Laboratoire de recherche en histoire de l’art

Le suicide de Gros

Le suicide de Gros

Les peintres de l’Empire et la génération romantique

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Sébastien Allard & Marie-Claude Chaudonneret
Sébastien Allard & Marie-Claude Chaudonneret
Le suicide de Gros, 2010
Livraison: 
Montreuil, Gourcuff Gradenigo, 2010, 160 p.
ISBN: 
978-2-35340-090-4
Prix: 
€ 29,00
  • Ouvrage de Marie-Claude Chaudonneret et Sébastien Allard
  • Cet ouvrage a reçu en 2011 le Grand Prix de l’Essai de l’Académie française.

En 1835, le peintre Antoine-Jean Gros se suicide en se jetant dans la Seine, peu de temps après le Salon, où il avait présenté Hercule et Diomède. Les critiques virulentes à l’encontre de ce tableau ont longtemps été considérées comme la cause de sa mort. L’ouvrage réexamine les pièces de ce dossier et, particulièrement, la manière dont cette mort « honteuse » a été rapportée, transformée, voire maquillée. Ce suicide sera ainsi revu à l’aune de la façon plus positive dont les contemporains et la postérité ont interprété les morts successives de Géricault, Girodet ou Léopold Robert. C’est toute la question de l’artiste moderne qui est posé par ce débat. Cet épisode met en lumière les difficultés éprouvées par les grands peintres de l’Empire, la plupart élèves de David, à gérer les mutations de la société après 1815, notamment la liberté accordée aux artistes recevant des commandes de l’Etat et la confrontation directe avec l’opinion publique, par l’intermédiaire du Salon. Gros, Gérard, Girodet et Guérin adoptèrent des stratégies diverses et propres pour assurer le maintien de leur notoriété, voire de leur pouvoir, en particulier face à une génération nouvelle pressée d’arriver. L’ouvrage montre comment la rencontre de ces deux générations s’est cristallisée autour de la finalité et de la survie de la peinture d’histoire, dans une société moderne. A la faveur d’une liberté nouvelle dans le système des beaux-arts, dans un pays en paix et de nouveau prospère, où les media ont acquis une importance sans précédent, les artistes et les critiques reprirent en les réactualisant des débats initiés dans les années 1790 et en partie occultés par la constitution d’une épopée napoléonienne, traduite en images par David et ses meilleurs élèves. Alors que d’autres, plus politiques, surent composer avec les changements, faut-il voir dans le suicide de Gros l’impossibilité à assumer les contradictions de cette société nouvelle ?

  • Sébastien Allard est conservateur au département des peintures au musée du Louvre, chargé des peintures françaises du XIXᵉ siècle.
  • Marie-Claude Chaudonneret est chercheur au CNRS, spécialiste du XIXᵉ siècle.

 

Ouvrages

Les Carnets du paysage, n° 26

N° 183 / 2014-1

Numéro spécial de la revue "Art History", n° 2, 2014