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Chercheurs invités au Centre André Chastel


Inès ANOUS

Curriculum vitae

 

ANOUS Inas, épouse Abd El Kader
Née le 1er octobre 1975 au Caire (Égypte)
Nationalité : Égyptienne
Mariée (15 juin 2001 à ABD EL KADER Ahmed)
Un enfant : Bassel ABD EL KADER ABD EL RASSOUL, né le 11 juillet 2002
Domicile au Caire : 7, Emarat El Kahera lel Eskan, rue Matbaa, Feisal HARAM, LE CAIRE (Égypte)
Adresse à Paris : 55 boulevard Jourdan, cité internationale universitaire de Paris, Maison de provinces de France, 75014 Paris
Tél. : 01.53.80.50.30
E-mail : enasanos@hotmail.com

 

Diplômes

- 1993 : Baccalauréat au lycée français au Caire
- 1998 : Licence des arts appliqués
- 1999 : Assistante à la faculté des arts appliqués du Caire
- 2001 : Magistère des arts appliqués : « L’architecture intérieure du XVIIe et XVIIIe en France : valeurs historiques et techniques »
- 2002 : Maître-assistante à la faculté des arts appliqués du Caire
- 2005 : Boursière du gouvernement égyptien pour un séjour de deux ans en France pour la préparation d’un doctorat (15 septembre 2005 - 15 septembre 2007) : « La naissance du "style Louis XIV", architecture et décor intérieurs (1653-1683) »
Tuteur français : Claude Mignot, professeur à l’université de Paris IV, UFR Art et archéologie, École doctorale VI, Art et archéologie, Centre André Chastel (UMR 8150), Galerie Colbert, 2, rue Vivienne, 75002 Paris

 

Projet de recherches pour le doctorat à la faculté des arts appliqués du Caire (Égypte) :
« Naissance du style Louis XIV : architecture et décor intérieurs (1653-1683) »

L’historiographie des XIXe et XXe siècles a construit l’image d’un « style Louis XIV » autour de quelques figures clés, les architectes Louis Le Vau et Jules Hardouin-Mansart, le peintre Charles Le Brun, l’ébéniste André Boulle, notamment.
L’enquête cherchera à établir les principaux moments de la cristallisation de cette « légende », à définir les caractères attribués à ce style et à préciser les rôles prétendus des protagonistes majeurs.
Elle confrontera cette « légende » à la succession concrète des réalisations des uns et des autres au cours des trente années - 1653-1683 -, qui vont de la fin de la Fronde et du retour de Mazarin à l’établissement définitif de la cour à Versailles et à la mort de Colbert. Cependant, au cours de la recherche, le terme de 1683 devra peut-être être repoussé jusqu’en 1688, qui constitue l’apogée du règne avant la paralysie des bâtiments à cause de la guerre (1689), la mort de Le Brun (1690) et de Louvois (1691), et la dispersion des ouvriers des Gobelins (1694).

En 1653-1654, succédant à Jacques Lemercier (mort en janvier 1654), Louis Le Vau (1612-1670) devient premier architecte du roi et s’engage dans la voie du « grand style ». Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), qui lui succède après un intermède, va poursuivre dans cette voie, au lieu de prendre exemple sur le style sophistiqué et complexe de son grand-oncle François Mansart ; s’appuyant sur le succès du pavillon du Val et du château de Clagny (1675), il fait son entrée sur le chantier de Versailles en 1676 et il est nommé premier architecte du roi en 1681, constituant bientôt une agence riche de collaborateurs de talent (François d’Orbay, qui fut dessinateur pour Louis Le Vau, Louis Cailleteau dit Lassurance, Augustin-Charles d’Aviler, etc.), qui contribuent à établir une langue artistique commune.
Après la mort de Simon Vouet (1649), de Rémy Vuibert (1652) et d’Eustache Le Sueur (1655), Charles Le Brun s’affirme comme un grand décorateur, à l’hôtel Lambert, mais surtout au château de Vaux-le-Vicomte (1658-1661). En 1656, il obtient le privilège interdisant à quiconque de copier ou graver son œuvre sans autorisation. En 1663, Colbert lui confie la direction de la nouvelle « manufacture royale des meubles de la Couronne », dont Lebrun dirige avec autorité la production. La qualité de ce mobilier (au sens large ancien du mot) s’impose comme modèle à l’Europe entière.
André-Charles Boulle (1642-1732) est le plus célèbre sans doute des artisans travaillant pour la Manufacture royale. Reçu maître ébéniste en 1666, reconnu par Colbert dès 1672 comme « le plus habile de Paris » dans son métier, il s’installe au Louvre en 1677 et développe son atelier qui comprend quinze ouvriers en 1686. Mais il ne travaille pas pour le roi (sauf à la fin du règne), mais pour Monsieur, le frère du roi, dont il devient l’ébéniste préféré et pour qui il livre en 1684 son chef d’œuvre, le cabinet des bijoux (disparu) et en 1686, quatre fauteuils et quatre pliants plaqués d’écaille et de bronze doré. Ces réalisations prestigieuses le lancent : son atelier travaille pour les souverains étrangers, le roi, les grands seigneurs et les plus riches personnages. La qualité de ses productions restent une référence jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, jusqu’au revival du XIXe et du début du XXe siècle. Le « genre Boulle » et le « façon Boulle » viennent ainsi masquer la production singulière de Boulle.
L’éclectisme historiciste, qui constitue des portefeuilles de motifs, contribue à fixer la notion de « style de Louis XIV », la notion s’étendant du mobilier à l’architecture intérieure et aux arts décoratifs, puis à l’ensemble des arts. La boucle se referme ainsi. Ce qu’il faudra démontrer.

Mise à jour du 19 avril 2006