Hervé BRUNON
Hervé BRUNON
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Historien des jardins et du paysage, Hervé Brunon est depuis 2002 chargé de recherche au CNRS et actuellement directeur adjoint du Centre André Chastel, où il est également responsable de la section Histoire culturelle des jardins et du paysage au sein de l’Équipe de recherche sur l’histoire de l’architecture moderne (ERHAM).
Formation
Reçu major de promotion en biologie à l’École normale supérieure en 1991, il a poursuivi un cursus en sciences – botanique et écologie –, puis en lettres – histoire de l'art, littérature et philosophie –, et a étudié à l’École nationale supérieure du paysage. Il a soutenu en 2001 un doctorat en histoire de l’art sur les jardins italiens de la Renaissance à l’université Paris I Panthéon-Sorbonne. Il a été pensionnaire de l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) et fellow du Harvard University Center for Italian Renaissance Studies (Villa I Tatti, Florence), résidant en Italie de 1998 à 2003.
Activités
Il est membre des comités de rédaction des revues Les Carnets du paysage et Projets de paysage : revue scientifique sur la conception et l’aménagement de l’espace, du comité scientifique consultatif « Studi e ricerche per il governo del paesaggio e del giardino » de la Fondazione Benetton Studi Ricerche (Trévise), ainsi que de la Première section de la Commission nationale des monuments historiques.
Il enseigne à l’École nationale supérieure d’architecture de Versailles, dans le cadre du Master professionnel « Jardins historiques, patrimoine, paysages », et intervient dans différentes institutions de formation en France comme à l’étranger (Belgique, Espagne, États-Unis, Italie, Suisse, etc.). Il coordonne depuis 2007, avec Monica Preti-Hamard, la programmation « Histoire et cultures des jardins » à l’auditorium du Louvre, et donne régulièrement des conférences auprès du grand public. Il collabore depuis 2007 avec le paysagiste Pascal Cribier.

Il a organisé plusieurs colloques internationaux, dont récemment Sagesse du jardin et harmonie du monde, du mythe édénique aux défis planétaires (avec Monica Preti-Hamard, Paris, auditorium du Louvre, 5 février 2011) et De la peinture au jardin : transferts artistiques de l’Antiquité à nos jours (avec Denis Ribouillault, Rome, villa Médicis, 17-19 mars 2011).
Recherche
Portant sur l'histoire culturelle des jardins et du paysage en Europe depuis la Renaissance jusqu’au temps présent, sa recherche déploie une perspective transdisciplinaire et s’emploie à opérer, à partir de la notion d’imaginaire, la synthèse entre les multiples dimensions – politiques, philosophiques, scientifiques, littéraires, anthropologiques, etc. – de ces objets hybrides, à l’interface entre nature et culture.

Ses travaux actuels concernent notamment la poétique des grottes dans l’imaginaire des jardins en Europe (ouvrage de recherche avec Monique Mosser), les liens entre jardin et sagesse à travers l’histoire occidentale et l’instauration du paradigme pictural dans les représentations sociales du paysage à partir de la Renaissance.
Il est l’auteur de plus d’une centaine de publications scientifiques, dont sept ouvrages, avec en dernier lieu :
- Le Jardin contemporain. Renouveau, expériences et enjeux (avec Monique Mosser, Scala, 2006, réédition 2011) ;
- Le Jardin comme labyrinthe du monde. Métamorphoses d’un imaginaire de la Renaissance à nos jours (direction, Presses de l’université Paris-Sorbonne/Musée du Louvre, 2008),
- L'Art du jardin, du début du XXe siècle à nos jours (avec Monique Mosser, Centre national de la documentation pédagogique, 2011).
Et aussi...
Il a étudié le chant baroque et s'est formé au jeu théâtral auprès de Monserrata VIdal et de Philippe Vallepin. En 1994, il a mis en scène Médée d'Euripide à la Sorbonne et au Théâtre Mouffetard, dans un traduction nouvelle conçue avec Sylvie Dervaux. Il a joué dans le film Défense d'aimer (2002) du réalisateur Rodolphe Marconi, et collaboré avec le plasticien et scénographe Stéphane Marcault. La complicité avec la chorégraphe Catherine Contour se poursuit (Une Plage à Royaumont, création en août 2012). Il jardine depuis son adolescence, apprend le chinois mandarin, pratique la calligraphie, écrit des haïku.
Crédits photos : Portrait © Bruno Perroud ;
Paris, jardin des Tuileries ; Varengeville-sur-Mer, bois de Morville © Pascal Cribier.
Crédits vidéos : © Cité de l'architecture et du patrimoine.
2013
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Histoire culturelle des jardins et du paysage (XVe-XXIe siècles)
- Renouveau, expériences et enjeux de la création contemporaine des jardins en France
- Historiographie et épistémologie du paysage dans les sciences humaines et sociales
- Valeurs du jardin et du paysage dans l’Italie de la Renaissance
- Jardin et sagesse dans l'histoire occidentale
- Poétique des grottes artificielles dans l’imaginaire des jardins européens
- Le paradigme pictural dans les représentations sociales du paysage depuis la Renaissance (en Occident et perspectives comparatistes avec la Chine)
Publications en libre accès sur l'archive ouverte HAL-SHS (Hyper articles en ligne - Sciences de l'homme et de la société)
NB : Pour accéder aux documents déposés, décocher l'onglet "voir également les notices bibliographiques"
Retour au contrat naturel : richesses des milieux, rareté des ressources
Troisièmes Entretiens de la Cité, organisés par l’association Doc Forum, Lyon, Cité internationale, palais des Congrès, 17 novembre 2012.
Le philosophe Michel Serres, vingt-cinq ans après la parution de son livre Le Contrat naturel, invite scientifiques, savants, écrivains, décideurs, citoyens à débattre en public pendant une journée.
Nature et humanité
- Vidéo en ligne sur le Webcast du Centre de calcul de l’Institut national de physique nucléaire et de physique des particules (CC-IN2P3, CNRS)
L’histoire des idées et des sciences, la psychologie sociale ou encore l’anthropologie ont montré combien la « nature », c’est une construction de la culture, opérée différemment à travers le temps et l’espace et sur le mode de la scission dans l’Occident moderne. Le jardin constitue justement un lieu de rencontre, d’hybridation, d’interface entre ces deux sphères et, aujourd’hui, un laboratoire pour repenser notre rapport au monde à l’heure des défis planétaires.
Les jardins entre nature et culture
Cours publics à l'Ecole de Chaillot, Paris, 2010-2011.
Nature et pouvoir dans les jardins italiens à la Renaissance
« Il n’est pas exagéré de caractériser la Renaissance par le capital d’invention, d’arrangements, de plaisirs, de poésie et d’art, qu’elle a investi dans le jardin ». La forte affirmation d’André Chastel suggère avec justesse l’importance de cette forme de création dans l’Italie des XVe et XVIe siècles, promue par les élites, comme les papes et les cardinaux à Rome ou les Médicis à Florence, qui en font un signe et un instrument de leur pouvoir. Comment l’idéal d’une mise en ordre du monde se traduit-il concrètement dans l’espace ? L’essor du jardin à partir du XVe siècle et son inscription topographique dans le site apparaissent liés à la « conquête » du paysage. Si les principes géométriques de composition – axialité, quadrillage, etc. – rattachent le jardin à l’architecture, les systèmes iconographiques – statuaire, fontaines – et la féerie des eaux formulent également, par le truchement des références mythologiques et géographiques, des discours symboliques sur le territoire, tandis que la savante répartition du végétal tend à associer le jardin au collectionnisme scientifique. Enfin, l’évolution des formes révèle comment la volonté de maîtrise par l’art a progressivement cédé le pas aux séductions imaginaires de la nature, sensibles après 1550 dans l’esthétique de l’émerveillement qui se manifeste à travers les poétiques de la foret et de la grotte.
Retour au jardin, laboratoire pour un projet humain
Après un long temps de désaffection durant les Trente Glorieuses, les années 1980 ont amorcé, en France et ailleurs en Europe, un « retour au jardin » selon l’expression du philosophe Rosario Assunto, un nouvel engouement qui depuis ne s’est pas démenti car, irréductible à un simple phénomène de mode passagère, il répond à des facteurs sociaux fondamentaux : l’évolution des modes de vie marquée par l’avènement des loisirs, l’éveil de la conscience écologique ou encore le besoin de compenser certains excès de notre civilisation « hypertechnologisée » et les vertiges de la virtualité. Aussi les jardins, qui avaient été tout au long de leur histoire des terrains d’expérimentation d’idées, de techniques et de rêves, sont-ils devenus, depuis quelques années, des laboratoires urbains, sociaux ou encore écologiques. Le développement de politiques urbaines cohérentes et l’implication des paysagistes contribuent à réinventer l’espace public et à redonner à la ville son aménité à travers des interventions à toutes les échelles, qu’il s’agisse de requalifier de vastes friches industrielles ou de simplement favoriser la vie d’un quartier par un « jardin de poche ». Le jardin privé continue quant à lui à être l'œuvre intime de personnalités originales, qui en font l’objet d’une démarche artistique ou y cultivent l’amour du végétal en contribuant à la sauvegarde de la biodiversité. Des initiatives même modestes d’amateurs passionnés à l’ambitieux concept de « jardin planétaire » proposé par Gilles Clément, les pistes se multiplient pour faire du jardin une utopie concrète où s’ébauchent peut-être les nouveaux équilibres que l’homme devrait instaurer avec son environnement, un modèle fertile afin de donner forme à des manières responsables d’habiter le monde.
Responsabilités scientifiques internationales
- Membre du Conseil scientifique de la Fondazione Benetton Studi Ricerche, Trévise, Italie (depuis 2005)
- Membre du Conseil scientifique du réseau international de recherche sur la thématique du jardin et du paysage TOPIA depuis sa création (2008)
Responsabilités scientifiques nationales
- Membre nommé du Conseil de l’Enseignement et de la Recherche (2008-2011) et membre du Conseil scientifique des Journées doctorales (depuis 2011) de l’École nationale supérieure du paysage (ENSP)
- Membre titulaire nommé de la Première section de la Commission nationale des monuments historiques, expert au titre des parcs et jardins (depuis 2011)
Responsabilités scientifiques au sein du laboratoire
- Directeur adjoint du Centre André Chastel (depuis 2010)
- Responsable de la section Histoire culturelle des jardins et du paysage de l’Équipe de recherche sur l’histoire de l’architecture moderne (depuis 2010)
- Membre élu du Conseil d’unité du Centre André Chastel (depuis 2004, réélu en 2007)
Animation scientifique
- Coordination avec Monica Preti-Hamard (responsable de la programmation en histoire de l’art) et direction scientifique de la programmation « Histoire et cultures des jardins » à l’Auditorium du Louvre, Paris, avec 4 journées d’étude internationales de 2007 à 2013
- Co-direction de 2 autres colloques internationaux en 1997 et 2011
- Partenaire du projet « Fondements d’une métascience du paysage » soumis avec deux autres laboratoires à l’Appell à projets « Programme blanc » de l’ANR en 2008 (non retenu)
- Co-organisation du Groupe de recherche sur l’histoire des jardins dans l’Europe moderne « Autour d’André Le Nôtre », avec séminaire de recherche bimestriel hébergé par le Centre André Chastel (2004-2008)
- Création et co-animation du séminaire mensuel « Jardins et paysages » à l’École Normale Supérieure : cycle mensuel de conférences pluridisciplinaires (1993-2006)
Responsabilités éditoriales
- Membre du Comité de rédaction de la revue Les Carnets du paysage, ENSP/Actes Sud (depuis 1998)
- Membre du Comité de rédaction de la revue électronique Projets de paysage. Revue scientifique de recherche sur la conception et l’aménagement de l’espace, ENSP/Réseau international de recherche TOPIA (depuis 2008)
- Peer reviewer pour la revue Journal of Landscape Architecture, The European Council of Landscape Architecture Schools (depuis 2006)
Activités d’enseignement
- Cours magistraux en histoire culturelle et théorie des jardins et du paysage au Master 2 professionnel « Jardins historiques, Patrimoine, Paysage », École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles / Université Paris I Panthéon−Sorbonne (niveau 3e cycle, 20 à 30 heures annuelles, depuis 1994)
- Cours magistraux en histoire des jardins à l’École nationale supérieure du paysage, Versailles, (équivalent 2e cycle, environ 9 h par an, 1995-2008)
- Allocataire-moniteur en histoire de l’art à Paris I (64 h de TD par an, 1995-1998)
- Interventions ponctuelles dans diverses formations, en France (dont l’Institut national du patrimoine) et en Belgique, Espagne, Italie, Suisse
- Participations à des jurys de thèse, de Master, de diplômes en architecture
Interactions avec l’environnement social, économique et culturel
- Expertises régulières pour l’agence Pascal Cribier, Paysagiste (depuis 2007)
- Membre du comité scientifique pour la restauration du nymphée de Gerbéviller, Meurthe-et-Moselle (depuis 2008)
- Consultation auprès de Cité de l’architecture et du patrimoine pour la conception d’un cycle de Cours publics organisé en 2010-2011 sur « Histoire et actualité des jardins »
- Publications dans des revues de vulgarisation et ouvrages de synthèse
- Conférences grand public dans différentes institutions, associations, etc.
- Interventions régulières dans les médias (radio et entretiens dans la presse écrite)










