Babi Badalov

Babi Badalov

Lost in languages

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Babi Badalov, Lost in Languages, 2021, galerie Jérôme Poggi, Paris. Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Poggi

Type

Type: 
Exposition

Date

Date: 
14 Mai 2022 - 24 Octobre 2022

Lieu

Lieu: 
INHA, hall Rose-Valland, galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris

À l’invitation de l’INHA, le centre André-Chastel présente une intervention de Babi Badalov conçue et organisée par Isabelle Ewig, maître de conférences, et Lou-Justin Tailhades, étudiant-stagiaire du master 2 professionnel « L’art contemporain et son exposition » de la faculté des lettres de Sorbonne Université.

Biographie de l'artiste

Babi Badalov est né en 1959 à Lerik, un village d’Azerbaïdjan, l’une des quinze républiques qui composaient l’Union soviétique. Il grandit avec deux langues : l’azéri d’Azerbaïdjan de son père et le talysh d’Iran de sa mère, auxquels il faut ajouter le russe, enseigné à l’école. Après deux ans de service dans l’armée rouge, il s’installe à Saint-Pétersbourg au début des années 1980 où il fait partie de plusieurs groupes d’artistes de la scène underground, dont les Nouveaux Artistes. Après la chute de l’URSS, il part aux États-Unis, alors symbole de liberté, prend pleinement conscience de ses origines et de sa différence : il y conçoit sa devise « I am Art-East ». Il connaît alors la clandestinité, puis l’expulsion en 1993. Il retourne en Russie, dans un pays totalement transformé par la misère, le racisme et la discrimination. Il imagine trouver asile en Turquie, dont la culture et la mentalité lui sont plus proches, mais échoue et au début des années 2000, il retourne dans son pays natal dans l’espoir de renouer avec sa famille. Malmené physiquement et moralement en raison de son homosexualité, il part au Royaume-Uni en 2006 à l’occasion d’une résidence artistique, y demande l’asile et à la suite de cette requête, il est envoyé à Cardiff, au pays de Galles. Sa demande est déboutée et son rapatriement en Azerbaïdjan est ordonné par les autorités. L’artiste reprend ses itinérances, traverse la Turquie, la Finlande, l’Estonie, la Grèce, l’Allemagne pour arriver en France en 2008 où il réitère une demande d’asile. Cette dernière est acceptée en 2011 et marque la fin de son exil grâce à la délivrance du statut de réfugié politique. Aujourd’hui, Babi Badalov vit et travaille dans son pays d’accueil, dont il a obtenu la nationalité le 23 février 2018.

Babi Badalov est représenté par la galerie Jérôme Poggi. Ses œuvres sont aujourd’hui entrées dans de prestigieuses collections à travers le monde. Il a bénéficié d’importantes expositions personnelles (palais de Tokyo, Paris, 2016 ; MUSAC, Léon, 2017 ; New Museum, Saint-Pétersbourg, 2018 ; La Verrière, Bruxelles, 2019 ; Yarat, Bakou, 2019) et a participé à de nombreuses expositions collectives (Manifesta 8 en 2010, Biennale d’art contemporain de Moscou en 2015 et celle de Rennes en 2016 ; « Racing the Galaxy » au palais de l’Indépendance, Noursoultan (Kazakhstan) en 2019 ; « Écrire, c’est dessiner » au Centre Pompidou-Metz en 2021).

Babi Badalov, Lost in languages

« Pour qui n’a plus de patrie il arrive même que l’écriture devienne le lieu où il habite. »
Theodor Adorno, Minima Moralia. Réflexions sur la vie mutilée, 1951

L’intervention originale de Babi Badalov Lost in Languages, à l’Institut national d’histoire de l’art, présente un ensemble de peintures sur tissu ainsi qu’une œuvre murale réalisée in situ qui rendent compte de la « réalité » de l’artiste, une réalité traversée de rencontres, d’inquiétudes, de questionnements. Le visiteur est invité à se perdre dans un écheveau de pensées sur l’art, l’histoire et l’actualité.

À la fois dessin et lettre, la poésie visuelle de l’artiste s’inscrit dans une tradition pictographique et calligraphique où l’alphabet, le texte et l’image se confondent. Écarts d’orthographe et de syntaxe, glissements de sens, lapsus, références, graphies, glyphes, ornements et figures font vaciller nos repères. Les mots sont découpés, étirés, détournés, recomposés pour jouer et rejouer le sens par des néologismes à vocation autant linguistique que politique. Non sans esprit, les créations et incorrections de Babi Badalov invitent à interroger les mots que l’on emploie et les réalités qu’ils recouvrent ou découvrent.

Ces déplacements sémantiques sont intimement liés à l’errance géographique de l’artiste et à son multilinguisme, qui englobe ses langues d’origine (azéri, farsi, talysh, russe) et d’adoption (turc, anglais, français). Aux extrémités des lettres, des ramifications lient les signes entre eux et forment des visages, des racines, des vagues aux trajectoires ornementales. Ces inscriptions se déploient sur des supports dont l’économie est à portée de main de quiconque, mais qui renvoient aussi aux conditions de travail de l’artiste : carnets, collages, tissus, espaces. Le choix des matériaux est rarement anodin et leur simplicité première est inversement proportionnelle à la richesse de leurs significations : autant drapeaux et pages blanches que tapis de prière et pièces de vêtements, les supports textiles de sa poésie visuelle offrent un espace hospitalier à l’énonciation la plus large.

Babi Badalov accueille textuellement et picturalement des figures et des sujets de l’histoire de l’art afin de ménager des hommages, d’engager des conversations, ou même de susciter des débats. Face à la doctrine du réalisme socialiste avec laquelle il a grandi et dans la filiation de la tradition calligraphique orientale et des expérimentations poétiques et plastiques des avant-gardes, son œuvre résout la tension entre visualité (il se dit artiste visuel), densité conceptuelle et contenus biographiques. Peintre en lettres et poète en formes, il redonne au sentiment une valeur essentielle, au point de définir sa pratique comme emotional conceptual.

Le centre André-Chastel remercie tout particulièrement :

  • Babi Badalov pour son hospitalité et son engagement tout au long du projet,
  • la galerie Poggi, son directeur Jérôme Poggi, Jonathan Frydman, son directeur associé et toute l’équipe, Anne-Sophie Bocquier, Claire Hemming, Matthieu Cipriani Rivières,
  • l’INHA, Éric de Chassey, directeur général et Marine Acker, cheffe du service des manifestations scientifiques et culturelles ainsi que Bruno Levillain et Ileana Valentyn,
  • les étudiants et étudiantes du master 2 professionnel « L’art contemporain et son exposition »,
  • Élisa Nicot, pour ses éclairages sur la vie et l’œuvre de Babi Badalov,
  • Dominique Pinon, architecte associé à la restructuration de la galerie Colbert en 2005

Diverses manifestations artistiques et scientifiques ponctueront la présentation de Babi Babalov dans le hall Rose-Valland.

 

                 

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