Laboratoire de recherche en histoire de l’art

Bilan des recherches 2005-2009 de l'Équipe de recherche sur le vitrail

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Équipe de recherche sur le vitrail

Sous la responsabilité de Claudine Lautier
 

L’Équipe de recherche sur le vitrail du Moyen Âge à nos jours est constituée de personnels de l’université de Paris IV, du CNRS et du ministère de la Culture et de la Communication (DAPA), ainsi que de deux boursières post-doctorantes (CNRS et Région Ile-de-France). Leur domaine de recherche est le vitrail depuis l’époque romane jusqu’au XXIe siècle, tant en ce qui concerne l’histoire de l’art, l’étude des matériaux, que l’histoire des métiers et celle des artistes et de leur milieu.

Une des tâches fondamentales de l’Équipe de recherche sur le vitrail est la publication de volumes qui peuvent, pour une partie d’entre eux, s’insérer dans la collection du Corpus vitrearum, organisme international fondé en 1952 et placé sous le patronage de l’Union académique internationale et du Comité international d’histoire de l’art. Les quatorze pays d’Europe et d’Amérique qui le composent ont publié à ce jour 98 volumes, dont 22 pour la France, répartis en trois séries : les « Monographies », le « Recensement des vitraux anciens de la France » et les « Études » à caractère thématique. La politique éditoriale française, à l’intérieur du Centre André Chastel et avec la collaboration de membres correspondants, s’est intensifiée ces dernières années, puisque trois volumes ont été publiés entre 2001 et 2004, et six autres entre 2004 et 2008, un dixième enfin paraîtra en 2009.

Enseignants-chercheurs de l’université de Paris IV

Chercheur du CNRS

ITA du CNRS

Conservateur du ministère de la Culture et de la Communication

ITA du ministère de la Culture et de la Communication

Post-doctorants

Membres correspondants

  • Catherine de Bayser ; Philippe Bonnet (conservateur en chef du patrimoine, région Bretagne) ; Chantal Bouchon (conservatrice au musée des Arts décoratifs, Paris) ; Jean-Charles Cappronnier (chargé d’études, Archives nationales) ; Patrick Chatelin ; Philippe Cheron (IE, région Haute-Normandie) ; Jean-Yves Coulon (architecte) ; Claire Denis ; Jérôme Djian (archiviste) ; Laurence de Finance (conservateur en chef du patrimoine, Paris) ; Nathalie Frachon-Gielarek (responsable d’édition, revue Monumental) ; Delphine Geronazzo (restauratrice-conservatrice) ; Anne Granboulan (post-doctorante, université Paris IV) ; Fabienne Hoffmann (chargée d’études au Vitrocentre de Romont, Suisse) ; Brigitte Kurmann-Schwarz (chercheur au Vitrocentre de Romont, Suisse) ; Guy-Michel Leproux (PR, EPHE) ; Philippe Lorentz (PR, université de Strasbourg 2) ; Jean-François Luneau (MCF, université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) ; Nicole Meyer-Rodrigues (directrice de l’unité archéologique de Saint-Denis) ; Xavier de Massary (conservateur du patrimoine, région Champagne-Ardenne) ; Marie-Noëlle Médaille (chargée d’études, région Haute-Normandie) ; Danielle Minois (post-doctorante, université Paris IV ; Elisabeth Pillet (conservateur du patrimoine, Ville de Paris) ; Christiane Riboulleau (IE, région Picardie) ; Yves-Jean Riou (conservateur général honoraire du patrimoine) ; Fabienne Stahl (doctorante, université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand) ; Anne Tobé

Équipes correspondantes

  • Laboratoire de Recherche des Monuments historiques (ministère de la Culture et de la Communication, Champs-sur-Marne) ;
  • Centre de Recherche sur les Monuments historiques (ministère de la Culture et de la Communication, Paris) ;
  • Centre d’Etudes supérieures de Civilisation médiévale, équipe « Epigraphie, culture écrite et communication » (UMR 6223, CNRS- Université de Poitiers) ;
  • Services régionaux de l’Inventaire : Aquitaine, Auvergne, Limousin, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes ;
  • Direction Régionale des Affaires Culturelles de la Région Alsace ;
  • Vitrocentre, Centre de Recherche et d’Information sur le vitrail (Romont, Suisse).

1. Études fondamentales de sites

Les « Monographies » constituent la série fondatrice du Corpus vitrearum, régie par des « Directives » internationales. Elle est destinée à publier de façon exhaustive la vitrerie de la totalité ou d’une partie d’un édifice, pour la période s’étendant des origines à la fin du XVIIIe siècle. Chaque volume comporte une illustration complète de tous les vitraux avec leur critique d’authenticité, ainsi que des documents comparatifs. Une étude de synthèse très approfondie forme la première partie de chaque ouvrage ; elle est suivie d’un catalogue, verrière par verrière et panneau par panneau, qui constitue un appareil scientifique et documentaire complet. Un volume de cette série a été publié en 2006 au sein du Centre André Chastel, un second est prévu pour 2009 (manuscrit remis à l’éditeur).

A. Les vitraux du chœur de la cathédrale de Troyes

Le volume est consacré à l’un des ensembles majeurs de la peinture sur verre en France, injustement méconnu. L’étude, menée conjointement par les deux auteurs, du contexte de la création, du cadre architectural, et de l’histoire mouvementée des restaurations, forme le préalable indispensable à l’analyse iconographique et stylistique des verrières basses (EP) et de celles du triforium et des baies hautes (SB). Une vision neuve se dégage de cette recherche qui situe la vitrerie troyenne au regard des grands débats contemporains touchant l’Église et envisage sa création à l’aune des autres grands foyers, notamment Paris. Le catalogue des vitraux constitue la seconde partie.

Troyes (Aube), cathédrale, vitrail des Miracles de saint André : saint André exorcisant un démon (vers 1235-1245) © Phot. Elizabeth Pastan

B. Les vitraux de la cathédrale d’Angers

La cathédrale d’Angers abrite l’un des plus importants ensembles vitrés de l’Ouest de la France, datant des XIIe, XIIIe et XVe siècles. Le vitrail de l’Enfance du Christ, dans les années 1160, est un des plus anciens de France. Une seconde série d’œuvres fut mise en place à la charnière du XIIe et du XIIIe siècle. L’épiscopat de Guillaume de Beaumont (1202-1240) vit la reconstruction du chœur et la commande de nouvelles verrières pour les parties orientales de l’édifice aux environs de 1230-1235. Les verrières des XIIe et XIIIe siècles forment un ensemble iconographique axé sur des saints vénérés à Angers et dont la cathédrale conservait les reliques. À la suite d’un incendie survenu en 1451, la fabrique commanda pour le transept deux roses et quatre grandes verrières – d’une qualité exceptionnelle – à André Robin. La publication, par les éditions du CTHS, est prévue pour 2009.

Angers (Maine-et-Loire), cathédrale Saint-Maurice : l’évêque Guillaume de Beaumont, donateur du vitrail de saint Julien (vers 1230-1235) © Centre André Chastel / Phot. C. Gumiel

C. Les vitraux de la cathédrale de Chartres

La restauration des verrières basses de la cathédrale de Chartres, qui avait débuté en 1986, est maintenant achevée. Claudine Lautier, au cours de ces années, a pu examiner, dans les ateliers des restaurateurs, toutes ces verrières, pour établir la critique d’authenticité verre par verre de tous les panneaux de vitraux et pour faire leur analyse approfondie et avoir une couverture photographique complète (ensembles et détails). Le but est la rédaction d’un volume dans la série « Monographies » du Corpus vitrearum qui se fera dans les trois années à venir. Mais ce stade préparatoire lui a donné l’opportunité de rédiger plusieurs articles sur ces verrières basses. Elle a suivi et continuera de suivre la restauration des fenêtres hautes de la cathédrale, la campagne de travaux concernant actuellement le chœur.

Chartres (Eure-et-Loir), cathédrale : Histoire de Noé : Noé lâche la colombe, qui revient vers l'arche avec un rameau (vers 1200-1205) © Centre André Chastel

2. Recensement du patrimoine verrier

A. Recensement des vitraux anciens de la France

Le « Recensement des vitraux anciens de la France » a pour but d’inventorier les vitraux français antérieurs à la Révolution, regroupés par régions administratives actuelles. Chaque volume comprend une introduction sur la région concernée, un catalogue fenêtre par fenêtre de tous les édifices étudiés, mais aussi un catalogue des vitraux disparus connus par la documentation et des vitraux déplacés, les notices étant accompagnées d’un appareil documentaire complet.

Cette série est un outil non seulement pour les historiens, mais aussi pour les instances chargées de la conservation-restauration des vitraux et pour les restaurateurs. Inaugurée il y a 30 ans déjà, elle a permis de faire connaître un patrimoine verrier d’une richesse et d’une qualité insoupçonnées jusqu’alors.

a. Recensement des vitraux de Bretagne et de Basse-Normandie

Guengat (Finistère), église Saint-Fiacre : saint Michel (vers 1500) © Centre André Chastel / Phot. Jean Rollet

À ce jour, la moitié nord de la France, soit environ 80% du patrimoine verrier français, est inventoriée et publiée. La moitié sud du pays fera probablement l’objet de la publication de trois volumes. Ils seront consacrés aux régions d’Auvergne, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées, Aquitaine, Roussillon, Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Les regroupements seront faits suivant les accords passés entre les régions concernées. Les années 2009-2013 seront donc consacrées à recenser les vitraux méridionaux, moins nombreux et conservés dans des sites dispersés. Cet inventaire thématique national est en passe d’être achevé rapidement.

Deux volumes ont été publiés en 2005 et 2006, l’un sur la Bretagne et l’autre sur la Basse-Normandie, deux régions dont le patrimoine verrier était jusqu’alors très sous-estimé, voire inconnu, et pourtant d’une très grande richesse. Les deux publications sont très abondamment illustrées de photographies en couleurs.

  • Françoise Gatouillat et Michel Hérold, Les Vitraux de Bretagne, Corpus vitrearum – France, « Recensement des vitraux anciens de la France » VII, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2005 ; 367 p., 371 fig. (grand in 4°).
  • Martine Callias Bey et Véronique David, Les Vitraux de Basse-Normandie, Corpus vitrearum – France, « Recensement des vitraux anciens de la France » VIII, Rennes, Presses universitaires de Rennes/Éditions Corlet, 2006 ; 255 p., 260 fig. (grand in 4°).

b. Recensement des vitraux d’Île-de-France

La recherche effectuée par Isabelle Isnard dans le cadre d’une bourse post-doctorale financée par la région Ile-de-France doit permettre de compléter et d’actualiser le volume I du Recensement des vitraux anciens de la France publié il y a 30 ans (L. Grodecki, F. Perrot, J. Taralon dir., Les Vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, Corpus vitrearum medii aevi, Recensement I, Paris, Éditions du CNRS, 1978). Les informations collectées seront également reversées sur les bases de données du Service régional de l’Inventaire d’Ile-de-France et dans la base nationale Palissy.

Groslay (Val-d’Oise), église Saint-Martin : Arbre de Jessé, détail de Jessé; endormi (2e moitié du XVIe siècle) © Centre André Chastel / Phot. I. Isnard

La recherche est consacrée à la région parisienne, la ville de Paris ne faisant pas partie du projet ; elle couvre donc les départements de Seine-et-Marne (41 édifices), des Yvelines (23 édifices), de l’Essonne (16 édifices), des Hauts-de-Seine (6 édifices), de Seine-Saint-Denis (3 édifices), du Val-de-Marne (13 édifices) et du Val-d’Oise (17 édifices).

B. Le vitrail religieux parisien 1816-1914

L’objet de l’étude de Martine Callias Bey est de recenser les vitraux du XIXe et du début du XXe siècle des églises et chapelles (conventuelles, hospitalières, militaires, chapelles de l’enseignement privé) de la ville de Paris (environ 300 sites). Ce recensement est réalisé en partenariat avec l’Inventaire régional d’Ile-de-France et la Conservation des objets d’art civils et religieux de la Ville de Paris. Les dates retenues pour l’étude, 1816-1914, correspondent d’une part à la date de la première verrière religieuse parisienne du siècle, le Christ en croix peint par Mortelèque pour l’église Saint-Roch en 1816, d’autre part au choc de la Grande Guerre qui a pour résultat l’arrêt ou le ralentissement des constructions d’édifices religieux à Paris. Chaque site fait l’objet d’une notice comprenant un historique de l’édifice et de la pose de ses verrières, suivi d’une bibliographie sélective et d’un catalogue baie par baie ; le catalogue est accompagné d’une documentation photographique exhaustive.

Entre 2004 et 2008, l’inventaire des vitraux de la période concernée a été réalisé pour 77 églises et 155 chapelles, c’est-à-dire le recensement de 1036 verrières ; les dossiers sont en cours de mise en forme. Ce répertoire du patrimoine verrier parisien du XIXe siècle sera publié sous une forme proche d’un « Indicateur du patrimoine ».

Paris, chapelle Notre-Dame-des-Anges : Sainte Catherine et sainte Foi,
par Joseph Villiet (1866) © Inventaire général / Phot. Philippe Fortin, ADAGP

3. Études thématiques

Les « Études » du Corpus vitrearum permettent de publier des recherches qui ne sont ni des monographies ni des inventaires. À ce jour, huit volumes de cette série ont été publiés. Les problématiques abordées sont les plus diverses (historiques, iconographiques, techniques, conditions de la création…) et parfois pluridisciplinaires. Il a été ainsi possible de publier ces dernières années dans les « Études » plusieurs thèses, dont celle de Laurence Riviale, mais aussi de développer une recherche pluridisciplinaire autour du traité et de l’œuvre d’un maître verrier toscan de la fin du Moyen Âge, Antoine de Pise.

A. Histoire du vitrail, histoire des mentalités

La thèse de doctorat de Laurence Riviale soutenue en 2004 au Centre de la Renaissance de Tours sous la direction de Claude Mignot et Michel Hérold (prix Nicole du Comité français d’histoire de l’art 2004) a été publiée en 2007 aux Presses universitaires de Rennes. Cet ouvrage étudie les verrières de Haute-Normandie dans la perspective de la Réforme à travers les thèmes iconographiques et les modèles graphiques choisis par les commanditaires, les peintres cartonniers et les peintres verriers. Il s’attache à replacer les œuvres dans leur contexte historique, mettant ainsi au jour, à travers des thèmes allégoriques ou des thèmes bibliques choisis comme métaphores des événements contemporains, des réactions vigoureuses aux violences iconoclastes et des allusions précises aux guerres de religion.
Laurence Riviale, Le Vitrail en Normandie entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Corpus Vitrearum, série « Études », vol. VII, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2007 ; 428 p., 155 fig., LV pl. (grand in 4°).

Pont-Audemer (Eure), église Saint-Ouen, verrière de la Rédemption, détail : Adam et Eve (1556) © Phot. Thierry Leroy

Laurence Riviale s’est aussi attachée, dans un article publié dans l’ouvrage La Mesure du savoir paru en 2007, à démontrer que les citations des Écritures sur les verrières offertes pendant la Réforme ne sont peut-être pas destinées à être lues par les fidèles. Les questions de la visibilité et de l’accessibilité des verrières, de l’alphabétisation des fidèles, de la lecture des Écritures en langue vernaculaire, enfin de la destination réelle de ces œuvres et de ces textes, transcrits sur des vitraux des années 1550, sont ici posées.

B. Artistes et ateliers, du XVe au XXe siècle

a. Antoine de Pise, l’art du vitrail vers 1400

La recherche pluridisciplinaire consacrée au traité et à l’œuvre d’Antoine de Pise a réuni quinze auteurs, historiens, historiens de l’art, praticiens du vitrail et ingénieurs en physique-chimie.

Antoine de Pise, chapelain de la cathédrale de Pise, nous a laissé non seulement une verrière à la cathédrale de Florence, mais aussi un traité pratique d’une richesse insoupçonnée (Assise, bibliotheca del Sacro Convento di San Francesco). La conservation conjointe, tout à fait exceptionnelle pour cette époque, du texte et de l’œuvre d’un même auteur nous a permis d’appréhender d’un bout à l’autre le processus complexe de création des vitraux dans l’un des plus brillants centres artistiques de l’Europe du temps, Florence. Dénué d’ambition théorique, le manuel d’Antoine de Pise est en revanche une mine de renseignements techniques sur le métier de maître verrier. Nous l’avons publié en fac-similé, transcrit et, pour la première fois, traduit en français. Pour en comprendre les enseignements, nous en avons reproduit chaque « recette » en atelier, par le biais de l’archéologie expérimentale. À l’appui de cette approche, les résultats d’analyses physico-chimiques révèlent certains aspects jusqu’ici méconnus, depuis la composition des verres jusqu’à la gravure à l’acide ou le recours à des alliages métalliques. D’autre part, l’étude de la verrière d’Antoine de Pise replace cet ensemble dans un double contexte, le chantier de construction de la cathédrale de Florence et le milieu artistique de la cité. Enfin, de nombreux documents d’archives tout comme la transcription et la traduction en français de tous les traités médiévaux connus à propos du vitrail viennent enrichir ce panorama.

Florence (Toscane), cathédrale, vitrail d'Antoine de Pise, détail : la ville de Florence dans les mains de sainte Anne (1395) © Centre André Chastel

  • Antoine de Pise, l’art du vitrail vers 1400, Claudine Lautier et Dany Sandron dir., Corpus Vitrearum – France, « Études » VIII, Paris, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2008 ; 382 p., 350 fig. (grand in 4°). Prix de la Société française d’archéologie 2008.

b. Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours

La question des traités sur le vitrail a été élargie par les membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail avec l’organisation du XXIIIe colloque international du Corpus vitrearum qui avait pour thème : Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours. Le colloque s’est tenu du 3 au 7 juillet 2006 et il a réuni 120 spécialistes provenant de 14 pays d’Europe et d’Amérique. Il a mis en lumière de nombreux points concernant la nature même des textes (manuels pratiques, textes théoriques ou historiques, publications du XIXe siècle sur le vitrail ancien). Il a aussi permis de faire connaître des sources souvent inédites. Les angles d’approche ont été très variés, en particulier avec la mise en parallèle de la théorie et de la praxis, et également avec l’étude de l’impact que les ouvrages de la fin du XVIIIe ou du début du XIXe siècle eurent sur la renaissance du vitrail et sur la création au cours du XIXe siècle.

c. Le vitrail du XXe siècle

Les vitraux du XXe siècle offrent un champ d’investigation exceptionnel, tant sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. La nécessité d’identifier, de connaître et d’évaluer ce patrimoine, encore largement sous-estimé et très peu protégé au titre des monuments historiques, s’impose comme une évidence. Plusieurs axes ont été développés : les ateliers et les artistes, les relations entre les peintres, les cartonniers et les peintres verriers, l’évolution du concept et des méthodes de restauration des vitraux. L’opération de recherche sur le vitrail au XXe siècle est d’une grande nouveauté. Jusqu’à présent, les spécialistes n’avaient publié que des études monographiques, donnant une vision morcelée de la création artistique dans ce domaine et des relations entre peintres et peintres verriers.

Une opération de recherches a été lancée par Véronique David sur les artistes cartonniers ou les peintres verriers du XXe siècle (biographie, œuvres précises, techniques particulières, etc.) afin d’enrichir les données du Répertoire des peintres verriers des XIXe et XXe siècles et de constituer une documentation pour la publication sur le vitrail du XXe siècle. Il s’agit des ateliers ou personnalités suivants : atelier Paul Bony, Émile Brière, Marc Chagall, René Dürrbach, atelier Graff et Adam, Jean Hébert-Stevens, Auguste Labouret, René Lalique, Gérard Lardeur, Gabriel Loire, Charles Lorin, Pauline Peugniez, Marcel Poncet, Paul et André Rault, Joseph Sima, Jacques et Brigitte Simon, Edmond Socard, Jean-Claude Vignes, Pierre Székely.

Le programme d’archives orales « Architecture et art religieux en France (1920-1980) », lancé par Véronique David, Michel Hérold et Jean-Charles Cappronnier (Archives nationales), avec l’assistance de Béatrice Coquet – autre volet des recherches de V. David –, permet de recueillir les précieux témoignages des acteurs de cette période, tout en mettant à jour une importante documentation. Ont fait l’objet d’enregistements ou de suivi documentaire : le peintre Michel Chaudière (cartonnier chez Labouret dont les archives ont quasiment disparu), Raymond Coulon, sculpteur, Michel Chaudière, cartonnier de l’atelier Labouret, Philippe Kaeppelin, sculpteur, Michel Guével, peintre verrier (en collaboration avec Daria Vioueva), Philippe Lejeune, peintre cartonnier et l’un des derniers témoins des Ateliers d’art sacré.

Le programme d’archives orales collabore également avec Jean-Roch Bouiller, conservateur du musée national de Céramique de Sèvres. Ce musée a développé une importante politique d’acquisition d’œuvres de céramistes contemporains. Un travail scientifique est en cours de réalisation pour documenter ce fonds. Dans ce contexte, un rapprochement entre le musée national de Céramique de Sèvres et le Centre André Chastel s’est imposé pour mettre en commun des méthodes de travail, notamment autour de la question d’entretiens avec des personnes clefs du champ étudié. La riche expérience du Centre André Chastel dans ce type d’enquête, grâce aux travaux des chercheurs de la cellule vitrail et de l’ERCO, en fait un partenaire de tout premier plan.

Nancy (Meurthe-et-Moselle), siège de la Société des hauts-fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson : le chargement des tuyaux à l'exportation dans le port de Dunkerque, par Jacques Gruber (1928) © Centre André Chastel / Phot. M. Hérold

La question du vitrail civil des années 1925 est abordée par l’étude de l’un des plus remarquables ensembles de verrières réalisés par Jacques Gruber, à l’initiative de la Société des hauts-fourneaux et fonderies de Pont-à-Mousson. Grâce aux archives de l’entreprise et à des documents d’atelier patiemment réunis, cet ensemble a pu être situé dans un contexte particulièrement foisonnant.

C. Diffusion de la recherche

a. Le vitrail champenois

Dans le cadre du contrat de plan État / Région Champagne-Ardenne, la Région et la direction régionale des Affaires Culturelles ont demandé à trois membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail d’écrire un ouvrage à destination du grand public. Le livre, consacré au vitrail en Champagne – une des deux régions les plus riches de France – a été illustré par d’admirables photographies. Il est structuré par thèmes permettant d’aborder toutes les facettes de la création dans le domaine du vitrail depuis le XIIe jusqu’au XXe siècle.

  • Martine Callias Bey, Véronique David et Michel Hérold, Vitrail, peinture de lumière, Lyon, Éditions Lieux-Dits, 2006 ; 183 p., 160 fig. (in 4°).

b. Dictionnaire d’histoire de l’art du Moyen Âge

Des membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail ont largement participé à ce dictionnaire, qui paraîtra chez Robert Laffont (collection « Bouquins ») début 2009.

4. Bases de données

A. Bases de données « vitrail » du Centre André Chastel

Le Centre André Chastel possède une très riche collection de clichés de vitraux in situ ou en ateliers, avec un nombre considérable de détails qui n’existent pas dans les collections publiques (environ 25 000 diapositives et clichés numériques). La collection des diapositives est en cours de numérisation. Karine Boulanger, ingénieur d’études spécialisée dans le domaine du vitrail, est chargée de réaliser cette base de données.

Saint-Nicolas-de-Port (Meurthe-et-Moselle), église Saint-Nicolas : L’Assomption, détail : ange soutenant la mandorle de la Vierge, par Valentin Bousch (vers 1514-1520) © Centre André Chastel / Phot. M. Hérold

La base de données, conçue en 2004, a été entièrement reconfigurée en 2005. Elle indexe les photographies de vitraux conservées par le Centre André Chastel (sous forme argentique ou numérique). Chaque cliché donne lieu à une fiche rassemblant des informations sur la provenance, la date, l’auteur, la localisation, l’état de conservation de l’œuvre. Figurent également des indications iconographiques, suivant le thésaurus Sancti du ministère de la Culture (une convention ayant été signée à cet effet en 2006). La base comporte aussi une série de champs destinés à accueillir des données relatives à la gestion des photographies. Elle contient actuellement plus de 5600 notices et sera interrogeable selon de multiples critères : lieu de conservation, date, auteur de l’œuvre, iconographie, présence d’armoiries ou d’inscriptions. Chaque fiche est illustrée d’une vignette (format png) et il sera possible d’afficher l’image plein-écran (format jpeg).

B. Participation aux bases de données du ministère de la Culture et de la Communication, Répertoires des vitriers et peintres-verriers du XVIIIe siècle

Les membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail, ingénieurs du ministère de la Culture et de la Communication, participent également aux bases de données (Palissy) de ce ministère pour intégrer les données issues de leurs recherches. Cela concerne les vitraux de Bretagne (Françoise Gatouillat) et de Basse-Normandie (Martine Callias Bey).

Depuis plus de dix ans, les membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail participent à l’enrichissement du répertoire des vitriers et peintres-verriers français, dans le cadre de la base « Artistes » du MCC. De plus, Françoise Gatouillat a entrepris un dépouillement systématique des archives de la fin du XVIIe et du XVIIIe siècle (Archives nationales et archives parisiennes) concernant les vitriers et peintres-verriers parisiens, contribuant à une meilleure connaissance des métiers et des hommes à une période totalement délaissée par l’érudition jusqu’à aujourd’hui.

5. Organisation de colloque et journées d’études

A. XXIIIe colloque international du Corpus vitrearum

Les membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail (Karine Boulanger, Françoise Gatouillat, Michel Hérold et Claudine Lautier) ont organisé le XXIIIe colloque international du Corpus vitrearum. Ils ont été aidés dans cette tâche par la section française de l’ICOMOS (Françoise Pitras et Louis Decazes). Le colloque s’est tenu à Tours, université François Rabelais, du 3 au 7 juillet 2006, et avait pour thème : Le vitrail et les traités du Moyen Âge à nos jours.

Les colloques internationaux du Corpus vitrearum ont lieu tous les deux ans dans un pays différent. Ils réunissent les spécialistes des 14 pays qui composent le comité international. 120 spécialistes étaient présents, la grande majorité des communications étant présentées par nos collègues étrangers. Des ensembles de vitraux ont également été présentés in situ par les membres de l’Équipe de recherche sur le vitrail : cathédrale et Notre-Dame-la-Riche à Tours, cathédrale de Bourges, abbatiale de la Trinité de Vendôme, Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude.

B. Journées d’études à Rouen : Vitrail et Arts au temps des réformes. L’exemple normand dans le contexte européen

À l’occasion de la parution de l’ouvrage de Laurence Riviale, deux journées d’études internationales et pluridisciplinaires ont été organisées par Michel Hérold et Laurence Riviale à l’hôtel de Région à Rouen avec le concours de la Région Haute-Normandie et des conseils généraux de l’Eure et de la Seine-Maritime, les 29 et 30 novembre 2007. Cette manifestation, qui associait conférences en salle et visites sur le terrain, a été l’occasion de confronter les différents modes de réaction aux idées de la Réforme dans les arts et les lettres à travers l’Europe au XVIe siècle, grâce aux contributions de collègues français ou étrangers spécialistes d’histoire moderne, de littérature médiévale, de philosophie de la Renaissance et d’histoire de l’art.

 

Mise à jour de janvier 2009

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