Appel à communication. Le Patrimoine Culturel de l’Europe @ 2018

Appel à communication. Le Patrimoine Culturel de l’Europe @ 2018

Réexaminer un concept – redéfinir ses enjeux

Twitter Facebook Google LinkedIn Print E-mail
Label of the European Heritage Days

Type

Type: 
Appel à communication

Date

Date: 
10 Novembre 2017

Lieu

Lieu: 
Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris
  • APPEL A COMMUNICATION
    Date limite : 10 novembre 2017

Colloque international organisé par le LabEx « Écrire une Histoire Nouvelle de l’Europe », Université Paris-Sorbonne (Paris, 4-5 Juin 2018, Institut national d’histoire de l’art)

Concept : Michael Falser, professeur invité à l’université Paris-Sorbonne (2018) avec Dany Sandron, professeur à l’université Paris-Sorbonne

Le concept de patrimoine culturel actuellement accepté à l’échelle mondiale est souvent compris comme un produit de la modernité européenne et du dix-neuvième siècle, qui virent l’émergence d’États-nations avec leur fixation territoriale et la construction d’identités collectives. À la jonction de disciplines telles que l’histoire (de l’art), l’archéologie et l’architecture, des biens culturels et monuments furent identifiés, puis graduellement intégrés à des systèmes de protection de plus en plus institutionnalisés. Jusqu’au milieu du vingtième siècle, dans le contexte colonial, cette conception spécifique du patrimoine culturel fut exportée vers des contextes non européens, ensuite internationalisée dans la décennie ayant suivi la Seconde Guerre mondiale et, finalement, prise pour universelle.
Les points de vue postcoloniaux, postmodernes et pluriethniques ont légitimement remis en cause les prérogatives présupposées d’une culture dominante (Leitkultur) européenne. Ce n’est qu’assez récemment que les études critiques sur le patrimoine se sont attaquées aux implications contradictoires qu’a eues l’application de standards de plus en plus universels définissant ce qu’est le patrimoine culturel à des contextes très locaux, non européens et prétendument « traditionnels ». Cependant, un point de vue plus équilibré est nécessaire afin de réduire l’écart entre des conceptions « occidentales » et « non occidentales » que les études universitaires ont souvent tendance à essentialiser, dans le but de réactualiser les fondements conceptuels des notions de « patrimoine culturel » de l’Europe et en Europe.

L’Année Européenne du Patrimoine Culturel 2018 : une campagne fondée sur des présupposés non remis en question ?
C’est au pire de la crise d’identité européenne, marquée par le fiasco financier d’États-nations entiers, des affrontements armés et le renforcement des frontières en périphérie du continent devant l’afflux de réfugiés en provenance du Proche-Orient et du Global South, que le Conseil de l’Europe et les représentants du Parlement européen ont conclu un accord provisoire pour faire de 2018 l’Année Européenne du Patrimoine Culturel. Avec ses slogans affirmatifs tels que « Nous, Européens » et « notre patrimoine européen commun », cette campagne se propose de « sensibiliser à l'histoire et aux valeurs européennes et de renforcer un sentiment d'identité européenne » (communiqué de presse du Conseil de l’Europe du 9 février 2017). Cependant, cette campagne culturelle et politique risque de rater une occasion unique de réexaminer de façon critique la façon dont on peut conceptualiser la dimension « européenne » du patrimoine culturel dans notre monde interconnecté, car elle repose sur deux présupposés n’ayant fait l’objet d’aucun examen : la validité du statut territorial de l’Europe en tant qu’elle représente l’addition des frontières interconnectées de ses états membres et l’existence présumée d’une identité exprimée sous la forme d’un « nous » dans l’Union européenne.

Le « patrimoine culturel européen » en 2018 : vers une approche globale et transculturelle
Le tournant vers le « global » et le « transculturel » dans les disciplines de l’histoire de l’art et de l’architecture et dans les études du patrimoine culturel nous aide à remettre en question la supposée fixité territoriale, esthétique et artistique de l’entité appelée « Europe », et plus spécifiquement les taxonomies, valeurs et modes d’explication qui ont été intégrés au cœur du concept de patrimoine culturel « européen » et pris comme universels.
En prenant en compte les récents processus d’accélération des échanges et de la circulation à l’échelle mondiale des biens, personnes et idées, ce colloque entend reconstituer ce que pourrait être l’« européen », ce concept traditionnel de l’analyse, en situant l’européen et le non européen dans une relation réciproque afin de dégager un cadre conceptuel plus ouvert et non hiérarchique. En mettant l’accent sur les biens culturels (artefacts), le patrimoine construit (des architectures individuelles, ensembles et sites aux villes entières et paysages culturels, etc.) et les formes de patrimonialisation dont ils font l’objet (des archives, musées et collections aux « réserves » culturelles), les contributions proposées dans le cadre de ce colloque aborderont les diverses formes que le « culturel » peut prendre dans le patrimoine : aux niveaux « social » (acteurs, parties prenantes, institutions, etc.), « intellectuel » (concepts, vocabulaire, théories, normes, catégories) ou encore, bien évidemment, au niveau « physique », avec ses stratégies manipulatoires (transferts et traductions, réutilisations et imitations, reproductions et substitutions, etc.).


Regroupées autour de quatre panels de deux jours, les contributions devraient remettre en question le concept de patrimoine culturel ainsi que les dimensions et connotations soi-disant « européennes » des artefacts et monuments en déstabilisant au moins l’une des quatre dimensions essentielles de ce concept :

  • 1) Lieu et espace – des sites stables aux zones de contact multisites et transfrontières ou aux third spaces.
  • 2) Substance et matérialité – de ce qu’un artefact ou un monument répertorié à de monumental, d’homogène et d’unique à ce qu’il a d’éphémère, de multiple, de visuel, de numérique et de mémoriel.
  • 3) Temps et temporalité – des objets de permanence et de stabilité au temporaire, à l’éphémère, au fugitif et au processuel.
  • 4) Identité – du collectif et de l’unanime au contesté, pluriel/partiel, fragmentaire et à l’ambivalent.

Réseau institutionnel et cadre scientifique, dates et échéances
Ce colloque international, tenu en français et en anglais, se déroulera du 4 au 5 Juin 2018 à l’Institut national d’histoire de l’art (INHA), dans le cadre du programme du laboratoire d’excellence (LabEx) « Écrire une Histoire Nouvelle de l’Europe » (EHNE) de l’université Paris-Sorbonne. L’un de ses sept axes thématiques, « Traditions nationales, circulations et identités dans l’art européen », servira de cadre à la manifestation. Avec l’accent particulier mis sur la géographie, l’historiographie et le patrimoine culturel, le colloque offre l’opportunité aux historiens de l’art, suivant la problématique fondamentale du LabEx, de proposer à la fois des éléments d’explication et des réponses à la crise que traverse actuellement l’Europe. Le Centre André Chastel (laboratoire de recherche en histoire de l’art sous la tutelle du Centre national de la recherche scientifique/CNRS, de l’université de la Sorbonne et du ministère de la Culture) est coresponsable du colloque. Enfin, celle-ci est intégrée à l’Observatoire des patrimoines (OPUS) des universités de la Sorbonne.

Ce colloque a été conçu par Michael Falser, professeur invité à l’université Paris-Sorbonne enseignant l’histoire de l’architecture et les études du patrimoine culturel, en collaboration avec Dany Sandron, professeur d’histoire de l’art à l’université Paris-Sorbonne, responsable de l’axe 7 du LabEx EHNE, Centre André Chastel.

Les propositions, qui doivent impérativement être transmises avant le 10 novembre 2017, devront indiquer le nom de l’intervenant ainsi que son affiliation, et préciser le titre de la contribution et une présentation, longue de deux-cents mots maximum. Les candidats recevront un avis le 30 novembre 2017.

Michael Falser, professeur invité à l’université Paris-Sorbonnechercheur associé Cluster of Excellence « Asia and Europe in a Global Context », Heidelberg University, Germany
Email : falser@asia-europe.uni-heidelberg.de

Elinor Myara Kelif, Chargée de recherche et de coordination, LabEx EHNE axe 7, Centre André Chastel, CNRS (www.labex-ehne.fr)
Email : elinor.kelif@paris-sorbonne.fr

Actualités

13 Juin 2018 Rencontres du Centre André Chastel
16 Mai 2018 Rencontres du Centre André Chastel
11 Avril 2018 Rencontres du Centre André Chastel
14 Mars 2018 Rencontres du Centre André Chastel

Les membres

Professeur émérite
Analyste de sources anciennes
Professeur
Directeur de recherche
Professeur
Conservateur général honoraire du patrimoine
Ancien membre
Directeur
Maître de conférences
Maître de conférences
Maître de conférences