions de l’Imprimeur, collection « Jardins et Paysages », 2003, 192 pages, 20 illustrations en noir et blanc
Format : 16 x 24 cm
ISBN : 2-910735-79-6
Prix : 29 €L’œuvre immense et résolue de Rosario Assunto, qui vise à faire de l’esthétique une « philosophie totale », s’est attachée à penser le jardin et le paysage « selon une unité constante entre la réflexion théorique et la reconstitution historique des problèmes – et non sans cette participation, passionnée et peut-être passionnelle, qui est celle du philosophe s’occupant de thèmes qu’il vit de manière existentielle, ressent comme d’authentiques drames personnels ». Les essais réunis et présentés par Hervé Brunon reflètent son parcours intellectuel, où s’entremêlent l’ambition spéculative, l’ardeur polémique et l’élan lyrique, servis par une érudition sans faille et une lecture subtile de la poésie. Ce recueil est accompagné de contributions de Giulio Carlo Argan, Domenico Luciani et Massimo Venturi Ferriolo, qui éclairent l’actualité et la portée morale des enseignements de cette figure-clef de l’historiographie italienne. En voulant restaurer l’idéalisme moderne pour réconcilier nature et culture et en affirmant l’irremplaçable valeur du jardin et du paysage comme lieux où vivre la contemplation, Assunto nous engage à sauver la beauté du monde et à refonder un principe d’espérance. Cette anthologie critique introduit pour la première fois le lecteur francophone à une personnalité singulière et à une démarche exceptionnellement féconde.
Rosario Assunto (1915-1994) a été professeur d'esthétique à l'université d'Urbino à partir de 1956, devenant en 1981 titulaire de la chaire d'histoire de la philosophie italienne à l'université La Sapienza de Rome. Son œuvre comprend une trentaine de livres et plus de deux cents articles, dont le jardin et le paysage constituent un pôle majeur.
Hervé Brunon est né en 1971. Normalien, docteur en histoire de l’art, ancien pensionnaire de l’Académie de France à Rome (villa Médicis) et fellow du Harvard University Center for Italian Renaissance Studies (Villa I Tatti, Florence), il est chargé de recherche au CNRS (Centre André Chastel). Ses travaux portent sur l’histoire culturelle des jardins et des paysages, en particulier dans l’Italie du XVIe siècle. Membre de la rédaction des Carnets du paysage, il a dirigé le volume collectif Le Jardin, notre double. Sagesse et déraison (Éditions Autrement, 1999) et, avec Monique Mosser et Daniel Rabreau, le colloque Les Éléments et les métamorphoses de la nature. Imaginaire et symbolique des arts dans la culture européenne du XVIe au XVIIIe siècle (William Blake & Co./Annales du Centre Ledoux, 2004).
Werner Szambien
Livre broché, 25 €
Norma, 2003, 171 pages
ISBN : 2-909283-83-6 ; EAN : 9782909283838RÉSUMÉ : Avec des références littéraires pour fil conducteur, cet essai tente de faire un point sur l'architecture dans la nouvelle capitale allemande. Il aborde successivement les spécificités de la ville, les constructions architecturales remarquables depuis le XIXe siècle, l'hétérogénéité des styles architecturaux et la question de l'identité nationale et culturelle de sa population.
ARGUMENTAIRE :
Depuis sa création au XIIIe siècle, Berlin a connu une destinée unique. Symbole de l'austérité prussienne sous le Roi-Sergent, capitale intellectuelle de l'Europe sous la république de Weimar, partagé entre les puissances occupantes en 1945 et coupé en deux par le Mur en 1961, il fut pendant près de trente ans une île, un no man's land au centre de l'Europe.Se servant de la métaphore littéraire comme fil conducteur, Werner Szambien s'interroge sur la tension, phénomène d'attirance-répulsion permanent dans l'histoire de Berlin, entre pouvoir politique et culture, et sur cette étonnante indifférence vis-à-vis des styles qui fait qu'on ne peut parler d'architecture berlinoise. Dans cette ville immense et en constante transformation, coexistent le néoclassicisme de Schinkel, l'expressionnisme de Poelzig et de Mendelsohn, les étonnantes cités industrielles de la fin du XIXe siècle, les logements sociaux de la république de Weimar, les gigantesques quartiers ouvriers de l'Est berlinois, les programmes de reconstruction de l'après-guerre qui ont fait intervenir les plus grands architectes occidentaux et naître une nouvelle génération d'architectes berlinois, et, enfin, les immeubles commerciaux, bâtiments administratifs et ambassades, construits pas les stars de l'architecture internationale, qui surgissent partout dans la nouvelle capitale. Suivant un parcours qui passe par la porte de Brandebourg, devenue le symbole de la ville, le Tiergarten et la rue du 17-Juin, axe triomphal nazi, le Funkturm, la Stalinallee, le palais de la République, ce livre pose la passionnante question de l'identité culturelle du peuple allemand.
(Notice établie par Electre, © Electre ; extraite du site du BIEF)
Correspondance Jean Dubuffet – Jean Paulhan, 1944-1968
Édition établie, annotée et présentée par Julien Dieudonné et Marianne Jakobi
Gallimard, Les Cahiers de la NRF, 2003, 840 p.
Prix : 45 €
ISBN 2-07-076552-0Rares sont les correspondances inscrites au carrefour des sphères artistique, littéraire et éditoriale. Les plus de six cents lettres qu’ont échangées, de 1944 à 1968, Jean Dubuffet et Jean Paulhan, outre qu’elles étonnent et réjouissent par la richesse, la vigueur et l’intérêt jamais démenti de leurs propos, font à ce titre figures d’exception par l’étendue du champ qu’ellent embrassent – jusqu’à faire d’elles un remarquable panorama saisi sur le vif de la vie intellectuelle, politique et culturelle de l’immédiat après-guerre. Cette singularité, elles la doivent d’abord à l’identité des deux correspondants. D’un côté, l’un des artistes les plus importants et controversés de la seconde moitié du vingtième siècle, peintre, dessinateur, graveur, sculpteur, architecte, homme de théâtre, écrivain, musicien ; de l’autre, un écrivain, essayiste, critique d’art, éditeur, directeur de La NRF, la plus importante revue littéraire de la première moitié du vingtième siècle. Si la qualité d’une correspondance tient d’abord à celle de ses auteurs, on conviendra que l’on est ici assuré d’en lire une de tout premier plan.
Mais pour échapper au simple statut d’archives, fussent-elles de première main, encore faut-il qu’une écriture vienne sans cesse délivrer l’échange de son seul avenir de document. Or Paulhan et Dubuffet sont tous deux de redoutables et prolixes épistoliers. Si chaque lettre est écrite dans le souci de son destinataire, elle l’est donc aussi dans le souci des moyens dont elle use, de la langue et du style – de sorte qu’elle déborde le cadre de l’échange où elle est inévitablement prise pour offrir à chacun un plaisir de lecture qui, sur une période de plus de vingt ans, n’est jamais trahi. L’amateur aura ainsi celui de découvrir les bonheurs d’écriture de Dubuffet ; le curieux aura accès à une source précieuse d’informations sur l’invention de l’Art Brut, la création des Cahiers de la Pléiade, la genèse des textes et des œuvres de Jean Dubuffet ; le connaisseur sera surpris par l’étendue et la profondeur de champ du tableau de la vie intellectuelle parisienne. Amateur, curieux ou connaisseur, le lecteur sera en tout cas sensible à une relation passionnelle et conflictuelle, à un rapport de force subtil où la sincérité et la violence du sentiment n’excluent pas le jeu des intérêts.
Mise à jour du 20 février 2009