« Paradis perdus » : Séminaire n°2

« Paradis perdus » : Séminaire n°2

Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

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Hercule Florence (1804-1879), Propriété agricole de la Cachoeira. Coupe de la canne à sucre, 1848

Type

Type: 
Séminaire

Date

Date: 
4 Décembre 2018

Lieu

Lieu: 
Galerie Colbert, salle Giorgio Vasari

Philosophe et sociologue de formation, critique d’art, Jacques Leenhardt est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales. Son territoire de recherche est constitué par les productions artistiques : littérature, art, jardin. Il étudie ces différentes formes de création sous l’angle de leur insertion dans l’imaginaire esthétique, social et politique : comment elles les structurent et les défont, comment elles y produisent des effets et comment ceux qui s’y trouvent confrontés y réagissent et éventuellement s’en trouvent transformés.

Ses expositions et ses créations de jardins tout comme ses livres, de Dans les jardins de Roberto Burle Marx (Actes Sud, 1994), et Villette-Amazone, Manifeste pour l’environnement au XXIe siècle (Actes Sud, 1996), au projet Le Carré Vert (Bitterfield) et à L’Atelier tropical (Paris, 2016), témoignent d’un longue réflexion sur le paysage et ses représentations.

Spécialiste du Brésil, il a notamment publié le Voyage pittoresque et historique au Brésil du peintre Jean-Baptiste Debret (Actes Sud, 2014), qui a donné lieu en 2016 à diverses expositions. Il travaille actuellement sur Hercule Florence, explorateur, artiste et inventeur qui s’est installé au Brésil à partir de 1820 et y a mené, entre autres, une existence de cultivateur.

Résumé de l'intervention

Partant de quelques représentations de la forêt vierge, comme paradis en train d’être perdu, je suivrai ce destin catastrophique à partir des œuvres du peintre Hercule Florence (1804-1879). Après une longue expédition à travers le Brésil « sauvage », Florence s’établit comme agriculteur. Il dépeint alors la destruction de la forêt comme technique agricole aveugle des cultivateurs brésiliens. A partir de ses images, j’analyserai les liens qu’entretiennent, au Brésil, propriété du sol, esclavage, destruction de la forêt et production pour le marché mondial des produits agricoles.

 

Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes

L’idée que la nature comme espace essentiel et vital de l’être humain a été contaminée à jamais par un processus irréversible de destruction des écosystèmes fait naître de par le monde la manifestation d’un désenchantement qui dit qu’un équilibre fondamental à l’existence humaine a été rompu. Nombre de travaux relevant des humanités environnementales tentent grâce aux ressources iconographiques et textuelles de faire le récit de cette rupture. En amont il y aurait eu un autre monde à jamais perdu. C’est l’enseignement de ces travaux et les sources auxquelles ils font appel que ce programme souhaite distinguer et mettre en perspective. Ces sources sont pour certaines encore trop méconnues, notamment celles produites par les scientifiques – botanistes, zoologues, géologues, géographes, etc. – et les artistes qui ont accompagné, sans pour autant les soutenir, les déploiements coloniaux. Pour des raisons politiques et culturelles, ces sources ont été recouvertes.

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » vise à contribuer auprès de la communauté scientifique et au-delà, par l’élaboration de connaissances sur les images, les textes et les transformations de lieux, au mouvement actuel des humanités environnementales – qui cherche à dépasser le dualisme entre nature et culture et à repenser l’action humaine sur Terre face aux urgences climatiques et écologiques –, aussi bien du point de vue des intentions qui sont à l’origine de ces productions, que de leurs modes de présentation, de réception et de la continuité de leurs effets.

Le programme « Paradis perdus : colonisation des paysages et destruction des éco-anthroposystèmes » s’inscrit simultanément dans le cadre des études postcoloniales, dans le double sillage de l’histoire mondiale et de l’histoire globale et dans le tournant écologique des sciences humaines et sociales. Il entend participer à la poursuite d’une histoire environnementale de la colonisation, à l’élaboration d’une histoire environnementale de l’art, tout juste émergente, et au développement des études sur le paysage dans toutes ses dimensions, à l’échelle globale.

En partenariat avec l'Institut national d'histoire de l'art

4 décembre 2018 - 18h30-21h30

Galerie Colbert, salle Giorgio Vasari
Institut national d’histoire de l’art
2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs
75002 Paris

entrée libre

Renseignements : atelier.paradisperdus@inha.fr

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