Nice, découverte touristique et artistique

Nice, découverte touristique et artistique

Apologie de la nature à partir du XVIIIe siècle

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Mary Harcourt (dessinateur), Maria Catharina Prestel (graveur), A view of the town of Nice and its environs taken from the road to Villa Franca, 1790 circa, aquatinte, 37,8 x 57,4 cm, Musée Masséna, Nice

Type

Type: 
Rencontres du Centre André Chastel

Date

Date: 
14 Novembre 2018

Lieu

Lieu: 
Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris, salle Perrot (2e étage)

Mercredi 14 novembre, 18h30

La découverte de la Riviera par les touristes, pour la plupart britanniques, à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, a déclenché une vague artistique conséquente de représentation de ce territoire. Cet engouement a participé au développement d'un certain imaginaire paysager de la Riviera et de la ville de Nice en particulier. Dans son Handbook for travellers de 1892, John Murray propose un cadre géographique à la « Riviera », entre Toulon et Livourne. A la fin du XIXe siècle, la dénomination de « Côte d'Azur », un « ruban de côtes à la frange moirée » se développant depuis Hyères jusqu’à Gênes apparaît, désignée ainsi par Stéphen Liégeard, écrivain et poète, lorsqu'il en fit le titre de son ouvrage en 1887 (Liégeard, La Côte d’Azur, 1887, p. 2). La pluralité du corpus iconographique sur la ville de Nice traduit les préoccupations sociales de l’époque ou encore la notion de « désir de rivage » théorisée par Alain Corbin, tout en mettant en exergue la singularité de l’espace considéré et ses atouts touristiques, notamment son « paysage naturel ». Les artistes, locaux ou étrangers, ont ainsi cherché, à travers leurs réalisations, estampes ou œuvres uniques, à décrire la nature de la Riviera et de Nice, à retranscrire leur sentiment du lieu, cherchant à capter l'atmosphère d'un territoire assimilé à un grand jardin plongeant dans la mer et protégé par les montagnes. Ainsi, la vie hivernante, le choix des jardins et de la végétation en tant que véritables sujets de l’œuvre, ou encore l’ouverture sur la mer depuis différents points de vue, constituent des motifs et des lieux emblématiques et privilégiés des artistes. La nature en tant que « milieu » et la morphologie du territoire entre mer et montagnes, constituant la clef de voûte du succès touristique de la Riviera et de Nice, au même titre que l’argument médical, plutôt relayé dans les sources écrites, traverse tout le corpus d’étude. La diversité de ces représentations artistiques, notamment en gravure et en peinture, dont les points de vue et les thématiques traités présentent des récurrences, participe ainsi au développement d'un certain imaginaire paysager de la Riviera et de la ville de Nice en particulier, au XVIIIe et surtout au XIXe siècle.

  • Les intervenants

Marie Hérault (architecte, diplômée d'État, et doctorante)
Centre André Chastel,
ED VI « Histoire de l'art et archéologie », Sorbonne Université

Hervé Brunon (historien des jardins et du paysage, directeur de recherche au CNRS, Centre André Chastel)
 

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