Corps troublants. Images et imaginaires dans la première modernité

Corps troublants. Images et imaginaires dans la première modernité

I. Dynamiques et configurations corporelles

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Maerten van Heemskerck, "Triomphe de Bacchus" (détail), 1536-1537, Kunsthistorisches Museum, Vienne

Type

Type: 
Atelier

Date

Date: 
19 Janvier 2018

Lieu

Lieu: 
Centre André Chastel, Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, salle Ingres (2e étage)
  • Cette rencontre Dynamiques et configurations corporelles est la première du cycle Corps troublants. Images et imaginaires dans la première modernité

organisé par Francesca Alberti (CESR /Université François-Rabelais, Tours) et Antonella Fenech Kroke (Centre André Chastel/CNRS). Le workshop a reçu le soutien du GIS Humanités.

Corps renversés, membres contorsionnés, visages grimaçants, organes et orifices exhibés, émanations et bruits incontrôlés, autant de manifestations corporelles qui perturbent et créent un sentiment de malaise, une anxiété. Qu’ est-ce qui cause ce trouble ? D’ où vient-il ? A-t-il toujours été de la même nature à travers le temps ? Est-il ressenti de la même manière dans d’autres cultures que la nôtre ?
Mises à distance ou au contraire exacerbées, voire sublimées dans les images par les processus de représentation, ces expressions troublantes du corps – d’un corps toutefois reconnu comme « semblable » au sien – émergent souvent du contraste avec une conception idéalisée du corps, à la fois corps-objet-organique et corps-sujet-intentionnel (Marzano), pensé comme idée historique et comme acteur de toutes les utopies, constamment refaçonné et transfiguré par les constructions culturelles des sociétés (Foucault). Les images se chargent alors d’une agressivité, d’un pouvoir de provocation, d’une tonalité obscène, risible ; elles deviennent parfois elles-mêmes déroutantes, voire dégoûtantes en jouant sur des configurations, des gestes, des postures et des mouvements « inacceptables » (in-décents, in-tenables, in-sensés, non-naturels, a-normaux, etc.) du corps.
Par ailleurs, le morcellement, la dispersion, la perméabilité et la porosité du corps, opposés à la représentation de son intégrité idéale et univoque, ont pu susciter une aversion et un trouble.
Au-delà de l’inquiétante étrangeté que provoquent l’altérité, la difformité, l’hybridité ou encore la maladie du corps – toutes problématiques qui ont fait, depuis quelques années, l’objet de nombreuses recherches –, ces workshops invitent à penser de quelle manière la culture visuelle de la première modernité élabore des configurations par lesquelles le corps « semblable » devient troublant, à vérifier comment le regard prémoderne perçoit ce trouble et, enfin, à se demander si ce regard historiquement défini diffère du nôtre.
Il s’agira ainsi de réfléchir à la perception à la fois de ce qu’est un corps troublant dans des contextes culturels, sociaux et religieux spécifiques (Europe, Nouveau Monde…), et aussi à la construction et à la réception de dispositifs visuels et formels qui transforment un corps « semblable » en un objet déconcertant jusqu’à en devenir menaçant. Trouble et menace viendraient-ils de l’altération d’imaginaires et de normes culturelles inscrites dans le corps même ? Ou encore de la perversion des critères esthétiques et éthico-moraux de la représentation ?

      Voir aussi le compte-rendu du worshop

Programme

  • I. Dynamiques et configurations corporelles

10h-13h                                                                                                     
Introduction
Francesca Alberti et Antonella Fenech Kroke

Images troublées et corps troublants dans la série des Péchés (1557-1558) de Pieter Bruegel
Michel Weemans (École nationale supérieure des beaux-arts, Bourges)

Vues déroutantes et comiques du postérieur
Francesca Alberti (CESR/Université François-Rabelais, Tours)

Le lapidaire de Montaigne : « subjection graveleuse » et corps excrémentiel
Dominique Brancher (Université de Bâle)

Imiter, détourner, hybrider : le corps de l’image polémique
Martial Guédron (Université de Strasbourg)

14h30-18h                                                                                                 
« Crocifissi scontrafatti » : configurations troublantes du crucifix et géographies du regard dans l’Europe prémoderne
Chiara Franceschini (Ludwig-Maximilians-Universität München)

Un cas moderne d’agalmatophilie : le trouble érotique que suscite l’Aurore de Michel-Ange
Lise Wajeman (Université Aix-Marseille)

Clitoridis excrescentia, à savoir comment retrancher l’inutile développement
Concetta Pennuto (CESR/Université François-Rabelais, Tours)

Gender fluidity and the Baroque gaze
Harald Hendrix (Royal Netherlands Institute, Rome)

Répondants : Giovanni Careri (CEHTA/EHESS) et Antonella Fenech Kroke (Centre André Chastel/CNRS)

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PDF icon Affiche du 19 janvier 20181.87 Mo
PDF icon Programme du 19 janvier 20181.19 Mo

Les membres

Secrétaire général
Maître de conférences
Maître de conférences
Maître de conférences
Assistante en communication et documentation
Assistante médiation culturelle et scientifique
Directeur de recherche
Maître de conférences
Ingénieur d’études
Maître de conférences honoraire
Assistant ingénieur honoraire