Richard II : morts et renaissances

Richard II : morts et renaissances

Constructions et destructions d’une image royale

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Gauche : Henri Yevele et Stephen Lote, "Tombe double de Richard II et Anne de Bohême" (détail), 1395-1399, Londres, Abbaye de Westminster - Droite : Anonyme, "Diptyque Wilton" (intérieur, panneau gauche), 1395-1399, Londres, National Gallery - Milieu : Ben Whishaw dans "The Hollow Crown" (2012), mise en scène de Rupert Goold pour la BBC. Archive du photographe, octobre 2014 © Wellmade

Type

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Rencontres du Centre André Chastel

Date

Date: 
11 Avril 2018

Lieu

Lieu: 
Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, salle Ingres (2e étage)

Cette communication de Clémence Lecointe, invitée par Dany Sandron, se tiendra en salle Ingres (2e étage) de 18h30 à 20h. Entrée libre

Le règne de Richard II (1364-1400) constitue un véritable tournant dans les développements politiques de l’Angleterre médiévale. Après des sommets mémorables de gloire et de notoriété, le jeune roi est brutalement assassiné sur les ordres du futur Henry IV. Réécrites à son désavantage après sa mort, les annales ne nous laissent en héritage qu’un puzzle insatisfaisant d’images ambiguës, sinon contradictoires, esquissant au pire le portrait d’un tyran machiavélique. Les œuvres artistiques produites sous son règne témoignent en revanche de façon constante de sa piété et de son élégance. Tandis que le Hall de Westminster devient l’écrin d’un nouveau programme iconographique mettant en scène la lignée royale anglaise, à l’instar de ses élégants rivaux parisiens et bohémiens, le Diptyque Wilton, sommet de raffinement, nous montre Richard tel qu’il voulait être vu : un roi investi de l’autorité suprême par le Christ et la Reine des Anges, auxquels il avait confié son royaume.

En 1597, le succès du Richard II de Shakespeare, brillante alternative à la culture élisabéthaine, manifeste la fascination nostalgique de cette époque pour la chevalerie. Puis le XVIIIe siècle l’adapte à son goût pour la fantaisie et les passions violentes. Richard II se travestit ainsi au fil des siècles et de leurs nouveaux idéaux. L’irruption de la télévision dans la vie quotidienne va profondément bouleverser les possibilités de représentation et de diffusion de ces images. Réputé pour sa voix distinguée et son allure aristocratique, John Gielgud laisse avec Richard II (1937) une impression durable de classe et de majesté, tandis qu’avec sa courte barbe et son air mélancolique, Ben Whishaw nous apparaît en Christ éploré dans The Hollow Crown (2011). Richard II devient ainsi une sorte de mnémotechnie de la grandeur innée de l’homme universel, condamné aux luttes sans merci, et finalement soumis à l’inexorabilité de la mort. Au-delà de toute fascination nostalgique, il semble que Richard II transcende les barrières historiques et culturelles. Alors que Peter Hall place son personnage sous la Seconde Guerre mondiale, The War of the Roses (1987) met en scène le héros en aristocrate libertin à l’aube de la Révolution ; d’autres productions transposent la figure de Richard II dans des contextes plus actuels en Bulgarie, en Corée, et même en Palestine. Ces interprétations nous apportent-elles un nouvel éclairage sur la figure de Richard II ou sont-elles seulement conditionnées par les conventions propres aux différentes époques et cultures ? Se pose alors la question du possible dévoiement de ces images et de leur manipulation, entre anachronismes, fantasmes et illusions rétrospectives.

Programme des Rencontres du Centre André Chastel  2017-2018

 

 

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