Singeries : À la frontière de l’humain

Singeries : À la frontière de l’humain

Revue de la BnF, n° 61, octobre 2020

Twitter Facebook Google LinkedIn Print E-mail
Paris, BnF Editions, 2018, 175 pages
978-2-7177-2836-1
  • Ce dossier de la Revue de la Bibliothèque nationale de France, « Singeries à la frontière de l’humain », a été dirigé par Thierry Laugée, maître de conférences à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université, et Corinne Le Bitouzé, conservateur général, Département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France.
  • Ce ne sont pas moins de quatre chercheurs du Centre André Chastel qui ont contribué à ce numéro, Gaëlle Lafage, Thierry Laugée, Olivier Vayron, et Élisabeth Yota.

La « singerie » est dans les arts visuels un genre décoratif et humoristique au sein duquel le singe campe les attitudes de l’homme, ou rejoue sous forme de satire les saynètes de la vie quotidienne. Il s’agit d’un art pour rire, l’animal n’étant utilisé que comme miroir grossissant, une grimace adressée à l’observateur. Nous sommes alors invités à nous moquer du singe « pour ne pas avoir à se moquer de l’homme, dont il est le transparent substitut » (N. Garnier-Pelle, A. Forray-Carlier, M. C. Anselm, Singeries & exotisme chez Christophe Huet, Monelle Hayot, 2010, p. 17). Des gravures flamandes du XVIIe siècle aux superbes ensembles décoratifs de Chantilly, le plaisir rire de l’homme par le prisme de l’animal fut au centre de la création artistique. Mais cette foule simiesque aux sinuosité ornementales, arborant un costume humain, ou trinquant dans des brasseries, ne nous dit finalement presque rien de l’animal. La singerie n’est pas le singe, si elle est une parodie de l’homme, elle est également une farce zoologique. Par l’anthropomorphisme outré, l’homme proclame avant tout sa supériorité : la figuration d’une intelligence animale, d’une société simiesque aurait tout d’absurde et supposerait alors le rire.
En consacrant un dossier de la Revue de la BnF à la singerie, notre souhait était de comprendre combien, au-delà de ce genre pictural, la mise en comparaison de l’homme et du singe a permis de questionner les hiérarchies entre espèces pour souvent mieux inscrire la suprématie humaine sur tous les autres animaux.

SOMMAIRE

 

  • Ce que la singerie nous dit de l’homme (Thierry Laugée, Corinne Le Bitouzé)
  • Quand la singerie ne fit plus rire. Le genre animalier face à la psychologie animale (Thierry Laugée)
  • Jocko et ses frontières avec l’homme (Jacques Cuisin)
  • Physiognomonie du singe (Martial Guédron)
  • Le singe déchu ? Le motif simiesque dans l’art byzantin (Élisabeth Yota)
  • Meshie, chimpanzé de famille (1930-1934). De la singerie du côté singe (Éric Baratay)
  • Nénette, orang-outan de la Ménagerie et ses créations artistiques (Aude Bourgeois)
  • Singeries des Lumières : races et esclavage (Silvia Sebastiani)
  • Simianisation, fantasmagorie et imaginaire raciste dans le cartoon aux États-Unis (Piere Cras)
  • L’orang-outan criminel dans un monde de struggleforlifeurs (Olivier Vayron)
  • Demain les singes. Aux sources de La Planète des singes (1963) (Clément Pieyre)
  • Que faire aujourd’hui de la singerie ? Regard de Sabrina Krief, Primatologue.

RUBRIQUES

  • De la tradition académique au marché de masse érotique : histoire du Nu esthétique (Manon Lecaplain)
  • L’art des feux d’artifice au XVIIe siècle (Gaëlle Lafage)
  • Léon Guillot de Saix, collectionneur passionné de spectacle (Corinne Gibello-Bernette)
  • La BnF face au numérique : de nouveaux objets patrimoniaux (Emmanuelle Bermès)
  • Au cœur de la BnF (François-Henri Désérable)

Ouvrages

Entretiens sur la parution de l’art contemporain

N° 209 / 2020-3

Diffusion et sauvegarde des savoirs, savoir-faire et matériaux du Moyen Âge à nos jours

Revue de la BnF, n° 61, octobre 2020