Laboratoire de recherche en histoire de l’art

Hervé BRUNON

Hervé BRUNON

Centre National de la Recherche Scientifique
Directeur de recherche

Adresse

2, rue Vivienne
75002  Paris
France

Coordonnées

Tél.:
01 47 03 84 59
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Historien des jardins et du paysage, Hervé Brunon est depuis 2002 chercheur au CNRS. De 2010 à 2013, il a été directeur adjoint du Centre André Chastel et responsable de la section Histoire culturelle des jardins et du paysage au sein de l’Équipe de recherche sur l’histoire de l’architecture moderne (ERHAM). Il coordonne depuis 2014 avec Thierry Laugée le nouveau thème Images, dispositifs, lieux : questions épistémologiques, herméneutiques et anthropologiques.

Formation

Reçu major de promotion en biologie à l’École normale supérieure en 1991, il a poursuivi un cursus en sciences – botanique et écologie –, puis en lettres – histoire de l'art, littérature et philosophie –, et a étudié à l’École nationale supérieure du paysage. Il a soutenu en 2001 un doctorat en histoire de l’art sur les jardins italiens de la Renaissance à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) et fellow du Harvard University Center for Italian Renaissance Studies (Villa I Tatti, Florence), résidant en Italie de 1998 à 2003. Il a soutenu en 2014 à l'université Paris-Sorbonne son habilitation à diriger des recherches, intitulée De l’imaginaire de la nature à la poétique des lieux : histoire holistique des jardins et archéologie de la relation paysagère en Occident.

Activités

Il est membre du comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage, du comité scientifique de la Fondazione Benetton Studi Ricerche (Trévise), du Comité scientifique international des Paysages culturels (International Council on Monuments and Sites / International Federation of Landscape Architects) ainsi que de la Première section de la Commission nationale des monuments historiques.

Il enseigne à l'université Paris-Sorbonne, à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles dans le cadre du Master professionnel « Jardins historiques, patrimoine, paysages », à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, et intervient dans différentes institutions de formation en France comme à l’étranger (Belgique, Espagne, États-Unis, Italie, Suisse, etc.). Il coordonne depuis 2007, avec Monica Preti-Hamard, la programmation « Histoire et cultures des jardins » à l’auditorium du Louvre, et donne régulièrement des conférences auprès du grand public. Il collabore depuis 2007 avec le paysagiste Pascal Cribier.

Jardin des Tuileries

Il a organisé plusieurs colloques internationaux, dont récemment De la peinture au jardin : transferts artistiques de l’Antiquité à nos jours (avec Denis Ribouillault, Rome, villa Médicis, 17-19 mars 2011), Sagesse du jardin et harmonie du monde, du mythe édénique aux défis planétaires (Paris, auditorium du Louvre, 5 février 2011) et La promenade au jardin : pratiques spatiales et sociales d'André Le Nôtre à nos jours (auditorium du Louvre, 25 mai 2013).

Recherche

Portant sur l'histoire culturelle des jardins et du paysage en Europe depuis la Renaissance jusqu’au temps présent, sa recherche déploie une perspective transdisciplinaire et s’emploie à opérer, à partir de la notion d’imaginaire, la synthèse entre les multiples dimensions – politiques, philosophiques, scientifiques, littéraires, anthropologiques, etc. – de ces objets hybrides, à l’interface entre nature et culture.

Bois de Morville

Ses travaux actuels concernent notamment la poétique des grottes dans l’imaginaire des jardins en Europe (ouvrage de recherche avec Monique Mosser), les liens entre jardin et sagesse à travers l’histoire occidentale et l’instauration du paradigme pictural dans les représentations sociales du paysage à partir de la Renaissance.

Il est l’auteur de plus d’une centaine de publications scientifiques, dont notamment les ouvrages :

  • Le Jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux (avec Monique Mosser, Scala, 2006, réédition 2011)
  • Le Jardin comme labyrinthe du monde. Métamorphoses d’un imaginaire de la Renaissance à nos jours (direction, Presses de l’université Paris-Sorbonne/Musée du Louvre, 2008)
  • L'Art du jardin, du début du XXe siècle à nos jours (avec Monique Mosser, Centre national de la documentation pédagogique, 2011).
  • Jardins de sagesse en Occident (Seuil, 2014)
  • L'Imaginaire des grottes dans les jardins européens (avec Monique Mosser, Hazan, 2014)

 

Et aussi...

Il a étudié le chant baroque et s'est formé au jeu théâtral auprès de Monserrata VIdal et de Philippe Vallepin. En 1994, il a mis en scène Médée d'Euripide à la Sorbonne et au Théâtre Mouffetard, dans un traduction nouvelle conçue avec Sylvie Dervaux. Il a joué dans le film Défense d'aimer (2002) du réalisateur Rodolphe Marconi, et collaboré avec le plasticien et scénographe Stéphane Marcault. La complicité avec la chorégraphe Catherine Contour se poursuit (Une Plage à Royaumont, création en août 2012 ; Les Danses augmentées, plongée à la Gaîté lyrique en janvier 2014). Il jardine depuis son adolescence, apprend le chinois mandarin, pratique la calligraphie, écrit des haïku.

Crédits photos : Portrait © Bruno Perroud ;
Paris, jardin des Tuileries ; Varengeville-sur-Mer, bois de Morville © Pascal Cribier.
Crédits vidéos : © Cité de l'architecture et du patrimoine.

 

Publications depuis 2001, dans le cadre du Centre André Chastel.

À paraître

Brunon Hervé et Mosser Monique, « Ouvrir l’ombre “pour rendre ces lieux d’autant plus bizarres” : paysages de grottes dans les jardins (xvie-xviiie siècles) », in De la peinture au jardin : transferts artistiques de l’Antiquité à nos jours, colloque international organisé par l’Académie de France à Rome, avec le soutien de l’université Paris-Sorbonne et du Centre André Chastel, sous la direction d’Hervé Brunon et Denis Ribouillault, Rome, 17-19 mars 2011, actes à paraître. Voir la notice

À paraître

Brunon Hervé, « Jardins », in Dictionnaire historique de la civilisation européenne, Paris, Fayard, à paraître en 2015. Voir la notice

À paraître

Brunon Hervé, « “Varias ibi obambulantium species” : figures d’animation dans le paysage, ou la fortune d’un motif antique à la Renaissance », in Regardeurs, flâneurs et voyageurs dans la peinture [colloque international organisé par le Centre d’histoire de l’art de la Renaissance, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, à Paris, Institut national d’histoire de l’art, 5-6 juin 2009], dir. Anne-Laure Imbert, Rennes, Presses universitaires de Rennes, à paraître en 2013. Voir la notice

À paraître

Brunon Hervé, « Sagesse du jardin et harmonie du monde : introduction », in Sagesse du jardin et harmonie du monde, du mythe édénique aux défis planétaires, dir. Hervé Brunon, colloque international organisé par l’Auditorium du Louvre, Paris, 5 février 2011, actes à paraître. Voir la notice

À paraître

Brunon Hervé, « Architecture, urbanisme, jardins et paysages, ou l’art d’édifier », in Renaissance(s), dir. Francesco Furlan et Yves Hersant, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », à paraître en 2013. Voir la notice

2014

Brunon Hervé et Mosser Monique, L'Imaginaire des grottes dans les jardins européens, Paris, Éditions Hazan, 2014, 400 p. Voir la notice

2014

Brunon Hervé et Viollet Michel, « Du semis au paysage. Paroles de pépiniéristes. Entretiens avec Daniel Soupe, Dominique Voisin et Bruno Schneider », Les Carnets du paysage, n° 26, 2014, numéro thématique Inventer des plantes, dir. H. Brunon, p. 69-95. Voir la notice

2014

Brunon Hervé (dir.), Inventer des plantes, numéro thématique de la revue Les Carnets du paysage, n° 26, 2014, 240 p. Voir la notice

2014

Brunon Hervé, « L’acqua e l’immaginario sensibile nei giardini europei », communication dans le cadre du séminaire L’acqua nel giardino e nel paesaggio : dalla creazione della bellezza alla necessità del governo. XXIV Corso di aggiornamento sul giardino storico. Aspetti letterari, storici, filosofici, architettonici, economici, botanici e ambientali, séminaire organisé par le Gruppo Giardino Storico, université de Padoue, sous la direction d’Antonella Pietrogrande, Padoue (Italie), 10 mai 2014. Voir la notice

2014

Brunon Hervé, « “Que la steppe exulte et fleurisse” : sagesse et jardin en Occident », communication dans le cadre de la journée d'étude La Question du sens dans les jardins et le paysage, organisée par le Master 2 « Jardins historiques, patrimoine, paysage » de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles, sous la direction de Stéphanie de Courtois, Versailles, 30 janvier 2014. Voir la notice

Histoire culturelle des jardins et du paysage en Occident

  • Renouveau, expériences et enjeux de la création contemporaine des jardins en France
  • Historiographie et épistémologie du paysage dans les sciences humaines et sociales
  • Valeurs du jardin et du paysage dans l’Italie de la Renaissance
  • Jardin et sagesse dans l'histoire occidentale
  • Poétique des grottes artificielles dans l’imaginaire des jardins européens
  • Le paradigme pictural dans les représentations sociales du paysage depuis la Renaissance (en Occident et perspectives comparatistes avec la Chine)

 

Publications en libre accès sur l'archive ouverte HAL-SHS (Hyper articles en ligne - Sciences de l'homme et de la société)

NB : Pour accéder aux documents déposés, décocher l'onglet "voir également les notices bibliographiques"

Activités d’enseignement

  • Chargé de cours à l'université Paris-Sorbonne, enseignement « Histoire des jardins » en Licence 3 mention Archéologie et histoire de l'art (13 heures de cours magistraux par an, depuis 2013)
  • Chargé d’enseignement vacataire à l'École nationale supérieure de la nature et du paysage de Blois, séminaire en Histoire et théorie des jardins et du paysage en 3e année d'école d'ingénieur niveau équivalent Licence 3 (21 heures de cours magistraux par an, depuis 2014)
  • Cours magistraux en Histoire et théorie des jardins et du paysage au Master 2 professionnel « Jardins historiques, Patrimoine, Paysage », École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles / Université Paris I Panthéon−Sorbonne (niveau 3e cycle, 13 heures de cours magistraux en moyenne par an, depuis 1994)
  • Cours magistraux en histoire des jardins à l’École nationale supérieure du paysage, Versailles, (équivalent 2e cycle, 9 heures de cours magistraux par an, 1995-2008)
  • Allocataire-moniteur en histoire de l’art à Paris I (64 heures de TD par an, 1995-1998)
  • Interventions ponctuelles dans diverses formations, en France (dont l’Institut national du patrimoine et l'École du Breuil à Paris) et en Belgique, Espagne, Italie, Suisse
  • Participations à des jurys de thèse, de Master, de diplômes en architecture

 

Communications, conférences et interventions en ligne

Du jardin comme transfiguration paysagère en Occident à la Renaissance

Communication au séminaire Philippe Descola : Approches anthropologiques du paysage, chaire d'Anthropologie de la nature, Collège de France, Paris, 3 avril 2011

Cet exposé se propose de cheminer sur cette « troisième voie » - susceptible de dépasser les difficultés ou les apories des approches « extensionnistes » ou au contraire « intensionnistes » - que Philippe Descola invite à explorer à partir de la définition du paysage comme « objet produit ou façonné intentionnellement par des humains afin que, parmi une diversité d’usages possibles – utilitaires, récréatifs, religieux – il fonctionne aussi comme un signe iconique tenant lieu d’autre chose que lui, en l’occurrence une portion d’espace réel ou imaginaire », et au moyen de la notion de transfiguration, opérée in situ ou in visu.
En quoi les jardins répondent-ils en Europe à cette caractérisation, par quels mécanismes et selon quels enjeux, durant la période où est réputée se mettre en place l’acception dite occidentale moderne du paysage, mais aussi le régime dualiste de l’ontologie naturaliste ? Que peuvent apporter les éléments mis en évidence sur un plan historique au projet général d’une interrogation du paysage dans une perspective anthropologique ? L’enquête pourrait être très vaste et l’analyse se limite ici à un repérage sur un « terrain » constitué par l’Italie au XVe et XVIe siècles.
Ce sont cinq grandes modalités de transfiguration – essentiellement in situ à l’exception de la dernière – qui sont illustrées et examinées :

  1. l’équivalence hétérotopique entre le jardin et « la totalité du monde » (Foucault) suivant le registre de la synecdoque (collections botaniques universitaires comme celle de Padoue), ou celui du « cosmogramme », par un jeu d’échelles de type cartographique (jardin-mappemonde chez Filarete) ;
  2. dans le cas des grottes, la transcription d’un lieu fictif par « topothésie » ou d’un lieu réel par « topographie », catégories tirées du vocabulaire de la rhétorique et de la poétique ;
  3. la réduction symbolique du territoire par le biais de systèmes iconographiques reposant sur la spatialisation de représentations mimétiques, métaphoriques ou allégoriques de l’hydrographie, de l’orographie et de l’hydrogéologie (Castello, villa d’Este à Tivoli, villa Lante à Bagnaia et Pratolino) ;
  4. la transposition et éventuellement la miniaturisation dans les jardins de la morphologie d’un agrosystème, la mezzadria poderale, mode de polyculture intensive fondé sur un maillage dense du parcellaire rural par le réseau des chemins et fossés, sur l’association de strates herbacées et ligneuses dite coltura promiscua et sur l’aménagement de structures boisées à forme géométrique et à fonction cynégétique telle que la ragnaia ;
  5. enfin des dispositifs de mise en scène ou de cadrage de la vue depuis le jardin sur son extérieur, qui semblent explicitement s’inscrire dans le schème paysager ayant dominé la culture occidentale de la Renaissance jusqu’au XXe siècle, celui qui repose sur le « paradigme pictural », selon lequel une portion d’espace saisie par le regard serait assimilable à une peinture (villa Médicis à Fiesole, villa d’Este).

On suggère pour conclure que ces modalités de transfiguration paysagère ont dérivé en partie de modèles issus de la culture antique et qu’elles ont presque toujours été mises en œuvre en fonction non pas tant de visées politiques précises que d’une ambition générale assignée au jardin : à la fois figurer le monde et incarner un pouvoir sur le monde et sur l’homme. Il semble bien qu’en Occident, pour reprendre la formule qu’avançait Pierre Grimal en 1968 à l’aide de l’idée même d’une instance autonome, d’une logique de l’être ou du devenir conceptuellement séparée ou en tout cas séparable de l’action anthropique, « un jardin commence dès l’instant où une volonté humaine impose une fin immédiatement sensible aux “objets naturels”, c’est-à-dire à ce qui naît, croît et meurt selon les lois de la nature ».

 

La culture des fleurs

Entretien avec Florian Delorme dans l'émission CulturesMonde, 2 avril 2013

  • émission en ligne sur le site de France Culture

Faire l’histoire des fleurs, c’est faire l’histoire de la botanique, c’est comprendre d’où viennent les variétés de fleurs, comment elles s’implantent sur de nouveaux territoires, mais c’est aussi faire une histoire culturelle : depuis quand cultive-t-on des fleurs dans des jardins ? Sous quelles formes ? Quelles sont leurs fonctions et leurs valeurs symboliques selon les époques et les régions du monde ? Comment comprendre leurs usages, ou au contraire, leur rejet ?

 

Repenser le paysage et son histoire : quelques repères, quelques défis

Communication au colloque Lo studio e la cura dei luoghi : confrontare idee e strumenti organisé par la Fondazione Benetton Studi Ricerche, Trévise (Italie), 14-15 février 2013

 

Nature et humanité

Communication au colloque Retour au contrat naturel : richesses des milieux, rareté des ressources, Troisièmes Entretiens de la Cité, organisés par l’association Doc Forum, Lyon, Cité internationale, palais des Congrès, 17 novembre 2012.

Le philosophe Michel Serres, vingt-cinq ans après la parution de son livre Le Contrat naturel, invite scientifiques, savants, écrivains, décideurs, citoyens à débattre en public pendant une journée.

  • enregistrement vidéo sur le Webcast du Centre de calcul de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (CC-IN2P3, CNRS)

L’histoire des idées et des sciences, la psychologie sociale ou encore l’anthropologie ont montré combien la « nature », c’est une construction de la culture, opérée différemment à travers le temps et l’espace et sur le mode de la scission dans l’Occident moderne. Le jardin constitue justement un lieu de rencontre, d’hybridation, d’interface entre ces deux sphères et, aujourd’hui, un laboratoire pour repenser notre rapport au monde à l’heure des défis planétaires.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les vrais paradis sont les paradis qu'on a perdus

Conclusion du colloque La conservation et la restauration des jardins historiques à l'Institut national du patrimoine, Paris, 6-7 octobre 2011

 

Nature et pouvoir dans les jardins italiens à la Renaissance

Conférence aux cours publics Les jardins entre nature et culture à l'Ecole de Chaillot, Paris, 6 janvier 2011.

« Il n’est pas exagéré de caractériser la Renaissance par le capital d’invention, d’arrangements, de plaisirs, de poésie et d’art, qu’elle a investi dans le jardin ». La forte affirmation d’André Chastel suggère avec justesse l’importance de cette forme de création dans l’Italie des XVe et XVIe siècles, promue par les élites, comme les papes et les cardinaux à Rome ou les Médicis à Florence, qui en font un signe et un instrument de leur pouvoir. Comment l’idéal d’une mise en ordre du monde se traduit-il concrètement dans l’espace ? L’essor du jardin à partir du XVe siècle et son inscription topographique dans le site apparaissent liés à la « conquête » du paysage. Si les principes géométriques de composition – axialité, quadrillage, etc. – rattachent le jardin à l’architecture, les systèmes iconographiques – statuaire, fontaines – et la féerie des eaux formulent également, par le truchement des références mythologiques et géographiques, des discours symboliques sur le territoire, tandis que la savante répartition du végétal tend à associer le jardin au collectionnisme scientifique. Enfin, l’évolution des formes révèle comment la volonté de maîtrise par l’art a progressivement cédé le pas aux séductions imaginaires de la nature, sensibles après 1550 dans l’esthétique de l’émerveillement qui se manifeste à travers les poétiques de la foret et de la grotte.

 

Retour au jardin, laboratoire pour un projet humain

Conférence aux cours publics Les jardins entre nature et culture à l'Ecole de Chaillot, Paris, 24 mars 2011.

Après un long temps de désaffection durant les Trente Glorieuses, les années 1980 ont amorcé, en France et ailleurs en Europe, un « retour au jardin » selon l’expression du philosophe Rosario Assunto, un nouvel engouement qui depuis ne s’est pas démenti car, irréductible à un simple phénomène de mode passagère, il répond à des facteurs sociaux fondamentaux : l’évolution des modes de vie marquée par l’avènement des loisirs, l’éveil de la conscience écologique ou encore le besoin de compenser certains excès de notre civilisation « hypertechnologisée » et les vertiges de la virtualité. Aussi les jardins, qui avaient été tout au long de leur histoire des terrains d’expérimentation d’idées, de techniques et de rêves, sont-ils devenus, depuis quelques années, des laboratoires urbains, sociaux ou encore écologiques. Le développement de politiques urbaines cohérentes et l’implication des paysagistes contribuent à réinventer l’espace public et à redonner à la ville son aménité à travers des interventions à toutes les échelles, qu’il s’agisse de requalifier de vastes friches industrielles ou de simplement favoriser la vie d’un quartier par un « jardin de poche ». Le jardin privé continue quant à lui à être l'œuvre intime de personnalités originales, qui en font l’objet d’une démarche artistique ou y cultivent l’amour du végétal en contribuant à la sauvegarde de la biodiversité. Des initiatives même modestes d’amateurs passionnés à l’ambitieux concept de « jardin planétaire » proposé par Gilles Clément, les pistes se multiplient pour faire du jardin une utopie concrète où s’ébauchent peut-être les nouveaux équilibres que l’homme devrait instaurer avec son environnement, un modèle fertile afin de donner forme à des manières responsables d’habiter le monde.

Responsabilités scientifiques internationales

  • Membre du Comité scientifique international des Paysages culturels, International Council on Monuments and Sites / International Federation of Landscape Architects (depuis 2013)
  • Membre du Conseil scientifique de la Fondazione Benetton Studi Ricerche, Trévise, Italie (depuis 2005)
  • Membre du Conseil scientifique du réseau international de recherche sur la thématique du jardin et du paysage TOPIA (2008-2013)

 

Responsabilités scientifiques nationales

  • Membre nommé du Conseil de l’Enseignement et de la Recherche (2008-2011) et membre du Conseil scientifique des Journées doctorales (depuis 2011) de l’École nationale supérieure du paysage (ENSP)
  • Membre titulaire nommé de la Première section de la Commission nationale des monuments historiques, expert au titre des parcs et jardins (depuis 2011)

 

Responsabilités scientifiques au sein du laboratoire

 

Animation scientifique

  • Coordination avec Monica Preti-Hamard (responsable de la programmation en histoire de l’art) et direction scientifique de la programmation « Histoire et cultures des jardins » à l’Auditorium du Louvre, Paris, avec 4 journées d’étude internationales de 2007 à 2013
  • Co-direction de 2 autres colloques internationaux en 1997 et 2011
  • Partenaire du projet « Politiques de densification, biodiversité et qualité dans l’espace citadin : agriculture urbaine et trames vertes » (Dens’Cité), coordonné par Anne-Caroline Prévot-Julliard (Centre d’écologie et des sciences de la conservation UMR 7204, Muséum national d’histoire naturelle-CNRS-université Pierre-et-Marie-Curie), programme Convergence Société et environnement : savoirs et enjeux, PRES Sorbonne Universités/Idex SUPER avec le soutien de la Mission pour l’interdisciplinarité du CNRS (2013-2014)
  • Partenaire du projet « Fondements d’une métascience du paysage » soumis avec deux autres laboratoires à l’Appell à projets « Programme blanc » de l’ANR en 2008 (non retenu)
  • Co-organisation du Groupe de recherche sur l’histoire des jardins dans l’Europe moderne « Autour d’André Le Nôtre », avec séminaire de recherche bimestriel hébergé par le Centre André Chastel (2004-2008)
  • Création et co-animation du séminaire mensuel « Jardins et paysages » à l’École normale supérieure : cycle mensuel de conférences pluridisciplinaires (1993-2006)

Responsabilités éditoriales

  • Membre du Comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage, ENSP/Actes Sud (depuis 1998)
  • Membre du Comité de rédaction de la revue électronique Projets de paysage. Revue scientifique de recherche sur la conception et l’aménagement de l’espace, ENSP/Réseau international de recherche TOPIA ( 2008-2012)
  • Peer reviewer pour la revue Journal of Landscape Architecture, The European Council of Landscape Architecture Schools (depuis 2006)

 

Interactions avec l’environnement social, économique et culturel

  • Expertises régulières pour l’agence Pascal Cribier, Paysagiste (depuis 2007)
  • Membre du comité scientifique pour la restauration du nymphée de Gerbéviller, Meurthe-et-Moselle (depuis 2008)
  • Consultation auprès de Cité de l’architecture et du patrimoine pour la conception d’un cycle de Cours publics organisé en 2010-2011 sur « Histoire et actualité des jardins »
  • Publications dans des revues de vulgarisation et ouvrages de synthèse
  • Conférences grand public dans différentes institutions, associations, etc.
  • Interventions régulières dans les médias (radio et entretiens dans la presse écrite)